Témoignages

Témoignage – Eric, 49 ans

18 mai 2017

 

Témoignage d’adulte surdoué.

Quand j’ai demandé à Eric de me raconter son histoire, il m’a répondu qu’elle était probablement semblable à d’autres. Parce qu’il y a un avant, le Eric en proie à un mal être cyclique inexpliqué, un pendant, la découverte de son fonctionnement (et de sa douance) grâce à une psychologue, et un après, le nouvel Eric qui reprend confiance, assume et entreprend de nouveaux projets avec beaucoup d’espoir.

Avant.

Enfant, il s’adaptait aux autres. Il voyait bien qu’il était plus curieux que ses camarades, moins à l’aise en groupe, mais le décalage ne se faisait pas tant sentir. Scolairement, il était dans la moyenne. Sans effort mais avec beaucoup d’ennui, il a poursuivi une scolarité « normale » allant jusqu’à la licence de droit. Ni en difficulté, ni brillant.

C’est à l’âge adulte que le décalage s’est révélé, et s’est creusé. L’ennui, déjà, était toujours là. Lors de notre échange, Eric m’a écrit « L’ennui est aussi créateur de décalage, les autres ne comprennent pas qu’à certains moments je deviens silencieux et n’ai plus rien à leur dire. Je les aime mais ils m’ennuient ». Un zèbre cherche inconsciemment à être constamment stimulé, à apprendre, à se nourrir intellectuellement, sinon il s’ennuie. C’est ce qui lui a d’ailleurs posé problème lors de ses relations amoureuses. Il avait tendance à s’ennuyer très vite, et à abréger.

Ensuite, Eric, comme de très nombreux zèbres, a cette particularité si précieuse mais si difficile à assumer parfois qu’est l’hypersensibilité. Pour un homme, avoir une empathie sur-développée et une sensibilité exacerbée, traits de personnalité trop souvent perçus comme « féminins », n’est pas toujours compris ni accepté.

Enfin, il m’avouait lors de nos échanges avoir toujours été très « embêté » par sa pensée envahissante, qui ne s’arrête jamais et l’empêche de dormir.

Révélation.

Face à cet ennui, à ce mal-être et à ses déboires, Eric s’est décidé à consulter une psychologue il y a quelques mois. Il croyait consulter pour dépression, pourtant, après quelques semaines de discussion, le moment venu, elle lui a conseillé un livre, celui de Jeanne Siaud-Facchin sur l’adulte surdoué. Eric l’a lu, relu, surligné, et s’est retrouvé si bien décrit et analysé qu’il en a pleuré. Ce n’est pas le seul à m’avoir fait cette confidence. Pour beaucoup de novices en la matière, d’adultes incompris par eux-mêmes, ce livre a été le point de départ d’un long chemin vers la compréhension de soi.

Pourtant, comme beaucoup d’adultes surdoués se découvrant tardivement, sa première réaction a été « Moi, surdoué ? C’est de moi que l’on parle ? Serais-je intelligent ? Comment ça, les autres ne pensent pas comme moi ? ». Lorsque l’on fonctionne et que l’on réagit d’une certaine façon depuis toujours, on ne se pense pas singulier. Le déni n’a pas duré longtemps, Eric a fait confiance à sa psychologue, elle-même surdouée, et des lectures de témoignages et de livres sur le sujet, dans lesquels il se retrouvait entièrement, ont fini de le convaincre.

Les phases de révélation puis de déni et d’acceptation passées, Eric a rebalayé sa vie, et compris beaucoup de choses.

Après.

Le nouvel Eric. En quelques mois, il a repris peu à peu confiance, en lui et en ses capacités. Il dit même qu’avec l’acceptation et la compréhension de soi, ses capacités se sont « aiguisées ». Il s’est remis à l’écriture, une passion abandonnée depuis longtemps, et a commencé à écrire un livre (enfin à l’heure où j’écris cet article, il l’a déjà terminé !). Il assume dorénavant son hypersensibilité à 100%, et cherche, à travers la méditation, à canaliser sa pensée galopante plutôt que de la freiner. Il a fait de sa pensée envahissante, qui autrefois lui posait problème, une force créatrice qu’il utilise dans l’écriture.

Aujourd’hui, il assume tout. Sa singularité, il en a fait une force.

Voici d’ailleurs ses propres mots pour clore le témoignage :

« J’entame la deuxième partie de ma vie, seul avec moi-même mais avec beaucoup d’espoir. Être précoce est une richesse, et l’ayant compris, j’espère en faire quelque chose ! »

Son conseil aux autres zèbres :

« Il faut se dire que notre différence est une force et que l’on peut se rapprocher des autres tout en ne se niant pas,  en apportant notre pierre à l’édifice ! »

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 15 – Les relations amoureuses…

27 avril 2017

Lorsque j’ai fait la liste des sujets dont j’avais envie de parler, j’ai volontairement enlevé celui-ci : la relation amoureuse. La vie de couple. Cela me semblait vraiment trop difficile à appréhender. Et puis lorsque j’ai demandé les thèmes que vous souhaitiez que l’on aborde, vous m’avez tous mentionné la relation amoureuse (ou presque). Alors, promis, je prends sur moi, et je m’y colle !

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Toutes les relations sociales, et a fortiori amoureuses, sont, par définition, compliquées. Le zèbre, avec son fonctionnement peu commun, ajoute peut-être une petite touche de complexité supplémentaire. Chez lui, tout est multiplié. Trop intense, trop sensible, « trop » tout, le zèbre a souvent l’impression que trouver une personne capable de suivre (et supporter) son intensité, cela sera trop difficile. Pourtant, c’est possible !

