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Caractéristiques de zèbres

Dire qu’on est zèbre/surdoué ou le garder pour soi…

28 mai 2019

Après tous les articles du blog, vous aurez compris à quel point il est important de comprendre son fonctionnement. Mais, une fois que l’on sait, faut-il le dire aux autres ?

C’est une question qui revient très régulièrement dans les messages que je reçois. Si autant de personnes me posent la question, c’est qu’elles ressentent le besoin de le dire. Et je crois que c’est vrai, souvent, on a besoin d’en parler lorsqu’on le découvre, surtout lorsque cette découverte est tardive, car c’est tout un chamboulement, et que ce n’est pas toujours facile de le garder pour soi.

1. Ressentir le besoin de dire que l’on est surdoué/zèbre

Alors, bien sûr, le résultat du test est très personnel, il touche à notre propre fonctionnement, à notre identité, à l’intime. Pourtant, oui, une fois qu’on l’a appris,  compris, et intégré, on peut ressentir une terrible envie de partager cette nouvelle donnée, de le crier sur tous les toits, d’expliquer aux gens pourquoi on réagit de telle ou telle manière, car maintenant on comprend.

Parfois, c’est pour se justifier aussi, pour montrer à ceux qui ont pu nous faire des réflexions que non, on n’est pas “fou” ou “bizarre”, on est zèbre, et c’est tout. Et surtout, c’est pas grave.

En fait, avant de se demander si on en parle aux autres ou non, et si oui, comment, je crois que c’est important de comprendre ce qu’on attend de ce coming out. A qui on souhaite le dire ? A ses proches ? A son employeur ? A ses amis ? A ses profs ? A tout le monde ? Et pourquoi ? Pour qu’ils comprennent ? Pour qu’ils s’adaptent ? Pour qu’ils se posent des questions sur eux-mêmes ? Pour qu’ils arrêtent de penser qu’on est bizarre ? Pour qu’ils arrêtent de nous dire qu’on est trop sensible ? Pour qu’ils arrêtent de nous forcer à rentrer dans le moule ? Pour les rassurer ? Pour se libérer ? Parce qu’on veut que tout le monde comprenne ce que c’est, “être surdoué” ?

C’est important de se poser ces questions, car, bien souvent, si on ressent un besoin urgent d’en parler, on a aussi très peur des conséquences d’une telle révélation. A juste titre. Alors, il faut mesurer ce besoin, et les risques.

2. La peur des réactions… à cause des clichés

Ce qui nous inquiète, ce n’est pas tellement de le dire, c’est la réaction qu’aura la personne face à cette révélation. Car si nous, on a enfin compris ce que veulent dire les mots “surdoué”, “à haut potentiel”, ou “zèbre”, la personne en face, elle, qui ne connaît pas, n’entendra pas spontanément “fonctionnement différent”, elle entendra probablement “je suis plus intelligent que toi”.

Et ça, ce n’est vraiment pas le message qu’on a envie de transmettre. La révélation si importante à nos yeux pourra être mal reçue, simplement parce que les préjugés ont la vie dure. A l’inverse, certains seront réceptifs et écouteront avec bienveillance et admiration cette révélation qui demande quand même du courage, tant il est difficile de parler de soi.

En fait, selon notre parcours scolaire (si on a été un bon élève ou au contraire si on a eu un parcours chaotique), professionnel, notre personnalité, notre vécu, selon les gens, l’entourage,  les réactions seront très diverses.

Toi, tu te prépareras longtemps, et il te faudra du courage pour le dire.

Eux répondront :

Ou bien :

Ou bien :

…et vaqueront à leurs occupations.

Ou alors :

Ou encore :

Ou même :

L’interlocuteur peut aussi mettre en doute cette révélation, surtout si la personne a toujours été en échec scolaire :

Alors, forcément, cette incertitude quant à l’interprétation de ce que l’on a à leur dire peut bloquer. Faut-il vraiment le dire ? Ou renoncer pour se protéger ?

3. Alors… faut-il le dire ?

Vous commencez à me connaître, vous savez bien que je ne vous dirai pas si “oui” ou “non” vous devriez le dire à vos proches, puisqu’il n’y a… pas de réponse 🙂 Tout dépend de vous, de vos attentes, de la personne en face.

