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Caractéristiques de zèbres

Que se passe t il concrètement dans la tête d’un zèbre ? La réponse avec du texte et des images !

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 13/1 – la peur de l’échec

15 janvier 2017

Ah, la peur de l’échec…

Vous savez, celle qui nous casse dans notre élan, nous paralyse et nous empêche d’avancer. La peur de se tromper. D’échouer.

C’est une des peurs les plus répandues dans la population française, que l’on traîne souvent depuis très très longtemps puisqu’elle nous est transmise dès les premiers jours d’école, si ce n’est avant.

L’hypersensibilité du zèbre, son observation et sa lucidité impitoyable accroissent cette peur qui devient alors maladive et handicapante. Mais pourquoi réagit-on ainsi face à l’échec ?

 

Depuis nos premiers jours d’école, le mot « erreur » est omniprésent dans le discours des professeurs. Il ne faut surtout pas se tromper. Se tromper sera même sanctionné. Mais pourquoi ?

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Parce que dans le système actuel, à l’école, en entreprise, en société, faire une erreur sous-entend quelque chose de négatif. On n’a pas le droit à l’erreur.

Dans notre société actuelle, on stigmatise même l’échec. Celui qui loupe son examen, celui qui crée une boîte qui ne fonctionne pas aussi bien que ce qu’il avait imaginé, celui qui tente quelque chose d’infructueux, on dit qu’il a échoué, et la société le considère souvent comme un minable, un perdant, un loser. Echouer est alors synonyme de quelque chose de terrible. D’humiliant. De destructeur.


 

Une personne qui a échoué va être marquée pour très longtemps, et son ou ses échecs vont avoir un impact considérable dans ses choix futurs. Si l’impact pourrait et devrait être positif (on verra ça dans la deuxième partie du chapitre, en ligne prochainement), il est malheureusement souvent négatif. La stigmatisation de l’échec handicape.

A l’école, faire une erreur est souvent interprété comme un manque de travail. Si l’enfant se trompe, c’est forcément qu’il n’a pas assez travaillé sa leçon. Ou bien qu’il n’a pas fait attention en complétant l’exercice. Parfois même, certains l’interprètent comme un manque d’intelligence. Si l’enfant se trompe, il faut le sanctionner, le punir, pour l’empêcher de recommencer.

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Manque de travail, manque d’attention, manque d’intelligence… Cette notion de « manque » résonne dans la tête d’un enfant ou d’un zèbre adulte comme un synonyme d’infériorité. Si on fait une erreur, c’est que l’on est inférieur aux autres, à ceux qui ont répondu correctement. Si on fait une erreur, on risque la réprobation des enseignants, des collègues, des supérieurs hiérarchiques.


Quoi de pire pour un zèbre qui passe son temps à chercher l’approbation et l’affection ?

Alors, il en déduira qu’il est interdit de se tromper, qu’il faut toujours avoir la bonne réponse. Et que s’il ne l’a pas, il décevra son entourage.

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Justement, lorsque le zèbre a une peur maladive de l’échec, de quoi a t-il peur réellement ? N’a t-il pas plutôt peur de décevoir ?

Echouer, en soi, ce n’est pas si terrifiant. Ce qui nous fait peur est bien plus abstrait et complexe.

Pour le zèbre hypersensible et sans cesse en quête d’amour (car l’amour, c’est la sécurité), la peur de l’échec, c’est la peur de ne pas satisfaire. Ne pas satisfaire ses parents, son entourage, ses professeurs. Il est persuadé que s’il se trompe, il décevra son entourage, qui, bien évidemment, ne l’aimera plus. (Logique de zèbre).

C’est la peur de ne plus être aimé.

C’est la peur de la honte. Honte de ne pas être ce que (l’on pense que) les autres attendent de nous.




C’est aussi la peur du jugement. Celui que les gens porteront sur notre erreur. Et celle que nous-mêmes porterons sur notre erreur. S’il se trompe, le zèbre se trouvera lamentable.

Parfois, pour les zèbres adultes, c’est également la peur de réussir. La peur de ne pas pouvoir faire face aux responsabilités ou à la demande.

 

On se doute bien que toutes ces peurs vont avoir un impact sur la personnalité, la réaction ou les pensées du zèbre.

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Quelles sont donc les conséquences de cette stigmatisation de l’échec ?

Là, je crois qu’on peut en faire une liste, car les énumérer dans un même paragraphe serait très indigeste.

 

  1. L’une des principales conséquences de la peur de l’échec, c’est la dévalorisation. La stigmatisation de l’échec a un impact énorme sur l’estime de soi. Une mauvaise note sera très mal vécue par l’enfant zèbre, et une correction peut être très mal vécue par l’adulte zèbre au travail. Le zèbre retiendra que se tromper, c’est être idiot, et sera persuadé d’être un incapable. Il doutera de ses capacités.

Parfois, pour combler ce manque de confiance, les zèbres vont à l’inverse se comporter comme s’ils étaient très sûrs d’eux. En apparence.

  1. L’anxiété générée par la peur maladive de l’échec chez le zèbre crée souvent un blocage intellectuel qui met l’enfant en difficulté, et le conforte dans son ressenti d’échec.



  1. Le manque d’autonomie. Les enfants (tous, pas que les zèbres), n’apprennent pas à travailler pour eux-mêmes à l’école. Ils apprennent à travailler pour atteindre les objectifs fixés par les professeurs. En entreprise comme à l’école, c’est une figure d’autorité qui leur dira s’ils ont « réussi ». Ils travaillent pour validation, pour ne pas décevoir. Ce qui n’est pas du tout un comportement autonome.



  1. Pas étonnant donc qu’ils manquent de persévérance, s’ils ont perdu le sens de ce qu’ils font ! Les zèbres ont un besoin existentiel de sens, comme on l’a vu dans un précédent chapitre, alors s’ils ne savent pas pourquoi on leur demande de faire quelque chose en particulier, il y a de grandes chances pour qu’ils pensent que ça ne vaut pas la peine d’insister. Le risque d’échec est trop élevé.



  1. Par peur d’échouer, on procrastine. Et on n’entreprend plus. A trop s’attarder sur ses erreurs, le zèbre renonce, pense que ça ne vaut pas la peine d’insister. Il préfère ne plus prendre le risque de décevoir ou d’être lui-même déçu. Adulte, il a peur d’entreprendre. Devant la peur de l’erreur, il refuse de prendre des risques ou tenter de nouvelles expériences. Pourtant, la satisfaction qui découlerait de la prise de risque serait nettement plus élevée… C’est dommage.



  1. Certains zèbres réagiront à cette peur de l’échec en devenant perfectionnistes. Plus que du simple perfectionnisme, on parle même de perfectionnisme obsessionnel ou excessif. Pour être certain de ne pas se retrouver en situation d’échec, le zèbre fera en sorte d’être le premier partout, tout le temps, de tout faire parfaitement. Son niveau d’exigence est considérable.



  1. Trouver une excuse pour rater. Parfois, le zèbre préfère même ne pas travailler pour ne pas risquer d’échouer. De cette manière, il saura expliquer son échec, il aura fait exprès.



Lorsque notre niveau de peur est très très haut, on vise la perfection pour se rassurer. C’est parfait, ou c’est pas la peine. Si on a peur de l’échec, on ne veut faire que ce que l’on connait, ce que l’on maîtrise, car on a beaucoup moins de chances de se tromper. Mais croyez vous vraiment que la réussite est là ?


