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Caractéristiques de zèbres

Que se passe t il concrètement dans la tête d’un zèbre ? La réponse avec du texte et des images !

Caractéristiques de zèbres

La sur-attribution

24 octobre 2020

Je ne sais pas si ce terme existe vraiment, ni s’il vous parle. Mais dans ma tête, cela fait quelques mois que ce mot me vient à l’esprit lorsque je vois passer des posts sur les personnes à haut potentiel. Je lis qu’elles sont plus sujettes à la dépression, aux troubles anxieux, aux troubles du comportement alimentaire, au développement de maladies auto immunes, aux pièges des pervers narcissiques… Et je me demande si l’on n’en fait pas trop. Si on ne va pas trop loin. Je me dis que, parfois, on cherche des excuses pour contourner un problème.

Pour moi, la sur-attribution, c’est un réel fléau de tout sujet, pas seulement du haut potentiel, et c’est ça : 

Alors bien sûr, je ne dis pas qu’il n’y a aucun lien entre la douance et tous ces sujets évoqués plus haut. Je n’en sais rien. Pour certains, l’intuition me murmure que oui, il y en a un. Dans tous les cas, je trouve cela passionnant d’étudier ces connexions potentielles. J’aimerais beaucoup conduire des études pour en savoir davantage. Explorer ces thématiques. Je salue ceux qui prennent l’initiative de faire des mini-sondages, qui ne permettent pas de tirer des conclusions car la méthode n’est pas validée scientifiquement, mais qui peuvent orienter la réflexion, nous donner des pistes pour aller creuser dans une direction. 


Mais pour l’instant, nous n’avons pas ou peu d’études, et ne pouvons rien affirmer. Ce qui n’est pas grave, on n’a pas toujours besoin de tout savoir. Souvent, les zèbres aiment d’ailleurs chercher, se questionner par eux-même, et ne pas avoir encore de réponse définie sur un sujet permet de pousser la réflexion un peu plus loin.

Ce qui me gêne, ce sont ces publications qui partagent des affirmations sans sources. Qui n’encouragent pas à réfléchir mais donnent l’impression d’énoncer une vérité. Qui, pour moi, tendent un piège à toutes ces personnes, zèbres ou non, qui se retrouvent dans la description, et qui sont à un moment de leur vie difficile où elles prendront toutes les informations qu’on leur donne sans avoir l’énergie de faire le tri. Je trouve cela dangereux pour elles. 

C’est aussi problématique car cela entretient les stéréotypes sur la douance, qui portent préjudice aux premiers concernés. Une enseignante m’écrivait il y a quelques semaines pour me dire que de plus en plus, dès qu’un enfant avait un comportement perturbateur en classe, les parents le pensaient surdoué, ne cherchaient pas d’autre explication, et, surtout, ne cherchaient pas comment l’aider. L’enfant reste en difficulté, l’enseignante aussi, et au fil du temps ne veut plus entendre parler des enfants précoces.

En fait, ce qui me gêne, c’est quand on tente de tout expliquer par cette nouvelle donnée que l’on vient d’acquérir (sur soi ou sur un proche), sans aller plus loin. Comme si c’était une fatalité. Alors bien sûr, la tendance à vouloir tout analyser par le prisme de la douance ou de l’hypersensibilité dans un premier temps, c’est normal, c’est humain. Ça bouleverse. Je suis passée par cette étape, et Alice, qui a témoigné sur le blog, aussi.

Mais si cette période où l’on attribue tout ce qui nous fait souffrir à ces rayures que l’on découvre dure trop longtemps, on peut passer à côté du problème, l’excuser, abandonner l’idée de le résoudre.

Et souffrir encore.


Vouloir à tout prix expliquer une souffrance, c’est humain, et ça nous rassure. Quand on apprend qu’on est zèbre, et qu’on voit passer toutes sortes de publications formant des liens là où il n’y en a pas forcément, on peut aisément se laisser emporter vers l’explication la plus simple : c’est parce qu’on est comme ça.

