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    Caractéristiques de zèbres

    Le doute – billet d’humeur

    5 juillet 2019

    Vous avez dû le remarquer au rythme de mes publications, je fonctionne un peu au ralenti ces temps-ci. Pourtant, j’ai plein de témoignages en cours d’écriture, de personnes qui m’ont touchée et dont j’ai hâte de vous raconter l’histoire. Plein d’articles qui attendent de prendre forme, sur des sujets variés et passionnants à décrypter. Mais je n’y arrive pas. J’écris. J’efface. J’écris à nouveau. Puis je rayure. Et je rature.

    J’avais déjà eu une période au ralenti il y a quelques mois, car je peinais à trouver une bonne organisation avec la logistique et l’envoi des commandes de livres. Mais j’ai fini par la trouver, optimiser les envois, du coup je ne me laisse plus avoir par les nombreuses sollicitations et j’arrive à me concentrer pour écrire ! J’étais vraiment repartie sur le bon chemin, principalement grâce à vous, quand j’ai croisé une amie de longue date :

    Mademoiselle Doute s’est installée sur mon épaule et commentait absolument tout ce que je faisais.

    Mademoiselle Doute a toujours été là pour moi, et sera probablement toujours là. Elle me permet de me remettre en question, et de faire les choses bien. Mais ces derniers temps, notre relation était un peu trop fusionnelle à mon goût. Mademoiselle Doute a pris de la place, trop de place, pour deux raisons.

    1. Le business des zèbres

    Déjà, elle a pris de la place, parce que j’ai pris conscience du “business des zèbres”. Oui, la douance est devenue un business, et aussi étrange que cela puisse vous paraître, je viens seulement de m’en rendre compte.

    Je pensais que chaque personne qui proposait des ateliers, conférences, livres, accompagnements ou services dans ce domaine le faisait par envie, par passion, par conviction, et surtout : pour les personnes concernées. Pour les aider. Je ne m’étalerai pas trop sur le sujet, mais j’ai récemment pris conscience que non, ce n’était pas toujours le cas, qu’il y avait de l’égo au milieu de tout cela, et que beaucoup profitaient de ces personnes. J’ai vu des gens malhonnêtes profiter financièrement des zèbres, les attirer avec un projet, leur demander une participation financière, ne jamais tenir leur engagement de concrétisation du projet, puis demander à nouveau une participation financière pour un autre projet, tout aussi attirant, mais sans avoir honoré la promesse précédente. Ça m’a mise en colère. J’ai vu des gens devenir “expert HPI” en 2 mois après avoir lu des articles sur LinkedIn, sans formation, puis proposer des conférences en entreprise à tarif prohibitif, parce que “c’est le thème qui marche”. Ça m’a gênée. J’ai vu ces nouveaux experts être mis en avant dans divers événements liés aux zèbres en entreprise, j’en ai vu d’autres qui font un travail formidable dans ce domaine depuis longtemps, qui le méritent, ne pas être reconnus. Ça m’a perturbée. J’ai vu des personnes sincères qui avaient beaucoup à apporter aux zèbres se retirer de ce monde-là en se rendant compte qu’il y avait trop de manipulation et d’égo. Ça m’a attristée. J’ai vu des gens me solliciter à chaque fois qu’ils avaient un produit ou un service à vendre, pour que j’en parle sur le blog contre commission ou rémunération, sans m’avoir adressé la parole auparavant. Ça m’a agacée.

    (D’ailleurs, petite précision : il n’y aura pas de publicité sur le blog, qu’elle soit liée ou non à la thématique de la douance, et si je vous parle d’un service ou d’un produit, c’est que je l’ai aimé, et que j’ai vraiment envie de le partager)

    Alors, bien sûr, ne me méprenez pas, il y a des personnes compétentes, généreuses et honnêtes qui proposent leurs services, qui le font avec passion, ça se voit, et je leur souhaite de le faire le plus longtemps possible car nous en avons vraiment besoin, en entreprise ou ailleurs. Je tiens aussi à ce qu’un travail et un investissement en temps soit rémunéré à sa juste valeur. Mais aller dans le domaine de la douance “parce qu’il y a de la demande” ouille ouille ouille ça me gêne. Je ne peux pas comprendre ça. Je viens de quitter brutalement mon monde de bisounours, et ça m’a fait douter.

    Mademoiselle Doute m’a assaillie, parce que je travaillais sur un prochain livre un peu secret, sur le petit frère de Rayures et Ratures. J’ai vraiment eu envie d’écrire ce livre, l’idée a germé il y a quelques mois, j’en ai parlé à quelques personnes qui m’ont encouragée, en me disant que l’approche était utile et originale (mais ça, vous jugerez par vous-même s’il sort un jour). Sauf que certaines de ces personnes, en toute bienveillance, m’ont aussi dit :

    Et là, gros blocage. Je mets beaucoup de temps pour essayer de faire quelque chose de bien. Je peux travailler des mois et ne rien publier si je n’en suis pas satisfaite (je suis sûre que vous me comprendrez 😉 ). Si je me presse “parce qu’il faut” ou “parce que c’est le bon moment”, je sais que ce sera nul. J’ai aussi douté d’être la bonne personne pour écrire ce livre. Et j’ai essayé d’écrire plus vite. Mais l’approche ne m’allait pas, tout ce que j’écrivais était nul et inutile, et j’ai rangé mon carnet. Je ne veux pas que mon travail tombe dans la spirale du “business des zèbres” et perde de sa sincérité. Alors je l’ai mis un peu de côté, je le reprendrai quand je serai de nouveau convaincue par mon projet et mon approche.