Non. L’échec est là. L’échec, c’est ça.

C’est ne pas passer à l’action. De rester dans la routine. De ne pas essayer. De ne pas créer. De craindre.

Le seul moyen d’échouer, c’est donc de le décider soi-même.

chapitre 13 - 19Et si on changeait d’attitude, alors, face à l’échec ? Si on arrêtait de stigmatiser nos erreurs ?

Mais ça, on en parlera la prochaine fois !

Vous avez lu la partie négative, maintenant, place à la partie positive, celle qui normalement vous remotive et essaye de donner quelques petites clés pour dépasser ces blocages : c’est ici 

 

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 12 – les interactions sociales

21 novembre 2016

Les relations sociales sont essentielles dans la vie de chaque individu, mais encore plus dans la vie du zèbre pour qui l’approbation de l’entourage est très importante.

Pourtant, avoir des relations sociales saines et épanouissantes peut être difficile pour certains, et notamment pour les zèbres.

Leurs caractéristiques que l’on a évoquées dans les chapitres précédents peuvent créer un décalage et, de ce fait, des barrières à l’intégration.


Cela se manifeste de différentes manières, dont voici les principales :

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Le rejet.

Dès l’enfance, même s’il ne sait pas l’expliquer ou mettre un mot dessus, son décalage est réel et passe rarement inaperçu. Ses réactions peu communes font rire, ses centres d’intérêt divergents sont souvent sujets aux moqueries. Dans la cour d’école comme au travail plus tard, la moindre particularité va faire dire aux gens « il/elle est bizarre ». Face aux normes d’un groupe, le décalage du zèbre peut conduire au rejet.

Considéré comme le vilain petit canard, il est au mieux isolé, au pire un bouc émissaire, et subit humiliations et exclusion, sans comprendre pourquoi. Et lorsque l’on ne comprend pas la raison d’un tel rejet, quoi de plus simple que de penser que c’est de notre faute ?

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S’exclure soi-même.

Le risque de s’exclure soi même est également fréquent chez les zèbres, pour deux raisons.

Parfois, pour combler l’ennui du quotidien, on s’imagine une autre vie. Je pense que tout le monde a fait ça à un moment donné, en décrochant lors d’un repas ennuyeux ou d’une réunion sans intérêt. C’est normal. Mais chez certains zèbres, c’est très (trop) fréquent. Ils s’ennuient tellement qu’ils développent un monde imaginaire, plus intéressant, plus drôle, avec des relations plus justes, plus entières, plus satisfaisantes. Je l’ai fait toute mon enfance, et je le fais encore. Ca me sauve fréquemment, mais le risque est de le faire si souvent que l’on finit par s’exclure soi même inconsciemment.

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Enfin, le zèbre peut également s’isoler par manque de confiance. Il est courant qu’il s’accorde peu de valeur, n’ose pas s’affirmer par honte d’avoir tort, de dire quelque chose d’incorrect, d’imparfait ou par peur du conflit. Il reste alors discret et participe peu aux conversations, surtout au sein d’un groupe. Pourtant, il aurait beaucoup de choses intéressantes à partager. Mais en raison d’une faible estime de soi, il va préférer rester en retrait, s’exclure à nouveau du groupe.

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Le caméléon.

Parfois, tout va bien. Enfin, en apparence. L’entourage qui a lu deux ou trois livres sur l’enfant précoce et a retenu qu’un enfant précoce est exclu dira « il a des amis, il ne doit pas être surdoué finalement ». Et pourtant.

Certains zèbres ont une capacité de « caméléon » particulièrement impressionnante. C’est à dire que pour être aimés (on en revient toujours là… ), ils vont s’adapter à leurs interlocuteurs. Leur lucidité et leurs capacités d’analyse vont leur permettre de mettre en avant une facette de leur personnalité qui correspond plus ou moins à leur interlocuteur, ou de faire semblant (le retour du faux self 🙂 ). Pourtant, malgré une vie sociale saine en apparence et même lorsqu’il est avec d’autres, le zèbre peut se sentir terriblement seul car il n’est pas vraiment lui-même, pas sincère. Il y a un vrai décalage entre ce qu’il sait qu’il est et l’image qu’il renvoie volontairement aux autres. Il fait semblant, et la façade qu’il se crée pour plaire peut engendrer une très grande frustration. Car même bien entouré, le zèbre aura souvent l’impression que finalement, personne ne le connait réellement, car personne ne peut le comprendre.

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Et parfois, quand même, tout va bien !

Bon, ce n’est pas très rigolo tout ça ! Est-ce que le zèbre est condamné à avoir du mal à gérer ses interactions sociales ? Non !

Soyons un peu positif, ça peut aussi très bien se passer, on peut être zèbre et avoir des relations saines et sincères avec les gens ! Mais ça, c’est surtout quand on sait qui l’on est, quand on a compris comment on fonctionne, de quoi on a besoin, que l’on s’assume. Et éventuellement, dans le meilleur des cas, que l’on a réussi à diriger sa vie pour être avec des gens qui nous correspondent, avec qui on se sent bien et avec qui on ose être soi-même.

D’où l’importance de prendre conscience de sa différence, et d’être aidé(es) par des professionnels pour que la différence devienne une singularité.

PS : On lit souvent que le zèbre est solitaire. Je ne sais pas si c’est le cas de la majorité, mais c’est assez vrai pour beaucoup. En revanche, il ne faut pas confondre solitaire et solitude. On peut avoir besoin d’être seul(e) tout en ayant de vrais amis. Et sans souffrir de solitude.

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Chapitre 11 – le faux-self

15 octobre 2016

* La notion de Faux-Self*

La personnalité de camouflage, comme je l’appelle, a en réalité été définie par le pédiatre et psychanalyste Winnicott par les mots « faux-self » et personnalité « comme si » (ce sont deux concepts différents).

Pour lui, il y a chez chacun d’entre nous un vrai-self et un faux-self.

Le vrai-self est ce qu’il y a d’authentique chez nous, lorsque l’individu a confiance en lui et en son environnement. Lorsqu’il laisse libre cours à sa spontanéité et n’est pas dans le contrôle de lui-même.

A l’inverse, le faux-self est ce que les gens perçoivent de l’extérieur, ce qui découle de notre éducation. C’est une personnalité contrôlée, qui permet de s’adapter à l’environnement.

Nous avons chacun un vrai-self et un faux-self, en revanche la relation entre les deux est très différente selon les gens.

La relation vrai-faux-self la plus saine, c’est lorsque le faux-self permet à la personne de s’exprimer en société en respectant les conventions, en se contrôlant un minimum, mais qui laisse le vrai-self s’exprimer dès lors que l’individu en exprime le besoin.

En quelques sortes, le faux self protège le vrai self d’un environnement potentiellement nocif ou exigeant.

Parfois, en raison d’un environnement familial compliqué, d’une enfance malheureuse ou d’un contexte peu favorable au développement de l’enfant, le self n’a pas pu se construire. Il est défaillant. C’est dans ce cas là que la personnalité « comme si » prend le relai. Pour lutter contre le vide laissé par l’absence de self solide, et contre l’angoisse qui l’accompagne, une personnalité de substitution va faire comme s’il y avait un vrai et un faux self, comme si tout était normal. Comme si le faux self était là pour protéger le vrai self d’un environnement nocif. 

