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Caractéristiques de zèbres

Chapitre 16/1 – Accepter la particularité de son enfant

1 juin 2017

Accepter la particularité de son enfant

C’est une question qui est beaucoup revenue dans vos commentaires. Elle m’a d’ailleurs interpellée, car pour moi, si vous vous posez la question et que vous êtes ici, à lire ces articles, c’est que vous avez déjà fait un petit bout sur le chemin de l’acceptation. Vous vous intéressez au sujet, vous essayez de comprendre le fonctionnement de votre enfant, et accepter sa particularité, c’est un peu ça, non, essayer de le comprendre?

Il n’y a pas de mal à se poser la question de l’acceptation. Il n’y a aucun mal non plus à éprouver de la peine, de la colère, de la détresse, de l’incompréhension, de la peur, de la frustration ou du doute lorsque l’on vous annonce que votre enfant a été identifié « surdoué », « précoce », « haut potentiel ». Une dimension inconnue s’empare du quotidien de parents de nouveaux petits zèbres, et il est tout à fait normal d’être intimidé.

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Qu’est ce que l’on a du mal à accepter, en fait ?

Parfois, certaines personnes ont du mal à accepter la particularité de leur enfant parce qu’ils ont peur de « mettre une étiquette », de le stigmatiser dans sa différence. Avoir un mot (ou des mots, plutôt) pour définir le fonctionnement particulier de l’enfant, cela peut faire peur, certains parents refusent de l’accepter car ils ont l’impression que reconnaître la spécificité de l’enfant va le placer dans une case et lui porter préjudice.

Parfois encore, des parents craignent les réactions de l’entourage ou de l’extérieur. La douance est un sujet qui suscite des réactions passionnées, positives ou négatives, souvent contradictoires d’ailleurs, et qui fait l’objet d’idées reçues opiniâtres. Reconnaître et accepter la particularité de l’enfant, c’est se confronter fatalement à ces réactions.

Enfin, il y a aussi parfois la peur de ne pas savoir comment gérer le fonctionnement particulier de l’enfant, qui intimide peut-être, de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir quoi répondre à ses questions.

Dans la vaste littérature sur les personnes douées, on parle même souvent du « deuil de l’enfant normal » ou du « deuil de l’enfant idéal ».

Le fait est que l’enfant fonctionne d’une certaine manière, et il fonctionnera comme cela toute sa vie. Ce n’est pas un problème, ce n’est pas une tare, ça ne veut pas dire qu’il est anormal. Pour reprendre les mots d’une vidéo écoutée récemment (j’ai perdu ma source mais je vais la retrouver et j’indiquerai la référence!) : c’est un enfant normal dans un monde imparfait et peu ouvert à la différence. L’enfant est lui. Il est unique. Il est spécial.

Il est intense, passe du rire aux larmes, pose des questions incessantes, pique des colères, s’entête, réagit à l’extrême, mais il est aussi très affectueux, observateur, sensible, intelligent, généreux… Mettre un mot sur sa spécificité puis l’accepter, ce n’est pas le stigmatiser, c’est l’aider à comprendre et à avancer.

Plus il sera reconnu et accepté, et plus il pourra se réaliser, s’épanouir, développer son potentiel. S’il est identifié puis accepté tel qu’il est, il pourra dompter ses particularités, en faire des forces. A l’inverse, s’il n’est pas reconnu ou s’il est reconnu zèbre mais pas accepté, il risque de mal vivre son décalage, de percevoir des points positifs de sa personnalité en points négatifs, en faiblesses, d’essayer de se conformer aux standards pour ne plus se sentir différent, mais par conséquent de ne pas se réaliser, et de s’ennuyer.

Comment faire alors, pour accepter ?