Mais une souffrance, quelle qu’elle soit, est toujours liée à plein de facteurs, et n’est jamais définitive.

Alors, on peut chercher à identifier plusieurs facteurs, avec l’aide d’une personne extérieure si besoin, pour essayer de résoudre le problème. On n’aura peut-être jamais une explication exacte du pourquoi du comment on a vécu telle difficulté, mais on aura annihilé la souffrance.

Vous êtes un zèbre, mais vous n’êtes pas juste un zèbre.

La douance n’explique pas tout, ce n’est pas parce que vous êtes à haut potentiel que vous souffrez d’un trouble anxieux généralisé (je prends l’anxiété comme exemple mais c’est valable pour tout), mais la douance ne protège pas non plus, vous pouvez très bien être zèbre ET souffrir d’un trouble anxieux généralisé pour continuer sur le même exemple.

Vous êtes bien plus qu’un zèbre, vous êtes un tout.

J’espère que cet article vous a plu ! Je poste moins souvent car je travaille sur le second (donc dernier) livre de Rayures et Ratures, et promis, je publierai certains chapitres sur le blog, pour vous 🙂
En attendant,
Rayures et Ratures est toujours disponible ici.
A bientôt,

Chloé

livre surdoué illustrations
Caractéristiques de zèbres

Alice, 27 ans – L’évolution personnelle face au sujet de la douance.

21 mai 2020

Si vous avez lu l’un des derniers articles, intitulé “L’avenir de Rayures et Ratures” et que vous pouvez trouver juste ici, vous savez que depuis la naissance de ce blog, le sujet de la douance a cheminé dans mon esprit, et mon rapport à celle-ci a progressé. Et je ne suis pas la seule. 

Lorsque l’on découvre le haut potentiel, la douance, la zébritude, appelez cela comme vous voulez, on regarde ce sujet de loin, on refuse de se renseigner, on se plonge dedans, on s’en éloigne, on y revient, on lit tout ce que l’on peut trouver dessus, puis on ne veut plus en entendre parler…  

Lorsque j’ai créé ce blog, j’avais beaucoup lu sur le sujet, j’en parlais régulièrement, j’y pensais en permanence, et j’avais envie de vulgariser cette information avec des dessins. De m’y consacrer pleinement. Puis au fil du temps, j’ai parfois abandonné ce blog quelques mois. J’y suis revenue avec passion, postant plus régulièrement, ajoutant toujours plus de thèmes à ma liste d’articles à écrire. Puis un jour j’ai craqué en interview avec la presse, je ne voulais plus entendre parler des zèbres, et tout arrêter. J’ai pris un peu de distance, et je suis revenue à ce sujet qui me touche toujours, mais avec cette fois-ci, je crois, la bonne distance. J’avais un peu honte d’avoir ce rapport “je t’aime je te hais” avec ce sujet sur lequel pourtant j’ai beaucoup écrit et j’écris encore.

Je me sens encore aujourd’hui en décalage avec ceux qui découvrent tout juste leur douance et le blog. Je m’en voulais un peu. Et puis, il y a quelques semaines, j’ai échangé avec Alice, une des premières lectrices du blog, sur Instagram. Elle a découvert Rayures et Ratures à peu près au moment où je l’ai créé, nous étions donc souvent au même stade de réflexion et de questionnement. Nous avons chacune évolué vis-à-vis de ce sujet, elle a arrêté de lire les articles durant un temps, et un peu par hasard, nous avons échangé quelques messages. Il y a quelques semaines, elle m’a écrit :

C’est en lisant sa question que j’ai réalisé que ce rapport que j’entretenais avec la douance et pour lequel je culpabilisais n’était en fait dû qu’à mon évolution personnelle. Que si j’évoluais, si Alice évoluait, beaucoup de zèbres évoluaient aussi vis-à-vis de cette particularité. Les personnes qui offrent leur témoignage sont souvent en pleine réflexion sur la douance, ce sujet les anime, les interpelle. Il est très présent, qu’il évoque des émotions négatives ou positives. On entend peu les personnes qui ont pris de la distance par rapport à leur particularité, puisque, justement, elles ont pris cette distance, et ne sont alors plus très présentes dans les associations, rencontres ou sur les blogs dédiés. 