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* Le faux-self chez les zèbres *

Le problème, c’est que les zèbres perçoivent souvent un environnement menaçant et se sentent en permanence obligés de protéger leur vrai-self, en utilisant un faux-self.

C’est pour eux un mécanisme de défense.

Ils ne se sentent pas à leur place, ont peur de la réaction des gens car ils pensent que l’on attend d’eux quelque chose de spécial (ce qui est rarement le cas en fait, mais les zèbres réfléchissent beaucoup trop) et savent que leur vraie personnalité ne correspond pas à ces attentes.

Ils trouvent trop risqué de montrer cette vraie personnalité.

L’entourage, lui, s’il ne comprend pas très bien la différence du zèbre, va lui demander de faire des efforts pour s’adapter à ce monde dans lequel il ne se retrouve pas.

Les zèbres vont donc chercher, en utilisant un faux-self, à devenir conformistes, à adopter le comportement qui va plaire aux autres (selon eux!), et à satisfaire leur entourage et les gens en général.

Pourquoi ? Parce que rappelez-vous, tout ce qu’ils font, ils le font pour satisfaire leur besoin vital d’être aimés.

Par peur d’être rejetés. Seuls. Abandonnés. Incompris.

Quitte à changer leur comportement pour être désirable aux yeux des autres, et ainsi se sentir en sécurité.

Quitte à se concentrer sur les attentes extérieures en oubliant leur propre personnalité.

Ils font comme si tout allait bien.

Comme s’ils étaient très à l’aise dans cet environnement.

Comme s’ils avaient confiance en eux.

Grâce à ce faux-self, ils s’intègrent à la norme, paraissent rentrer dans le moule. Ils s’adaptent.

Ce faux self correspond à ce que la société, leurs professeurs et leurs parents veulent qu’ils soient.

Mais pas à ce qu’ils sont vraiment.

Sont-ils alors vraiment heureux ?

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* Les dangers *

Tant que leur vrai-faux-self est relativement équilibré et leur permet de préserver leur personnalité et leur spontanéité sans l’écraser, tout va bien.

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En revanche, le danger, c’est lorsque le faux-self phagocyte le vrai-self. (ou, comme vu plus haut, qu’une personnalité de substitution a pris la place d’un self défaillant)

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Le zèbre est tellement persuadé qu’il ne peut pas être lui même que son faux self prend trop de place et étouffe son vrai self. Petit à petit, le camouflage devient inconscient. C’est beaucoup plus profond. Le comportement du zèbre s’est modifié.

Son vrai self est devenu inaccessible.

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Pourtant, son faux self peut susciter l’admiration. Il a réussi à s’adapter, il est très entouré, très sociable, peut-être même brillant. Le vrai-self se sentira alors de plus en plus mis à l’écart.

A trop essayer de plaire aux autres, à trop vouloir gommer la différence, on s’interdit inconsciemment d’être soi-même.

Dans ce cas extrême mais tout de même assez fréquent, il arrive toujours un moment où le zèbre n’arrive plus à faire face à ce contrôle permanent de lui même. Il paraîtra coupé de sa personnalité, de ses sentiments réels, vide.

Il est en souffrance, mais ne peut pas l’exprimer car tout est sous contrôle.

Alors, sa souffrance trouve un autre moyen d’expression. Le déni de ses émotions mènera malheureusement à la somatisation, l’angoisse, la honte, la dépression, la culpabilité, l’hyper-réactivité, la susceptibilité, l’absence, la colère (envers soi-même souvent), l’agressivité même parfois, mais bien souvent la solitude. (Et ça tombe bien, c’est le sujet du prochain article 🙂 )

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PS : il est important de se rendre compte que cet équilibre vrai-faux-self est essentiel. Et que si une grande partie des zèbres va avoir tendance à un moment donné à sur-développer leur faux self, ce n’est pas éternel, les choses peuvent (et doivent) changer. Il faut simplement s’en rendre compte pour travailler dessus ensuite et veiller à ne pas s’oublier soi-même.

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Chapitre 10 – extra-lucidité

11 septembre 2016

On l’a vu dans les articles précédents, et l’entourage des zèbres le vit chaque jour, les enfants (et adultes) surdoués posent beaucoup de questions et cherchent à comprendre TOUT ce qu’il se passe autour d’eux. Ils analysent constamment le moindre détail de leur environnement.

En plus de cela, leur hypersensibilité leur permet d’absorber et de ressentir toutes les émotions qui les entourent, aussi imperceptibles soient elles pour le commun des mortels.

Alors quand on cumule analyse constante de son environnement et hyperréceptivité émotionnelle, on arrive à un niveau de lucidité de ce qui nous entoure très très élevé, et qui peut se révéler douloureux.

On l’appelle d’ailleurs extra lucidité.

Si l’extralucidité permet au zèbre d’être conscient de ce qu’il se passe autour de lui et d’avoir une vision des choses peu commune, elle est également une source de fragilité.

Il s’inquiète, il anticipe le pire, il a conscience de tous les dangers.

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Note : Bon, le dessin est un peu exagéré, mais j’ai longtemps cru que j’étais toute seule à penser ça en allant au théâtre ou au cinéma, et que ça s’appelait « être parano » 😉 Et en fait pas du tout ! D’ailleurs, un patient de Jeanne Siaud-Facchin raconte quasiment la même chose dans son livre que je vous encourage à aller lire.

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L’enfant zèbre comprend très vite et anticipe les choses, mais n’est pas assez mature ou fort pour supporter ce qu’il vient de comprendre. De la même manière, l’adulte zèbre, s’il est assez mature, est trop sensible pour y faire face sans angoisse.

En fait, depuis tout petits, les zèbres voient le monde tel qu’il est, et non à travers des yeux d’enfant insouciant. Ils grandissent en étant conscients des problèmes de la société, en s’inquiétant déjà pour l’avenir et en étant (trop) lucide sur la nature de l’être humain. Petits, on leur dit qu’ils peuvent compter sur leurs parents, leurs professeurs, leur faire confiance, mais s’ils les idéalisent un peu, ils perçoivent rapidement leurs faiblesses, et comprennent que personne n’est ni parfait ni immortel. Alors, ils angoissent. Souvent sur des sujets qui ne devraient pas les préoccuper aussi jeunes. Et si mes parents mourraient? Et s’il y avait la guerre? Comment va devenir le monde ? Et si je ne trouve pas de travail plus tard ? Et si…

Une fois adulte, c’est toujours un peu la même chose. Si la plupart des adultes sont alors conscients des problèmes de société et ne sont plus naïfs sur l’être humain, les zèbres vont avoir une conscience amplifiée par leur lucidité et resteront bloqués sur des dysfonctionnements a priori négligeables. Leur lucidité ne leur permet pas de se laisser porter par la vie, de mettre de côté les problèmes anodins pour se concentrer sur leur but, leur vie, et se sentir en sécurité.

Alors qu’ils étaient plutôt en avance car leur capacité d’analyse leur avait permis d’anticiper et de résoudre plus rapidement les gros problèmes, ils vont cependant chercher à résoudre chaque problème qu’ils rencontreront, aussi anodins soient-ils, là où le reste du monde sera capable de les mettre de côté et d’avancer.

