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Caractéristiques de zèbres

Que se passe t il concrètement dans la tête d’un zèbre ? La réponse avec du texte et des images !

Caractéristiques de zèbres

C’était il y a un an !

22 août 2019

C’était il y a un an, j’avais mal au ventre, j’attendais impatiemment le transporteur qui devait me livrer deux palettes de livres, en me demandant si sa couleur, sa texture et son odeur seraient comme dans mon imagination. Puis j’ai ouvert le premier carton, souri, et commencé à remplir les 800 colis des contributeurs Ulule et des bibliothèques !

J’avais toujours mal au ventre, car j’avais peur que les lecteurs du blog soient déçus, que les avis soient négatifs, que le contenu ne soit pas à la hauteur.

Un an après, il y a eu une réimpression et ce sont plus de 3000 livres qui ont été livrés chez leurs nouveaux propriétaires, et chaque jour je continue à en envoyer pour faire rayonner les rayures.

J’ai eu des périodes de gros doutes, des moments où je perdais pied face aux sollicitations et à la gestion/distribution/logistique chronophage, mais un an après, je suis mieux organisée et je peux me consacrer pleinement à la sensibilisation, sur les zèbres et sur la maladie invisible via Chroniques Invisibles .

Vos avis, commentaires et partages sur le livre ou le blog me nourrissent, me font un peu pleurer il faut l’avouer, me confortent dans l’utilité de mon travail, et m’encouragent. Je ne remercierais jamais assez tous les lecteurs du blog qui m’ont motivé à écrire toujours plus, tous les contributeurs Ulule qui m’ont permis de me lancer, et tous ceux qui, aujourd’hui, me soutiennent et me permettent de continuer cette aventure.

Un immense merci, et je vais aller fêter ça dans un café coworking en écrivant un nouvel article et en avançant mes recherches sur les zèbres adolescents, parce que j’adore ça en fait !💛

Prochains articles à venir : un article invité d’Elodie Crepel, illustré par mes soins, sur les profils laminaire et complexe, un article sur le sentiment de honte (pas un sentiment propre aux zèbres bien entendu mais j’avais envie de vous en parler), un témoignage de parent zèbre, et un article sur les adolescents 🙂

A bientôt !

Caractéristiques de zèbres

Le doute – billet d’humeur

5 juillet 2019

Vous avez dû le remarquer au rythme de mes publications, je fonctionne un peu au ralenti ces temps-ci. Pourtant, j’ai plein de témoignages en cours d’écriture, de personnes qui m’ont touchée et dont j’ai hâte de vous raconter l’histoire. Plein d’articles qui attendent de prendre forme, sur des sujets variés et passionnants à décrypter. Mais je n’y arrive pas. J’écris. J’efface. J’écris à nouveau. Puis je rayure. Et je rature.

J’avais déjà eu une période au ralenti il y a quelques mois, car je peinais à trouver une bonne organisation avec la logistique et l’envoi des commandes de livres. Mais j’ai fini par la trouver, optimiser les envois, du coup je ne me laisse plus avoir par les nombreuses sollicitations et j’arrive à me concentrer pour écrire ! J’étais vraiment repartie sur le bon chemin, principalement grâce à vous, quand j’ai croisé une amie de longue date :

Mademoiselle Doute s’est installée sur mon épaule et commentait absolument tout ce que je faisais.

Mademoiselle Doute a toujours été là pour moi, et sera probablement toujours là. Elle me permet de me remettre en question, et de faire les choses bien. Mais ces derniers temps, notre relation était un peu trop fusionnelle à mon goût. Mademoiselle Doute a pris de la place, trop de place, pour deux raisons.

1. Le business des zèbres

Déjà, elle a pris de la place, parce que j’ai pris conscience du “business des zèbres”. Oui, la douance est devenue un business, et aussi étrange que cela puisse vous paraître, je viens seulement de m’en rendre compte.

Je pensais que chaque personne qui proposait des ateliers, conférences, livres, accompagnements ou services dans ce domaine le faisait par envie, par passion, par conviction, et surtout : pour les personnes concernées. Pour les aider. Je ne m’étalerai pas trop sur le sujet, mais j’ai récemment pris conscience que non, ce n’était pas toujours le cas, qu’il y avait de l’égo au milieu de tout cela, et que beaucoup profitaient de ces personnes. J’ai vu des gens malhonnêtes profiter financièrement des zèbres, les attirer avec un projet, leur demander une participation financière, ne jamais tenir leur engagement de concrétisation du projet, puis demander à nouveau une participation financière pour un autre projet, tout aussi attirant, mais sans avoir honoré la promesse précédente. Ça m’a mise en colère. J’ai vu des gens devenir “expert HPI” en 2 mois après avoir lu des articles sur LinkedIn, sans formation, puis proposer des conférences en entreprise à tarif prohibitif, parce que “c’est le thème qui marche”. Ça m’a gênée. J’ai vu ces nouveaux experts être mis en avant dans divers événements liés aux zèbres en entreprise, j’en ai vu d’autres qui font un travail formidable dans ce domaine depuis longtemps, qui le méritent, ne pas être reconnus. Ça m’a perturbée. J’ai vu des personnes sincères qui avaient beaucoup à apporter aux zèbres se retirer de ce monde-là en se rendant compte qu’il y avait trop de manipulation et d’égo. Ça m’a attristée. J’ai vu des gens me solliciter à chaque fois qu’ils avaient un produit ou un service à vendre, pour que j’en parle sur le blog contre commission ou rémunération, sans m’avoir adressé la parole auparavant. Ça m’a agacée.

(D’ailleurs, petite précision : il n’y aura pas de publicité sur le blog, qu’elle soit liée ou non à la thématique de la douance, et si je vous parle d’un service ou d’un produit, c’est que je l’ai aimé, et que j’ai vraiment envie de le partager)

Alors, bien sûr, ne me méprenez pas, il y a des personnes compétentes, généreuses et honnêtes qui proposent leurs services, qui le font avec passion, ça se voit, et je leur souhaite de le faire le plus longtemps possible car nous en avons vraiment besoin, en entreprise ou ailleurs. Je tiens aussi à ce qu’un travail et un investissement en temps soit rémunéré à sa juste valeur. Mais aller dans le domaine de la douance “parce qu’il y a de la demande” ouille ouille ouille ça me gêne. Je ne peux pas comprendre ça. Je viens de quitter brutalement mon monde de bisounours, et ça m’a fait douter.

Mademoiselle Doute m’a assaillie, parce que je travaillais sur un prochain livre un peu secret, sur le petit frère de Rayures et Ratures. J’ai vraiment eu envie d’écrire ce livre, l’idée a germé il y a quelques mois, j’en ai parlé à quelques personnes qui m’ont encouragée, en me disant que l’approche était utile et originale (mais ça, vous jugerez par vous-même s’il sort un jour). Sauf que certaines de ces personnes, en toute bienveillance, m’ont aussi dit :

Et là, gros blocage. Je mets beaucoup de temps pour essayer de faire quelque chose de bien. Je peux travailler des mois et ne rien publier si je n’en suis pas satisfaite (je suis sûre que vous me comprendrez 😉 ). Si je me presse “parce qu’il faut” ou “parce que c’est le bon moment”, je sais que ce sera nul. J’ai aussi douté d’être la bonne personne pour écrire ce livre. Et j’ai essayé d’écrire plus vite. Mais l’approche ne m’allait pas, tout ce que j’écrivais était nul et inutile, et j’ai rangé mon carnet. Je ne veux pas que mon travail tombe dans la spirale du “business des zèbres” et perde de sa sincérité. Alors je l’ai mis un peu de côté, je le reprendrai quand je serai de nouveau convaincue par mon projet et mon approche.

En attendant, je me concentre sur un autre projet de sensibilisation, Chroniques Invisibles, sur un guide sur l’auto-édition car je n’ai plus le temps de répondre individuellement à toutes vos questions pour lancer votre projet, sur les articles de blog en cours, et puis sur l’envoi de vos commandes que j’adore préparer 🙂

D’ailleurs, en exclusivité une petite illustration tirée du guide de l’auto-édition, et qui fera écho au paragraphe précédent 🙂

2. Est-ce que je suis encore un zèbre ?

Il y a une deuxième raison qui a fait que Mademoiselle Doute s’est immiscée un peu trop dans ma vie. Quand je me remets en question, je vais peut-être un peu trop loin. Peut-être 🙂 Récemment, j’ai remis en question le fait même d’être zèbre.

J’ai passé le test WAIS fin 2015, appris beaucoup de choses, découvert mes points forts, mes ressources, mon profil… plein d’informations sur mon fonctionnement. J’ai découvert le monde de la douance. Je me suis renseignée sur le pourquoi du comment, j’ai lu sur les spécificités cérébrales, et notamment la myélinisation plus intense, comme expliqué dans le chapitre sur la mémoire dans lequel j’ai dessiné des neurones et des cerveaux (j’adore dessiner des cerveaux). Il se trouve que, depuis le passage du test, j’ai développé un trouble neurologique qui a affecté cette structure, et des troubles cognitifs, avec des pertes de mémoire (mais ça se remet je vais mieux hein). Alors, est-ce que je suis toujours un zèbre malgré un cerveau qui n’est plus exactement le même qu’il était en 2015 ? Est-ce que je suis toujours la même personne avec ce petit changement structurel ? Si je ne suis plus zèbre, est-ce que je peux continuer ce blog ? La seule chose dont je suis certaine, c’est que je me pose encore beaucoup de questions !

Nouveau blocage, nouveau doute, nouveau questionnement de légitimité. Pour savoir, pour me rassurer peut-être aussi, et par curiosité il faut l’avouer, j’ai voulu repasser le test. Et voir s’il y avait des différences dans l’analyse et le résultat par rapport à celui passé en 2015. Mais c’est quand même un sacré budget pour simplement assouvir ma curiosité et mettre fin à un doute. Puisque j’avais interviewé Elodie précédemment qui m’avait parlé d’un test de douance non officiel mais qui m’avait interpellée, je n’ai pas repassé le WAIS, j’ai passé le test de douance avec elle. Ainsi, je pouvais à la fois comparer l’analyse de 2015 à celle de 2019, mais aussi comparer les deux tests entre eux.

Pour faire écho au paragraphe sur la publicité, je précise qu’elle ne m’a pas du tout demandé d’en parler, je le fais car j’ai envie de partager cette expérience avec vous 🙂

J’étais stressée, perturbée à l’idée que l’on évalue ma mémoire qui me fait défaut, mais le test m’a détendue. Il est moins scolaire que le WAIS, plus amusant aussi. Je ne peux pas dévoiler ce qu’il y a à l’intérieur, mais j’ai vraiment passé un bon moment, et je ne l’ai pas perçu comme un examen. A la fin, il y a quand même un résultat… et je suis toujours bien rayée !

Le résultat, au niveau des différents indices et de l’estimation globale du QI, est à peu de choses près le même que le test WAIS. Lors de la restitution, Elodie m’a donné des indications sur les “failles”, ce que je pouvais travailler pour ne pas brider mon potentiel (la confiance en soi par exemple, sur laquelle je travaille grâce à son accompagnement), sur les points forts aussi, les ressources sur lesquelles on peut miser, s’appuyer. Et là, à mon grand étonnement, j’ai découvert que j’avais certes moins de mémoire qu’avant, mais qu’elle était quand même bien au-dessus de la moyenne !

