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Caractéristiques de zèbres

Si je ne suis pas surdoué, je suis quoi ?

20 septembre 2021

Certaines personnes se reconnaissent dans les caractéristiques des personnes à haut potentiel ou zèbres, mais ont peur de passer le test de QI. Et si le test révélait qu’elles ne sont pas surdouées ? Cela viendrait balayer un soulagement, invalider un ressenti. Il y a plein de raisons d’avoir peur qu’on nous dise qu’on n’est pas surdoués. Et c’est OK, d’y penser, d’angoisser. Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, sachez que vous n’êtes pas le premier ou la première à appréhender le résultat du test. En fait, la question qui revient souvent chez ces personnes pour qui la passation déclenche une angoisse, c’est celle-ci : Si je ne suis pas surdoué, je suis quoi ? 

Si je ne suis pas surdoué, je suis quoi ?

Comment puis-je me reconnaître dans toutes les caractéristiques, et ne pas être surdoué.e ?

Si ce n’est pas ÇA, qu’est-ce que c’est ?

Pourquoi j’ai l’impression d’avoir un problème, et quel est-il ?

Qu’est-ce qui m’échappe ?

Pourquoi, si je suis comme tout le monde, j’ai l’impression d’être toujours en décalage ?

Si le test révèle que vous n’êtes pas surdoué.e, que faire ? 

Le test n’a pas su détecter votre haut potentiel. 

Je vois souvent sur les réseaux sociaux des coachs expliquer que si le test révèle que vous n’êtes pas zèbre alors que vous semblez en avoir toutes les caractéristiques, c’est que le professionnel n’a pas su l’analyser correctement. C’est qu’il n’était pas compétent, et qu’il s’est arrêté au chiffre de QI sans analyser les composantes et le comportement. 

En effet, tous les psychologues ne sont pas formés à cette particularité. Avant de passer un test, vérifiez bien les spécificités du praticien. Les associations comme l’AFEP peuvent vous aider à trouver une personne compétente dans votre région.

Si je ne suis pas surdoué, il y a erreur.

S’il est possible que le ou la psychologue n’ait pas su analyser et détecter votre haut potentiel, ce n’est pas non plus toujours le cas. 

Il est possible aussi que, simplement, vous ne soyez pas “haut potentiel”.

Et ce n’est pas grave ! Être HPI, ce n’est pas un objectif. 

Ce n’est jamais agréable d’avoir une information qui semble aller à l’encontre de son ressenti car on se sent un peu confus. Mais le plus important, ce n’est pas le fait de l’être ou de ne pas l’être.

C’est la démarche. La compréhension de soi. 

Se rappeler pourquoi vous êtes arrivé.e ici.

Si vous avez découvert le sujet de la douance, et si vous êtes même allé.e.s jusqu’à passer le test, c’est que vous vouliez comprendre ou régler des choses. 

Ne perdez pas cet objectif de vue ! Si le bilan révèle que vous n’êtes pas surdoué.e, cela ne vous empêchera pas de régler ce qui vous ennuie. Ce n’est pas une porte qui se ferme et vous enferme. 

Surdoué ou pas surdoué, peu importe.

Le bilan complet, au-delà du résultat, permet d’apprendre sur soi et sur les autres. Il donne des informations sur comment votre cerveau raisonne, traite les données. Et ces informations sont utiles pour continuer votre quête de compréhension et de bien-être.

Si vous avez besoin de vous éloigner un peu du sujet après la frustration du résultat, c’est OK. Mais n’oubliez pas pourquoi vous avez amorcé ces recherches. Si la réponse n’est pas dans le haut potentiel intellectuel, il peut y avoir des morceaux de réponse disséminés un peu partout.

Quête de bien-être.

Le QI ne définit personne.

Je fais un tout petit aparté pour vous rappeler que le QI ne définit personne. Il n’est pas un jugement de valeur. Et ne représente pas qui on est. 

Voilà, c’est tout 🙂

Le HPI n’explique pas tout.

Je comprends ce besoin de se raccrocher à un terme, d’expliquer ses souffrances par une particularité comme le HPI. 

Mais ce n’est pas une pathologie dont le bon diagnostic déclencherait le bon traitement qui suffirait à soulager les symptômes. 

Le haut potentiel n’est pas une maladie, et mettre un mot dessus ne règle pas tout ce qui nous posait problème. 

Alors oui, l’identification “HPI” apporte des ressources et des outils pour avancer. C’est une étape nécessaire mais pas suffisante. C’est le travail sur soi qui est le plus important. Le plus utile. Pour s’accepter dans sa différence, quelle qu’elle soit, et comprendre comment on fonctionne. Pas comment les HPI fonctionnent, ni comment “les autres” fonctionnent. Comment nous, on fonctionne. 

En fait, que le test révèle que vous soyez HPI ou non, l’après-test reste le même. 

C’est la poursuite du travail sur soi.

Qu'est-ce qu'on fait après la diagnostic de surdoué ?

Qu’est-ce que ça veut dire, alors, si je ne suis pas surdoué.e ? 

Ça ne veut pas dire que vous n’avez rien en commun avec les surdoués

Et ça ne veut pas dire non plus que vous vous êtes trompés en vous reconnaissant dans les caractéristiques du HPI. Ces caractéristiques sont humaines avant tout. 