Cette extra lucidité fragilise le zèbre.

Car quand on analyse tout ce qui nous entoure et que l’on perçoit avec discernement les faiblesses des gens et du monde en général, comment ne pas douter de soi ? De ce qu’on est capable de faire ? Comment ne pas se focaliser sur ses propres faiblesses ? Comment ne pas se sentir impuissant ?

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Souvent, pour se protéger de cette fragilité, les zèbres développent ce que j’appelle une « personnalité de camouflage ». Ils s’obligent à ignorer ce qu’il se passe autour d’eux pour ne plus être submergés par les émotions et angoisses qui découlent de ce qu’ils ont vu et compris, ils se forcent à paraître insensibles. Leur personnalité de camouflage peut paraître hautaine et méprisante mais cherche en fait à cacher leur vulnérabilité.

C’est une méthode de défense.

Dans la littérature, on appelle ça le « faux self ». J’ai trouvé que c’était un concept intéressant, alors je vous en parlerai la prochaine fois !

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Chapitre 9 – l’autorité

30 juin 2016

 

Quand on sait que les zèbres ont un besoin vital de sens et qu’ils questionnent sans cesse les règles pour en comprendre le but exact, on peut imaginer que lorsqu’il sera soumis à l’autorité, le zèbre risque d’avoir une réaction…assez forte.

Et c’est le cas. Beaucoup estiment avoir un rapport conflictuel avec l’autorité, que ce soit l’autorité parentale, l’autorité d’un professeur à l’école, ou celle d’un supérieur hiérarchique au travail. Le zèbre conteste, corrige, contourne la règle s’il la juge injuste ou illogique. Et puisqu’il est très impliqué émotionnellement dans absolument TOUT, il défendra ses convictions avec frénésie, se rebellera peut-être ou fera preuve d’esprit de contradiction avec une force assez impressionnante.

 

Dans tous les cas, ces réactions ne semblent pas très appropriées et provoquent de fortes tensions entre eux, leurs parents, enseignants, supérieurs ou autres figures d’autorité.

 

Mais POURQUOI est-ce si difficile pour un zèbre de respecter l’autorité ?

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Bon à savoir pour comprendre leur réaction :

 

  • Le zèbre est très attaché à ses valeurs morales, il est très très à cheval sur ce qui se fait, et ce qui ne se fait pas, sur ce qui est bien, et ce qui est mal. Il va constamment défendre les minorités, les défavorisés, combattre les injustices… Aussi, lorsqu’une figure d’autorité lui demande de faire quelque chose qui semble négliger ou aller à l’encontre de ses valeurs morales, qui aura une conséquence défavorable pour le « bien », il refusera net. Souvent, il préfèrera même perdre son travail ou rater une matière à l’école plutôt que de compromettre ses valeurs.

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  • Le zèbre ne fait pas de différence entre l’opinion d’une autorité formelle (supérieur hiérarchique par exemple) et celle des autres personnes (collègues de même niveau). Pourquoi ? Parce que depuis tout petit, il s’est rendu compte que ce que disait l’autorité n’était pas forcément vrai. Il a donc du mal à reconnaître les différences de statut et aura tendance à faire confiance à celui qu’il trouve juste et compétent plutôt qu’à celui qui dirige. « Normal » me direz-vous, on va tous dans le sens de ce que l’on trouve juste. Eh bien non. En société ou à l’école, il vaut parfois mieux écouter et faire ce que nous demande de faire le chef, même si on ne trouve pas que ce soit une très bonne idée. Si un bon chef trouve constructif et est prêt à écouter la remise en question de son autorité, la majorité interprète cela comme de l’arrogance, de la provocation ou du doute envers ses capacités, et cela provoque très souvent un conflit entre le zèbre et son supérieur. 

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NB : Il faut savoir que ceci est également valable lorsque le zèbre lui-même exerce une figure d’autorité. Il ne va pas forcément réussir à occuper la position d’autorité que les gens attendent de lui quand c’est nécessaire. Autant il va faire preuve d’une autorité naturelle lorsqu’il s’agit d’une cause ou d’un sujet qui lui tient vraiment à cœur, autant faire preuve d’autorité formelle sera difficile pour lui et nécessitera de s’adapter aux besoins de leur équipe.

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  • En fait, le zèbre ne respecte pas l‘autorité non fondée, les décisions prises arbitrairement, pas très logiques pour lui, sans consistance. Même si elle proviennent de quelqu’un qui par son statut fait figure d’autorité. Il pense comme ça : « Si tu ne m’expliques pas pourquoi, alors je ne t’écouterai pas. Si tu as eu tort lors de la discussion précédente et que tu as pourtant essayé d’imposer ton point de vue, convaincu que tu avais raison, alors pourquoi est ce que je te ferai confiance maintenant et t’écouterai ? » A l’école, il s’oppose souvent aux directives suite à une mauvaise expérience de l’autorité. S’il a été forcé un jour de rentrer dans le moule, si on ne l’a pas autorisé à faire ce qui l’intéressait (lire plus tôt, apprendre ce que faisait la classe d’au dessus par exemple) et que la conséquence a été pour lui l’ennui, alors il va perdre confiance en cette autorité et aura beaucoup plus de mal à la respecter par la suite.

 

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  • Dès qu’il est confronté à un management stupide et rigide, sans justification, le zèbre trouve le moyen de partir. Souvent, il n’arrive pas à y faire face, rumine intérieurement puis craque. En revanche, s’il se trouve face à un manager à l’écoute des initiatives, qui se soucie des valeurs morales (du bien des personnes la plupart du temps en entreprise), et qui motive son équipe pour les mener vers le haut, à ce moment là il aura une totale confiance et foncera à la moindre instruction ! Ca m’est arrivé une fois, et j’étais comme ça :

 

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  • Souvent, le zèbre s’oppose donc aux directives données par le supérieur, le parent, l’enseignant. Mais s’il a l’impression qu’elles ne sont pas fondées, ce n’est pas toujours le cas. A la maison par exemple, lorsqu’un parent lui ordonne de ranger ses chaussures qui traînent dans l’entrée, il va estimer que ce n’est pas fondé car il n’y a pas de but. Pourtant, il y en a bien un, et il en plus il concerne le BIEN !

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Attention, tout ça ne veut pas dire que le zèbre ne respecte aucune autorité, au contraire. Lorsqu’il a bien compris une règle, qu’il sait pourquoi il doit faire ceci ou cela et que c’est pour le bien de tous, il mettra toute son énergie et son cœur à respecter et faire respecter cette règle. Moi-même, je respecte entièrement l’autorité d’une personne à condition que je sache pourquoi cette personne dit telle chose, et que je sois 100% persuadée qu’elle a raison. Et lorsque je suis convaincue que cette règle est établie pour le BIEN, je fais très attention à la respecter. Mon entourage peut témoigner, je suis convaincue des bienfaits du petit homme vert du passage piéton 🙂

 

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Comment faire pour que ça se passe bien ?

Finalement, il n’y a « que » l’autorité non fondée que le zèbre remet en question. Le problème, c’est que lorsqu’une personne se retrouve face à un zèbre qui se rebelle (ça peut être assez violent, hein maman ?:) ), elle ne va pas forcément chercher pourquoi mais va plutôt essayer de discipliner le zèbre, de faire preuve d’encore plus d’autorité ! Et à partir de là… ça monte des deux côtés, et ça finit plus souvent par des pleurs que par un grand sourire !