Alors, peut-être qu’être zèbre, ça me protège 🙂

Après tous ces questionnements, ces agacements, ces doutes, ce passage à vide, j’ai repris confiance, et je vais profiter de l’été pour avancer sur les prochains articles de blog, sur les témoignages de zèbres et parents de zèbres inspirants que j’ai pu rencontrer ces derniers mois. Si je le sens, peut-être que j’avancerais aussi sur le livre. On verra. Chaque chose en son temps, en fonction de l’inspiration, et de la passion !

J’en profite pour vous dire que je ne serai pas joignable du 12 au 22 juillet (je pars m’isoler dans une cabane dans les bois, au calme, j’ai tellement hâte !), et que je ne pourrai pas poster vos commandes de livres durant cette période. La boutique restera ouverte, les livres seront postés le 22 juillet (c’est valable pour les commandes du site et celles d’Amazon, et si vous êtes pressés, vous pourrez commander le ebook qui, lui, sera toujours téléchargeable 🙂 ).

Je vous souhaite un très bel été, et à très bientôt, c’est promis !

Caractéristiques de zèbres

Dire qu’on est zèbre/surdoué ou le garder pour soi…

28 mai 2019

Après tous les articles du blog, vous aurez compris à quel point il est important de comprendre son fonctionnement. Mais, une fois que l’on sait, faut-il le dire aux autres ?

C’est une question qui revient très régulièrement dans les messages que je reçois. Si autant de personnes me posent la question, c’est qu’elles ressentent le besoin de le dire. Et je crois que c’est vrai, souvent, on a besoin d’en parler lorsqu’on le découvre, surtout lorsque cette découverte est tardive, car c’est tout un chamboulement, et que ce n’est pas toujours facile de le garder pour soi.

1. Ressentir le besoin de dire que l’on est surdoué/zèbre

Alors, bien sûr, le résultat du test est très personnel, il touche à notre propre fonctionnement, à notre identité, à l’intime. Pourtant, oui, une fois qu’on l’a appris,  compris, et intégré, on peut ressentir une terrible envie de partager cette nouvelle donnée, de le crier sur tous les toits, d’expliquer aux gens pourquoi on réagit de telle ou telle manière, car maintenant on comprend.

Parfois, c’est pour se justifier aussi, pour montrer à ceux qui ont pu nous faire des réflexions que non, on n’est pas “fou” ou “bizarre”, on est zèbre, et c’est tout. Et surtout, c’est pas grave.

En fait, avant de se demander si on en parle aux autres ou non, et si oui, comment, je crois que c’est important de comprendre ce qu’on attend de ce coming out. A qui on souhaite le dire ? A ses proches ? A son employeur ? A ses amis ? A ses profs ? A tout le monde ? Et pourquoi ? Pour qu’ils comprennent ? Pour qu’ils s’adaptent ? Pour qu’ils se posent des questions sur eux-mêmes ? Pour qu’ils arrêtent de penser qu’on est bizarre ? Pour qu’ils arrêtent de nous dire qu’on est trop sensible ? Pour qu’ils arrêtent de nous forcer à rentrer dans le moule ? Pour les rassurer ? Pour se libérer ? Parce qu’on veut que tout le monde comprenne ce que c’est, “être surdoué” ?

C’est important de se poser ces questions, car, bien souvent, si on ressent un besoin urgent d’en parler, on a aussi très peur des conséquences d’une telle révélation. A juste titre. Alors, il faut mesurer ce besoin, et les risques.

2. La peur des réactions… à cause des clichés

Ce qui nous inquiète, ce n’est pas tellement de le dire, c’est la réaction qu’aura la personne face à cette révélation. Car si nous, on a enfin compris ce que veulent dire les mots “surdoué”, “à haut potentiel”, ou “zèbre”, la personne en face, elle, qui ne connaît pas, n’entendra pas spontanément “fonctionnement différent”, elle entendra probablement “je suis plus intelligent que toi”.

Et ça, ce n’est vraiment pas le message qu’on a envie de transmettre. La révélation si importante à nos yeux pourra être mal reçue, simplement parce que les préjugés ont la vie dure. A l’inverse, certains seront réceptifs et écouteront avec bienveillance et admiration cette révélation qui demande quand même du courage, tant il est difficile de parler de soi.

En fait, selon notre parcours scolaire (si on a été un bon élève ou au contraire si on a eu un parcours chaotique), professionnel, notre personnalité, notre vécu, selon les gens, l’entourage,  les réactions seront très diverses.

Toi, tu te prépareras longtemps, et il te faudra du courage pour le dire.

Eux répondront :

Ou bien :

Ou bien :

…et vaqueront à leurs occupations.

Ou alors :

Ou encore :

Ou même :

L’interlocuteur peut aussi mettre en doute cette révélation, surtout si la personne a toujours été en échec scolaire :

Alors, forcément, cette incertitude quant à l’interprétation de ce que l’on a à leur dire peut bloquer. Faut-il vraiment le dire ? Ou renoncer pour se protéger ?

3. Alors… faut-il le dire ?

Vous commencez à me connaître, vous savez bien que je ne vous dirai pas si “oui” ou “non” vous devriez le dire à vos proches, puisqu’il n’y a… pas de réponse 🙂 Tout dépend de vous, de vos attentes, de la personne en face.

Le dire peut soulager, vraiment. Peut vous aider à crever l’abcès et après on n’en parle plus. Peut vous aider à vivre en harmonie avec vos proches.

Mais le dire peut aussi provoquer un rejet.

Tant que la notion n’est pas bien comprise, tant que les préjugés sont encore bien présents, il faut faire un petit peu attention. Car le dire, c’est aussi dévoiler une part de sa personnalité, de son intimité, et si votre équilibre est encore bancal et que la personne en face n’est pas réceptive, cela peut avoir un effet plus néfaste que libérateur.

Certains zèbres avec lesquels j’ai pu échanger me racontaient se sentir investis d’une mission, d’une responsabilité : le dire pour montrer qu’on l’assume, que ce n’est pas un problème, démocratiser la notion, sensibiliser, le dire à tout le monde pour que ce ne soit plus tabou. C’est important de sensibiliser, je ne vais pas vous dire le contraire, j’en ai fait mon métier, mais c’est important aussi de se préserver, surtout quand c’est un sujet intime, et vouloir le garder pour soi ne veut pas dire qu’on ne l’assume pas ni que l’on faillit à une responsabilité, il ne faut pas culpabiliser si vous n’avez pas envie de le dire. Il y a un temps pour tout, pour l’intégrer pour soi, et pour sensibiliser les autres si vous le souhaitez. S’il y en a qui se sentent prêts et y voient un effet libérateur, tant mieux, vous nous aiderez beaucoup à sensibiliser, mais il ne faut surtout pas que ce soit ressenti comme une obligation.

4. Si on choisit de le dire…comment faire ?

Là non plus, je ne pourrai pas vous donner de réponse 🙂 Si quelqu’un a le besoin ou envie de faire son coming out, il n’y a pas de règle à suivre. C’est du sur-mesure. En fonction de son parcours, en fonction de comment on l’assume et l’intègre, de comment on le vit, en fonction de ce qu’on attend de cette révélation, en fonction de la personne en face, de sa personnalité, et du moment choisi.

Certains auront besoin de le dire tout d’un coup, de ne pas tourner autour du pot.

D’autres, au contraire, auront plutôt besoin d’y aller petit à petit, de bien expliquer, de déconstruire les clichés sur les surdoués avant de parler de soi.

Moi, j’ai eu besoin de le faire via un intermédiaire : ce blog. Je ne savais pas comment aborder le sujet, mais j’avais vraiment envie, et besoin, de le faire. J’avais peur des réactions. Je ne le formulais pas à l’oral, alors j’écrivais et je dessinais à ce propos sur le blog. Sans parler de moi directement.

Quand j’ai conçu le livre Rayures et Ratures, je me suis dit que ça pourrait être bien de le faire coloré, attrayant, avec une couverture franche, pour que les gens qui n’osent pas trop en parler à leur entourage puissent le laisser traîner discrètement sur la table du salon, et que l’entourage se dise “tiens, c’est quoi ?” et n’ait pas peur de l’ouvrir. Comme un support pour amorcer le dialogue, parce qu’on n’a pas tous la force d’aller dans le vif du sujet directement.

Je reçois de temps en temps des messages de gens ayant fait leur coming out grâce au livre ou grâce à des illustrations du blog, et c’est, je crois, le plus beau compliment que je puisse recevoir. Savoir que mon travail peut aider, favoriser le dialogue, c’est la plus belle des récompenses.

5. En fait, le plus important, c’est de se le dire à soi-même.

Pour ceux qui n’auraient pas envie, pas besoin, ou peur de le dire, je voudrais leur partager ces messages que des lecteurs ont laissé sur les réseaux sociaux de Rayures et Ratures :

“ Je crois surtout que le plus important, ce n’est pas que l’entourage sache, le plus important c’est de le savoir soi-même afin de mieux appréhender sa différence et comment se servir efficacement de sa différence pour réussir enfin là où on a toujours échoué car la méthode était inadaptée”

Alexandre (sur Facebook!)

“Le principal, c’est d’être respecté, pas forcément compris de tous. Le plus important étant de se comprendre soi-même”.

Aurélien (sur Instagram!)

Alors, faites votre coming out à vous-même, et ensuite, si seulement vous avez envie, dites-le aux autres !

6. Et après ?

Et après cette période de découverte ? Des personnes fraîchement détectées me demandent souvent comment j’en parle, moi. Comment je le dis aux gens, maintenant que j’ai pris du recul sur tout cela.

En fait… je ne le dis pas.

Comme beaucoup, j’ai eu besoin d’en parler à quelques personnes de mon entourage lorsque je l’ai découvert. Sans forcément mettre un mot, juste en expliquant. Aujourd’hui, je ne ressens plus ce besoin. J’ai compris mon fonctionnement, maintenant ça ne fait plus partie de mon quotidien, ou plutôt, pas plus que n’importe quelle composante de ma personnalité ! Je n’en parle pas.

Alors, bon, forcément, avec un blog et un livre sur le sujet, les gens qui me côtoient de près ou de loin et connaissent mon travail le savent, ou s’en doutent. Mais sinon, je ne cherche pas à rencontrer des zèbres (je suis même peu active dans les rencontres). Je ne vis pas autour de cette notion. Parce que je n’en ai pas besoin. (Mais je comprends que certains en aient besoin, attention). L’important pour moi était de comprendre qui j’étais. Après, j’ai lâché prise. Ce n’est pas au centre de ma vie. Alors bien sûr je suis très engagée pour aider les autres et sensibiliser à la différence en général, dont celle-ci. Je tiens à ce que chacun comprenne, pour que tous ces petits et grands zèbres qui se découvrent vivent de mieux en mieux, pour que ce ne soit plus un sujet tabou. Mais en dehors de mon travail de sensibilisation, je suis silencieuse.

Je sais que si ce sujet est abordé lors d’une conversation, j’en parlerais librement. Mais souvent, je n’ai pas envie d’en parler. Cela ne veut pas dire que je n’assume pas, ou que j’estime que c’est tabou. Juste que je juge que ce n’est pas nécessaire en fonction de la situation et de la personne en face de moi.

Tout ça pour conclure que…

Le dire, ne pas le dire, c’est propre à chacun. Vouloir le garder pour soi ne veut pas dire que l’on n’assume pas. Cela peut être votre petit jardin secret, et c’est très bien. Mais vous pouvez aussi le dire, si vous en avez envie, et si vous en avez besoin. Vous avez le droit, et ça permettra aux gens de mieux comprendre. Dans ce cas, demandez-vous ce que vous attendez de ce coming out, choisissez bien les personnes à qui vous vous adressez, et la meilleure façon, pour vous, de faire passer votre message !