Avant même de parler de couple, il y a la rencontre. Ce moment où deux individus vont l’un vers l’autre, échangent, partagent, discutent, dans un contexte social la plupart du temps. Avec d’autres gens. Or certains zèbres peuvent se sentir plutôt mal à l’aise en groupe. Rencontrer quelqu’un, aller vers lui, peut donc déjà s’avérer complexe pour un certain nombre d’entre eux facilement intimidés, qui ont une faible estime d’eux-mêmes, et bien souvent le sentiment d’être un imposteur. En effet, quand dans l’enfance, le zèbre a été marqué par des difficultés sociales (moqueries, décalage, impression de ne pas être à sa place), il est difficile de trouver la confiance nécessaire à cette rencontre.

Pourtant, il a envie de plaire (d’être aimé, toujours), de partager, de communiquer. Il cherche à être aimé, mais sait qu’en même temps, aimer et être aimé signifie accepter la possibilité d’être blessé. Alors il prend toujours plus de précautions avant de se livrer à quelqu’un. Rencontrer quelqu’un peut ainsi prendre plus de temps, mais petit à petit, le zèbre prend confiance et peut, lui aussi, nouer des relations. 

La personnalité, le vécu mais également la particularité des zèbres ont forcément une influence sur les caractéristiques qu’ils recherchent chez un partenaire et sur le type de relation qu’ils attendent. Je ne vais pas dresser une liste de critères à cocher avant de se mettre en couple ni la recette du bonheur, mais de la même manière qu’un individu passionné par les grands espaces sauvages aura tendance à rechercher quelqu’un qui apprécie le grand air plutôt que les activités d’intérieur, les zèbres, qui partagent un ensemble de traits communs, auront tendance à rechercher certains critères en priorité dans la personnalité de l’autre. Tout est question de personnalité.

Le zèbre est quelqu’un d’entier. Et d’idéaliste, souvent. Alors le type de relation qu’il recherche avant tout est souvent une relation de forte complicité avec son partenaire. Il se contentera rarement d’un compromis. Il veut que sa relation soit belle, parfaite, entière, et a souvent tendance à quitter les relations qui ne le satisfont plus complètement. Être en couple pour ne pas être seul, si l’on n’est plus amoureux, ce n’est pas envisageable pour lui.

Sa deuxième priorité, comme dans le travail, c’est de ne pas s’ennuyer. Le zèbre a une faible tolérance à l’ennui. Alors s’il est si curieux au quotidien et sans cesse en quête de sens, de nouveauté, il va évidemment l’être aussi dans sa vie amoureuse. Il a besoin d’être surpris, stimulé en permanence, enrichi. Son aversion pour la monotonie se retrouve une fois de plus dans sa vie de couple. Il cherchera donc quelqu’un d’assez flexible pour le suivre dans ses changements et dans sa quête permanente d’innovation. Il mettra peut être plus de temps à trouver la bonne personne, mais il trouvera celle avec laquelle il ne s’ennuie jamais. Car la possibilité même de s’ennuyer n’est pas non plus envisageable pour lui.

Ensuite, dans l’idéal, son partenaire devra être suffisamment patient pour supporter son intensité, ses passions et ses peurs, mais aussi créatif, curieux, indépendant, doté d’un bon sens de l’humour, et devra partager plusieurs de ses centres d’intérêt. Dans l’idéal… 😉 Mais encore une fois, tout dépend de la personnalité de chacun. 

Enfin, je pense que l’une des clés de succès d’une relation avec un zèbre est la compréhension. Si le zèbre a compris son fonctionnement, qu’il sait expliquer ses réactions, et que son partenaire l’accepte (pour peu qu’il ne soit pas zèbre), le comprend et l’intègre, je pense que cela facilite l’entente et la complicité.

Evidemment, vous vous doutez que toutes les caractéristiques dont nous avons parlé dans les différents chapitres et qui impactent leur vie à l’école ou à la maison vont également impacter leur vie de couple. On dit souvent que les zèbres sont difficiles à suivre, et de nombreux articles sont publiés pour aider les parents dans leur quotidien avec un enfant zèbre. Qu’en est-il donc de la vie quotidienne avec un partenaire zèbre ?

Le fait est qu’un certain nombre des caractéristiques du zèbres peuvent être difficiles à gérer pour le partenaire.

Le zèbre analyse tout ce qu’il voit, tout ce qu’il ressent, chaque petit détail de son environnement l’amène à réfléchir, et cela peut se révéler épuisant pour le partenaire dont les actions sont sans cesse analysées. Surtout lorsqu’à l’analyse, on ajoute… l’hypersensibilité. Le zèbre vit par l’émotion. Il interprète chaque geste, chaque mot, chaque expression du visage de son partenaire, et une mauvaise interprétation peut générer une grande angoisse.

De la même manière, s’il ressent un changement d’humeur que son partenaire omet de lui notifier, il se sentira mis de côté, tandis que son partenaire peut se sentir plutôt oppressé face au dévoilement de son changement d’humeur.

Enfin, le zèbre accorde beaucoup d’importance au jugement, mais le pire jugement est souvent le sien. Très lucide, il veut toujours être parfait, reconnaît ses failles, se dévalorise, et culpabilise même. Extrêmement sensible à la critique, qu’il prend souvent personnellement, si dans le couple le partenaire lui fait remarquer certains défauts, cela peut se révéler très difficile à vivre. Il a constamment besoin d’être rassuré

Pourtant, les traits de personnalité qui définissent le zèbre et peuvent lui poser problème dans la vie quotidienne sont aussi ce qui ont, j’imagine, attiré le partenaire ! La sensibilité, l’intelligence, la lucidité, la curiosité mais aussi le doute rendent le zèbre attachant et peuvent même se révéler être une force dans la vie de couple. Ses capacités d’analyse et son hypersensibilité lui procurent une facilité à comprendre les besoins de l’autre, à saisir ses humeurs et à l’aider. Le zèbre est quelqu’un de très attentionné, sa bienveillance et son empathie font qu’il est très attentif aux besoins de son conjoint, à son bien, et pense constamment à l’autre en premier (au risque de s’oublier lui-même).