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Astuces pour le zèbre :

  • les gens n’aiment pas trop qu’on les corrige, même si c’est par souci de justesse
  • quand tu poses ta question, explique que c’est pour connaître l’objectif de la personne et ainsi y répondre au mieux. Ca permet souvent d’éviter que ton interlocuteur ait l’impression que tu doutes de ses capacités.
  • essaye d’utiliser tes capacités d’analyse pour analyser la situation si tu refuses de faire ce que l’on te demande. Tu en déduiras ce qu’il faut que tu fasses pour éviter les problèmes:)

Astuces pour ceux qui ont besoin de leur demander de faire quelque chose :

  • les écouter
  • répondre à leur question quand ils demandent « mais pourquoi je dois faire ça ? » car ils poseront forcément la question. Il ne s’agit pas d’un doute envers vous et vos capacités, mais toujours de la quête de sens dont le zèbre a besoin
  • Leur expliquer pourquoi faire telle chose avant même qu’ils posent la question

 

A bientôt !

 

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 8 – un besoin vital de sens – partie 2

21 mai 2016

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« On m’a souvent dit que j’étais fatigante avec mes questions, on m’a aussi souvent demandé pourquoi je me prenais la tête avec toutes ces questions sur l’existence, le monde, que ça ne servait à rien car personne ne connaît la réponse. Pourtant, ce que je sais, moi, c’est qu’il EXISTE une réponse. Il y a forcément une réponse !

Alors j’ai arrêté de poser ces questions aux autres, et même si je pense que tout le monde devrait se demander qui nous sommes, pourquoi nous sommes là, et d’où vient le monde (c’est quand même hyper important non?), j’ai arrêté d’en parler. Pourtant, ces préoccupations et la sensation de vertige qui va avec ne m’ont jamais quittée. Je cherche mes réponses toute seule, je lis des livres ou des articles, de science, d’histoire, de philo, de socio, je lis ce que d’autres personnes ont pensé et écrit sur ces mêmes questions, et ça m’aide à me forger une opinion. Je n’ai pas pour autant trouvé la réponse (on le saurait 😉 ), mais la philosophie aide à apaiser mon questionnement incessant.

Bon, ça ne m’empêche pas d’angoisser encore. En ce moment, je suis perturbée parce que je n’arrive pas à me représenter la dimension du temps. A chaque fois que j’y pense (donc souvent), j’ai l’impression d’être emportée dans un tourbillon, de flotter, de ressentir un malaise et la tête qui tourne.

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Depuis aussi longtemps que je me souvienne, je me suis toujours un peu plus intéressée à ces questions autour de l’univers et de la vie que mes camarades, mais j’ai toujours été aussi un peu plus terrorisée qu’eux à l’idée de recevoir une météorite sur la tête. 

Ils me disaient «ben c’est pas de chance, mais si une météorite tombe sur la Terre on ne sentira rien et on sera tous morts ». Hum…  Ça ne me rassure pas du tout ! Personne ne se demande ce que sera le monde après ? Quand il n’y aura plus de Terre mais que les autres planètes seront encore là? Et puis ça ne résout pas mon problème de ce qu’il y a au delà… Alors ça m’angoisse encore plus et je me pose encore plus de questions » 

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Si le zèbre est aussi intéressé par les mystères de la vie, par la mort, par les limites de l’existence, par le langage, par les hommes, par la création du cosmos, c’est parce qu’il veut comprendre le monde.

Comprendre pourquoi la vie existe.

Quel est son intérêt.

Pourquoi il est là.

Ce qu’il doit faire de sa vie.

Comment sauver le monde.

Ce qu’il y a ailleurs.

Ce qu’il y a au-delà.

Ces questions posées sans limite sont bien souvent laissées sans réponse, et le zèbre se retrouve frustré, et surtout, anxieux.

Car si personne ne sait vraiment, si personne n’a de certitude, comment faire ?

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Pour faire un choix, le zèbre a besoin d’avoir en possession absolument toutes les données, car évidemment, il envisage simultanément et en profondeur toutes les hypothèses avant de choisir. Ne pas savoir, ne pas connaître le sens de la vie, ça le plonge dans un état d’anxiété avancée dès lors qu’il faut faire un choix, car il manque une donnée.

Ca veut dire qu’il faut faire un choix arbitraire alors, n’est ce pas ?

Et ça, c’est inconcevable.

Cette anxiété et ce doute permanents fragilisent énormément l’équilibre psychologique du zèbre.

Puisque souvent, le zèbre est frustré car il n’a pas obtenu les réponses qu’il espérait à ses questions, il va les chercher lui-même.

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C’est encore une caractéristique assez répandue chez les zèbres, le fait d’être autodidacte.

Pour satisfaire sa soif d’apprendre, il lit et se renseigne sur des sujets très spécifiques (merci Internet 🙂 ), souvent métaphysiques d’ailleurs. A l’école, il apprend souvent mieux ce qu’il apprend tout seul. Non seulement parce qu’il apprend à son rythme, mais aussi et surtout parce que ça l’intéresse, et donc parce qu’il sait pourquoi il l’apprend.

Ah, savoir pourquoi il l’apprend. Toujours ce besoin de sens et d’intérêt.

Pour accepter une consigne, que ce soit à la maison, à l’école, ou au travail, il faut d’abord qu’il sache et qu’il comprenne pourquoi on lui demande de faire ceci. Et comment il doit le faire. Alors, pour avoir ces informations, il va constamment demander des précisions et des justifications.

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Et s’il n’est pas convaincu de la raison pour laquelle on lui demande de faire ceci ou cela, il va argumenter, négocier, demander des explications, aller toujours plus loin, creuser, et voudra souvent avoir le dernier mot pour s’assurer qu’il a bien compris et qu’il a raison.

Malheureusement pour lui, c’est souvent mal perçu pour quelqu’un qui ne pense pas comme lui, car c’est souvent perçu comme de la provocation ou de la prétention.

Pourtant, le zèbre voulait juste être rassuré.

On ne s’en rend pas forcément compte, dit comme ça, mais ça peut créer des joutes verbales très violentes, très intenses et très blessantes pour tout le monde.

De la même manière, lorsqu’il est confronté à une règle ou une loi, il en discutera tous les détails. Il remettra sans cesse en question les règles qui lui semblent souvent impertinentes, montrera d’ailleurs du doigt toutes les impertinences, posera des milliers de questions afin de savoir le pourquoi du comment, et éventuellement, finira par respecter la règle s’il la comprend. Si on lui prouve qu’il faut la respecter.

 

Vous imaginez bien que ça pose un sérieux problème quant au respect de l’autorité, mais ça, on le développera la prochaine fois 🙂

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 8 – un besoin vital de sens – partie 1

3 mai 2016

On vient de le voir dans le chapitre précédent, petits zèbres et grands zèbres ont du mal à comprendre les mêmes implicites que les autres. Ils fonctionnent différemment, certes, mais c’est aussi car ils prennent tout au pied de la lettre.

Ils vont interpréter une remarque ou une consigne selon le sens littéral des mots choisis par le professeur ou l’interlocuteur.

Eh oui.