    En attendant, je me concentre sur un autre projet de sensibilisation, Chroniques Invisibles, sur un guide sur l’auto-édition car je n’ai plus le temps de répondre individuellement à toutes vos questions pour lancer votre projet, sur les articles de blog en cours, et puis sur l’envoi de vos commandes que j’adore préparer 🙂

    D’ailleurs, en exclusivité une petite illustration tirée du guide de l’auto-édition, et qui fera écho au paragraphe précédent 🙂

    2. Est-ce que je suis encore un zèbre ?

    Il y a une deuxième raison qui a fait que Mademoiselle Doute s’est immiscée un peu trop dans ma vie. Quand je me remets en question, je vais peut-être un peu trop loin. Peut-être 🙂 Récemment, j’ai remis en question le fait même d’être zèbre.

    J’ai passé le test WAIS fin 2015, appris beaucoup de choses, découvert mes points forts, mes ressources, mon profil… plein d’informations sur mon fonctionnement. J’ai découvert le monde de la douance. Je me suis renseignée sur le pourquoi du comment, j’ai lu sur les spécificités cérébrales, et notamment la myélinisation plus intense, comme expliqué dans le chapitre sur la mémoire dans lequel j’ai dessiné des neurones et des cerveaux (j’adore dessiner des cerveaux). Il se trouve que, depuis le passage du test, j’ai développé un trouble neurologique qui affecte cette structure, et des troubles cognitifs, avec des pertes de mémoire. Alors, est-ce que je suis toujours un zèbre malgré un cerveau qui n’est plus le même qu’il était en 2015 ? Est-ce que je suis toujours la même personne avec ce petit changement structurel ? Si je ne suis plus zèbre, est-ce que je peux continuer ce blog ? La seule chose dont je suis certaine, c’est que je me pose encore beaucoup de questions !

    Nouveau blocage, nouveau doute, nouveau questionnement de légitimité. Pour savoir, pour me rassurer peut-être aussi, et par curiosité il faut l’avouer, j’ai voulu repasser le test. Et voir s’il y avait des différences dans l’analyse et le résultat par rapport à celui passé en 2015. Mais c’est quand même un sacré budget pour simplement assouvir ma curiosité et mettre fin à un doute. Puisque j’avais interviewé Elodie précédemment qui m’avait parlé d’un test de douance non officiel mais qui m’avait interpellée, je n’ai pas repassé le WAIS, j’ai passé le test de douance avec elle. Ainsi, je pouvais à la fois comparer l’analyse de 2015 à celle de 2019, mais aussi comparer les deux tests entre eux.

    Pour faire écho au paragraphe sur la publicité, je précise qu’elle ne m’a pas du tout demandé d’en parler, je le fais car j’ai envie de partager cette expérience avec vous 🙂

    J’étais stressée, perturbée à l’idée que l’on évalue ma mémoire qui me fait défaut, mais le test m’a détendue. Il est moins scolaire que le WAIS, plus amusant aussi. Je ne peux pas dévoiler ce qu’il y a à l’intérieur, mais j’ai vraiment passé un bon moment, et je ne l’ai pas perçu comme un examen. A la fin, il y a quand même un résultat… et je suis toujours bien rayée !

    Le résultat, au niveau des différents indices et de l’estimation globale du QI, est à peu de choses près le même que le test WAIS. Lors de la restitution, Elodie m’a donné des indications sur les “failles”, ce que je pouvais travailler pour ne pas brider mon potentiel (la confiance en soi par exemple, sur laquelle je travaille grâce à son accompagnement), sur les points forts aussi, les ressources sur lesquelles on peut miser, s’appuyer. Et là, à mon grand étonnement, j’ai découvert que j’avais certes moins de mémoire qu’avant, mais qu’elle était quand même bien au-dessus de la moyenne !

    Alors, peut-être qu’être zèbre, ça me protège 🙂

    Après tous ces questionnements, ces agacements, ces doutes, ce passage à vide, j’ai repris confiance, et je vais profiter de l’été pour avancer sur les prochains articles de blog, sur les témoignages de zèbres et parents de zèbres inspirants que j’ai pu rencontrer ces derniers mois. Si je le sens, peut-être que j’avancerais aussi sur le livre. On verra. Chaque chose en son temps, en fonction de l’inspiration, et de la passion !

    J’en profite pour vous dire que je ne serai pas joignable du 12 au 22 juillet (je pars m’isoler dans une cabane dans les bois, au calme, j’ai tellement hâte !), et que je ne pourrai pas poster vos commandes de livres durant cette période. La boutique restera ouverte, les livres seront postés le 22 juillet (c’est valable pour les commandes du site et celles d’Amazon, et si vous êtes pressés, vous pourrez commander le ebook qui, lui, sera toujours téléchargeable 🙂 ).

    Je vous souhaite un très bel été, et à très bientôt, c’est promis !

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