J’ai un peu sauté sur Alice pour savoir si elle accepterait de témoigner, de me raconter son évolution personnelle vis-à-vis de la “zébritude” (c’est le mot qu’elle préfère), afin d’inspirer, ou de rassurer, les zèbres qui se trouvent au début de leur chemin de découverte. Elle a accepté avec enthousiasme, ravie de pouvoir aider des gens, et 3 heures d’échange téléphonique et quelques heures de rédaction plus tard, voici son histoire.

Partie 1. Enfance

Alice sait depuis toute petite qu’elle est zèbre. A l’époque, elle passe un test, on lui explique rapidement ce que ”enfant précoce” signifie car elle ressent un décalage, elle sait qu’elle est “différente au niveau de son cerveau”, et puis voilà. Son entourage est compréhensif, lui donne beaucoup d’autonomie, lui propose toujours plusieurs alternatives, lui laisse le choix. On lui demande son avis pour un éventuel saut de classe, pour poursuivre sa scolarité dans un collège spécifique aux enfants précoces, ou rester dans un parcours plus classique, par exemple. 

Elle s’ennuie à l’école et ne se sent pas stimulée, mais rejoindre un établissement spécialisé a ce petit côté “anormal” qui ne lui plaît pas trop. 

Et puis elle a quand même quelques préjugés sur les enfants surdoués, et a un peu peur de se retrouver dans un environnement rigide, où les attentes seront plus exigeantes, avec des enfants très scolaires tandis qu’elle est plutôt créative.

Elle préfère alors le parcours classique, pour avoir cette liberté d’avoir le temps, car finalement, l’ennui lui permet de développer sa créativité. Pour ne pas s’ennuyer, elle s’occupe. Invente des histoires. Dessine. Utilise le temps différemment. Et puis, même si elle cherche la norme parce qu’elle se sent différente, elle aime bien ce côté un peu original qu’elle laisse s’exprimer quand elle se sent un peu plus dans la norme.

Les premières années d’école se passent bien, Alice est une pipelette, se sent un peu en décalage mais ce décalage ne la fait pas souffrir. Elle sait qu’elle est zèbre, n’a pas beaucoup d’informations sur ce sujet mais sait tout de même qu’il y a un faible pourcentage de gens comme elle dans la population, ce qui explique son petit décalage avec les autres.


“Je rêvais de trouver d’autres gens comme moi, on pourrait parler et se comprendre, mais ce n’était pas non plus problématique, je n’avais pas besoin de me chercher outre mesure. J’avais plein d’intérêts extérieurs à moi, et je les satisfaisais !”

Alice

C’est au collège que cela devient un peu plus difficile. Plus le niveau de classe augmente, plus le décalage se fait sentir. Alice se renferme. Le besoin d’être intégrée, acceptée des autres devient plus important, alors pour être acceptée, ou plutôt pour avoir la sensation d’être un peu plus dans la norme, comme les autres, pour se fondre dans la masse, elle se transforme. Petit à petit, elle étouffe certaines capacités, appauvrit son vocabulaire pour partager le même langage que ses camarades, essaye de leur ressembler.

Je ne vous cache pas que son histoire, sur de nombreux aspects, a fait écho à la mienne, et j’ai beaucoup ri à l’évocation de la barrière du langage, puisqu’au collège je passais des heures chez ma voisine, à essayer de répéter des expressions et des gros mots pendant le goûter, afin d’éviter les moqueries à l’avenir, juste parce que j’avais utilisé le mot “évincé” dans une conversation ou dit “bonjour” au lieu de “salut”. Je ne pouvais donc pas ne pas illustrer ce passage !

S’adapter et se perdre un peu pour avoir la sensation d’être comme les autres, c’est quelque chose d’assez commun chez les zèbres. 