Mais alors, si nos particularités peuvent être à la fois des forces mais aussi des faiblesses dans notre couple, vaut-il mieux être en couple entre zèbres ou avec un non zèbre ? Je ne pense pas qu’il y ait de réponse. L’entente dépend plus de la personnalité que des caractéristiques des deux personnes.

Souvent, c’est vrai, on s’attire car on se comprend. On se retrouve même parfois entre zèbres sans le savoir. Parmi les nombreuses publications à ce sujet, beaucoup tendent à dire qu’il est plus facile d’être en couple entre zèbres. Pourtant, je pense que ça peut rendre la relation d’autant plus complexe, car chacun, avec sa personnalité et son vécu, apporte sa propre sensibilité, son impatience, son propre niveau de réactivité émotionnelle. On peut avoir tendance à penser que l’autre nous comprend beaucoup plus facilement, car il « pense pareil ». Alors, nous faisons peut-être moins d’efforts de communication. Pourtant, chacun ayant une personnalité différente mais une tendance commune à interpréter et ressentir le moindre changement, la moindre expression, je pense qu’il faut au contraire redoubler d’efforts de communication.

Avec un non zèbre, les malentendus sont probables car les deux personnes ne voient pas le monde de la même manière, sous le même angle. Mais est-ce un problème ? Le risque, c’est que le non zèbre supporte difficilement l’intensité du zèbre pour tout, mais aussi que le zèbre, en raison de sa quête perpétuelle de nouveauté, de son attirance pour les nouvelles expériences et les apprentissages, finisse par prendre une autre direction dans sa vie. Les expériences personnelles nous font grandir, mais peuvent par conséquent nous éloigner l’un de l’autre si nous ne grandissons pas dans la même direction.

Je pense que le couple zèbre / non zèbre devra faire face à de nombreux problèmes si le partenaire ne comprend pas ou n’accepte pas la particularité du zèbre, mais qu’il sera renforcé si la personne comprend, car elle pourra alors contrebalancer le rythme du zèbre et apporter équilibre et stabilité. La clef, c’est que le zèbre ait compris et expliqué son fonctionnement.

A retenir (pour les zèbres déçus)

♡ L’intelligence c’est sexy (si tu n’es pas convaincu, regarde la dernière saison de Sherlock Holmes)

♡ On peut trouver quelqu’un qui nous comprend, qu’il soit zèbre ou non zèbre. Et ça peut très bien se passer, surtout lorsque l’on se connaît soi-même, que l’on connaît ses réactions, que l’on peut les anticiper, les expliquer. La clef, c’est de comprendre son propre fonctionnement, et d’être compris par son partenaire.

♡ On peut aussi être très bien tout seul.

♡ Zèbre ou non zèbre, peu importe. Vous saurez probablement vous-même très vite si vous avez une compatibilité en termes de personnalité, que la personne ait des rayures ou non.

♡ L’hypersensibilité et les particularités du zèbre, si elles apportent leur lot de complexité dans la relation, rendent aussi le zèbre particulièrement attachant (enfin, je trouve 🙂 ) C’est rare et précieux de croiser quelqu’un qui s’intéresse à tout, se soucie de tout et a le cœur sur la main. Non ? 

Un petit cœur zébré pour clore ce chapitre et vous remercier de me suivre, de me lire, de partager vos avis, vos remarques, vos questions, votre encouragement, et de me donner envie de continuer ! ♡

 

 

 

Témoignages

Témoignage – Benjamin, 26 ans

15 avril 2017

 

 

Benjamin a toujours eu du mal à trouver sa place. Enfant, personne ne lui a parlé de précocité, mais il avait toujours l’impression d’être en décalage à l’école, avec une vision et une conception du monde très différentes de celles des autres. Une sensibilité particulière, aussi. Et un esprit très créatif.

Pourtant, jeune adulte, il a commencé par essayer de se conformer au standard général. 5 ans d’études en management, la signature d’un CDI, 3 ans en entreprise. Puis c’est le déclic. Choqué par la vacuité des tâches à réaliser, il ne trouve pas de sens à suivre le traditionnel « métro boulot dodo ». Il explique que ses collègues ressemblent à des machines programmées pour faire des tâches ridicules, comme s’ils avaient perdu toute capacité de questionnement et d’émerveillement.

Profondément déprimé, il n’a cessé de questionner son décalage. Pourquoi lui ne peut pas faire comme tout le monde ? Qu’est ce qui ne tourne pas rond chez lui ? Pourquoi ce qui semble convenir à une majorité ne le satisfait pas ?

Alors, il s’est dit qu’il fallait trouver autre chose, qui lui correspondrait plus, une nouvelle voie où il pourrait s’épanouir. Il avait désespérément besoin d’apercevoir autre chose. La possibilité d’autre chose. Il s’ensuivit de longues heures en tête à tête avec son ami Google, qui malheureusement n’a pas trouvé la solution miracle, le job miracle.

C’est par hasard, en cherchant des informations sur un jeu, que Benjamin a trouvé une rubrique sur les différents métiers du jeu vidéo et découvert le métier de Game Designer.

Révélation ! C’est un métier qui demande curiosité, ouverture d’esprit et créativité. Tout ce qu’il recherche. Il s’occuperait de la conceptualisation des règles et des niveaux de jeux, de la narration et du ressenti du joueurs, tandis que les graphistes s’occuperaient du dessin et de la 3D.

Après une série de péripéties, Benjamin réussit à intégrer une école de game design dans laquelle il est toujours aujourd’hui. Lors de nos échanges, il m’écrivait « Je me sens maître de mon destin et j’ai la conviction de trouver une place pouvant me convenir ».