Je ferai de prochains articles pour parler des cas plus spécifiques du monde de travail (Est-ce qu’on le dit à son employeur ? A ses collègues ? Dans quel but ? Qu’est ce qu’on attend ?) mais également des enfants (Si l’enfant choisit de le dire, comment se préparer aux réactions, est-ce qu’en tant que parent on le dit quand on parle de lui, comment le dire à l’école ?)

A bientôt !

PPPST : au fait, maintenant, vous pouvez vous procurer le livre en dehors d’Amazon, en circuit encore plus court, directement sur le blog !

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Caractéristiques de zèbres

Le test de QI, c’est pas sorcier !

25 avril 2019

Par email, via les réseaux sociaux ou lors des rencontres, vous êtes toujours très nombreux à me poser la question du test de QI.

Alors, pour répondre à vos questions, j’ai décidé de faire un article sous une toute nouvelle forme. Au lieu de vous faire part de mes recherches, et puisque moi aussi j’avais beaucoup de questions, j’ai préféré interroger une coach formée à la douance et psychanalyste (entre autres, car elle a plein de diplômes, et plein de compétences ! ) qui connaît bien les zèbres, puisqu’elle les a étudiés et qu’elle est elle-même concernée. Elle s’appelle Elodie, et j’ai découvert son travail via les réseaux sociaux. A travers sa société Ailes et Graines et son compte Instagram du même nom, elle donne beaucoup d’informations (chaque semaine, elle parle d’un thème spécifique avec passion et avec un grand sourire), accompagne les gens et sème des graines de bienveillance, d’optimisme, et d’enthousiasme.

Sa personnalité et ses connaissances ont fait que j’avais envie de vous la présenter et de l’interroger, car s’il y a bien quelque chose qu’elle aime faire, Elodie, c’est transmettre. Alors j’endosse le costume de Fred, elle endosse celui de Jamy, et c’est parti pour un petit tour dans le merveilleux monde des tests de QI.

C: Salut Elodie ! Rentrons directement dans le vif du sujet : qu’est-ce que c’est, en fait, ce test de QI dont on parle ?

E : Alors difficile de te répondre Chloé, sans faire un rappel historique de la « chose ». En effet, il faut bien se rappeler le pourquoi du comment de la naissance de ce test, bien loin du besoin aujourd’hui.

C’est en 1905 que BINET et SIMON créent la première échelle mesurant l’ « intelligence » en vue d’aider les élèves en difficulté. Depuis, les tests ont beaucoup changé, évolué et été adaptés selon les besoins jusqu’au WISC/WAIS que nous connaissons aujourd’hui comme étant le seul test qui serait à même de calculer officiellement le quotient intellectuel d’un enfant (à partir 2 ans pour le WPPSI, 6ans le WISC) ou d’un adulte (le WAIS à partir de 16ans). Nous en sommes aujourd’hui à la 5ème version et non la dernière, puisque chaque version est soigneusement créée à partir des dernières avancées psycho-socio-scientifiques. La moyenne étant de 100, on estime officiellement que les haut potentiel ont + de 130 ( 2% de la population) et les très haut potentiel intellectuel au dessus de 145 (0,1% de la population).

Cependant ces taux ne sont que des estimations liées à la création du test, car nombreux sont les HP (haut potentiel) non testés. 

Le test prend en compte 4 grands subtests: indice de compréhension verbale, indice de raisonnement perceptif, la mémoire de travail et l’indice de vitesse de traitement.

Il faut savoir que chaque test de QI dépend également de son pays et donc de sa culture, d’où la différence de chiffre d’un test à l’autre (par exemple, le maximum au test WAIS en France est de 160 tandis qu’au Japon c’est 220); il y a également une différence entre le WISC et le WAIS, d’où l’inutilité de comparer le chiffre ! Voilà aussi pourquoi certains adultes passant le WAIS pensent avoir perdu des points de QI en comparaison à leur résultat WISC enfant, mais il n’en n’est rien: l’échelle de mesure est différente !

C : Ah oui, je me disais aussi ! Récemment, j’ai lu un livre américain sur les « gifted adults », et j’étais très étonnée des chiffres de QI mentionnés. Aucun n’avait moins de 150, et je me demandais justement s’ils étaient beaucoup plus intelligents que nous, ou s’ils avaient une échelle différente, parce que les caractéristiques dont ils parlaient avaient l’air d’être assez similaires !

E : Exactement ! En plus savais-tu que le terme même de douance a des définitions bien différentes selon les pays ? En effet, surdoué en anglais se dit « gifted », qu’on pourrait traduire comme doué, gâté dans le sens « posséder un cadeau de la vie », tandis qu’en France la douance est inévitablement associée selon la définition à avoir « des capacités intellectuelles très supérieures à la moyenne » (cf dictionnaire Larousse). Ainsi, on se rend bien compte que la façon dont on va percevoir la douance -et donc le test- est clairement associée à une culture donnée.

Finalement comme le dit si bien Howard Gardner :

C : Au départ, quand des lecteurs me posaient des questions par rapport au test, j’avais tendance à leur recommander vivement la passation du test s’ils le pouvaient, car j’ai eu une expérience très positive. Bien loin de ce que j’avais en tête d’un test de QI (des questions formelles et un résultat à la fin), je me suis au contraire retrouvée face à une personne qui ne me connaissait pas mais qui pourtant me donnait l’impression de m’avoir cernée de suite, en analysant mon comportement et pas seulement mes réponses, et j’ai appris énormément de choses sur mon fonctionnement cognitif lors de la restitution. Depuis, je me suis un peu ravisée, car plusieurs personnes à qui j’avais conseillé de passer le test n’ont pas eu la même expérience que moi, ont simplement eu un « score » à la fin, et cela ne les a pas du tout aidées. Du coup, je me demandais, est-ce que tous les psychologues sont compétents pour faire passer les tests ? 

E : Absolument pas, car rares sont les formations universitaires qui proposent dans leur cursus une vraie approche de la douance et donc du test. Un psychologue ou un psychiatre peut, juste avec son diplôme, acheter le test en ligne. Il reçoit alors pour quasiment 2000 euros le manuel d’administration, de cotation et d’interprétation du test. Mais rien ne l’oblige à s’informer, à se former ou à pratiquer avec une personne plus expérimentée. Et comme aujourd’hui, on peut aisément dire que c’est devenu un vrai business… il est essentiel de savoir avec qui on passe ce test. Car poser des questions et compter les points ne suffit pas du tout pour conclure sur la thématique de la douance. Seule une analyse pointue du fonctionnement cognitif et émotionnel valide un test de douance.

D’ailleurs Edgar Morin dit que :

C : D’où l’importance de la restitution lors du passage du test, je comprends mieux ! Dans les définitions de la douance, on trouve souvent « QI supérieur à 130 ». Est-ce que ce seuil des 130 est une condition sine qua non ou plutôt une indication ? Est-ce que quelqu’un juste en dessous de 130 peut être surdoué ? Et quelqu’un juste au dessus ne pas l’être ?

E : En réalité, Chloé, ce test (WAIS, WISC, WPPSI) n’a pas de réel fondement scientifique, il s’agit plus d’un consensus entre psychiatres; car la douance est très complexe à détecter. Fabrice MICHAUD, expert dans ce domaine et auprès duquel je me suis formée, annonce clairement qu’il « n’existe pas de carte unique du monde » comme il n’existe pas de profil unique de personnes surdouées. La seule distinction serait plutôt liée directement au cerveau puisque chez les surdoués la densité neuronale dans les zones frontales serait plus importante et le transfert d’informations y serait plus rapide. En dehors de cela, nombreux sont les surdoués à ne pas passer la fameuse barre des 130 ou à avoir un QI « incalculable » car trop « hétérogène » (ce qui signifie qu’il y a trop d’écart de points entre les divers subtests). Mais là encore cela n’empêche en rien de poser ou non l’étiquette de surdouée.

C : Donc en fait, le test de QI sert de base pour mesurer la cognition, et ensuite l’analyse et l’expertise du psychologue permettent de confirmer ou infirmer, c’est ça ?

E : Oui c’est exactement ça, actuellement le test WAIS/WISC est ce qui se fait de mieux pour comprendre le fonctionnement cognitif d’une personne, mais à lui seul cela ne suffit pas pour confirmer ou infirmer la douance.

Et puis, c’est bien plus complexe qu’il n’y parait puisque le praticien doit réajuster les résultats en tenant compte également des possibles difficultés de la personne: est-elle fatiguée ? Traverse-t-elle une période délicate dans sa vie? A-t-elle certains troubles dys ? Etc… Car rappelons que la douance n’est pas une pathologie mais plus une particularité cognitive et émotionnelle, à laquelle peuvent se greffer certaines caractéristiques, qui ne sont pas en lien avec la douance, mais peuvent modifier le résultat du test.

C : Merci pour ces informations ! Finalement, si j’ai bien compris, à la passation du test, on n’a pas une case « surdoué » et une case « non surdoué », mais un descriptif de notre fonctionnement, à nous, intégrant nos propres particularités et notre personnalité. Est-ce qu’on peut quand même parler, au niveau de la douance, de différents « profils » qui se ressembleraient ?

E : Exactement, il est bon de ne pas imaginer cela comme des cases mais plutôt comme une carte sur laquelle on peut se déplacer. Selon la période de passation, le résultat pourrait très bien être différent. Mais mieux encore, j’ai bien envie de te parler de « familles de surdoués » comme par exemple les laminaires ou les complexes.

C’est vraiment passionnant, car on utilise les mêmes mots (surdoués / haut potentiel / zèbres…) pour deux types de surdoués totalement différents. 

Pour vulgariser, le laminaire a plutôt un raisonnement analytique, souvent passionné par des sujets très scientifiques, ce sera le bon élève, celui qui est mis en avant justement dans les médias, il aura des raisonnements de très grande qualité, peut avoir des difficultés à se socialiser jeune de par ses centres d’intérêt différents des autres, il est plutôt très cartésien et a davantage un QI homogène.

Tandis que le complexe a un raisonnement analogique et intuitif, il est émotionnellement sensible et créatif, il a toujours le besoin d’apprendre, de comprendre, est curieux de tout, il sera attachant et généreux, en besoin de reconnaissance (voire en demande de relations fusionnelles), son cerveau tourne en permanence, il sera en perpétuel questionnement sur lui-même et ses difficultés sociales -s’il en a- sont souvent liées à un sentiment de décalage constant; il a plutôt un QI hétérogène.

Comme tu vois c’est vraiment deux familles distinctes, mais là encore comme dans toutes les familles tu y trouveras des personnalités différentes, personnalité qui colore la douance.

Mais si ce sujet t’intéresse, on pourra le développer une prochaine fois avec plaisir, car c’est tellement exaltant ! 

C : Avec plaisir ! Les lecteurs peuvent répondre en commentaire pour dire si cela les intéresserait 🙂 Pour en revenir aux différentes personnalités, aux différents profils, quand j’ai passé le test, ce qui m’a agréablement surprise, c’est que la psy ne parlait pas des « surdoués » en général mais de moi, comment je fonctionnais. Avant de lire le document qui m’a été remis, je ne savais pas si j’étais surdouée ou non, mais je comprenais comment je fonctionnais, et ça m’a aidée. Après, c’est un investissement que j’ai décidé de faire sur moi, mais c’est quand même un budget. La passation du test coûte entre 200 et 400€ selon les endroits. Est-ce que tu recommanderais à tout le monde de le passer ?