Convaincue que le décalage provient de son fonctionnement, Alice montre donc une autre image d’elle-même pour se fondre dans la masse. Une fausse image d’elle-même. Autre chose. Quelqu’un qui n’est pas vraiment elle. Parce qu’elle ne voit pas vraiment comment faire autrement. 

“Je ne voyais pas trop ce que je pouvais faire. Pour moi, j’avais ce mode de fonctionnement, on m’avait dit que j’étais différente au niveau de mon cerveau, mais que je ne pouvais rien y faire. Je suis comme ça, eux sont comme ça, et voilà. Le seul moyen d’être acceptée, du coup, de réduire ce décalage, c’était de garder mon fonctionnement à l‘intérieur, mais de montrer autre chose à l’extérieur.” 

Alice

D’avoir une personnalité de camouflage.

Et de ne surtout pas dire aux autres qu’elle est zèbre. Ni aux élèves, ni aux professeurs, car c’est encore assez tabou, ils pourraient avoir des préjugés et ne pas le garder pour elle pourrait jouer en sa défaveur. 

Au même moment, le contexte familial devient plus difficile, Alice perd des repères, devient encore plus autonome, prend encore plus de responsabilités. Consciente qu’elle a des capacités plus développées, elle se construit comme l’enfant qui ne doit pas avoir de problème, qui peut et doit se débrouiller, prend inconsciemment un rôle qui n’est pas le sien, et se perd encore plus.

Son fonctionnement particulier, à ce moment-là, elle ne le considère pas comme un atout ou comme un mode de fonctionnement qui puisse être cool, mais plutôt comme une tare. Le contexte familial ayant changé depuis ses premières années, elle m’explique avec beaucoup de lucidité que selon ce contexte, ses caractéristiques de zèbre prennent plus ou moins de place. Dans certains contextes, son mode de fonctionnement va s’avérer être un atout. Dans d’autres contextes, comme là, elle le considérera plus comme un obstacle. En fait, Alice enchaîne les cycles. Elle s’adapte, tout va bien, jusqu’à ce qu’un élément vienne effacer ses repères, et la faire craquer. 

Partie 2. Orientation

Le temps passe, de nouveaux repères se construisent, les cycles se succèdent, Alice reprend conscience et se demande où elle va, et ce qu’elle fait. Elle est au lycée, et il est alors question d’orientation. De choix de filières. Des choix importants.

Toujours tiraillée entre ce besoin d’être dans la norme et l’envie de laisser s’exprimer sa différence, Alice a du mal à faire ces choix. Dans son lycée, on met plutôt l’accent sur les matières scientifiques. Elle qui s’intéressait à l’option Arts Plastiques va plutôt écouter les professeurs et faire un bac scientifique, spécialité biologie. Passionnée par le corps humain, elle hésite à faire médecine. Ou styliste, ou chorégraphe, ces deux métiers la passionnant également.

On lui dit qu’il faut quand même choisir quelque chose de plus sérieux que styliste ou chorégraphe. Soit. Elle passe deux semaines à Chicago et découvre alors un système complètement différent. Sa correspondante américaine a choisi les matières qu’elle voulait étudier. Elle veut faire médecine, elle a donc des matières très appliquées au corps humain, ce qui plaît beaucoup à Alice. Sur les créneaux qu’il lui reste, elle choisit les cours qu’elle veut. Du chant, de la danse. Alice est fascinée, n’étudie que des matières qui lui plaisent durant ces deux semaines, découvre un autre moule, mais est de nouveau confrontée aux choix d’orientation lorsqu’elle rentre en France.

Elle part finalement en prépa, tombe malade, et revoit ses projets d’orientation. Elle bifurque alors vers l’université Paris Dauphine, retrouve son autonomie, son fonctionnement, étudie des matières qui l’intéressent, découvre et se passionne pour la sociologie. Puis il faut choisir une spécialité. Par élimination, elle s’oriente vers le marketing, qui l’intéresse sans la passionner.

C’est lors d’un stage qu’elle découvre à nouveau, quelques années après son échange à Chicago, qu’on peut sortir du moule.