Trouver sa place. Enfin. Car « le Game Design nécessite à la fois de la technique, du management, de la culture ». Il a trouvé ce qui lui permettait d’utiliser sa passion, sa créativité et sa curiosité. Il a trouvé un secteur qui l’intéressait, qui lui offrait de nombreuses possibilités différentes, et dans lequel il sent qu’il peut s’y faire une place. Il a essayé de trouver un juste milieu entre raison et passion, et d’après nos échanges, il semblerait qu’il ne change de secteur pour rien au monde !

Son conseil :

« Il ne faut pas désespérer de penser et voir le monde différemment, il faut oser faire des choix un peu fous, même si ils ne sont pas évidents dans notre société formatée. »

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 14 – Trouver sa voie professionnelle

24 mars 2017

 

A moins d’avoir une vocation depuis très jeune, il est difficile de choisir un métier pour l’avenir, surtout dans la société actuelle ou nous avons toujours plus de choix.



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Alors si l’on est hypersensible, que l’injustice nous met hors de nous, et que l’on attache énormément d’importance au jugement des gens et notamment à l’approbation de notre entourage, vous imaginez bien que c’est encore plus compliqué. Souvent, on lit d’ailleurs que les zèbres sont « instables professionnellement ». Mais pourquoi ?

Le zèbre est quelqu’un d’extrêmement curieux. Il aura envie d’étudier toutes les matières qui l’intéressent, et d’essayer de nombreux métiers. Pourtant, on nous demande très tôt dans notre parcours scolaire de nous spécialiser, de choisir des matières, choisir des études, en vue de choisir une profession.

Choisir.

Pour le zèbre, choisir est vraiment difficile, d’autant plus que l’approbation de son entourage est quelque chose de très important pour lui. Alors, qu’il soit mauvais en classe, ou bon partout, il écoutera ses professeurs et ses parents le guider vers une profession qui semble lui correspondre, où il semblera être compétent.

Mais est-ce pour autant ce qu’il veut vraiment faire ?

Souvent, le zèbre est très créatif et rêve secrètement de s’orienter vers une carrière artistique, dans la peinture, la musique, l’histoire de l’art… Ou alors, il s’intéresse tellement à un sujet qu’il voudrait faire de la recherche exclusivement dans ce domaine (en archéologie par exemple). Ces voies très spécifiques étant considérées comme «bouchées», il est assez rare qu’ils soient confortés dans ce choix là. Proches et professeurs préfèreront souvent leur dire de continuer leurs études en parallèle de leurs activités artistiques ou de leurs intérêts, pour plus de sécurité et de stabilité. Parce que la sécurité, c’est aussi quelque chose que les zèbres recherchent, vous vous souvenez ?

Trouver le bon équilibre entre désir et stabilité, entre passion et raison, quand tout nous intéresse, ce n’est pas chose facile.

Surtout s’il faut ajouter au désir et à la sécurité un troisième élément : la stimulation.

Le zèbre ne supporte pas l’ennui. L’important pour lui, dans son travail (et dans sa vie en général), c’est qu’il ne s’ennuie pas, qu’il soit stimulé sans arrêt, qu’il puisse être passionné par ce qu’il fait, et surtout, qu’il n’y ait pas de tâches répétitives… Dès lors que le zèbre a l’impression de stagner, de ne plus rien apprendre, c’est le blocage, l’ennui total, la remise en cause de tout, la dépression parfois même.

En général, quand un zèbre commence à travailler dans une entreprise, ça se passe comme ça : il débute, il découvre, ça l’intéresse. Il apprend des choses.

Puis très vite, il a fait le tour, a vu comment ça fonctionnait, et c’est là que l’ennui se pointe et que les tâches perdent leur intérêt.

Alors il veut partir, démissionner, fuir.

En se disant que ce sera peut-être mieux ailleurs.

Et puis finalement, ailleurs, ça recommence.

Il découvre, il apprend, puis il maîtrise, il se lasse, et il veut repartir.

C’est un peu comme si son cerveau s’embourbait dès qu’il ne se passe plus rien de nouveau. Comme s’il s’endormait (mais sans endormir le flux constant de pensées qui n’ont rien à voir, ce serait trop simple… )

Enfin, on l’a vu dans un précédent chapitre, la relation du zèbre avec l’autorité est compliquée, et au travail, ça pose souvent problème, d’autant qu’un certain nombre d’entreprises fonctionne encore avec un modèle ancien, où le mérite et le talent ont moins de place que la conformité et la politique. Pas étonnant donc que le zèbre qui propose beaucoup (trop) de changements à peine arrivé bouscule l’ordre établi et s’attire les foudres de sa hiérarchie. Si l’on ajoute à cela qu’il a du mal à exprimer le cheminement de sa pensée qui l’a amené à prendre ses décisions, qu’il pose beaucoup de questions pour être sûr de tout comprendre, et qu’il fait passer ses principes moraux et humanistes avant la recherche du profit, on peut en déduire aisément qu‘il se fond difficilement dans l’organisation.

Alors, puisque de nombreux domaines l’attirent, qu’il ne supporte pas l’ennui et se trouve rarement à sa place dans l’entreprise, le zèbre songe souvent à changer de métier, regrette ce à quoi il a renoncé en faisant les choix qu’il a faits, et a envie d’essayer autre chose.

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Lors de mes discussions avec de nombreux zèbres adultes, beaucoup me disent qu’ils ne se sentent pas « expert » (moi la première), qu’ils ont beaucoup changé de poste et n’ont pas de parcours « cohérent », qu’ils ne se sont pas spécialisés contrairement aux autres personnes qu’ils ont pu croiser dans leur vie professionnelle. Pourtant, leur force c’est exactement ça. La polyvalence. Guidée par la passion, la curiosité, et la bienveillance. Certains domaines y sont réticents, mais d’autres accueillent cette compétence à bras ouverts. Et il faut la mettre en avant.