On leur reproche souvent des réactions excessives face à une petite remarque anodine de la part de celui qui l’a lancée. Si l’hypersensibilité et l’affectif jouent un rôle très important dans cette réaction, le choix des mots l’est tout autant.

Mais pourquoi ? Après tout, ce n’est qu’un mot, une expression, non ?

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Pour le zèbre, le sens est essentiel.

Il a un réel besoin de précision, il ne supporte pas le flou, l’incertitude, et a besoin de tout comprendre, tout le temps. Ainsi, pour lui, si son interlocuteur a choisi d’employer ce mot là précisément, c’est que sa signification correspondait exactement à ce qu’il voulait transmettre. C’est que c’était le meilleur mot pour ce qu’il avait à dire. Et cela entraîne bon nombre de malentendus, voire même de conflits.

A l’école comme à la maison, le zèbre décortique tout ce qui est dit, car tout doit être hyper précis. Si ce n’est pas le cas, il va poser des questions pour obtenir plus de précisions et de justifications. Il ne s’arrêtera pas tant que ce n’est pas assez clair pour lui. Et c’est souvent cela qui mène au conflit avec les professeurs ou parents qui considèrent son attitude provocante.

Ce besoin de sens et de précision est vital pour le zèbre.

Et je pèse mes mots.

Comprendre et donner du sens au monde, aux autres, aux choses, aux phénomènes, est sa principale préoccupation (préoccupation dans le sens d’une pensée, d’un souci qui occupe entièrement et constamment son esprit).

Tous les enfants traversent la période du « pourquoi ? ». Elle dure plus ou moins longtemps et commence plus ou moins tôt.

Et surtout, elle agace les gens !

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C’est plus facile de poser des questions que d’y répondre.

Chez les zèbres, cette phase commence très tôt et ne s’arrête jamais. Ils étaient très curieux petits, et resteront très curieux à l’âge adulte. Tout au long de leur vie, ils veulent tout savoir, tout comprendre, tout maîtriser.

La quête de sens est au centre de leur vie.

Une question en entraîne une autre, puis une autre, puis encore une autre. Ils se posent des questions sur tout, sur tout ce qui les entoure, sur eux mêmes, sur le monde, sur la vie, sur la mort. Ils ont pourtant bien compris qu’ils agaçaient les gens avec leurs questions, mais c’est plus fort qu’eux.

Il faut qu’ils sachent.

Ils s’intéressent à tout et n’importe quoi, à des domaines très variés et souvent très éloignés. Et lorsque ça les intéresse vraiment, ils vont passer leur temps à chercher. Souvent même, ils vont approfondir un thème qui les passionne, puis subitement changer de passion.

M’investir à 100% dans quelque chose puis le délaisser complètement, ça m’arrive tout le temps par exemple. Surtout au travail. Quand il y a un nouvel outil, ça m’amuse, je bidouille, j’essaye de comprendre comment ça marche, je cherche. Puis une fois que j’ai compris et que je sais l’utiliser, que je le maîtrise, ça ne m’intéresse plus du tout. C’est comme quand on crée quelque chose. La phase de création est intéressante. Le reste beaucoup moins. C’est le fait de chercher pour comprendre qui est intéressant.

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Ca se manifeste souvent d’ailleurs par un intérêt pour les énigmes, les sudokus, les casse-têtes, ou les jeux de mots, les jeux de stratégie, de mémorisation, l’expérimentation (en cuisine par exemple, créer sans recette, associer de nouvelles saveurs, essayer)

Les zèbres s’interessent donc à tous les sujets, par période, mais s’il y en a bien un qui les intéresse tout le temps, ce sont les problèmes métaphysiques. Les questions existentielles.

Et ça agace encore plus les gens, car ils se sentent impuissants face à de telles interrogations.

Et ça tombe bien, c’est le sujet de la deuxième partie de ce chapitre sur le besoin vital de sens 🙂 A très vite !

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 7 : les difficultés rencontrées

28 mars 2016

Un fonctionnement différent, quel qu’il soit, est source d’incompréhensions, donc a fortiori de difficultés sociales et relationnelles. Mais pourquoi est-ce si difficile de vivre avec des gens lorsque l’on ne fonctionne pas de la même manière?

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La première difficulté rencontrée par le zèbre, c’est la difficulté à exprimer ses idées.

Lorsqu’il est confronté à une question ou un problème, le zèbre arrive à une solution, un résultat qui paraît intuitif, qui va de soi. Mais si on lui demande d’expliquer son raisonnement pour en arriver là, il en est souvent incapable. Attention, ça ne veut pas dire que la réponse est tombée du ciel, loin de là ! Ca veut simplement dire qu’elle résulte de mises en relation d’idées et connaissances, mais que tout ça est allé très vite et parfois très loin, et que l’expliquer simplement est difficile car on ne sait pas vraiment comment ça s’est fait… Comme si les associations et activations d’idées s’étaient produites inconsciemment.

 

C’est frustrant, ça arrive toujours à l’école ou au travail, et ça met le zèbre en colère…

En réunion par exemple, je vais avoir beaucoup de mal à expliquer pourquoi cette solution que je propose est la meilleure à mon sens. Je vais être confuse, les gens ne vont pas me comprendre et ça va m’énerver car je sais que c’est une bonne idée mais je n’arrive pas à expliquer pourquoi. Quand j’essaye de l’expliquer, je m’y perds, je perds mes interlocuteurs, et j’abandonne. Je suis frustrée, énervée, mes interlocuteurs doivent penser que je suis nulle et vont sélectionner une autre idée alors ça m’énerve encore plus.

En fait, le système est fait pour des gens qui pensent surtout de manière linéaire, qui arrivent à un résultat en passant par des étapes, et qui peuvent donc facilement expliquer leurs étapes de raisonnement.

Le mode de pensée «dans tous les sens » n’est pas adapté à ce système.

C’est exactement la même chose qui se passe à l’école, où l’on attend de nous que l’on raisonne étape par étape. Les méthodes d’apprentissage ne correspondent pas du tout à la façon de penser et de faire d’un zèbre. On nous apprend d’ailleurs à lire et à compter de manière linéaire. C’est peut-être pour ça que souvent, comme moi, les zèbres apprennent à lire avant l’école, seuls, car ils apprennent ainsi à leur manière.

 

Dans tous les enseignements, on nous apprend une notion avant de passer à la suivante.

Le zèbre, lui, ne fonctionne pas comme ça.

Il comprend vite, trop vite, mais surtout, il comprend en globalité. Et évidemment, là aussi, il a souvent la bonne réponse sans pour autant pouvoir l’expliquer, ce qui le pénalisera fortement. Pourtant, les autres ont réussi à expliquer, eux.

Alors, ça veut dire quoi ? Qu’il est nul ? Qu’il est bête ? Que c’est un échec ?

 

(on reparlera des problèmes de confiance, dévalorisation, peur de l’échec, tout ça dans un prochain article)

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Interprétation différente des implicites.

Si le zèbre a du mal à exprimer clairement son raisonnement et ses idées, il a aussi du mal à comprendre ce que l’enseignant attend de lui lorsqu’il lui pose une question. Et une fois de plus, cela crée une incompréhension, il pourra être pénalisé voire même considéré comme provoquant.