E : Oui et non. Il faut savoir que nombreux sont les surdoués qui ne passeront jamais le test, et qui ignoreront totalement qu’ils le sont.

Par contre il est évident que si on se pose la question c’est qu’on cherche des réponses. Et c’est là où la passation d’un test peut aider, aider à se comprendre, aider à s’accepter, aider à avancer…

C’est finalement un investissement à vie et qu’importe le résultat, car si le praticien est compétent il ne donnera pas qu’un chiffre, il exposera une vraie analyse du fonctionnement cognitif et émotionnel de la personne. Et comme tu le dis, c’est bien cela qui compte !


Et puis parfois on trouve des réponses dans un livre, un blog, un témoignage, un échange… des réponses qui nous vont nous émouvoir aux larmes, des réponses qui éclairent, des réponses qui nous prennent aux tripes, des réponses qui donnent enfin un sens… et on se sent soulagé.

Finalement, on pourrait passer toute sa vie en thérapie mais à quoi bon ? Le but de toute thérapie, de tout développement personnel, de toute recherche sur soi, quelle qu’elle soit, c’est bien d’apprendre à se connaître, à s’accepter comme on est, et de s’aimer suffisamment pour être heureux, non ? Alors si, sans avoir passé le test, certain.es se reconnaissent et se sentent bien ainsi, c’est le principal ! 

En plus il faut savoir, que même en ayant passé le test, certaines personnes refusent d’accepter qu’elles puissent être surdouées, tant le problème est bien plus profond. Par exemple pour le complexe de l’imposteur qui va pousser le surdoué à douter du praticien, de ses compétences, ou même du test lui-même (le trouvant « trop facile »). 

C : Merci ! Je trouve ça nécessaire de souligner que l’important est de se sentir bien, car je reçois de nombreux messages sur le blog de personnes me disant qu’elles se retrouvent dans le blog, se sentent mieux car moins seules, et me demandent si il FAUT donc absolument passer le test. Non, il ne FAUT pas, dans le sens où il n’y a rien d’obligatoire, si vous reconnaître et vous sentir moins seul(e) vous suffit, eh bien tant mieux ! En revanche, comme le dit Elodie, si vous vous posez des questions, si vous cherchez des réponses, oui, je vous conseille vivement de passer le test WAIS avec un professionnel compétent.

D’ailleurs, Elodie, on parle toujours du WAIS (pour les adultes), qui est le seul test officiel, mais je t’ai même pas demandé s’il existait d’autres façons de détecter la douance ?

E : Oh mais oui, et de plus en plus de professionnels délaissent d’ailleurs le WAIS. Même l’association mondiale des surdoués (MENSA) a élaboré son propre test d’entrée (dont on peut passer un extrait en ligne sur leur site). Mais il existe d’autres choses et notamment l’autotest de Mary Rocamora qui est beaucoup plus adapté aux surdoués au profil complexe et que propose notamment Fabrice MICHAUD (contrairement au test de MENSA qui se rapproche du WAIS avec la « logique » comme point central). Même si ce test est en libre accès sur internet, je trouve que l’interprétation des réponses ne permet pas seule d’arriver à un résultat. Il me semble donc toujours important qu’il soit fait avec une personne formée à la thématique de la douance. 

Il y a aussi le test de Steven Rudolph sur les « natures multiples », le test de « SIC » de Jean Louis Lascaux ou encore le test « Talent Profiler » de Schallenberger Christian. Et bien sûr le quotidien émotionnel qui serait étroitement lié au QI et donc qui devrait selon certaines études toujours être pris en compte (ce qui n’est pas le cas actuellement). Alors bien sûr, officiellement le WAIS reste aujourd’hui le seul qui est reconnu, mais cela tient plus à un consensus et une main mise sur le sujet qu’à un réel fondement scientifique.

A retenir :

– Chaque test de QI dépend de sa culture et de son pays

– Il est important de passer le test auprès d’un psychologue formé et compétent

– Le test WISC/WAIS est actuellement le seul test officiel et reconnu en France pour mesurer la cognition

– Il n’y a aucune obligation à passer le test, mais si l’on se pose des questions et que l’on cherche de réponses, il peut vraiment aider (et je le conseille)

– Il y a plusieurs profils de personnes surdouées

A bientôt pour un nouvel article !

livre surdoué illustrations
Caractéristiques de zèbres

Spectacle  » Ema : Itinéraire d’une surdouée » et rencontre

24 avril 2019

Bonjour ! En attendant la publication très prochaine d’un article sur les tests de QI, je vous fais part d’un événement qui aura lieu le 4 mai 2019 à Saint Etienne, au théâtre Le Pax. Ema Perey jouera son spectacle « Ema : itinéraire d’une surdouée » à 20h, et nous aurons le plaisir, avec Audrey Bouquet (A la rencontre de mes semblables à rayures), d’échanger avec vous à la suite du spectacle !

Nous n’expliquerons pas ce qu’est la douance, nous laissons cela aux experts, mais nous raconterons nos parcours, en quoi la découverte de la douance nous a, de façon plus ou moins directe, menées vers de nouveaux horizons professionnels. Et, bien sûr, nous répondrons à vos questions.

A la suite de cet échange, ceux qui veulent pourront faire dédicacer leurs livres ou s’en procurer (si j’arrive à en emporter suffisamment dans ma valise 😉 ).

Au plaisir de vous rencontrer le 4 mai,

Chloé

PS : Lien pour prendre les billets juste ici (en cliquant)

Caractéristiques de zèbres

En toute transparence – billet d’humeur

4 avril 2019

Où je parle de charge de travail, de critiques, de blocage, et de l’avenir de Rayures et Ratures.

Je suis un peu absente depuis quelques temps, je n’ai pas publié de nouveau contenu depuis un petit moment, et comme je suis très attachée à la transparence, j’ai décidé de vous écrire ce petit billet pour vous expliquer pourquoi, et j’en profite pour vous parler un peu de l’avenir de Rayures et Ratures.

Il y a plusieurs raisons à cette petite absence. 

La première, c’est que je développe beaucoup de projets en parallèle, et que j’ai parfois un peu de mal à fournir partout. 

multi projets - multi tâches - auto entrepreneur

J’ai ressenti à l’hiver dernier le besoin urgent de sensibiliser sur un autre sujet qui me tient à cœur et qui me touche : les maladies chroniques et/ou invisibles. Ce projet, Chroniques Invisibles, a pour l’instant pris la forme d’un compte Instagram qui fait du bien (j’espère), et d’un blog. Je pensais le lancer tout doucement, en parallèle de tout le reste, mais le compte Instagram a grossi d’un coup, et bien que je ne crée pas de contenu chaque jour, il me demande un gros travail de gestion de communauté car je reçois chaque jour de nombreuses sollicitations. A côté de ce nouveau projet, je viens d’illustrer un livre, un peu à la dernière minute donc dans l’urgence, sur la pullulation bactérienne de l’intestin grêle (et j’ai adoré le faire, la vulgarisation scientifique, ça peut paraître étrange, mais j’adore !), écrit par Dora Moutot, et qui doit sortir bientôt.

La seconde, c’est que je suis un peu dépassée par les commandes du livre Rayures et Ratures. Ne me méprenez pas, je suis très heureuse qu’il plaise et que les rayures puissent rayonner dans la France entière et même au-delà 🙂 Ce qu’il y a, c’est que je ne m’attendais tellement pas à ce qu’il plaise autant, que je n’ai rien organisé, rien anticipé. 

auto édition - entrepreneuriat - préparation des commandes de livres

Du coup, aujourd’hui, je passe mes journées à répondre à des libraires qui souhaitent savoir comment se procurer le livre, à leur faire des devis avec mes conditions, à suivre la validation ou le refus du devis puis la réception ou la facturation, à gérer le dépôt-vente, à préparer les commandes passées en direct ou par la marketplace Amazon, à écrire les adresses, à mettre les étiquettes sur les paquets, à les emmener à la Poste, à m’occuper des retours, à suivre les stocks et la réimpression… Je ne m’en rendais pas compte, mais avec le volume de commandes actuel et surtout les multiples distributeurs (car je dois traiter avec chaque libraire intéressé, rien n’est centralisé à part les commandes Amazon), je ne m’en sors plus toute seule. Ou plutôt, je m’en sors, je deviens une pro de la préparation de commande et du collage d’étiquette, mais je n’ai plus du tout le temps de créer, de chercher, d’écrire du contenu, de dessiner, de répondre à vos messages, d’écouter puis de rédiger vos témoignages. Et cela me rend triste, car créer, c’est vraiment ce que je voulais faire. Du coup, je suis en train de réfléchir à quelques solutions alternatives pour me libérer du temps, parmi lesquelles : créer une page de vente en ligne pour le livre et externaliser la préparation des commandes à un logisticien, ou confier mon stock à Amazon qui s’occuperait des envois, ou les deux. Dans tous les cas, je serais quand même obligée de traiter en direct avec les libraires pour les devis et les envois, mais si je n’ai plus que ça, je pense que ça ira !

J’ai réfléchi aux solutions comme Bookelis, Book on Demand ou lelibraire.com, mais cela n’est pas possible pour moi car soit il s’agit d’impression à la demande (et pour un livre de 184 pages en couleurs ils le vendent entre 35 et 45€ et il est hors de question pour moi de le mettre à ce prix là, j’ai tout fait pour qu’il soit accessible), soit ils ne prennent pas les livres auto-édités. 

Tout ça pour dire que je réfléchis à l’optimisation des envois pour pouvoir me consacrer à l’écriture, comme avant, car j’ai beaucoup de choses en tête, je vous en parlerai un peu plus bas !

La troisième raison de mon absence, car il y en a une troisième, c’est la critique. J’ai beaucoup beaucoup de mal avec les critiques négatives et non construites. J’ai beau recevoir des centaines de messages adorables qui me confortent dans mes choix et parfois m’émeuvent à en pleurer, lorsque je reçois un message négatif et pas constructif (par exemple me disant que ce que je fais est totalement inutile ou déprimant, que je n’ai aucune légitimité à faire ce blog, que je suis imbue de moi-même, ou que je n’ai pas honte d’être en contradiction avec les valeurs que je défends étant donné que mon livre est vendu sur la marketplace Amazon ou même juste un petit message pas méchant mais trop sec à mon goût me disant qu’  « un retour à l’email envoyé il y a 3 jours serait apprécié »), je remets TOUT en question. 

Oui, il m’arrive très souvent de me demander si je ne ferais pas mieux d’arrêter, s’ils n’ont pas raison et que finalement peut-être que je fais plus de mal que de bien aux gens… Un seul petit message négatif et je suis bloquée pour la journée. Je rumine, je remets en question ce que je fais, et je n’arrive plus à avancer. Je suis complètement bloquée. Récemment, je voulais écrire un article, et puis en l’écrivant, je modifiais mes phrases, je modifiais mon propos car je réfléchissais à ce que certains allaient pouvoir me reprocher. Je voulais plaire à tout le monde, alors je modifiais tout. Et ça n’avait plus de sens. Je ne l’ai pas publié. J’avais besoin de partager cela avec vous, car je sais que vous êtes nombreux à remettre toute votre vie en question à la moindre critique non constructive, que même noyé sous 1000 messages positifs, un petit message négatif peut également vous mettre à terre, et que vous êtes aussi nombreux à vouloir plaire à tout le monde. Je suis comme vous..