Mais pour cela, il faut parfois oser quitter le travail qui ne les satisfait pas. Par peur du jugement, par peur de perdre un statut social, par peur de rater, mais aussi et surtout par peur de ne plus être en sécurité, changer radicalement de travail est un choix difficile à faire. Un choix plein d’incertitudes. Souvent, c’est même lors d’un arrêt forcé comme un long arrêt maladie, une période de chômage ou un congé maternité que le zèbre (et même le non-zèbre, c’est valable pour tout le monde évidemment) s’autorise à faire ce qui lui plait, et se découvre une nouvelle vocation.

Parfois, c’est un métier manuel, parfois le zèbre se met à son compte pour se libérer de la hiérarchie (mais attention, ce n’est pas une solution pour tout le monde, la montagne de papiers administratifs qui attend les entrepreneurs peut s’avérer problématique pour le zèbre), parfois c’est un métier peu satisfaisant intellectuellement mais peu prenant et qui laisse donc toute la place aux projets personnels que l’on peut réaliser à côté… Il y en a pour tout le monde. Nous sommes tous différents, mais je suis persuadée que chacun est capable de trouver le bon équilibre entre désir, stimulation et sécurité. Et si les expériences malheureuses passées sont considérées négativement par le zèbre, elles lui ont pourtant beaucoup appris sur la vie en entreprise, les relations entre les gens et ce que le zèbre lui-même recherche dans son travail et dans sa vie, et influenceront positivement ses choix futurs.

Dans ma rubrique témoignages, vous découvrirez les témoignages de zèbres ayant vaincu l’ennui, la sensation de ne pas être à sa place et la relation difficile avec la hiérarchie en choisissant une reconversion, en changeant simplement de domaine, en changeant leur façon de voir les choses au même poste, ou en devenant entrepreneurs.

 

A très vite !

 

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 13/2 – la peur de l’échec

21 février 2017

A la fin de la première partie sur la peur de l’échec, nous nous posions cette question :

Et si on changeait d’attitude face à l’échec ? Si on arrêtait de stigmatiser nos erreurs ?

 

Attention, je ne parle pas de toutes les erreurs. Il faut bien évidemment distinguer avant toute chose les erreurs à sanctionner (un comportement irrespectueux, une atteinte à la liberté d’autrui ou une atteinte physique par exemple), des erreurs d’apprentissage, à corriger. Celles qui font que l’on a tenté quelque chose mais que l’on n’a pas eu le résultat escompté pour diverses raisons. Ce sont ces “échecs” qui méritent que l’on s’arrête dessus, que l’on réfléchisse, et qui nous permettent de nous améliorer. Il faut bien différencier corriger et sanctionner.

 

L’échec, c’est d’abord une question de point de vue. Une question de mentalité. Si en France on stigmatise l’échec, ce n’est heureusement pas le cas partout. Se pencher sur les autres façons de considérer ses erreurs peut permettre au zèbre de prendre du recul.


Dans la mentalité anglo saxonne par exemple, échouer, c’est apprendre. Echouer, c’est expérimenter. Bien loin d’être considéré comme l’ennemi de la réussite, l’échec est au contraire un passage obligé vers la réussite. Tous les grands leaders le disent aujourd’hui. S’ils ont pu devenir leaders, c’est justement parce qu’ils ont réussi à surmonter les obstacles, appris de leurs erreurs et persévéré. C’est en prenant des risques, en entreprenant, en tombant puis en se relevant qu’ils ont pu accéder au chemin de la réussite.

La réussite est bâtie sur des échecs.

La société ne reconnaît pas seulement les brillants résultats de leur entreprise aujourd’hui ou leur formidable innovation technologique, elle reconnaît également leur parcours et leur persévérance. On ne demande pas à tout le monde d’être un grand leader, mais peut-être que si nous pensions comme cela, nous aussi, nous serions moins bloqués par la peur de l’échec. Car derrière nos peurs, il y a nos envies et nos rêves.

Un résultat, ça se change. Ca évolue. Un rêve, en général, reste, lui, bien ancré dans notre tête, tant qu’il n’est pas réalisé.

La réussite finalement, c’est se donner les moyens de faire ce qui nous plaît. De réaliser nos envies. Pas se soumettre à un travail qui ne nous épanouit pas totalement sous prétexte qu’il est stable, bien rémunéré, conforme aux attentes de la société ou de l’entourage, en adéquation avec ce que l’on a fait “avant”, ou valorisé socialement. Si on ne travaille que ce que l’on sait faire, on ne progresse pas. On s’éteint. Réussir, c’est donner le maximum de ses capacités, prendre du recul, analyser ce qui doit être amélioré, persévérer. Entreprendre au risque de se tromper, c’est une occasion unique d’apprendre. Pour le zèbre qui a une curiosité insatiable et soif d’apprendre, ça peut justement être un moyen de lui faire comprendre qu’il faut oser, et faire des efforts.

Note : il est essentiel de prendre des risques, mais il faut évidemment les mesurer ! Mon but n’est pas de vous pousser à prendre des risques inconsidérés, mais de vous faire réfléchir à un équilibre entre vos envies et le prix à payer.

 

L’échec est loin d’être le résultat d’un manque d’intelligence ou d’un manque d’attention comme on le voyait dans la première partie de ce chapitre. Il est plutôt le signe d’un manque d’expérience. Et un manque d’expérience se comble facilement par la motivation, l’effort, la persévérance.

Tout ceci est assez théorique, j’en conviens. Changer de mentalité, en théorie, cela résoudrait notre blocage. Mais c’est facile à dire. En pratique, on ne change pas du jour au lendemain. Moi-même, je me suis lancée dans plusieurs projets. Et si mes amis américains me motivent en valorisant ma volonté, le courage d’oser et en me disant que réussir, c’est ça, la mentalité française est tout de même bien ancrée en moi et m’empêche souvent d’avancer.

(aucun cliché dans l’illustration à suivre… non non 😉 )

Je remets constamment en question mon choix et je me bloque toute seule. Mais au moins, lorsqu’on en prend conscience, lorsqu’on met le doigt sur ce qui nous bloque, ça crée une porte de sortie. Une porte qui va vers la réussite.