*Note pour les autres zèbres: il fallait en fait réciter à l’oral le chiffre écrit au tableau. Le terme « suivant » voulait dire que le chiffre à réciter était le chiffre écrit dessous. Comme 90% de la classe avait compris, ils ont rigolé, et la maîtresse a dit « Tu te crois drôle ? »…

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Mais pourquoi ?

Il est normal et humain de considérer que l’autre pense comme nous. Surtout quand la majorité des gens pense comme nous. D’ailleurs, selon le groupe culturel ou social auquel nous appartenons, nous partageons un ensemble de codes communs. Par exemple, un français va comprendre que lorsqu’un autre français tend la main vers lui, c’est pour le saluer, car ils partagent les mêmes codes. Ces codes nous permettent notamment de comprendre les mêmes implicites.
Et c’est que le zèbre va avoir un problème, car son mode de pensée fait qu’il ne comprend pas les mêmes implicites que la plupart des gens.

A l’école, lorsque le professeur pose une question ou écrit une consigne sur un devoir, la consigne comporte forcément des sous-entendus. Par sa différence de mode de pensée, le zèbre ne va pas forcément les comprendre, et peut alors faire des erreurs.

Je me souviens par exemple d’un exercice de français, où la consigne disait : « Transformer le texte en le mettant au passé ». La plupart des élèves ont compris qu’il fallait réécrire le même texte, mais en changeant les verbes au présent par des verbes au passé. Moi, je n’avais pas compris ça du tout. Je ne voyais pas l’intérêt de réécrire le même texte, donc pour moi, il fallait que j’invente une histoire qui s’était passée avant l’histoire du texte en question, et l’écrire au passé.

 

Je n’avais pas répondu de façon adaptée, mais je n’avais pas fait exprès.

Pourtant, aux yeux de mon enseignante, cela a été perçu comme de l’inattention. Je n’avais « pas bien lu » la consigne. Ou comme de la provocation, j’avais fait exprès de mal répondre. Comme j’avais globalement de bonnes notes et que je comprenais vite, elle ne pouvait pas admettre que je n’avais simplement pas compris ce qu’il fallait faire. Elle avait l’impression que je faisais exprès, pour l’embêter, et moi j’avais l’impression qu’elle faisait exprès de me punir, pour m’embêter.

Il s’agissait juste d’une incompréhension des deux parties, malheureusement beaucoup trop fréquente.

***

Mais alors, comment faire ?

Être zèbre à l’école, ce n’est donc pas si facile. C’est d’ailleurs souvent ici qu’en raison de leurs difficultés à s’adapter au système, on découvre leur « zébritude ».

Les zèbres ont soif d’apprendre, et attendent avec impatience l’école puisqu’on leur a dit qu’ils y apprendraient beaucoup de choses. Ils sont donc vite déçus.

Ils s’ennuient, ils ne comprennent pas l’intérêt de ce qu’ils apprennent à l’école, et ils font face aux remarques que l’on vient de voir dans le paragraphe précédent. 

Comment faire alors, pour aider le zèbre à s’intégrer à l’école, l’aider à ne pas réagir à l’extrême, à ne pas se sentir nul, dévalorisé, à ne pas tomber en échec scolaire ?

On ne peut malheureusement pas changer le système en un article de blog, mais on peut essayer de faire cohabiter différents systèmes en parallèle. Parce que la clef, je crois que c’est ça, c’est permettre à deux systèmes d’exister en même temps.

Imposer un modèle d’apprentissage à tous, je crois qu’on est tous d’accord pour dire que ça ne fonctionne pas. Que ce soit le mode d’apprentissage linéaire, ou celui des zèbres, ou d’autres.

En revanche, si l’on reconnaît la singularité du petit zèbre, si on lui explique clairement pour qu’il la comprenne bien, et qu’on prend le temps de l’expliquer à ses professeurs et ses camarades (en espérant qu’ils soient réceptifs), il y a des chances pour que l’on avance. Plus sa différence est connue et reconnue, plus ses interlocuteurs arriveront à s’adapter et à prendre en compte ses besoins spécifiques.
De la même manière, il faudra expliquer clairement au petit zèbre le fonctionnement du système scolaire, afin qu’il puisse le comprendre et être moins piégé par un énoncé par exemple. De cette façon, il pourra utiliser ses capacités pour réussir dans ce système.

Le but n’est pas que l’un des deux systèmes s’efface, mais que l’enfant réussisse à utiliser son propre mode de pensée pour répondre aux sollicitations du système scolaire.

Chacun doit chercher à comprendre l’autre, le respecter et adapter son discours et son comportement.

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 6 : La pensée divergente

8 mars 2016

Chacun pense et raisonne différemment. Pourtant, au fil de mes recherches, je suis tombée sur de nombreux articles (non scientifiques) identifiant deux grands modes de pensée. Le mode de pensée linéaire, et le mode de pensée en arborescence ou intuitif.

Attention, je ne pense pas que l’on ait un mode de pensée exclusivement, je pense que chacun utilise les deux, mais que l’un domine dans certains cas.

Cela aurait d’ailleurs un lien avec le mythe sur l’utilisation des deux hémisphères du cerveau, puisqu’on attribue souvent au cerveau droit l’intuition, la créativité, l’analogie, le spatial, le non verbal, la simultanéité, la vision globale, les aspects émotionnels, et au cerveau gauche les compétences logiques, rationnelles, séquentielles, analytiques, et le langage. 

 

Les articles scientifiques parlent plutôt de pensée divergente. Lors des épreuves de pensée divergente, on demande à un enfant de trouver le plus d’idées possibles à partir d’un mot, d’un objet, d’une situation. Dans les études réalisées (Besancon, M. & Lubart, T. (2012)), les enfants « zèbres », « surdoués », « à haut potentiel », quelle que soit la dénomination, ont un nombre supérieur d’idées par rapport à la moyenne. La pensée linéaire ne serait donc pas opposée à la pensée divergente, mais celle ci serait plus développée.

***

J’ai mis beaucoup de temps à comprendre ces modes de pensée expliqués dans la littérature sur la douance, car pour moi, tout le monde pensait comme moi. J’étais persuadée qu’il n’y avait qu’un seul mode de pensée. Je n’ai donc jamais cherché à le nommer. Des malentendus, quiproquos, ou incompréhensions auraient pu me mettre la puce à l’oreille, pourtant ça ne m’a jamais traversé l’esprit que nous ne nous comprenions pas car nous pensions de manière différente et n’arrivions donc pas aux mêmes conclusions.

En fait, la plupart des gens ont des associations d’idées relativement claires, simples ; c’est-à-dire que lorsqu’ils reçoivent des informations ou données de l’extérieur, pour reprendre l’image de l’article précédent, ils vont les analyser les unes après les autres. Leurs idées s’enchaînent selon une construction logique. Ils partent d’un problème, et étape après étape, arrivent à la solution.

Par exemple, lorsqu’ils montent un meuble IKEA, ils ordonnent les outils et suivent le mode d’emploi ou procèdent par étape :

Monter un meuble IKEA avec une pensée linéaire

 

Ils vont donc être capable de structurer une rédaction plus facilement, d’écrire un mémoire avec un fil conducteur, d’expliquer leur raisonnement à quelqu’un. Cela peut paraître simple, mais c’est inconcevable pour moi de penser comme ça.

De manière méthodique et organisée.

Je ne sais pas comment faire.