Pas grand chose ! Je crois que l’on accepte lorsque l’on essaye de comprendre la particularité de l’enfant. Lorsque l’on se renseigne, s’informe, que l’on échange avec des professionnels ou d’autres parents pour écouter leur version, leurs expériences. Il y a plein de manières possibles pour essayer de comprendre. Accepter, c’est aussi tenir compte du fonctionnement particulier de l’enfant, répondre à ses sollicitations sans culpabiliser (car on entend parfois des gens dire que les parents « gavent » ou « sur-stimulent » leurs enfants de connaissances, non, là vous répondez simplement à ses demandes). Il faut apprendre à se familiariser avec cette différence, ces réactions, cette sensibilité.

Enfin, après avoir identifié, reconnu (chez le psychologue) puis accepté cette particularité, ce qui est important c’est d’expliquer et de faire prendre conscience à l’enfant de son propre fonctionnement, afin qu’il puisse à son tour s’accepter lui-même, et s’épanouir.

Les adultes zèbres ont eux aussi besoin de s’accepter, d’autant plus qu’ils ont parfois été identifiés sur le tard. On verra ça la prochaine fois !

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10 Comments

  • Reply Raphaelle 8 avril 2018 at 17 h 30 min

    Je n’ai qu’un seul mot : merci.

    Ce n’est absolument pas dans mes habitudes de commenter les publications internet mais votre blog est non seulement magnifique dans sa forme mais tellement riche dans son contenu.
    Maman d’un petit zèbre (ce mot me plait tellement mieux que les autres) de 10ans et demi défini comme tel il y a seulement un an, et de 3 autres enfants, le quotidien est souvent si compliqué que nous, sa famille, nous décourageons parfois.
    Lire votre blog m’apporte tant d’éléments pour comprendre mon fils, tout ce que vous dîtes reflète tellement ce que nous vivons quotidiennement que j’en suis émue.
    Alors encore une fois, MERCI…

    • Reply Raphaelle 8 avril 2018 at 18 h 22 min

      J’ai tout à l’heure laissé un commentaire qui est en attente d’être publié. En remplissant le champ du nom je n’avais pas compris qu’il serait publié tel quel. Je n’arrive pas à revenir en arrière pour supprimer moi même mon nom de famille. Je souhaite donc mon nom de famille soit supprimé avant publication sur le site.
      Merci.

    • Reply Rayures et Ratures 9 avril 2018 at 8 h 28 min

      Merci beaucoup beaucoup, cela me fait très plaisir et m’encourage à continuer 🙂
      PS : j’ai pu enlever votre nom avant publication !

  • Reply Tatiana 13 décembre 2018 at 9 h 09 min

    Bonjour 🙂
    Je découvre le blog et j’adore ! Merci bcp pour cet engagement.

    Je profite de cet article pour poser la question. Comment vous faites pour « protéger » votre enfant ? Du harcèlement, du rejet, etc.
    J’en ai pas mal souffert pendant l’enfance car personne ne me comprenait ou ne voulait comprendre. Et je commence à voir que ma fille « subit » et ressent la même chose et a du mal à se faire des amis. Elle ne comprend pas et ça la blesse. Elle n’a que 3ans et demi, du coup j’ai du mal à trouver les mots et la bonne attitude.

    J’ai bien conscience qu’il n’y a pas de recette miracle et je ne sais pas précisément ce que j’attends. Peut-être juste des témoignages ou une piste de réflexion.

    Merci d’avance !
    Et encore une fois, votre blog est super

    • Reply Rayures et Ratures 20 décembre 2018 at 21 h 20 min

      Bonjour Tatiana ! J’espère que des parents de petits zèbres passeront par là pour vous répondre car je n’ai pas d’enfants !