Mais ne vous inquiétez pas, si j’écris cela aujourd’hui c’est que ça va mieux, que j’ai beaucoup de soutien (merci Instagram pour ça d’ailleurs, c’est la magie des réseaux sociaux aussi) dont celui de deux blogueurs zébrés qui m’ont encouragée à écrire ce billet (Mélanie de Suivez le Zèbre et Raphaël de Surdoué ou pas surdoué), et que même si un petit message négatif peut toujours me mettre à terre, je me relève plus vite car j’en ai pris conscience. J’arrive à prendre un peu de distance, et du coup, je me débloque peu à peu, et j’ai plein d’idées pour la suite !

Au niveau du blog, j’ai plein de témoignages en préparation (j’ai pris du retard à cause des 2 premières raisons mentionnées ci-dessus, mais dès que je trouve une solution pour la logistique des envois du livre je vais pouvoir me consacrer pleinement à ces témoignages en attente), mais aussi des articles, dont un un peu plus technique qui sera donc fait en collaboration avec une personne plus calée que moi sur le sujet, j’ai tellement hâte de vous en parler !

Pour sensibiliser toujours plus, je fais parfois des rencontres pour parler des zèbres, il y en a une le 9 avril 2019 à 19h30 à la bibliothèque de Crémieu (38), c’est gratuit et il faut s’inscrire auprès de la bibliothèque ! Je ne peux malheureusement pas me déplacer dans toutes les villes car mon corps a ses limites (et mon budget aussi:) ), mais je vous tiendrai informés des prochaines rencontres, c’est promis !

Avec deux autres zébrettes que vous connaissez peut-être déjà, Ema Perey et Audrey Bouquet, nous organisons une soirée qui débutera par le spectacle d’Ema et sera suivi par une discussion avec Audrey et moi-même sur nos parcours, sur nos changements de vie plus ou moins liés à la douance, avec humour et positivité bien évidemment, et puis surtout, vous aurez la parole 🙂 Cette soirée aura lieu le 4 mai à Saint Etienne ! Nous avons hâte de vous rencontrer en vrai ! Le lien pour réserver la place sera très prochainement communiqué 🙂

Et sinon… je dois vous avouer aussi qu’après de nombreuses discussions au téléphone avec des zèbres de tous les âges et après de longues heures de réflexion, le projet de faire un deuxième livre a émergé. Je n’avais pas vraiment prévu d’en faire un deuxième tant le premier m’a demandé une énergie folle (mais positive et créatrice 🙂 ), mais je crois qu’en fait, un livre est à la fois un réel outil pour favoriser le dialogue, et un objet dans lequel on peut se plonger et se replonger à différentes périodes de sa vie. Ce livre, s’il voit le jour, sera très différent du premier. 

Grâce aux rencontres et aux échanges de ces dernières années, j’ai pu entrevoir la diversité des profils de zèbres, mais aussi des questionnements liés justement aux différentes périodes de la vie. Et ce qui m’intéresse, pour ce deuxième livre, c’est cela. Les différentes périodes de la vie. L’enfance, l’adolescence, la vie d’adulte, la parentalité et la famille, la vieillesse aussi… Il y a peu d’études sur ce sujet donc l’approche est différente, basée sur les expériences de vie de chacun, sur les histoires et le témoignage, sur l’humain, sans généraliser. Je passe donc beaucoup plus de temps à chercher, à interroger, à me renseigner sur les changements du cerveau à l’adolescence par exemple, à retranscrire, à rédiger, mais chacune des histoires que j’entends m’inspire, et je suis profondément attachée à cette nouvelle approche. Je ne sais pas combien de temps me prendra l’écriture (et l’illustration) de ce livre, mais je vous partagerai certains chapitres sur le blog, évidemment, et je vous tiendrai au courant de l’avancée de ce projet qui me motive tant ! 

Maintenant que j’ai été transparente avec vous et que je suis reboostée, je vous dis à très bientôt pour un article un peu plus technique sur les tests et les différents profils, en collaboration avec une personne professionnelle et inspirante que j’ai hâte de vous présenter !

Caractéristiques de zèbres

Zèbre, Haut Potentiel, Surdoué, Précoce… Que doit-on dire ?

22 janvier 2019

Je reçois régulièrement des messages de lecteurs du blog me demandant :

zèbre surdoué précoce  haut potentiel intellectuelle différence

Je reçois également des messages d’autres blogueurs sur la douance me reprochant d’utiliser le terme “zèbre” de Jeanne Siaud-Facchin, pas assez scientifique, pas assez humain, trompeur.

Enfin, je reçois des messages d’enseignants désireux de sensibiliser sur le fonctionnement des…. mais comment on dit du coup ? Des zèbres ? Des EIP ? Des enfants à haut potentiel ? Face à ces nombreux termes, ils sont un peu perdus, et ont peur de mal faire.

Que doit-on dire, alors ?

………..Ce qu’on veut !

Du moins, ici. Je pars du principe que chacun utilise le terme qu’il souhaite, qui résonne en lui/elle, qui lui parle, celui qu’il préfère. Quelle que soit la raison.

Moi, j’ai choisi d’employer majoritairement le mot zèbre dans ce blog. Pourquoi ? Parce qu’il a une histoire. Zèbre, c’est le mot qui m’a permis d’accepter de creuser ce sujet, de consulter, de me renseigner sur mon fonctionnement. J’avais tellement de clichés en tête à propos des personnes surdouées que je refusais catégoriquement d’en entendre parler. « Zèbre » m’a permis de prendre de la distance par rapport aux idées reçues, de me renseigner, puis d’avancer. Alors, c’est le terme que j’ai choisi.

Pourtant, aujourd’hui, avec du recul, ce n’est pas celui que je préfère. Je préfère l’expression toute simple de “personne douée”, comme le dit Arielle Adda. Mais je continue d’employer le mot “zèbre”, car sans lui, ce blog n’existerait pas.

C’est un choix très personnel, et je vous laisse faire votre propre choix quant au mot que vous préférez utiliser !

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Caractéristiques de zèbres

Retour sur l’autoédition du livre.

4 décembre 2018

C’est un article un peu différent des autres. Plus une note de blog un peu personnelle qu’un article sur les zèbres.

Il y a tout juste 8 mois, je paniquais avant le lancement de la campagne Ulule qui allait me permettre de publier le livre “Rayures et Ratures” avec vous. Aujourd’hui, maintenant que le livre est bien au chaud sur votre étagère, je prends le temps d’écrire cet article que je vous ai promis : un retour d’expérience sur cette folle aventure de l’auto-édition. Retex, comme on dit dans le jargon d’entreprise. Pour voir l’envers du décor, et partager quelques réflexions et ressentis sur ces mois de folie.

L’auto-édition pour mon premier livre, je l’ai faite par choix, et non par refus d’éditeurs traditionnels. Au tout début du projet, quand ce n’était encore qu’une idée parmi tant d’autres dans ma tête, j’ai contacté des éditeurs, et des auteurs auto-édités. J’ai longuement discuté avec eux, et le choix de l’auto-édition a fini par s’imposer.

Je n’avais pas envie de faire le livre sans les lecteurs du blog. De le conformer aux attentes d’un éditeur et non des lecteurs, puisque les lecteurs, j’ai la chance de les connaître. C’était un parti pris, vous avez pu donner votre avis, ajouter des petits bouts aux articles, voter pour le choix de la couverture sur Instagram, suivre toute l’aventure, du tout début, de l’idée jusqu’à la réception des palettes et la préparation des colis. Un livre tiré d’un blog, ce serait dommage de ne pas le faire en auto-édition. Je ne regrette pas du tout mon choix ! Mais l’auto-édition, c’est beaucoup de travail, et ça ne se prête pas à tous les projets.

1. Ce que j’ai fait pour auto-éditer le livre

Pour transformer le blog en livre, j’ai repris tous les articles pour retravailler le ton, refaire les illustrations moches du début, vérifier les sources, j’en ai écrit de nouveaux, exclusifs pour le livre, je l’ai envoyé en correction, puis j’ai modifié, réécrit, créé la maquette du livre après des heures d’apprentissage du logiciel, j’ai défini les contreparties, négocié avec différents imprimeurs, cherché les informations juridiques pour le statut, les mentions légales, etc. J’ai du refaire des chapitres, aussi, parce que j’ai mal sauvegardé mes fichiers, et j’en ai perdu certains…

Et puis la campagne approchait, alors il m’a fallu vaincre ma peur de montrer ma tête sur Internet, et réaliser une vidéo de présentation du projet. Puis la page de présentation sur la plateforme Ulule, pour que ce soit le plus simple possible pour la personne qui la lira, qu’elle ait toutes les informations en mains pour prendre sa décision de soutenir ou non le projet. J’ai préparé du contenu à l’avance pour remercier les contributeurs, parce qu’une fois que c’est lancé, on n’a plus trop le temps, les sollicitations sont nombreuses et je comptais vraiment remercier chaque personne qui participe, partage ou fait parler du projet. J’ai rangé ma timidité encore une fois pour accepter de parler du livre à la radio, à la télé ou dans les journaux. Ce mois de campagne a été très intense physiquement au niveau du rythme de travail (je travaillais à 100% sur le projet, j’avais mis de côté mon autre travail), mais aussi émotionnellement. Je vous expliquerai pourquoi un peu après.  

Une fois la campagne terminée, pas le temps de se reposer. J’ai voulu faire le livre sans éditeur, et l’envoyer au plus vite aux lecteurs, alors j’assume la charge de travail ! Une fois le nombre d’exemplaires à imprimer défini, on peut demander le numéro ISBN, le transformer en code EAN pour le mettre au dos du livre, bien calculer les coûts de production, les charges et la marge des distributeurs pour définir le prix unique du livre, convertir les illustrations au profil colorimétrique de l’imprimeur choisi, valider la maquette après avis de leur équipe PAO, envoyer en impression, et stresser un peu (beaucoup).

En attendant de recevoir les livres, j’ai reçu les colis de contreparties, dessiné les portraits personnalisés des contributeurs concernés, je me suis penchée un long moment sur la logistique parce que je n’ai pas beaucoup d’esprit pratique et c’était assez laborieux… Et puis, le 21 Août 2018, le livreur m’a appelée, il était en bas de mon immeuble, avec deux énormes palettes de livres ! Je pouvais enfin voir le livre, en vrai, le sentir, puis commencer à préparer les envois : tamponner chaque enveloppe, imprimer puis coller les étiquettes au bon endroit, mettre le bon contenu selon les contreparties choisies par les contributeurs. Quelques semaines plus tard, tout était prêt, plus qu’à envoyer, gérer le suivi des envois parce qu’il y a forcément des loupés, et les sollicitations !

2. Et émotionnellement alors, comment je l’ai vécu ?

J’ai adoré faire tout ce travail (bon sauf tamponner les enveloppes il faut l’avouer) mais ça a été vraiment épuisant physiquement et j’ai mis de longs mois à m’en remettre (je m’en remets toujours).

Donc si vous avez envie de vous lancer dans une aventure comme celle-ci, et que vous n’aimez pas faire les choses à moitié, rechargez bien vos batteries avant ! Je dois avouer que mon incapacité à déléguer parce que j’avais en tête exactement ce que je voulais et j’étais incapable de l’expliquer à d’autres, ou le fait d’être à 300% dans chaque tâche même la plus petite et de vouloir que tout soit absolument parfait, ne m’a pas aidée 🙂 Au final, ce n’est pas parfait, mais j’ai fait de mon mieux, je reçois beaucoup de messages de lecteurs contents, alors je suis contente aussi !

Mais ma sensibilité a été mise à rude épreuve durant la campagne.