Le dire peut soulager, vraiment. Peut vous aider à crever l’abcès et après on n’en parle plus. Peut vous aider à vivre en harmonie avec vos proches.

Mais le dire peut aussi provoquer un rejet.

Tant que la notion n’est pas bien comprise, tant que les préjugés sont encore bien présents, il faut faire un petit peu attention. Car le dire, c’est aussi dévoiler une part de sa personnalité, de son intimité, et si votre équilibre est encore bancal et que la personne en face n’est pas réceptive, cela peut avoir un effet plus néfaste que libérateur.

Certains zèbres avec lesquels j’ai pu échanger me racontaient se sentir investis d’une mission, d’une responsabilité : le dire pour montrer qu’on l’assume, que ce n’est pas un problème, démocratiser la notion, sensibiliser, le dire à tout le monde pour que ce ne soit plus tabou. C’est important de sensibiliser, je ne vais pas vous dire le contraire, j’en ai fait mon métier, mais c’est important aussi de se préserver, surtout quand c’est un sujet intime, et vouloir le garder pour soi ne veut pas dire qu’on ne l’assume pas ni que l’on faillit à une responsabilité, il ne faut pas culpabiliser si vous n’avez pas envie de le dire. Il y a un temps pour tout, pour l’intégrer pour soi, et pour sensibiliser les autres si vous le souhaitez. S’il y en a qui se sentent prêts et y voient un effet libérateur, tant mieux, vous nous aiderez beaucoup à sensibiliser, mais il ne faut surtout pas que ce soit ressenti comme une obligation.

4. Si on choisit de le dire…comment faire ?

Là non plus, je ne pourrai pas vous donner de réponse 🙂 Si quelqu’un a le besoin ou envie de faire son coming out, il n’y a pas de règle à suivre. C’est du sur-mesure. En fonction de son parcours, en fonction de comment on l’assume et l’intègre, de comment on le vit, en fonction de ce qu’on attend de cette révélation, en fonction de la personne en face, de sa personnalité, et du moment choisi.

Certains auront besoin de le dire tout d’un coup, de ne pas tourner autour du pot.

D’autres, au contraire, auront plutôt besoin d’y aller petit à petit, de bien expliquer, de déconstruire les clichés sur les surdoués avant de parler de soi.

Moi, j’ai eu besoin de le faire via un intermédiaire : ce blog. Je ne savais pas comment aborder le sujet, mais j’avais vraiment envie, et besoin, de le faire. J’avais peur des réactions. Je ne le formulais pas à l’oral, alors j’écrivais et je dessinais à ce propos sur le blog. Sans parler de moi directement.

Quand j’ai conçu le livre Rayures et Ratures, je me suis dit que ça pourrait être bien de le faire coloré, attrayant, avec une couverture franche, pour que les gens qui n’osent pas trop en parler à leur entourage puissent le laisser traîner discrètement sur la table du salon, et que l’entourage se dise “tiens, c’est quoi ?” et n’ait pas peur de l’ouvrir. Comme un support pour amorcer le dialogue, parce qu’on n’a pas tous la force d’aller dans le vif du sujet directement.

Je reçois de temps en temps des messages de gens ayant fait leur coming out grâce au livre ou grâce à des illustrations du blog, et c’est, je crois, le plus beau compliment que je puisse recevoir. Savoir que mon travail peut aider, favoriser le dialogue, c’est la plus belle des récompenses.

5. En fait, le plus important, c’est de se le dire à soi-même.

Pour ceux qui n’auraient pas envie, pas besoin, ou peur de le dire, je voudrais leur partager ces messages que des lecteurs ont laissé sur les réseaux sociaux de Rayures et Ratures :

“ Je crois surtout que le plus important, ce n’est pas que l’entourage sache, le plus important c’est de le savoir soi-même afin de mieux appréhender sa différence et comment se servir efficacement de sa différence pour réussir enfin là où on a toujours échoué car la méthode était inadaptée”

Alexandre (sur Facebook!)

“Le principal, c’est d’être respecté, pas forcément compris de tous. Le plus important étant de se comprendre soi-même”.

Aurélien (sur Instagram!)

Alors, faites votre coming out à vous-même, et ensuite, si seulement vous avez envie, dites-le aux autres !

6. Et après ?

Et après cette période de découverte ? Des personnes fraîchement détectées me demandent souvent comment j’en parle, moi. Comment je le dis aux gens, maintenant que j’ai pris du recul sur tout cela.