Vos ressentis sont réels, et vous pouvez avoir ces caractéristiques sans être zèbre. Si vous avez trouvé des similitudes de comportements avec des personnes surdouées, ce n’est pas pour rien. Ces ressemblances sont là. N’essayez pas de nier leur existence ou de les rejeter. 

Je ne veux plus entendre parler de surdoué.

Elles font partie de vous, partie d’un tout. 

Ça veut dire qu’il y a d’autres pistes à creuser.

Si je ne suis pas surdoué, je suis quoi ? Le HPI est une piste écartée, mais peut-être qu’il y a une hypersensibilité, une excentricité, une introversion, un trouble du déficit de l’attention ou un tas d’autres traits de personnalités qui peuvent vous aider à avancer et vous donner des outils. 

Le but n’est pas de se réfugier sous un autre mot, mais d’explorer d’autres directions, pour collecter plein de petites ressources par ci par là. 

Une donnée n’explique jamais tout. Le haut potentiel n’explique pas tout. L’avantage, si on vous dit que vous l’êtes pas, c’est que vous ne tomberez pas dans la sur-attribution, vous ne resterez pas coincés dans la case “c’est parce que je suis HPI”. 

Nous sommes tous la somme de nos expériences, notre personnalité, notre histoire, nos particularités. Dans toute sa complexité. Et je trouve ça beau. C’est ce que j’ai voulu mettre en lumière dans Rayures et Ratures 2. On ne sait pas toujours ce qui est lié à la douance et ce qui ne l’est pas. 

Alors si vous n’êtes pas zèbre, pas de panique, cela ne veut pas dire que vous resterez sur place, à vous questionner sans savoir où aller.

Ça ne veut pas dire que vous fonctionnez comme tout le monde et que votre sensation de décalage est injustifiée.

Savoir que l’on n’est pas surdoué.e ne veut pas dire qu’on a un fonctionnement qui est le même que tout le monde. On peut avoir un fonctionnement différent de la majorité, d’où le sentiment de décalage et l’incompréhension, mais qui ne s’explique pas par un mot. 

Ou peut-être que l’on peut dire simplement que vous êtes atypique ?

Ça ne veut pas dire non plus que les personnes HPI vont vous claquer la porte au nez. 

Un jour, un lecteur du blog qui venait de passer son test m’a demandé s’il pouvait continuer à échanger et commenter puisque finalement il n’était pas HPI. 

Bien évidemment ! 

On ne va pas dire :

Il n’y a pas de communautarisme (du moins sur Rayures et Ratures), pas de clan. Pas de “testé/non testé”,  “HPI/non HPI”.

L’important, c’est de se sentir à sa place.

Si vous avez trouvé des gens avec lesquels vous êtes à l’aise, dont vous partagez la sensibilité et la perception du monde, c’est le principal, non ? 

Alors restez, vous verrez, on est bien ici 🙂 

Ça veut dire qu’il faut continuer le travail sur soi.

Comme quand on découvre qu’on est HPI finalement !

Parce que l’essentiel, c’est d’être en paix avec soi-même, dans l’instant présent. C’est de trouver des clefs pour y arriver. Pour apprivoiser sa particularité, quelle qu’elle soit, et même si elle n’a pas de petit nom. Et pour cohabiter avec les autres. 

Lorsque j’ai passé le test WAIS, ce n’est pas le fait qu’il ait révélé un haut potentiel qui m’a aidée. C’est tout le cheminement qu’il y avait derrière. C’est le détail de mon fonctionnement cognitif, avec la prise de conscience de mes points forts, et de mes points faibles. Et ça, peu importe le résultat, on l’a.

Le “Vous êtes HPI” n’a pas suffi à mettre un point final sur mes questionnements, ni à résoudre ce petit quelque chose qui faisait que je consultais en premier lieu. Ce n’est qu’une étape. Le début d’un long chemin. Ce n’est pas le même que le vôtre, mais ils sont parallèles. HPI ou non, on avance sur un chemin de découverte. Pour s’approprier sa différence, même si elle n’a pas de nom. 

Je ne sais pas vraiment si cet article va vous aider. Car je ne sais pas vraiment comment vous aider. 

Je n’ai pas vécu le “Vous n’êtes pas HPI”, mais certains de mes lecteurs si. Deux d’entre eux m’ont raconté leur histoire, et je vous les partagerai dans quelques jours. Ils se sont demandés, eux aussi : « Si je ne suis pas surdoué, je suis quoi ? ».

Cela vous permettra, peut-être, de dédramatiser ce “non”. Et de ne plus le voir seulement comme une porte qui se ferme et vous enferme avec vos doutes et interrogations sur vous-même. 

Je vous laisse méditer là-dessus, et très bientôt vous aurez les deux témoignages de personnes qui se sont reconnues dans le haut potentiel, à qui cette identification a fait du bien, qui ensuite ont passé le test pour avoir plus d’informations ou valider cette information, et à qui le test à dit qu’elles n’étaient pas HPI. 

Spoiler : elles vont bien 🙂 

Prenez soin de vous et à très vite,


Chloé

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