C’est très dur de contrôler sa pensée et de la forcer à fonctionner de cette manière. D’ailleurs, vous n’imaginez pas le temps que j’ai passé à essayer de structurer ces épisodes ! J’avais une vision globale, des images, des intuitions, mais ça a été très difficile de créer une logique entre les articles. 

Quand je monte un meuble IKEA, je ne regarde pas le mode d’emploi, je regarde l’image du meuble terminé :

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Dans ma tête, ce n’est donc pas tout à fait un enchaînement simple d’idées. J’ai trop d’idées pour que cela soit simple. Et je crois que c’est le cas pour bon nombre de zèbres. Je ne sais pas si je pense « en arborescence » ni si ma pensée divergente est quantitativement différente, mais je sais que je pense « dans tous les sens ».

A cause, ou grâce, je ne sais pas, à l’hypersensibilité et aux multiples stimuli, mon cerveau reçoit en continu un flux considérable d’informations en provenance de l’extérieur. Rien ne lui échappe. Et il va TOUT traiter. Il va traiter les informations de manière globale, toutes en même temps. Vous comprenez ? Car dans ma tête c’est très clair 🙂

Disons que chaque information traitée simultanément par mon cerveau (de manière inconsciente, enfin je crois, c’est l’impression que j’en ai) va se diviser en nouvelles informations, possibilités ou idées, qui conduisent à d’autres possibilités par associations d’idées, à l’infini.

Il n’y a pas qu’un seul chemin. Il y a des millions de chemins. Et je les emprunte tous en même temps, sans en privilégier aucun.

Des millions d’idées sont traitées en même temps et vont se subdiviser en nouvelles idées qui à leur tour se subdiviseront en nouvelles idées etc. Toutes ces idées se succédant à une vitesse folle, elles entraînent la pensée très, très loin de l’idée initiale.

Tous ces chemins sont actifs au même moment dans mon cerveau. Je peux donc inconsciemment faire un rapport entre des idées rencontrées sur des chemins différents, que tout semble opposer, et les associer à des connaissances qui n’ont rien à voir non plus, et qui étaient rangées quelque part dans ma tête. La rencontre de ces idées incongrues peut former une intuition géniale ou une idée créative ou originale (ou un truc qui ne ressemble à rien, c’est possible aussi hein!)

Ce fonctionnement de pensée « dans tous les sens » est donc très propice à la créativité !

Cela dit, avoir trop d’idées ou partir trop loin est malheureusement aussi source de problèmes, de conflits, ou d’incompréhensions, surtout à l’école ! On en discutera lors du prochain épisode… à bientôt 🙂

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 5: le déficit d’inhibition latente

1 mars 2016

Le déficit d’inhibition latente… Oulala, mais c’est quoi ça ?

Je vous avais promis d’expliquer simplement les caractéristiques et traits de personnalité d’un zèbre. Eh bien le déficit d’inhibition latente, malgré son nom un peu barbare, c’est un phénomène très simple, et un trait de personnalité très répandu chez les zèbres. Amis zèbres, dites-moi ce que vous en pensez, mais je ne crois pas avoir rencontré un zèbre qui n’a pas ce trait là.

Mais c’est quoi exactement ? Le déficit d’inhibition latente, c’est ce qui fait que les zèbres en ont « plein la tête ». Explications.

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Avant de vous expliquer ce qu’est le déficit d’inhibition latente, il faut bien commencer par vous expliquer ce qu’est l’inhibition latente.

L’inhibition latente, c’est un tri qui est effectué automatiquement et sans effort par votre cerveau pour distinguer les stimulis sensoriels jugés utiles de ceux qui sont jugés inutiles ou très familiers. Par exemple, lorsque vous marchez dans la rue, si une voiture arrive vers vous à grande vitesse, votre cerveau jugera cette information utile car dangereuse, et vous vous en souviendrez, tandis que vous ne ferez pas attention au bruit du marteau piqueur car il n’a pas d’utilité, donc votre cerveau « l’oublie ». Votre cerveau a réussi à filtrer les stimulations sensorielles pertinentes et a annulé la perception des informations inutiles. Ce petit coup de pouce du cerveau vous permet ainsi d’être plus concentré, et surtout, il protège votre système sensoriel.

Par exemple, ce que vous voyez ci-dessous en couleur est ce à quoi la personne normale fait attention. Ce qui est en noir et blanc a été « annulé » par le cerveau car ce n’est pas un obstacle sur le chemin ou quelque chose d’inhabituel.

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L’inhibition latente est un processus qui existe chez tout le monde !

Oui, mais face à une hypersensibilité des 5 sens comme on l’a vu dans l’épisode précédent, les zèbres reçoivent beaucoup plus d’informations que la normale. Le cerveau est alors complètement sous l’eau, il n’arrive plus à filtrer seulement les informations pertinentes, et il en laisse passer beaucoup beaucoup trop. Il n’arrive pas à les hiérarchiser.

Le déficit d’inhibition latente, c’est ça. C’est l’incapacité du cerveau à faire ce tri face à tant de stimulations sensorielles. Toutes ces informations vont donc être traitées avec la même importance chez le zèbre, il aura donc beaucoup de mal à se concentrer sur une seule source d’information. D’où la confusion, l’angoisse, le fait de paraître distrait ou rêveur, et de ne pas pouvoir se concentrer vraiment sur quelque chose de particulier et oublier le reste.

Voici, par comparaison, ce à quoi fait attention une personne ayant un déficit d’inhibition latente. Il y a de quoi en avoir plein la tête !

Attention, il est très important de noter que le déficit d’inhibition latente n’est PAS un désordre mental. Loin de là. C’est la façon dont un individu gère les données qui lui arrivent. C’est pourquoi je le considère comme un trait de personnalité.

***

 

C’est justement le fait de devoir faire face à une multitude de stimulis, tout le temps, à une surcharge de données, qui fait que le zèbre a souvent l’impression d’en avoir « plein la tête », et de vouloir mettre son cerveau sur « pause » voire « off ». Quel petit zèbre n’a jamais dit à ses parents « j’arrive pas à dormir car j’arrive pas à arrêter de penser, pourtant je veux faire le vide, mais ça cogite quand même ».

 

Eh bien voilà, maintenant, vous savez pourquoi. C’est parce qu’il n’est pas capable de mettre de côté toutes les informations superflues comme le bruit de la ventilation ou le tic tac d’une horloge. Le zèbre prête attention à tous les détails, au risque de saturer. Et ça l’empêche de s’endormir. Ou ça le réveille au moindre bruit suspect.

***

Bon. Le déficit d’inhibition latente, vous êtes d’accord, c’est fatigant. Usant même.

Mais en même temps, il y a un très beau côté. Et rien que pour ce très beau côté, je suis ravie d’être un zèbre, et j’en oublie toutes les difficultés.

Ce très beau côté, c’est la créativité. L’imagination.

Le cerveau du zèbre est submergé par des informations de toutes sortes, les sens sont en éveil, les images, les sons, les odeurs, tous ces détails auxquels une personne qui n’a pas de déficit d’inhibition latente n’accordera pas d’importance, s’associent pour former une nouvelle image dans le cerveau du zèbre, ça déclenchera peut-être une intuition, une idée géniale.

Mais ça, c’est aussi grâce au système de pensée en arborescence, et c’est le sujet du prochain épisode !

A bientôt