En fait… je ne le dis pas.

Comme beaucoup, j’ai eu besoin d’en parler à quelques personnes de mon entourage lorsque je l’ai découvert. Sans forcément mettre un mot, juste en expliquant. Aujourd’hui, je ne ressens plus ce besoin. J’ai compris mon fonctionnement, maintenant ça ne fait plus partie de mon quotidien, ou plutôt, pas plus que n’importe quelle composante de ma personnalité ! Je n’en parle pas.

Alors, bon, forcément, avec un blog et un livre sur le sujet, les gens qui me côtoient de près ou de loin et connaissent mon travail le savent, ou s’en doutent. Mais sinon, je ne cherche pas à rencontrer des zèbres (je suis même peu active dans les rencontres). Je ne vis pas autour de cette notion. Parce que je n’en ai pas besoin. (Mais je comprends que certains en aient besoin, attention). L’important pour moi était de comprendre qui j’étais. Après, j’ai lâché prise. Ce n’est pas au centre de ma vie. Alors bien sûr je suis très engagée pour aider les autres et sensibiliser à la différence en général, dont celle-ci. Je tiens à ce que chacun comprenne, pour que tous ces petits et grands zèbres qui se découvrent vivent de mieux en mieux, pour que ce ne soit plus un sujet tabou. Mais en dehors de mon travail de sensibilisation, je suis silencieuse.

Je sais que si ce sujet est abordé lors d’une conversation, j’en parlerais librement. Mais souvent, je n’ai pas envie d’en parler. Cela ne veut pas dire que je n’assume pas, ou que j’estime que c’est tabou. Juste que je juge que ce n’est pas nécessaire en fonction de la situation et de la personne en face de moi.

Tout ça pour conclure que…

Le dire, ne pas le dire, c’est propre à chacun. Vouloir le garder pour soi ne veut pas dire que l’on n’assume pas. Cela peut être votre petit jardin secret, et c’est très bien. Mais vous pouvez aussi le dire, si vous en avez envie, et si vous en avez besoin. Vous avez le droit, et ça permettra aux gens de mieux comprendre. Dans ce cas, demandez-vous ce que vous attendez de ce coming out, choisissez bien les personnes à qui vous vous adressez, et la meilleure façon, pour vous, de faire passer votre message !

Je ferai de prochains articles pour parler des cas plus spécifiques du monde de travail (Est-ce qu’on le dit à son employeur ? A ses collègues ? Dans quel but ? Qu’est ce qu’on attend ?) mais également des enfants (Si l’enfant choisit de le dire, comment se préparer aux réactions, est-ce qu’en tant que parent on le dit quand on parle de lui, comment le dire à l’école ?)

A bientôt !

PPPST : au fait, maintenant, vous pouvez vous procurer le livre en dehors d’Amazon, en circuit encore plus court, directement sur le blog !

livre surdoué illustrations



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18 Comments

  • Reply Ana 28 mai 2019 at 8 h 35 min

    Je pense qu’il y a des situations où on a besoin de le dire et d’autres non. Dans mon entourage, j’en ai parlé à peu de personnes, si ce n’est à mon conjoint qui était surtout une écoute au moment où je me posais beaucoup de questions. Aux yeux de ma famille proche, j’ai toujours été un peu bizarre, mais c’est un côté que j’assume complètement et qui ne nécessite pas de justifications.
    En revanche, lorsque j’ai commencé un nouveau boulot, j’ai eu le besoin, après plusieurs mois, d’en parler avec ma supérieure parce que je sentais que ça pourrait mal se passer si elle ne comprenait pas ma manière de travailler. J’ai eu la chance que le sujet ne lui était pas étranger, elle a été très à l’écoute et on a adapté ma charge de travail et mes responsabilités par rapport à ce que je lui avais dit. Depuis, on n’a plus du tout abordé le sujet et je me sens bien dans mon environnement de travail.