Elle part au Cambodge effectuer son stage dans une startup. Elle doit se débrouiller, et trouver un logement.



“J’étais dans un environnement étranger, avec des écritures différentes, je ne comprenais rien, et j’adore ça. J’ai découvert le voyage. J’ai toujours pensé que je n’étais pas assez sûre de moi pour partir toute seule dans un pays que je ne connaissais pas. Là, avec ce stage, j’ai fait un premier pas et compris que je pouvais m’autoriser à sortir des sentiers battus, à ressortir un peu du moule.”

Alice

Avant, elle était en pilote automatique, elle avançait sur un sentier balisé en fonction des panneaux guidant les gens de manière très générale. Là, elle s’autorise à créer son propre chemin.

En rentrant en France finir son master, elle se retrouve dans un cours face à un professeur qui part dans tous les sens. Ce n’était pas le sujet du cours, pourtant il commence à parler des relations en entreprise, et des personnes à haut potentiel, qui parfois ont du mal à s’intégrer.

Ces mots résonnent, et convainquent Alice qu’il faut qu’elle renoue avec elle-même, qu’elle ne reste pas en pilote automatique à avancer sans regarder ce qui arrive. Elle prend son courage à deux mains, et va parler au professeur à la fin du cours. C’est la première fois qu’elle parle de sa zébritude à quelqu’un. Ce professeur lui recommande une professionnelle zèbre qui est à la fois coach et artiste. Déjà, Alice, qui cherchait en vain LE métier qu’elle serait heureuse de faire toute sa vie, le Saint Graal en quelques sortes, découvre qu’on peut faire deux métiers.

Comme elle a l’impression d’aller mieux sur beaucoup d’aspects, elle se dit qu’il est temps de trouver un mode de fonctionnement plus sain que le fonctionnement cyclique qu’elle avait auparavant, rencontre cette coach et commence un travail d’introspection avec elle.

Partie 3. Plongée au coeur du sujet

C’est au même moment qu’Alice renoue avec le sujet de la douance, qu’elle n’avait finalement jamais vraiment creusé avant. Elle lit plein de livres sur le sujet. Découvre mon blog, à peu près au moment où je l’ai lancé. Son cheminement fait écho au mien, nos questionnements avancent en parallèle. En découvrant les caractéristiques d’un zèbre, elle se dit que c’est assez stimulant et encourageant, car elle comprend qu’elle a un mode de fonctionnement différent qu’elle n’a peut être pas pris en compte, et que cela peut changer. C’est aussi rassurant, car même si elle déteste les cases, elle se dit qu’elle en a une qui lui correspond, enfin, et donc qu’elle se connaît, c’est bon.

Mais non. Comme elle le dit si bien :

“C’est un autre moyen de fuite en avant. On te propose des cases, et tu t’adaptes à ces cases. Mais ce n’est pas complètement toi pour autant”

Alice

En parallèle de ses recherches sur le sujet, elle effectue un travail d’introspection avec la coach recommandée par son professeur. Cette coach n’était pas appropriée pour Alice, mais sur le moment, on ne s’en rend pas forcément compte. Durant le coaching, Alice avait l’impression (avec du recul, et après une seconde expérience de thérapie) de rester en surface. Elle comprenait intellectuellement son mode de fonctionnement, comment il fallait qu’elle agisse en société, comment prendre du recul. Mais finalement, avec cette approche qui ne l’a pas forcée à travailler sur ses émotions à elle, Alice prend encore plus de recul, se dissocie, jusqu’à ne plus rien ressentir.

“Cela a fonctionné sur du court terme, car quand j’étais dans des situations inconfortables, j’arrivais à prendre du recul, j’analysais, je décomposais, je me sur-adaptais, je prenais un autre angle de vue en plus du mien. Je ne m’étais pas totalement approprié mon fonctionnement. En fait, je ne savais pas l’utiliser.”

Alice

Sur le long terme, c’est épuisant, et surtout, pas du tout viable.