    • Reply A*** 18 février 2019 at 16 h 44 min

      C’est un peu tôt pour le dire (le mien a 4 ans) , mais j’ai la même experience, j’essaye de donner à mon fils une estime de lui béton, dissociée des autres en quelque sorte. Par ailleurs, j’essaye de provoquer des activités avec d’autres enfants (d’amis, ou ateliers extra scolaires), pour qu’il se sente « inclus ». Après je pense que c’est un chemin, si vous trouvez d’autres idées en route, je prends 🙂

  • Reply A*** 18 février 2019 at 16 h 45 min

    C’est un peu tôt pour le dire (le mien a 4 ans) , mais j’ai la même experience, j’essaye de donner à mon fils une estime de lui béton, dissociée des autres en quelque sorte. Par ailleurs, j’essaye de provoquer des activités avec d’autres enfants (d’amis, ou ateliers extra scolaires), pour qu’il se sente « inclus ». Après je pense que c’est un chemin, si vous trouvez d’autres idées en route, je prends 🙂

  • Reply Gwenaëlle 19 avril 2019 at 14 h 55 min

    Bonjour,

    Je vous remercie pour ce joli blog qui me fait rire mais je verse aussi quelques larmes d’émotions.

    Je suis en effet concerner par le sujet car ma fille a été « diagnostiquée » haut potentiel il y a un an sur les conseils de son institutrice de l’époque.

    Et là, on découvre un monde qu’on n’imaginait pas…

    Elle a aujourd’hui 10 ans.

    A 7 ans elle a été l’objet de harcèlement de la part des autres élèves de sa classe car elle avait peur de l’échec et elle se mettait à pleurer immédiatement et systématiquement.

    On a essayé de dialoguer avec son institutrice de l’époque, on a rencontré « un mur », le problème était notre fille.

    A la base, pour l’instant notre fille est très bonne en classe, du coup on a laissé à l’époque l’aspect scolaire pour se consacrer à l’aspect gestion des émotions.

    On a tenté de lui apprendre l’échec, qu’on peut se relever des échecs et surtout apprendre de ceux-ci…

    On a matérialisé par exemple en lui faisant faire des opérations qui lui paraissaient insurmontables (10 000*2), elle commençait à pleurer et petit à petit on lui a démontré qu’avec de la méthode, les choses qui paraissaient très difficiles pouvaient être du coup faciles.

    Notre plus grande victoire c’est que l’institutrice qu’elle avait à 7 ans, « ne reconnaît  » plus notre fille, elle voit maintenant une petite fille heureuse avec le sourire.

    On lui fait faire aussi du sport, de la natation en lui demandant juste de savoir nager (jamais de compétition), le fait qu’elle se dépense sans aucune autre implication lui fait beaucoup de bien.

    Nous la félicitons aussi quand elle réussit quelque chose (elle pleure toujours en fin d’année car elle ne sait pas si elle passe en classe supérieure)

    En fait « notre travail de parents » c’est un travail d’équilibriste pour savoir reconnaître les failles de nos enfants et pouvoir proposer des solutions.

  • Reply K 22 juin 2019 at 17 h 10 min

    Habituellement je commente pas mais je trouve ton blog génial et ça fait plaisir de se dire qu’il y a des personne qui cherchent à nous comprendre.
    À 7 ans j’ai su que j’étais zèbre, aujourd’hui j’en ai 24 et je le vis toujours assez mal.
    Quand mes parents l’ont appris ils ont juste cessé de s’occuper de moi, pour eux je n’avais besoin de personne vu que j’étais « super intelligente », je devais/dois tout réussir dans tout les domaines et dès que j’échoue dans quoique ce soit c’est de ma faute et je deviens systematiquement le reflet de mon échec, ça a donc developpé chez moi une peur de l’échec énorme que j’ai eu du mal à surmonter, pour vous dire au point de ne plus me présenter aux examens ou à des entretiens pour ne rien rater.
    Durant les repas de famille on se moque de mon hyper sensibilité, ou de ma façon de voir les choses et j’en passe.
    Je pourrais écrire un roman si je devais tout raconter.
    Tout ça pour dire que je salut ces parents qui cherchent à comprendre leurs enfants et qui les accompagnent car si c’est dure pour eux il faut savoir que ça l’est tout autant pour l’enfant, et que si il est pas bien entouré ça peut avoir de réel répercussions sur sa vie futur.

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