  • Reply Stéphane 28 mai 2019 at 8 h 40 min

    Encore un super article, merci! En effet, se le dire soi même reste le plus important dans la vie de tous les jours. Celà m’a permis de mieux assumer mes choix et comportements face à certaines situations.
    Dans la vie pro, j’en ai parlé brièvement à mon employeur qui avait déjà perçu une différence « tu vas plus vite que les autres, il faut que tu ménages ton impatience ». C’était simple dans le sens qu’elle était déjà sensibilisée à la question. (Je travaille dans une association socioculturelle sur un poste de coordinateur polyvalent.) J’en parle avec ma copine qui l’est aussi (easy!), et mon meilleur ami à qui j’ai fait lire ton blog pour qu’il comprenne de quoi il s’agissait =). Personnellement j’utilise le terme « zèbre » avec moins de connotations, que j’ai découvert ici aussi. Mes parents et mon groupe de musique sont au courant, afin de répondre à certaines de leurs interrogations. Mis à part ça, je ne ressens pas le besoin ni la pertinence d’en parler plus. Il n’est pas évident pour quelqu’un d’en saisir toutes les subtilités. Le risque étant qu’ils te catégorisent davantage, et d’être encore moins bien compris.
    Faire son coming out peut être utile parfois dans le cas où on identifie une personne comme zèbre qui n’en a pas conscience encore. Dans quel cas, je vulgarise le propos avant de les envoyées sur rayuresetratures 😉
    Mais faire son coming out, le dire à haute voix aux bonnes personnes, permet d’être en paix avec soi-même, et en effet, d’utiliser cette caractéristique à son avantage. =)

  • Reply Miss Psychomot 28 mai 2019 at 9 h 19 min

    Excellent article avec toutes les nuances que peuvent ressentir les zèbres, l’analyse des risques / bénéfices qui met parfois en avant le besoin de sensibiliser 🙂 Or comme tu dis, on n’est pas obligé de s’investir d’une mission. Les réactions des autres sont tellement inattendues (surprise, on ne contrôle pas cette composante héhé) qu’il faut être prêt à les recevoir telles quelles sans en être trop affecté.
    Merci pour cet article ❤️

  • Reply Michaël COTTIER 28 mai 2019 at 9 h 28 min

    Il est très bien cet article … comme les autres. J’ai beaucoup reconnu la technique du « laisser le livre en vue discrètement pour susciter l’intérêt sans aborder le sujet de front ^^ C’est tellement ça 😀 Encore merci pour ton travail et tes illustrations. Tu as réussi ta mission avec un livre attrayant, chatoyant, réconfortant, … Personnellement, il compte pour moi 🙂

  • Reply Christophe 29 mai 2019 at 12 h 25 min

    Les seules personnes à qui j’ai tenu à en parler étaient mes proches. En particulier, je voulais l’annoncer à mes parents, mais là c’était plus délicat qu’avec d’autres. Je ne voulais surtout pas qu’ils culpabilisent, qu’ils se reprochent de ne pas avoir fait telle ou telle chose pour moi, à une époque où la douance était mal comprise et peu détectée.
    Je l’ai fait, ça a pris 10 secondes, un silence et on est passé à autre chose.

  • Reply Christophe 29 mai 2019 at 12 h 29 min

    Du vin rouge avec la raclette, tss, tss ! (envoyé de Haute-Savoie)

    • Reply Rayures et Ratures 29 mai 2019 at 14 h 23 min

      Hahaha 🙂 C’était simplement pour l’esthétique du dessin, pas pour l’accord met-vin 😉

    • Reply dilix 3 juin 2019 at 10 h 04 min

      Avoir les larmes aux yeux avec l illustration « je suis surdouee maintenant raclette » cest grave docteur
      Merci Chloe pour tes illustrations qui mettent en mots ce que les emotions pensent tout bas