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Certes, si on essaye de changer de mentalité et que l’on arrive à se convaincre que faire des erreurs, rater, c’est expérimenter et apprendre, on a plus de chances de réussir à surmonter cette peur de l’échec.
Mais il n’y a pas que cela qui bloque le zèbre. Souvent, l’hypersensibilité du zèbre fait qu’il a tendance a tout prendre très fort et surtout de manière très personnelle, ce qui rend très difficile pour lui la distinction entre l’échec d’un de ses projets ou d’un devoir, et l’échec de sa personne. Un résultat ne définit personne. Un individu qui se trompe et rate son objectif n’est pas un raté.

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Si l’hypersensibilité des zèbres accentue le risque de blocage lié à la peur de l’échec, ils disposent en revanche, par leurs caractéristiques intrinsèques, d’atouts indéniables pour réussir dans la vie. Ils ne s’en sont pas forcément rendu compte car ce sont ces mêmes qualités qui font que souvent, ils échouent à l’école.

En effet, la curiosité du zèbre est souvent récompensée en classe par un “hors sujet” sur ses copies. Avide de savoir dans les matières qui l’intéressent, le zèbre s’est informé davantage et répond au sujet en incluant ce qu’il a appris par ses recherches personnelles au lieu de se contenter de l’information dans ses cours.

Sa passion, elle, se matérialise par un intérêt très fort pour certaines matières, et un désintérêt tout aussi fort pour d’autres. Il travaille ce qui l’intéresse. Ce qui est rarement source de bonnes appréciations.

Enfin, le zèbre est créatif. Innovant. Mais on ne nous demande pas de répondre avec originalité dans un devoir, on vérifie nos connaissances. Il faut savoir restituer.

Pourtant, curiosité, passion et créativité sont de sacrés trésors à préserver.

Car une fois arrivé à l’âge adulte, il faut être passionné par ce que l’on fait pour en tirer satisfaction et exceller, il faut être curieux, chercher et ne jamais se contenter de ce qu’on nous demande pour avancer dans notre vie professionnelle, et on nous répète constamment qu’il faut être créatif.

Alors il faut que les zèbres prennent bien soin de ces qualités qu’ils ont la chance d’avoir, et qu’ils ne laissent pas le système les brider. D’où l’importance d’essayer de changer de vision face à l’échec. 

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On ne pourra pas changer le monde ni le système en un article de blog, mais si on prend conscience de sa peur de l’échec, de sa cause, de son ampleur, de ses impacts sur ses choix personnels, de l’impact dans notre jugement des autres, et que l’on arrive à percevoir l’échec autrement, alors c’est bénéfique. C’est en essayant, en faisant des efforts que l’on est respecté et que l’on peut être fier.

 

A retenir :

° Il faut changer de vision sur l’échec. Pour soi et pour les autres. Dans sa vie personnelle et dans sa vie professionnelle.

° Echouer, c’est expérimenter.

° Les réussites sont bâties sur des échecs.

° Rater quelque chose ne veut pas dire être raté.

° Curiosité, passion et créativité sont réprimées dans le système scolaire mais indispensables dans la vie 🙂

PS : lorsque je critique le système scolaire, je tiens à préciser que je ne critique pas tous les enseignants 🙂 En réalité, je reçois beaucoup de messages d’enseignants qui lisent mes articles, s’intéressent au sujet et voudraient  justement changer les choses, et prendre en considération les besoins spécifiques des enfants précoces (et des autres évidemment) qui se trouvent en difficulté (ils ne le sont pas tous). Malheureusement, ce même système leur met des bâtons dans les roues.


Caractéristiques de zèbres

Chapitre 13/1 – la peur de l’échec

15 janvier 2017

Ah, la peur de l’échec…

Vous savez, celle qui nous casse dans notre élan, nous paralyse et nous empêche d’avancer. La peur de se tromper. D’échouer.

C’est une des peurs les plus répandues dans la population française, que l’on traîne souvent depuis très très longtemps puisqu’elle nous est transmise dès les premiers jours d’école, si ce n’est avant.

L’hypersensibilité du zèbre, son observation et sa lucidité impitoyable accroissent cette peur qui devient alors maladive et handicapante. Mais pourquoi réagit-on ainsi face à l’échec ?

 

Depuis nos premiers jours d’école, le mot « erreur » est omniprésent dans le discours des professeurs. Il ne faut surtout pas se tromper. Se tromper sera même sanctionné. Mais pourquoi ?

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Parce que dans le système actuel, à l’école, en entreprise, en société, faire une erreur sous-entend quelque chose de négatif. On n’a pas le droit à l’erreur.

Dans notre société actuelle, on stigmatise même l’échec. Celui qui loupe son examen, celui qui crée une boîte qui ne fonctionne pas aussi bien que ce qu’il avait imaginé, celui qui tente quelque chose d’infructueux, on dit qu’il a échoué, et la société le considère souvent comme un minable, un perdant, un loser. Echouer est alors synonyme de quelque chose de terrible. D’humiliant. De destructeur.


 

Une personne qui a échoué va être marquée pour très longtemps, et son ou ses échecs vont avoir un impact considérable dans ses choix futurs. Si l’impact pourrait et devrait être positif (on verra ça dans la deuxième partie du chapitre, en ligne prochainement), il est malheureusement souvent négatif. La stigmatisation de l’échec handicape.

A l’école, faire une erreur est souvent interprété comme un manque de travail. Si l’enfant se trompe, c’est forcément qu’il n’a pas assez travaillé sa leçon. Ou bien qu’il n’a pas fait attention en complétant l’exercice. Parfois même, certains l’interprètent comme un manque d’intelligence. Si l’enfant se trompe, il faut le sanctionner, le punir, pour l’empêcher de recommencer.