Sa coach était davantage dans le conseil, dans le “faire”, et pas dans l’ “être”. Avec ce travail, Alice acquiert un mode d’emploi non pour se connaître, mais pour s’adapter. Elle considère alors que tous ses problèmes viennent de son fonctionnement, qui n’est pas adapté à la société. Il y a une sorte de fatalisme. Elle fonctionne comme ça, et elle ne peut rien y faire. C’est une variable sur laquelle elle ne peut pas jouer, c’est une constante en fait. Elle ne peut ni faire taire ses pensées, ni les modifier. Alors, avec la coach, elle essaye de changer de fonctionnement.

“La société est faite pour les autres. Tous mes problèmes viennent de là. De mon fonctionnement pas adapté, de ce décalage.”

Alice, avant.

Et cela fait écho à un autre sujet dont je vous parlerai dans un prochain article : la sur-attribution. Mais rassurez-vous, je suis passée par le même stade, et je crois que c’est fréquent. On découvre un sujet qui peut expliquer beaucoup de choses, on le tourne dans tous les sens dans sa tête, on y pense en permanence, et pour peu que l’on soit mal ou pas accompagné, on explique tout par cette nouvelle donnée sur laquelle nous avons l’impression de ne pas avoir de prise. Mais vous verrez, je crois que c’est une étape nécessaire pour s’en éloigner ensuite, et trouver la bonne distance.

A ce moment-là, Alice a l’impression d’être comme un élastique. Un élastique qu’on tend, on tend, jusqu’au moment où il arrive à sa tension maximale, et PAF, soit il craque, soit il reprend sa forme d’origine. Ces nouvelles données sur son fonctionnement ainsi que son travail d’introspection font que son côté cyclique s’est intensifié. Les périodes où tout va bien sont plus longues, en revanche, celles où ça ne va pas sont encore plus fortes.

Partie 4. Thérapie.

Entre la fin de son stage de fin d’études et sa remise de diplôme, Alice a trois mois à occuper. Trois mois qu’elle consacre à la réflexion sur son avenir professionnel, puisque, bien que détestant la routine, elle cherche tout de même un métier pour toute sa vie. Ce métier, cette voie que l’on va faire toute sa vie. Elle se dit qu’elle va prendre le temps de réfléchir et commencer à postuler. Mais tout d’un coup, l’élastique éclate, elle trébuche sur le tapis, bref, c’est à nouveau le point de rupture cyclique.

Professionnellement et sentimentalement, alors que tous les voyants paraissaient verts, ils passent au rouge. Elle se demande ce qu’elle fait, où est-ce qu’elle va. On lui parle d’hypnothérapie, mais elle a encore en tête la précédente thérapie infructueuse, et est persuadée que l’hypnose ne fonctionne pas sur elle. Elle qui est trop cérébrale, trop mentale. Puisque le voyage lui a toujours permis de sortir un peu du moule et d’adopter un nouveau point de vue, elle prend son sac à dos, et s’en va. Elle rencontre plein de gens, de nationalités différentes, elle découvre des cultures, de nouvelles saveurs, visite. Elle ne sait pas de quoi demain sera fait, mais elle est dans son élément. Puis il faut rentrer. Et là, elle s’effondre. Alors, elle se dit qu’elle n’a plus rien à perdre, et appelle l’hypnothérapeute. Il fait aussi du coaching et de la Programmation Neuro Linguistique, et en fonction du besoin, il adapte ses techniques de thérapie brève. C’est exactement ce qu’il faut à Alice, finalement.

Lorsqu’elle le rencontre, tout va mal dans sa vie, elle n’a pas vraiment d’objectif en tête, elle ressent un mal-être global, et veut juste qu’il parte. Au vu de son parcours personnel et familial, une séance ne suffira pas, il en faudra 2 ou 3. Elle n’a pas encore de travail et n’a donc pas les moyens financiers, mais se débrouille pour échanger ses compétences dans le marketing digital contre ses séances.