  • Reply Michèle alias Emmy 31 mai 2019 at 7 h 11 min

    En fait, quand j’ai moi-même appris que j’étais une zèbre ( par ma psy), j’étais très loin de m’en douter et ça a été un raz-de-marée pour moi. J’avais 60 ans. J’ai pleuré, pleuré en réévaluant ma vie à l’aune de cette information, ma vie que j’avais passé à essayer d’être « normale », en gommant mes particularités dès que je me rendais compte qu’elles n’étaient pas partagées.Une sensation d’immense gâchis. Puis j’ai eu envie (et peur) d’informer tous mes proches en leur disant : »en fait, je suis normale, mais normale différente! » mais très vite, je me suis dit que que face à des gens plutôt fermés à cela, ce serait mon secret, ma force de comprendre et d’analyser nos différences…moi qui ai passé ma vie à tenter d’être comme les autres! J’ai désormais du plaisir et de la curiosité à repérer les différences de fonctionnement qui ne sont d’ailleurs pas forcément liées à l’état de zèbre. Ça m’aide vraiment à me respecter et ça m’ouvre aux autres. Mais le vrai cadeau c’est de le savoir moi-même, ce n’est pas de le dire aux autres et pour moi, ça ne se joue pas en termes « d’assumer »(une injonction de plus!) ou non, je suis sereine avec ça.
    Et comme toi, Chloé, ce n’est plus au centre de ma vie, je suis juste moi. Mais il faut un peu de temps pour intégrer et en cela tes articles et ton livre sont une aide précieuse, des repères inestimables lorsqu’on est dans la confusion du début.
    Je suis coach et sans que j’en fasse mention sur mon site, j’ai constaté que les personnes qui viennent me voir sont souvent des zèbres qui s’ignorent. Je les oriente vers ton livre et ton blog quand la question émerge, car de toutes mes lectures c’est vraiment ce que j’ai trouvé de plus clair, simple et sensible et qui permet à chacun d’apprivoiser cette notion. Merci encore Chloé!

  • Reply cecile 12 juin 2019 at 13 h 16 min

    Merci pour cet article. C’est vrai que parfois même en se posant les questions sur ce qu’on attend de son coming-out on peut être surpris. Personnellement si j’ai d’abord vu comme un soulagement, je fais face au deuxième effet kiss cool de la part de mes parents, à savoir qu’ils sont dans une sorte de déni sur mon enfance et leurs parts de responsabilités dans mon histoire. Se découvrir HP adulte et dire à nos parents que personne n’a rien vu, que l’on s’est construit une autre personnalité, et leur expliquer que aujourd’hui on remet tout en place , et bien c’est se heurter à une sorte de levée de bouclier. Bref, une prise de conscience en emmène souvent une autre et c’est tout un univers familial qui se trouve bouleversé.