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Manque de travail, manque d’attention, manque d’intelligence… Cette notion de « manque » résonne dans la tête d’un enfant ou d’un zèbre adulte comme un synonyme d’infériorité. Si on fait une erreur, c’est que l’on est inférieur aux autres, à ceux qui ont répondu correctement. Si on fait une erreur, on risque la réprobation des enseignants, des collègues, des supérieurs hiérarchiques.


Quoi de pire pour un zèbre qui passe son temps à chercher l’approbation et l’affection ?

Alors, il en déduira qu’il est interdit de se tromper, qu’il faut toujours avoir la bonne réponse. Et que s’il ne l’a pas, il décevra son entourage.

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Justement, lorsque le zèbre a une peur maladive de l’échec, de quoi a t-il peur réellement ? N’a t-il pas plutôt peur de décevoir ?

Echouer, en soi, ce n’est pas si terrifiant. Ce qui nous fait peur est bien plus abstrait et complexe.

Pour le zèbre hypersensible et sans cesse en quête d’amour (car l’amour, c’est la sécurité), la peur de l’échec, c’est la peur de ne pas satisfaire. Ne pas satisfaire ses parents, son entourage, ses professeurs. Il est persuadé que s’il se trompe, il décevra son entourage, qui, bien évidemment, ne l’aimera plus. (Logique de zèbre).

C’est la peur de ne plus être aimé.

C’est la peur de la honte. Honte de ne pas être ce que (l’on pense que) les autres attendent de nous.




C’est aussi la peur du jugement. Celui que les gens porteront sur notre erreur. Et celle que nous-mêmes porterons sur notre erreur. S’il se trompe, le zèbre se trouvera lamentable.

Parfois, pour les zèbres adultes, c’est également la peur de réussir. La peur de ne pas pouvoir faire face aux responsabilités ou à la demande.

 

On se doute bien que toutes ces peurs vont avoir un impact sur la personnalité, la réaction ou les pensées du zèbre.

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Quelles sont donc les conséquences de cette stigmatisation de l’échec ?

Là, je crois qu’on peut en faire une liste, car les énumérer dans un même paragraphe serait très indigeste.

 

  1. L’une des principales conséquences de la peur de l’échec, c’est la dévalorisation. La stigmatisation de l’échec a un impact énorme sur l’estime de soi. Une mauvaise note sera très mal vécue par l’enfant zèbre, et une correction peut être très mal vécue par l’adulte zèbre au travail. Le zèbre retiendra que se tromper, c’est être idiot, et sera persuadé d’être un incapable. Il doutera de ses capacités.

Parfois, pour combler ce manque de confiance, les zèbres vont à l’inverse se comporter comme s’ils étaient très sûrs d’eux. En apparence.

  1. L’anxiété générée par la peur maladive de l’échec chez le zèbre crée souvent un blocage intellectuel qui met l’enfant en difficulté, et le conforte dans son ressenti d’échec.



  1. Le manque d’autonomie. Les enfants (tous, pas que les zèbres), n’apprennent pas à travailler pour eux-mêmes à l’école. Ils apprennent à travailler pour atteindre les objectifs fixés par les professeurs. En entreprise comme à l’école, c’est une figure d’autorité qui leur dira s’ils ont « réussi ». Ils travaillent pour validation, pour ne pas décevoir. Ce qui n’est pas du tout un comportement autonome.



  1. Pas étonnant donc qu’ils manquent de persévérance, s’ils ont perdu le sens de ce qu’ils font ! Les zèbres ont un besoin existentiel de sens, comme on l’a vu dans un précédent chapitre, alors s’ils ne savent pas pourquoi on leur demande de faire quelque chose en particulier, il y a de grandes chances pour qu’ils pensent que ça ne vaut pas la peine d’insister. Le risque d’échec est trop élevé.



  1. Par peur d’échouer, on procrastine. Et on n’entreprend plus. A trop s’attarder sur ses erreurs, le zèbre renonce, pense que ça ne vaut pas la peine d’insister. Il préfère ne plus prendre le risque de décevoir ou d’être lui-même déçu. Adulte, il a peur d’entreprendre. Devant la peur de l’erreur, il refuse de prendre des risques ou tenter de nouvelles expériences. Pourtant, la satisfaction qui découlerait de la prise de risque serait nettement plus élevée… C’est dommage.



  1. Certains zèbres réagiront à cette peur de l’échec en devenant perfectionnistes. Plus que du simple perfectionnisme, on parle même de perfectionnisme obsessionnel ou excessif. Pour être certain de ne pas se retrouver en situation d’échec, le zèbre fera en sorte d’être le premier partout, tout le temps, de tout faire parfaitement. Son niveau d’exigence est considérable.



  1. Trouver une excuse pour rater. Parfois, le zèbre préfère même ne pas travailler pour ne pas risquer d’échouer. De cette manière, il saura expliquer son échec, il aura fait exprès.



Lorsque notre niveau de peur est très très haut, on vise la perfection pour se rassurer. C’est parfait, ou c’est pas la peine. Si on a peur de l’échec, on ne veut faire que ce que l’on connait, ce que l’on maîtrise, car on a beaucoup moins de chances de se tromper. Mais croyez vous vraiment que la réussite est là ?


Non. L’échec est là. L’échec, c’est ça.

C’est ne pas passer à l’action. De rester dans la routine. De ne pas essayer. De ne pas créer. De craindre.

Le seul moyen d’échouer, c’est donc de le décider soi-même.

chapitre 13 - 19Et si on changeait d’attitude, alors, face à l’échec ? Si on arrêtait de stigmatiser nos erreurs ?

Mais ça, on en parlera la prochaine fois !

Vous avez lu la partie négative, maintenant, place à la partie positive, celle qui normalement vous remotive et essaye de donner quelques petites clés pour dépasser ces blocages !

A bientôt 🙂

 

Bonus

M6 – Quand les enfants précoces deviennent adultes.

28 décembre 2016

Emission sur les adultes surdoués.