Déjà, parce que pour autopublier son livre, il faut oser en parler, et oser se mettre en avant. Pour que le projet qui tient tant à coeur puisse voir le jour, il faut en parler. Le diffuser. Le promouvoir. Pour avoir suffisamment de lecteurs et pouvoir lancer les impressions.

Je n’étais pas très à l’aise avec l’aspect “commercial”, surtout sur un sujet aussi personnel. Cela a été difficile au début pour moi de mettre le blog en ligne, d’en parler, d’expliquer aux gens, alors expliquer le “pourquoi” et mon histoire personnelle sur les réseaux et dans la presse pour parler du projet, c’était vraiment difficile. D’autant que la presse aime les titres qui attirent les gens et ont joué des clichés sur les surdoués comme jamais. Du coup, j’ai eu du mal à assumer que mon nom et ma photo soient diffusés dans ces publications. (Mais bon c’était trop tard).

Ensuite, comme tout projet même un tout petit peu exposé dans les médias, et principalement sur les réseaux sociaux, surtout s’il fonctionne bien, et qu’il accumule de l’argent (comme une campagne de crowdfunding, puisque le but est de financer une impression, donc forcément, il est question d’argent, et ça, l’argent c’est un sujet qui déclenche des passions), on fait face à des critiques assez dures, souvent peu constructives, des insultes gratuites de gens qui ne savent même pas de quoi on parle. Ceux qui ont vu passer cela dans leur fil d’actualité et qui s’ennuyaient tellement qu’ils ont décidé de le commenter. D’autres, qui connaissent bien le blog car ils écrivent sur le même sujet, mais qui, pour une raison qui me dépasse, m’ont envoyé des messages plus personnels qui m’ont beaucoup touchée, me demandant qui j’étais pour écrire un livre sur ce sujet, questionnant ma légitimité puisque je ne suis pas psychologue.

Je n’ai jamais prétendu être psychologue, et lorsqu’il ne s’agit pas d’un témoignage, toutes mes sources sont citées à la fin de l’ouvrage, comme sur le blog. Je me suis sentie attaquée personnellement, et malgré les conseils de mon entourage (et les vôtres, car j’en ai parlé sur Instagram et vous m’avez bien soutenue, merci merci merci), je n’ai pas réussi à les ignorer. Ils m’ont blessée, puisque cela me renvoyait à mes propres doutes lorsque j’ai commencé ce blog. Qui suis-je pour écrire là-dessus ?

Mais au delà de tout cela, ce que je retiens, ce sont les messages adorables, les commentaires encourageants, les mots doux, les courriers même (dont un colis de nougat, il se reconnaîtra!), et vos avis sur le livre que je reçois chaque jour. Parce que la grande force de l’auto-édition est là. C’est d’être en contact direct avec les lecteurs. Avec le blog, la page Facebook ou le compte Instagram, je peux être très proche de vous, et quand j’ai l’un(e) d’entre vous au téléphone pour un témoignage, j’ai l’impression de téléphoner à un(e) ami(e) ! Je suis profondément attachée à chacun d’entre vous (cette phrase peut paraître un peu étrange, mais je suis sûre que vous comprenez 🙂 ). Je reçois des centaines de messages adorables, de vidéos, de photos, de commentaires… Et ma légitimé est là. Quand je lis vos messages, j’ôte mes doutes. Alors merci merci merci, cette relation avec les lecteurs, je n’aurais pas pu l’avoir en passant par l’édition traditionnelle, et c’est ce qu’il y a de plus beau.

Chaque jour, je prépare vos colis de livres de manière artisanale, parce que j’adore ça, et je prends quelques heures pour répondre à vos messages (j’ai un peu de retard car j’en reçois de plus en plus, mais je réponds toujours!), parce que j’adore ça aussi.

Alors vraiment, merci.

Questions en vrac :

Et après ?

Est-ce que je repasserai pour l’auto-édition pour un deuxième livre ? Je ne sais pas. Je pense que oui, car j’ai vraiment adoré cette proximité avec les lecteurs, et le fait de pouvoir vous intégrer dans le livre. Pour cela, un grand oui. Je préfère adapter le contenu à vos attentes, plutôt qu’à celles d’un éditeur que je ne connais pas. En revanche, je pense que je réfléchirais à comment améliorer ou déléguer la logistique pour ne pas non plus tuer ma santé, et parce que je ne suis pas très douée en logistique 🙂

Comment commander le livre, si on a loupé la campagne ?

Grâce à la mobilisation des lecteurs du blog, le livre a pu être imprimé en 2000 exemplaires. Il m’en reste encore un peu, et ils sont disponibles à la vente sur Amazon ou directement sur mon blog, à l’onglet boutique ! Il n’est pas possible d’avoir un exemplaire dédicacé par respect pour les contributeurs qui avaient choisi la contrepartie “livre dédicacé”, mais je les dédicace avec plaisir lors de rencontres “en vrai”.

Et puis aussi, pourquoi Amazon, puisque j’aime ce qui est artisanal et indépendant ?

Je ne pensais pas vendre le livre sur Amazon, mais plutôt dans des librairies indépendantes, puisque j’achète souvent mes livres là-bas, et j’admire leur travail. Oui mais voilà, en auto-éditant mon livre, je ne savais pas qu’il serait plus compliqué d’être référencée en librairie (cela prend un temps fou), et je ne savais pas non plus que les conditions demandées par une grande partie des libraires ne me permettraient pas de rémunérer mon travail. Donc j’ai décidé de le distribuer sur la plateforme qui accepte et met même en valeur l’autoédition, et qui me permet de rémunérer mon travail, me laissant ainsi plus de temps à consacrer à la création de contenus gratuits pour ce blog, mais aussi plus de temps pour vous répondre et vous aider. Cette plateforme, c’est Amazon.  C’est un choix très personnel et assumé. Maintenant, pour ceux que cela dérange de passer par Amazon, ce que je peux comprendre aussi, je prends quelques commandes en direct, donc vous pouvez m’envoyer un email ! EDIT 2019 : maintenant il est possible de commander en circuit très court, directement sur mon site à l’onglet boutique.

Et je ne ferme pas la porte aux librairies, deux d’entre elles ont d’ailleurs accepté mes conditions, accepté de réduire leur marge et de prendre en charge une partie des frais de port pour proposer Rayures et Ratures à leurs clients, et j’en suis ravie ! Merci la librairie des Herbiers et l’Espace Culturel Leclerc de St Brévin ! Si d’autres librairies sont intéressées, elles peuvent me contacter directement par email à chloe@rayuresetratures.fr afin d’obtenir le code promo pour commander le livre sur mon site avec la remise libraire !

Caractéristiques de zèbres

Le harcèlement scolaire

6 mai 2018

Le sujet du harcèlement revient fréquemment dans les échanges que je peux avoir avec les lecteurs du blog, et après un article plus général, j’avais envie de faire un focus sur le harcèlement scolaire. Car d’après l’UNICEF et le Ministère de l’Education Nationale, 1,2 million d’élèves français sont touchés par le harcèlement scolaire. Parmi eux, des petits zèbres. Pas seulement, évidemment.  N’importe qui, à n’importe quel moment, peut être victime de harcèlement scolaire.

Et ce n’est pas toujours facile pour l’entourage de s’en rendre compte.

Parce que nous avons tendance à dire que les enfants sont cruels entre eux. En disant cela, on banalise ce comportement.

Parce que lorsqu’un enfant ou adolescent rapporte une insulte ou une remarque, on se dit parfois que ça va passer, s’arrêter, que ce n’est pas grave, c’est une chamaillerie, c’est le monde des enfants. Mais les enfants ont les mêmes outils que les adultes.

Parce qu’il est facile d’attribuer le mal-être du jeune harcelé à une crise d’adolescence.

Et parce que, bien souvent, il est très difficile pour une personne harcelée de se rendre compte de la gravité des choses et d’oser en parler.

Alors j’ai discuté avec de nombreux enfants et adolescents qui ont été harcelés, avec leurs parents aussi, écouté des conférences, lu des ouvrages, et regardé des reportages et interviews qui reviennent sur le parcours de ces enfants et adolescents qui ont beaucoup souffert. Il est facile de ne pas se rendre compte de la gravité de la situation ou de ce que vit son enfant, pourtant, les conséquences peuvent être dramatiques. Cet article est là pour essayer de reconnaître une situation de harcèlement, montrer que ce n’est pas normal.

Une enseignante anglaise a, il y a quelques années, expliqué les conséquences du harcèlement à ses élèves à l’aide de deux pommes. L’image m’a marquée, et j’ai voulu la reproduire en illustration. Voici l’expérience :

 


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Quand on tape plein de fois dessus, qu’on se défoule sur une pomme, puis qu’on la regarde, elle ressemble à toutes les autres pommes. A l’extérieur, c’est un enfant qui ressemble à tous les enfants. Mais quand on coupe la pomme en deux, elle est toute abîmée à l’intérieur. C’est un enfant qui a plein de blessures.

 

Comment se manifeste le harcèlement scolaire.

Je ne peux pas faire une illustration qui résume le harcèlement scolaire. Car il n’y a pas de situation type, d’image forte. Il se caractérise par la répétition. Cela peut commencer par une insulte, proférée par une personne. Puis 3. Puis 5. Puis toute la classe. Tous les jours. Moqueries, propos rabaissants, dévalorisants, violents, déshumanisants. Insultes, coups, propos injurieux.

 

Chez l’enfant zèbre qui fait très attention au sens des mots et qui est souvent précoce au niveau verbal, ces mots ont un très fort impact.

Dans une situation de harcèlement scolaire, il y a un abus de pouvoir. Un rapport de domination imposé de façon insistante. C’est le plus fort contre le plus faible. Faible non pas car il est plus faible physiquement, mais faible car isolé par le harceleur. C’est comme cela, d’ailleurs, qu’ils arrivent petit à petit à asseoir leur emprise, à tel point qu’ils réussissent à faire croire qu’ils sont les seuls à détenir la vérité sur le harcelé. Alors celui-ci fait tout pour leur plaire, car il espère un compliment, une reconnaissance. Ce compliment n’arrive jamais, évidemment. Mais dans la tête du harcelé, s’il fait tout pour leur plaire, il pourra réussir à obtenir ce compliment. Et si eux, harceleurs, qui détiennent la vérité, le complimentent, son estime de lui-même remontera.

Le harcèlement scolaire a une particularité par rapport aux autres formes de harcèlement, c’est qu’il s’agit presque toujours d’un phénomène de groupe. Le harceleur a besoin de témoins, de rieurs, de spectateurs. Bien qu’il se défende en disant que c’est “pour rire”, il a l’intention de nuire. Nuire et faire mal n’a d’intérêt que dans le regard des autres. Si les témoins cessent de rire, le harcèlement peut diminuer. Et c’est pour ça qu’il est important, pour tout le monde, de repérer une situation de harcèlement. Car un témoin peut aussi agir pour que la situation cesse.