  • Reply Muriel 15 août 2019 at 18 h 53 min

    Je passe d’un site à l’autre, j’essaie de comprendre et de me faire une idée. Vers l’âge de 40 ans (j’en ai 46), pensant avoir de sérieux problèmes de mémoire, on m’a testée et évaluée comme TDA. J’ai passé une bonne partie de ma vie à penser que j’avais beaucoup moins de facilités que les autres pour apprendre et d’ailleurs c’est plutôt laborieux même maintenant. Au boulo on m’appelle Dorie, ma mère disait de moi que j’étais une indecrotable rêveuse, mon mari que je suis au delà d’être dans la lune, c’est la lune qui est en moi… Bref cette annonce m’a soulagée, d’un côté. Juste enfin mettre des mots et pouvoir répondre à ceux qui vous disent « mais tu peux pas te concentrer un peu ?! » niveau confiance en soi quand tu entends ça depuis toujours, il y a mieux. J’ai quand même avancé dans ma vie, je suis devenue infirmière, puis spécialisée en éducation therapeutique. J’ai eu une fille qui a maintenant 25 ans, diagnostiquée » intellectuellement précausse à 12 ans » (c’est le terme de l’époque), coup de massue, c’est pas possible, apprendre à l’aider du mieux possible en me disant tous les jours « moi je voulais juste avoir une enfant normale » comme tout le monde… Impossible d’en parler autour de moi, même à mon mari, par peur des jugements, de l’incompréhension… Bref ces jours ci, alors que j’ai de nouvelles responsabilités au boulo (trois casquettes différentes sur ma tête…), mail de mon chef, en attente de travaux à réaliser sans objectifs clairs, je panique un peu et fini par me retrouver devant le psychologue et hypnotherapeute que je vois pour m’aider à gérer un régime alimentaire (grosse prise de poids suite au décès de ma mère et arrêt tabac..). Hstoire de gérer la pression avec mon chef, j’en parle au psy qui me pose milles question et finit par me dire qu’il mettrait sa main à couper que je suis un Zèbre, qu’il en est un, que son fils en est un et qu’il connaît très bien la question. Et moi de lui répondre que pour le coup je n’y croit pas deux secondes… Pourtant depuis ça me trote dans la tête, le simple fait d’y penser provoque en moi des émotions terribles que je n’arrive pas à expliquer, j’ai juste envie de pleurer et je ne sais pas à qui et si je dois en parler. Est ce que je dois me faire tester, quel intérêt, qu’est ce que ça va amener de plus ou de moins. Est ce que je serais déçue si ce n’est pas le cas, et dans ce qu’elle confiance avoir dans le psy… D’un autre côté ça expliquerait des choses: pourquoi j’ai toujours 15 projets en cours en même temps, perso et pro, sachant qu’en plus de mes trois casquettes au boulo j’ai une micro entreprise en maroquinerie, que je m’apprête à m’inscrire au diplôme d’infirmière en pratique avancée (2 ans retour à la FAC et c’est du délire de seulement y penser..). Pour brosser l’ensemble du tableau, il faut savoir que nous avons construit 4 maisons avec mon mari en auto construction des dondations jusqu’à la dernière finition tout en travaillant. A certaines étapes je me suis lancée aussi dans la peinture, le dessin, la cuisine, la permaculture, et j’en oublie. Je dis toujours que je ne suis passionnée de rien mais intéressée par tout. J’ai soif, d’apprendre (enfin d’essayer parce que ça dure jusqu’à ce qu’autre chose capte mon intérêt..). J’ai une amie qui me dit tout le temps que je suis énervante parceque je sais tout faire et que tout le monde se sent nul à côté de moi. Perso je dirais que c’est franchement exagéré, je fais pleins de choses mais rien qui relève du génie selon moi. Bref tout cela pour dire que ce diagnostic est un problème pour moi, qui potentiellement pourrait m’aider à comprendre ma façon de fonctionner mais me fais peur. Et peut on être TDA et Zebre en même temps ? J’ai fait un jour un test de QI sur internet (oui je sais c’est n’importe quoi), le résultat était de 110, donc normal dans la moyenne, j’étais déjà bien contente car à ce moment je n’avais jamais entendu parler de TDA ni autre. Je me sentais juste pas trop idiote mais seulement décalée, pas intéressée par les même choses que les autres. J’ai un peu de mal en société, j’ai l’impression d’être un zombi dans les conversations, c’est sur, le cinéma, la mode, la télé réalité je peux faire semblant quelques minutes mais guère plus. En général je m’anime quand on commence à parler politique, phylosophie, collapsologie, éthique, éducation dans tous les sens du terme, et bien sur maçonnerie, électricité (c’est moi qui ai fait l’elec de mes 4 maisons) et autres joyeusetés très faciles à placer dans les conversations entre filles… Au final, j’ai 46 ans, je ne sais plus vraiment qui je suis, je ne sais pas la place à accorder à cela et je me sens un peu démunie. Le seul avantage en écrivant tout ça c’est que, je prends conscience de ce dont je suis capable, Zebre ou pas et que le projet de mon chef, je vais en faire une mégastructure de l’espace! Si ça ne soit servir qu’à ça, c’est déjà bien. Tout bien réfléchi c’était peut être l’objectif du PSY. merci dans tous les cas pour ce blog qui donne matière à réfléchir, désolée de m’être empêchée ainsi et merci d’avance pour les commentaires qui pourraient m’aider (à condiction qu’ils soient bienveillants et constructifs sinon je vais ruminer dessus pendant des heures et franchement je n’ai pas besoin de ça)

    • Reply Rayures et Ratures 18 août 2019 at 11 h 51 min

      Merci beaucoup d’avoir partagé tout ça ! Je ne saurais pas vous aider mais je me retrouve beaucoup dans ce que vous dites, et le « passionnée de rien mais intéressée par tout » m’a fait sourire tant il résonne !

  • Reply cécile 7 octobre 2019 at 12 h 07 min

    Merci pour cet article. Le problème de le dire ou pas, c’est que bien souvent, ( enfin pour ma part) c’était aussi une manière de m’en convaincre. Car le profil HP a beau être écrit noir sur blanc sur le compte rendu, la petite fille dans son coin rêveuse et mauvaise en classe est toujours là. Du coup, oui je l’ai dit, mais après ? Le regard des parents change-t-il ? A voir. Dans mon cas, j’ai eu la sensation d’être libérée, mais pas tant que ça dans la mesure où je crois que je n’ai pas encore trouvé ma place. Dur. Merci de ton blog en tout cas 🙂

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