Le lien du replay de l’émission sur les enfants précoces devenus adultes est maintenant disponible ! (cliquez sur ma phrase pour accéder au reportage)

Et contrairement à celle sur les enfants qui présentait des bêtes de foire en compétition, celle ci est plutôt bien faite (et pas classée en « divertissement » d’ailleurs).

On y parle d’hypersensibilité, de la difficulté à travailler dans une entreprise en tant que salarié, de relations amoureuses, de projets, de doutes, de parcours en zigzag, de très bons élèves et d’élèves en échec scolaire, de stimulations, de confiance en soi, de courage, d’acceptation, d’envie, d’épanouissement.

Il y a même des interventions de Jeanne Siaud-Facchin.

Malgré quelques petites phrases sur lesquelles j’ai tiqué, c’est un reportage intéressant dans lequel je me suis enfin retrouvée. 

 

 

Bonus

A l’attention des équipes M6

24 décembre 2016

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  Lettre ouverte à l’attention d’M6.

Chaque jour, des parents d’enfants précoces se battent contre les préjugés, se battent pour faire comprendre et accepter la différence de leur enfant aux gens qui les entourent et à l’enfant lui-même, chaque jour ils lisent, se renseignent, cherchent comment aider leur enfant, comment faire en sorte que lui aussi soit épanoui, intégré, comment le rendre heureux.

Récemment, grâce aux livres de très bons psychologues qui ont longtemps étudié la question, ils ont commencé à trouver des réponses et espéré que le reste du monde les comprendraient mieux, maintenant. Ou qu’à défaut de comprendre, ils accepteraient.

Mais ça, c’était sans compter votre émission,  « Les Petits Génies, à la découverte des enfants précoces ». Une émission qui confond génie, prodige et enfant précoce. Une émission qui exhibe des gosses à la télé dans un concours de connaissances, en promettant le titre orgueilleux de « Petit Génie 2016 » (et même de l’ARGENT à la clef…). Une émission qui montre au grand public qu’un enfant précoce ne s’amuse qu’en faisant des rubiks cubes ou du scrabble toute la journée, sait répondre à toutes les questions de culture générale qu’on lui pose, connaît toutes les décimales de pi, et a parfois des notes moyennes à l’école, 18 ou 19 par exemple. Une émission qui montre des enfants poussés par leurs parents pour « réussir ». Une émission qui montre que « réussir » c’est répondre correctement à des questions. Une émission qui traite les enfants comme des bêtes de foire pour faire du show.

Etre un enfant précoce, ce n’est pas ça. Ce n’est pas une question de performance scolaire et d’intelligence rationnelle. C’est fonctionner différemment. Penser différemment. Réagir différemment. Pas mieux. Pas plus. Juste différemment.

Vous ne montrez aucun enfant dyslexique, aucun enfant en difficulté. Vous n’avez prononcé le mot « hypersensibilité » qu’après plus de 2h30 d’émission. C’est pourtant l’une des caractéristiques fondamentales de l’enfant précoce.

Vous ne vous rendez pas compte de la souffrance que vous provoquez par la diffusion de cette émission.


J’ai de la peine pour les enfants précoces, pas les prodiges, non, les enfants précoces, qui souffrent de leur différence et du regard des gens, et qui souffriront encore plus de l’image « intello » véhiculée par votre émission.

J’ai de la peine pour ces enfants précoces qui commençaient tout juste à comprendre leur fonctionnement et aller de l’avant, mais qui ne se retrouveront évidemment pas dans votre émission et douteront d’eux mêmes.


J’ai de la peine pour les parents d’enfants précoces en difficulté qui se retrouvent souvent confrontés aux remarques désobligeantes des professeurs qui ne croient pas qu’un enfant puisse être précoce s’il n’a pas 19 de moyenne. Ces professeurs seront vraisemblablement confortés dans leur opinion après avoir vu 20 enfants faire du calcul mental à la télévision.


J’ai de la peine pour les parents d’enfants précoces à qui l’on reproche de sur-entraîner leurs enfants alors qu’ils n’ont fait que satisfaire leur curiosité.

Et enfin, j’ai de la peine pour certains enfants prodiges que vous avez montrés et qui sont réellement poussés par leurs parents. J’ai de la peine pour ces enfants à qui l’on met une pression insoutenable. J’ai de la peine pour ces enfants à qui l’on dit « tu n’es pas assez sérieuse, il faut travailler » parce qu’ils n’ont pas obtenu le résultat espéré par les parents. J’ai de la peine pour ces enfants que l’on empêche d’être des enfants.

Mais j’ai de l’admiration pour certains parents vus lors de l’émission et qui ont compris que l’affection et l’amour étaient plus importants, qui valorisent les efforts de leurs enfants à passer devant un public, qui sont perdus face à leurs sollicitations mais répondent avec une grande simplicité, honnêteté, beaucoup d’amour et de fierté. Et qui les laissent jouer.

Ce n’était pourtant pas si difficile, M6, de parler correctement des personnes surdouées, vous avez même presque réussi à le faire dans l’émission qui suivait sur les adultes. Vous avez même eu la chance d’avoir de bons intervenants et psychologues. Alors pourquoi si peu respecter les enfants ?

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Vu/Entendu dans l’émission :

« Elle vaut mieux que 4 points ». Ou comment une mère calcule la valeur de son enfant sur l’étendue de ses connaissances.

« Pas sérieuse » « Pas attentive » « Tu n’as pas assez travaillé ». Ou comment faire culpabiliser son enfant pour avoir mal répondu à une question d’un concours sans intérêt pour l’enfant.

« Oui je crois que je suis un petit génie. Je suis premier partout, et je pense être premier au concours ». Ou comment être déjà imbu de sa personne à 9 ans (c’est pas sa faute hein, mais celle de ses parents peut-être ? )

« Il faut que je repasse le test pour avoir plus qu’Einstein ».