 

Pourquoi l’enfant se tait :

Beaucoup d’enfants harcelés n’en parlent pas. Il arrive même, parfois, que les parents apprennent la situation endurée par leur enfant très – trop – longtemps après. Voici quelques éléments pour comprendre pourquoi, d’après le témoignage d’adolescents qui ont réussi à sortir de la spirale du harcèlement et qui ont déjà un sacré recul sur leur expérience malgré leur jeune âge. (Les prénoms ont été modifiés)

 

 

« Au début, on ne se rend pas compte que c’est pas normal. On se dit que ça va passer, on minimise. On ne se rend pas compte que c’est grave. Le harcèlement se met en place par de petites touches. Ce ne sont pas des choses anodines, mais qui paraissent anodines. On se dit que ça va passer, qu’on peut supporter ça. On ne sait pas que ça va durer. Alors on se tait. On ne pense pas forcément à demander de l’aide parce qu’on ne sait pas forcément que ce n’est pas normal. »

 

 

 

 

« Au début on comprend pas, on se demande ce qu’on a fait pour mériter ça, puis au bout d’un moment, on finit par penser qu’on est responsable de ce qu’on subit. Si ça m’arrive à moi et pas aux autres, c’est que c’est de ma faute, quelque part. Si tout le monde est d’accord, c’est bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas. »

 

 

 

« Je pensais que j’allais pouvoir devenir ami avec la personne qui me harcelait. Alors je la laissais faire, je pensais qu’on allait devenir amis. Je me suis rendu compte trop tard que j’avais laissé faire trop longtemps. A l’adolescence, c’est important d’être valorisé et intégré dans un groupe. On donne une place très importante aux copains, beaucoup plus qu’aux parents, donc l’estime de soi prend un sérieux coup quand on n’a pas de copains. Je voulais rester dans le groupe, et être harcelé, finalement, ça me permettait d’être “intégré” et important dans le groupe, comme si j’étais l’élément qui fédère. Tout le monde est contre nous, et ça crée un lien. Je ne m’en rendais pas compte, sur le moment. J’avais juste l’impression que si je me rebellais, je serais rejeté. Alors qu’en fait, j’étais déjà rejeté. »

 

 

La personne harcelée cherche en elle la raison de ce harcèlement, tente de cacher cette différence, de corriger ce défaut qu’elle pense responsable de ce traitement. Mais malgré un changement de comportement, cela ne change rien. Elle est déjà prise pour cible. Quand on pense que c’est de sa faute, quand on culpabilise pour ce qui nous arrive, c’est grave.

 

« Si on m’insultait, c’était pour mon bien, pour que je change, en mieux. »

 

 

 

 

 

 

« Je ne voulais pas en parler à mes parents. J’avais honte d’être une victime, honte qu’ils découvrent ce qui m’arrivait. Je n’avais pas envie de les faire souffrir avec cette histoire, et puis, à 11 ans, c’est à moi de gérer mes relations. J’avais honte de pas être capable de me défendre, de pas savoir comment réagir. Du coup, j’ai rien dit. Je me dis que si c’est moi le problème, je pourrai le changer. Alors que leur violence, je pourrai pas. »

 

 

 

 

« J’ai peur d’en parler parce que j’ai peur qu’on me comprenne pas. Un jour, j’en ai parlé à un de mes professeurs, qui m’a dit qu’il allait être plus attentif à ce qui se passait en classe, mais comme il ne se passe pas grand chose en classe, c’est surtout en dehors, il ne m’en a jamais reparlé. Je crois qu’il voulait rester en dehors de ces petites histoires d’adolescents. J’avais beaucoup pris sur moi pour lui parler, il ne l’a pas vraiment pris au sérieux, du coup j’ai eu honte de l’avoir dit. Et je n’en ai plus jamais reparlé. »

 

 

 

 

 

 

« A l’école, c’est compliqué d’en parler aux parents, ou à d’autres adultes. On sait très bien que si on en parle, on nous traitera de balance, et du coup, ça sera pire. Il y aura des représailles, c’est sûr. »

 

 

 

 

 

Quelques signes du harcèlement, quand l’enfant rentre à la maison :

Maux de ventre, maux de tête, angoisses.

Plus envie d’aller à l’école.

Agressivité à la maison. Car l’agressivité qu’on reçoit, on l’exprime sur d’autres personnes.

Chute des notes.

Changement notable du comportement.

Troubles alimentaires.

Troubles du sommeil.

Verrues, eczéma, etc.

Larmes et colère en rentrant.

Il parle de moins en moins d’amis.

Comme un état de stress post traumatique : fuyant, évitant, inquiet, avec des insomnies, des angoisses, des ruminations, des cauchemars.

 

Le harcèlement a des conséquences dramatiques. Manifestations psychosomatiques, dépression, désinvestissement scolaire, absentéisme, dégoût profond de soi-même, et conduit même trop souvent au suicide.

 

Alors comment faire, comment aider ?

Les parents se sentent souvent impuissants. Il est difficile de se rendre compte d’une situation de harcèlement, et de se rendre compte de son ampleur, tant il s’installe de manière insidieuse, et tant l’enfant a souvent du mal à en parler. Mais lorsque l’on s’en rend compte, il y a quelques petites choses que l’on peut faire pour aider.

Restaurer l’estime de soi. L’enfant harcelé est sous emprise. Il laisse son harceleur lui dire ce qu’il vaut. Le harcèlement détruit l’estime de soi, qui est fondamental pour se construire. Avant d’apprendre à se défendre, il faut restaurer l’estime de soi. C’est la clé. L’association Marion La main tendue a d’ailleurs instauré un atelier à cet effet, l’atelier Stop and Go, pour les enfants et les parents.

Essayer de trouver des alliés sur les lieux du harcèlement, à l’école, puis sur Internet, lorsque cela continue en cyber harcèlement.

Nommer le harcèlement. C’est important de nommer le harcèlement, de prendre le temps d’expliquer ce qu’il se passe, et de dire que ce n’est pas normal, car c’est confus dans la tête de l’enfant. Il ne se rend pas toujours compte que ce qui lui arrive n’est pas normal. Il a parfois besoin qu’une figure vécue comme figure d’autorité lui dise que ce qu’il vit n’est pas normal.

Cette figure d’autorité peut être la gendarmerie. Porter plainte peut déclencher une prise de conscience chez l’enfant. Entendre quelqu’un dire qu’il ne mérite pas ça, écrire noir sur blanc le mot “violence”, voire “violence aggravée”, tout cela peut faire comprendre à l’enfant que c’est grave, et lui permettre de se débarrasser de cette honte et cette culpabilité. C’est important de dire que les harceleurs n’ont pas le droit de faire ce qu’ils lui ont fait.

Rappeler les règles, les droits de l’homme. L’enfant harcelé ne sait plus ce qui est acceptable ou non. Il faut insister sur le fait que chacun doit être respecté dans sa dignité. La violence n’a aucune justification. Personne ne mérite ça.  

 

Si tu es victime de violence :

 

Qui contacter ?

N° vert : 3020

Service et appel gratuit, ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h (sauf jours fériés)

 

N° Net Ecoute :

0 800 200 000

Numéro vert gratuit, national, anonyme, confidentiel et ouvert du lundi au vendredi 9h/19h

Ce numéro à contacter en cas de cyber harcèlement est géré par l’association E-Enfance.

Au delà de l’écoute et du conseil, elle peut vous aider au retrait d’images ou de propos blessants, voire de comptes le cas échéant.

Parce que je crois au pouvoir des histoires, j’ai décidé de vous partager un témoignage sur le harcèlement scolaire. Hugo, zèbre de 19 ans, a accepté de me raconter son histoire, et je vous la partagerai dans un prochain article !

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Caractéristiques de zèbres

La harcèlement – partie 1

23 février 2018

Le harcèlement est un sujet non seulement très actuel, mais qui a en plus très souvent été abordé lors des témoignages que j’ai pu récolter. Plusieurs zèbres m’ont parlé de harcèlement vécu à l’école, dans leurs relations amoureuses, dans leur famille, ou au travail. Et beaucoup n’ont réalisé qu’après coup qu’il s’agissait de harcèlement, lorsqu’ils ont décidé d’y mettre fin, et se sont laissés faire beaucoup trop longtemps.

Il est facile de dire “mais pourquoi tu acceptes cette situation, mais pourquoi tu ne te défends pas, mais pourquoi tu restes, mais pourquoi tu ne te plains pas”. En fait, le harcèlement est quelque chose de beaucoup plus complexe, et il est très facile pour la personne harcelée de ne pas se rendre compte qu’elle est victime de harcèlement. De ne pas prendre conscience que ce qu’elle vit n’est pas normal, surtout si la personne en question est un enfant.

Alors je me suis penchée sur le sujet, pour essayer de comprendre puis de vous expliquer comment le harcèlement se met en place, pourquoi, comment ça fonctionne, est-ce que les zèbres sont plus touchés, comment faire pour s’en sortir, et donner des exemples concrets du harcèlement scolaire ou dans le milieu professionnel, afin que des gens puissent peut-être se dire “je vis la même chose” et mettre un mot dessus. Qu’ils puissent se rendre compte que ce n’est pas normal. Et réussir à sortir de la spirale.

Pour réaliser cette série d’articles, j’ai principalement utilisé des conférences données par Ariane BILHERAN, normalienne et docteure en psychologie clinique et psychopathologie. Les autres sources sont citées à la fin de l’article.

Partie 1 – QU’EST CE QUE LE HARCELEMENT, ET LE ZEBRE EST IL PLUS TOUCHE ?

Ariane Bilheran commence sa conférence sur le harcèlement par un rappel étymologique qui en dit long. “Harcèlement” viendrait de “herser”, utiliser la “herse”, c’est-à-dire, dans le registre agricole, couper tous les épis de blé qui dépassent. Harceler, c’est ça. C’est faire en sorte de couper ce qui dépasse, ce et ceux qui sortent du lot, qui sont différents.

Pour reprendre la définition d’Ariane Bilheran :

Le harcèlement vise la destruction progressive d’un individu ou d’un groupe par un autre individu ou groupe, au moyen de pressions réitérées destinées à obtenir de force de l’individu quelque chose contre son gré et, ce faisant, à susciter et entretenir chez l’individu un état de terreur”

Le harcèlement, c’est une violence qui se répète, des petites agressions qui s’enchaînent et durent longtemps, plusieurs mois voire plusieurs années, dans l’intention de nuire. Alors bien sûr, il est difficile de savoir quand différencier un conflit d’une situation de harcèlement, et il est difficile de se rendre compte de la violence du harcèlement au début. Car une remarque ou une insulte isolées ne sont jamais agréables à entendre mais ne paraissent pas forcément violentes. La personne insultée ne se rend pas forcément compte que c’est grave. En fait, ce qui fait la violence du harcèlement, c’est sa fréquence. Des insultes répétées, sur la durée. Des actes d’intimidation qui ne s’arrêtent plus.

Qu’il soit moral, physique ou sexuel, qu’il intervienne au travail, à l’école ou au sein même de la famille, le harcèlement suit toujours le même schéma et se fonde toujours sur le rejet de la différence. Tout et n’importe quoi peut faire l’objet de harcèlement. Tout le monde peut être pris pour cible de harcèlement. Ce n’est même pas tant la différence en elle-même qui dérange, c’est le fait d’être différent.

Mais concrètement, comment se présente t-il ?

Une situation de harcèlement se traduit par des discriminations, des menaces, des insultes, des remarques blessantes pour l’amour propre et répétées (tu es nulle, tu es moche, tu ne sers à rien, personne ne t’aime…), du harceleur à la personne harcelée.

Des intimidations, des humiliations (on vous oblige à faire quelque chose d’humiliant, souvent contraire à vos valeurs, devant un groupe, en vous menaçant de choses parfois très graves si vous ne vous soumettez pas)

Cela peut se traduire aussi par des rumeurs, par une suppression du matériel qui vous est nécessaire pour travailler et qui vous placera soit dans une incapacité (au travail) soit dans une situation où l’on considère que vous avez oublié vos affaires et vous serez puni (à l’école).

Par des demandes, comme du racket.


