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    Caractéristiques de zèbres

    La sur-attribution

    24 octobre 2020

    Je ne sais pas si ce terme existe vraiment, ni s’il vous parle. Mais dans ma tête, cela fait quelques mois que ce mot me vient à l’esprit lorsque je vois passer des posts sur les personnes à haut potentiel. Je lis qu’elles sont plus sujettes à la dépression, aux troubles anxieux, aux troubles du comportement alimentaire, au développement de maladies auto immunes, aux pièges des pervers narcissiques… Et je me demande si l’on n’en fait pas trop. Si on ne va pas trop loin. Je me dis que, parfois, on cherche des excuses pour contourner un problème.

    Pour moi, la sur-attribution, c’est un réel fléau de tout sujet, pas seulement du haut potentiel, et c’est ça : 

    Alors bien sûr, je ne dis pas qu’il n’y a aucun lien entre la douance et tous ces sujets évoqués plus haut. Je n’en sais rien. Pour certains, l’intuition me murmure que oui, il y en a un. Dans tous les cas, je trouve cela passionnant d’étudier ces connexions potentielles. J’aimerais beaucoup conduire des études pour en savoir davantage. Explorer ces thématiques. Je salue ceux qui prennent l’initiative de faire des mini-sondages, qui ne permettent pas de tirer des conclusions car la méthode n’est pas validée scientifiquement, mais qui peuvent orienter la réflexion, nous donner des pistes pour aller creuser dans une direction. 


    Mais pour l’instant, nous n’avons pas ou peu d’études, et ne pouvons rien affirmer. Ce qui n’est pas grave, on n’a pas toujours besoin de tout savoir. Souvent, les zèbres aiment d’ailleurs chercher, se questionner par eux-même, et ne pas avoir encore de réponse définie sur un sujet permet de pousser la réflexion un peu plus loin.

    Ce qui me gêne, ce sont ces publications qui partagent des affirmations sans sources. Qui n’encouragent pas à réfléchir mais donnent l’impression d’énoncer une vérité. Qui, pour moi, tendent un piège à toutes ces personnes, zèbres ou non, qui se retrouvent dans la description, et qui sont à un moment de leur vie difficile où elles prendront toutes les informations qu’on leur donne sans avoir l’énergie de faire le tri. Je trouve cela dangereux pour elles. 

    C’est aussi problématique car cela entretient les stéréotypes sur la douance, qui portent préjudice aux premiers concernés. Une enseignante m’écrivait il y a quelques semaines pour me dire que de plus en plus, dès qu’un enfant avait un comportement perturbateur en classe, les parents le pensaient surdoué, ne cherchaient pas d’autre explication, et, surtout, ne cherchaient pas comment l’aider. L’enfant reste en difficulté, l’enseignante aussi, et au fil du temps ne veut plus entendre parler des enfants précoces.

    En fait, ce qui me gêne, c’est quand on tente de tout expliquer par cette nouvelle donnée que l’on vient d’acquérir (sur soi ou sur un proche), sans aller plus loin. Comme si c’était une fatalité. Alors bien sûr, la tendance à vouloir tout analyser par le prisme de la douance ou de l’hypersensibilité dans un premier temps, c’est normal, c’est humain. Ça bouleverse. Je suis passée par cette étape, et Alice, qui a témoigné sur le blog, aussi.

    Mais si cette période où l’on attribue tout ce qui nous fait souffrir à ces rayures que l’on découvre dure trop longtemps, on peut passer à côté du problème, l’excuser, abandonner l’idée de le résoudre.

    Et souffrir encore.


    Vouloir à tout prix expliquer une souffrance, c’est humain, et ça nous rassure. Quand on apprend qu’on est zèbre, et qu’on voit passer toutes sortes de publications formant des liens là où il n’y en a pas forcément, on peut aisément se laisser emporter vers l’explication la plus simple : c’est parce qu’on est comme ça.

    Mais une souffrance, quelle qu’elle soit, est toujours liée à plein de facteurs, et n’est jamais définitive.

    Alors, on peut chercher à identifier plusieurs facteurs, avec l’aide d’une personne extérieure si besoin, pour essayer de résoudre le problème. On n’aura peut-être jamais une explication exacte du pourquoi du comment on a vécu telle difficulté, mais on aura annihilé la souffrance.

    Vous êtes un zèbre, mais vous n’êtes pas juste un zèbre.

    La douance n’explique pas tout, ce n’est pas parce que vous êtes à haut potentiel que vous souffrez d’un trouble anxieux généralisé (je prends l’anxiété comme exemple mais c’est valable pour tout), mais la douance ne protège pas non plus, vous pouvez très bien être zèbre ET souffrir d’un trouble anxieux généralisé pour continuer sur le même exemple.

    Vous êtes bien plus qu’un zèbre, vous êtes un tout.

    J’espère que cet article vous a plu ! Je poste moins souvent car je travaille sur le second (donc dernier) livre de Rayures et Ratures, et promis, je publierai certains chapitres sur le blog, pour vous 🙂
    En attendant,
    Rayures et Ratures est toujours disponible ici.
    A bientôt,

    Chloé

    livre surdoué illustrations
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