On n’y pense pas toujours, mais le harcèlement passe aussi par l’ignorance, l’omission, l’exclusion. Sans phrase blessante, sans un mot, on ne réagit simplement plus quand vous parlez, on ne vous répond plus, on ne vous invite plus. Ce sont des agressions détournées, mais tout aussi violentes. Et il est très difficile pour une personne extérieure de les remarquer, puisqu’il n’y a ni séquelle physique, ni preuve ou témoin.

Cet état de terreur décrit dans la définition fait qu’il est difficile pour le harcelé de se rendre vraiment compte de ce qu’il vit, d’oser en parler, voire de comprendre que ce n’est pas normal.
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Les rôles : harceleur, harcelé, et le groupe.

Le harceleur.

Dans chaque situation de harcèlement, il y a un harceleur. Une personne qui libère sa colère et sa violence sur la personne harcelée. Son but ? Déshumaniser la victime, la mener à l’auto-destruction psychique pour qu’elle continue à se maltraiter. Le harceleur va tellement lui répéter des propos dévalorisants ou humiliants à longueur de journée que le harcelé va finir par y croire, se demander ce qu’il a fait de mal, culpabiliser, ruminer. Le harceleur a gagné, c’est de l’auto-destruction.

Le harceleur a une dépendance affective, et veut qu’on le regarde en permanence, par la crainte. Il se sent souvent en danger par rapport à la personne harcelée, il a le sentiment d’être inférieur ou  moins compétent, bien qu’il ne le dise jamais évidemment, et va tout faire pour faire descendre la personne de son piédestal. Il veut qu’elle revienne au même niveau que tout le monde, que lui, voire plus bas. Il a une réelle emprise sur la personne harcelée, qu’il perçoit comme un instrument. Un outil. Lorsque la personne harcelée le craint, a peur de lui, fait ce qu’il dit, alors il a l’impression d’exister.

Le harcelé.

*C’est la même illustration, car le harcelé n’est pas forcément la personne fragile et le harceleur n’est pas forcément le bad boy que certains pourraient imaginer.

Le harcelé lui, a été désigné car il est différent, quelle que soit cette différence. Il subit des sévices répétés mais graduels, donc ne se rend pas forcément compte de la violence de ce qu’il vit. Souvent, il excuse au début l’agresseur, il banalise la situation, “ça va passer, je vais me défendre, c’est une dispute, une chamaillerie”, il minimise, et ressent même de l’empathie pour le harceleur, car il perçoit sa colère. Oui mais voilà, le harcèlement est sur la durée et l’intensité monte petit à petit. Alors le harcelé, qui pensait pouvoir faire face à la situation au départ, est vite emporté et s’épuise.

Les différents experts que j’ai lus et entendus mentionnent souvent la confusion des rôles. Le harceleur a une telle emprise qu’il réussit à faire porter la honte et la culpabilité de l’agression à la personne harcelée. Et réussit même parfois, lorsque le harcèlement est enfin dénoncé, à accuser la victime, car la personne harcelée, épuisée par cette violence qui dure dans le temps, réagit souvent de manière agressive envers elle-même et envers ses proches.

La personne harcelée est enfermée dans une prison psychique, épuisée, et dépendante. Elle attend que le harceleur lui donne l’autorisation pour partir. Il faut qu’une personne extérieure, vécue comme une figure d’autorité, lui fasse prendre conscience que ce qu’elle vit n’est pas normal, et l’autorise à se libérer.

Le groupe.

Une situation de harcèlement n’est pas binaire, il n’y a pas un gentil harcelé et un méchant harceleur. Il y a, surtout, un groupe. Des gens autour. S’il y a harcèlement, c’est qu’il y a probablement des gens qui ont laissé faire. Qui, passifs, ont assisté aux agressions sans réagir. Des responsables silencieux. Mais pourquoi ?

Pour plusieurs raisons. Parce que, déjà, nous avons une propension à nous soumettre à l’autorité, à perdre notre esprit critique en groupe. Pour peu que le harceleur exerce un pouvoir ou une autorité sur tout le groupe, la tendance à la soumission peut l’emporter sur l’éthique, la responsabilité individuelle (Stanley Milgram).

Ensuite, mine de rien, la personne harcelée permet au reste du groupe d’être plus lié. Elle est l’ennemi commun qui permet de rassembler les gens, notamment ceux qui auraient très bien pu être des cibles. Car tout le monde peut faire l’objet de harcèlement. Une personne témoin de harcèlement mais qui laisse faire peut se dire qu’il faut tout faire pour garder cette cible là, afin de ne pas risquer d’en devenir une elle-même. Alors, elle suit. Tout le monde se moque, alors on se moque avec les autres. On ne dit rien. On ne défend pas la personne harcelée. Pour être intégré au groupe, pour créer des liens, et pour ne pas, soi-même, devenir la cible de harcèlement.

Le zèbre est-il potentiellement plus sensible au harcèlement ?

Trop de zèbres souffrent de harcèlement. Y a-t-il alors un profil type de personnes harcelées qui correspondrait aux caractéristiques des zèbres ? Non, les experts semblent d’accord à ce sujet, il n’y a pas de profil type. N’importe qui peut être victime de harcèlement. Et n’importe quoi peut faire l’objet de harcèlement. Des milliers de personnes, adultes et enfants, vivent des situations de harcèlement moral. Et ils ne sont pas tous zèbres, loin de là. La douance n’est pas en cause. Un zèbre ne sera pas forcément harcelé, ce n’est pas une fatalité. Et une personne harcelée n’est pas forcément un zèbre. Mais il y a certaines caractéristiques, qui en fonction du vécu du zèbre (et du non-zèbre, d’ailleurs), peuvent effectivement le rendre plus vulnérable à des situations de harcèlement.  

La différence.

La victime est toujours prise pour cible en raison de sa différence, de son décalage par rapport à un groupe, qu’elle soit plus grande, plus petite, plus grosse, plus maigre, plus sensible, qu’elle pose plus de questions, qu’elle ait plus ou moins de copains, plus ou moins de frères et soeurs, une famille plus ou moins aisée, une couleur de cheveux plus ou moins répandue… Tout est sujet au harcèlement. Et le zèbre, lui, est conscience d’une différence qu’il ne peut pas expliquer. Il la ressent mais ne sait souvent pas mettre des mots dessus (si personne ne lui a expliqué son fonctionnement au préalable).

Alors, lorsqu’il est pris pour cible, il comprend que quelque chose ne va pas, il pense que c’est de sa faute, il essaye de se contrôler, de gommer cette différence qu’il ressent et qui fait qu’il est pris pour cible. Mais c’est impossible. Car il a été désigné à un moment donné, et c’est tout. Il n’a rien à se reprocher. Il n’a pas fait d’erreur. Ni de mal à qui que ce soit. Gommer cette différence ne changerait rien au harcèlement qu’il subit. Au contraire, gommer cette différence, qui est son propre fonctionnement, peut le rendre plus vulnérable.

Besoin d’être aimé.

On l’a vu à de nombreuses reprises dans les précédents articles, le zèbre a souvent un énorme besoin d’être aimé, il recherche sans cesse l’approbation des gens, et cela a un impact direct sur son estime de lui-même. C’est-à-dire qu’il peut avoir tendance à laisser les autres dire ce qu’il vaut, et c’est ce qui est dangereux dans le cas d’une situation de harcèlement.

Si le harceleur comprend cela, il en jouera forcément. Ce sera d’autant plus facile pour lui de dénigrer le zèbre harcelé.

Souvent bienveillants et altruistes, le zèbre peut même, par souci d’être aimé, se sacrifier et le revendiquer. Certains zèbres, lorsque je les ai interrogés, me disaient qu’ils étaient harcelés par tout un groupe, qu’ils laissaient faire car grâce à eux, tout le monde s’entendait bien. Ils étaient le ciment de ce groupe, et espéraient qu’un jour, le groupe les reconnaissent pour cela. Ce qui, bien entendu, n’est jamais arrivé.

Faux self et vide identitaire

S’ils sont confrontés à un environnement dans lequel leur différence est mal vécue, les zèbres apprennent tôt à se protéger et développent un faux self éloigné de leur vrai self. (cf article). Si ce faux self prend trop de place, cela crée un vide identitaire qui peut justement les rendre plus vulnérables aux harceleurs qui utilisent ce vide pour construire une identité, pour dire “mais si moi je sais pour toi”, et les rendre dépendants. Ce qui est profondément destructeur.

Idéalistes.

Bien souvent, les zèbres idéalisent les rapports humains, et ont du mal à intégrer le fait qu’une personne puisse être volontairement mauvaise. L’autre ne peut pas faire mal.

Lorsqu’ils sont confrontés à la méchanceté gratuite, à la violence gratuite, leur extra-lucidité semble prendre un coup. Ils sont désarmés, et se croient facilement coupable. Ce qui est exactement ce que souhaite le harceleur. Il pourra martyriser à souhait le zèbre, qui lui, pensera qu’il ne peut pas le faire exprès, qu’il y a forcément une raison, et que la raison est en lui. Alors il culpabilise. Et porte la responsabilité de l’agression.

En ayant en plus beaucoup d’empathie, de bienveillance et de sensibilité, les zèbres harcelés voient la détresse, la colère du harceleur. Son côté “victime”. Ils sont pris au piège de l’empathie.

Conséquences :

La réaction du harcelé, zèbre ou non, c’est donc une profonde honte de ce qui lui arrive, une culpabilité car il est persuadé que c’est de sa faute, du stress, de l’anxiété, une grave perte d’estime de soi à force de propos dénigrants qui mènent à l’auto-dépréciation, une perte des repères, et beaucoup de doutes.
Le harcèlement crée un traumatisme sévère chez le harcelé, avec des conséquences très graves, de la dépression au suicide. Il est tout le temps sous pression, tout le temps aux aguets, et met une énergie psychique considérable à essayer d’absorber ce stress permanent. Au bout d’un moment, évidemment, il s’épuise, il n’a plus assez de ressources pour faire face à cette situation, et il s’effondre psychologiquement. C’est à ce moment là qu’il pourrait se rendre compte de la violence de ce qu’il vit, mais il est si épuisé qu’il ne peut plus penser, plus se défendre, et plus sortir de la situation sans aide extérieure. Le harceleur est dans sa tête et lui répète sans cesse qu’il est nul, qu’il ne vaut rien.

Les personnes harcelées ont beaucoup de mal à parler de ce qu’elles vivent, et donc les personnes extérieures auront beaucoup de mal à repérer la gravité de la situation et à la dénoncer. Mais c’est possible. Il faut faire prendre conscience aux personnes harcelées que ce qu’elles vivent n’est pas normal.

Pour cela, mes deux prochains articles feront un focus sur le harcèlement scolaire puis le harcèlement au travail, et j’essaierai d’expliquer pourquoi la personne harcelée se tait, comment repérer une situation de harcèlement malgré le silence de l’enfant, et de donner des exemples concrets dans lesquels, peut-être, quelqu’un se retrouvera et comprendra que ce n’est pas normal. (Et après, on parlera des pervers narcissiques et manipulateurs !).

***

Les sources de l’article :

Ariane Bilheran 

Milgram S., « Obedience to Authority : An Experimental View »], Calmann-Lévy, 2e éd., 270 p.

Une psy à la maison

Si vous êtes en situation de harcèlement (notamment scolaire) :

N° vert « non au harcèlement » : 3020

Si c’est sur internet :

N° vert « net écoute » : 0800 200 000

Enfin, une association a été créée pour lutter contre le harcèlement scolaire, nous en parlerons dans un futur article (son fondateur est un zèbre) mais voici le lien vers la page Facebook ainsi que le lien d’adhésion.

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