Contrairement à sa première thérapie, elle effectue un travail en profondeur, qui fait qu’aujourd’hui elle va bien, et peut m’en parler aussi librement. En fait, comme beaucoup de gens, elle voulait changer, sans changer vraiment. Et tout a changé, en fait. Si elle a accepté de me raconter son histoire aujourd’hui, c’est parce qu’elle considère que c’est important d’en parler pour que d’autres personnes dans ce cas de figure voient que c’est possible d’aller bien. On peut suivre une thérapie qui ne nous correspond pas, et en trouver une autre qui est plus adéquate. On peut avoir l’impression que tous nos problèmes sont causés par notre mode de fonctionnement pas adapté à la société, puis se réconcilier avec et aller bien, de manière globale.

Ce travail en profondeur, elle l’a effectué en 2018. 2 ans après, elle va bien. Ce n’est pas un miracle qui se produit en une séance, c’est plutôt une prise de conscience qui permet de faire plein d’ajustements, petit à petit, sans vraiment cibler ce qu’il faut ajuster, d’ailleurs.

Cette thérapie l’a mise dans une autre dynamique, pour aller mieux. Elle a renoué avec des centres d’intérêt de son enfance, comme l’écriture. Elle s’est autorisée à faire confiance à son intuition à nouveau.

Son thérapeute a adapté ses techniques à sa personne, a mélangé la PNL, l’hypnose et l’hypnose conversationnelle, et dès le début, lui a montré que non, ce n’était pas une fatalité, elle ne pouvait pas “ne rien faire” sur son mode de fonctionnement interne, et elle ne devait pas en changer. Il lui a montré qu’en réalité elle avait toutes les cartes en mains, et que cela ne tenait qu’à elle de les utiliser.

Et surtout, ce n’était pas une thérapie où la personne en face donne des conseils, son thérapeute ne lui renvoyait qu’elle-même. Il usait de reformulations, de questions sur le “comment”, de visualisation, de recadrage, et c’est ce qui a beaucoup plu à Alice dans cette démarche.

« Cela évite d’avoir des éléments qui ne sont pas les tiens. Là, contrairement à la précédente thérapie, il s’agissait de mes raisonnements, et surtout de mes solutions, auxquelles j’ai pu aboutir par moi-même. »

Alice, aujourd’hui

Partie 5. Acceptation et détachement.

Alors, petit à petit, elle se réconcilie avec son fonctionnement de zèbre, arrête de l’accabler et de le considérer comme la source de ses problèmes, et s’en détache. En fait, elle a arrêté de le regarder tout court. Plutôt que de regarder ce qui l’a menée là, quels sont tous les pas qu’elle a faits et qui font que ça ne fonctionne pas aujourd’hui, elle s’est orientée vers les solutions.

“De quoi tu as réellement besoin ? Quels sont tes objectifs, vers quoi tu as envie d’aller ? Tu sais ce qui ne fonctionne pas, OK, maintenant, quels sont tes besoins profonds ?”

Alice

Quand on a l’habitude de vivre sous la contrainte, et qu’on se retrouve brutalement face à une feuille blanche, c’est angoissant. Alice se remet dans la position d’un enfant qui apprend à marcher. En tâtonnant, on avance. Elle prend beaucoup de recul par rapport à tout ce qu’elle a lu sur la douance, et pendant plusieurs mois, met complètement ce sujet de côté. Elle ne se renseigne plus, ne lit plus rien dessus. C’est à ce moment-là qu’on a échangé sur Instagram, par hasard.

Ceux qui me lisent régulièrement retrouveront le questionnement dont je parlais dans ce billet. J’ai eu besoin de lire beaucoup, de me plonger dans ce sujet, de le vulgariser même, puis j’ai pris du recul, je n’ai plus voulu en entendre parler, pour arriver petit à petit à ce que ce soit une donnée comme une autre, qui fait partie de moi sans en être l’essentiel.

Puisque nous avions toutes les deux fait ce même cheminement, nous avons réfléchi ensemble sur l’évolution personnelle face à la douance. Sur ce besoin de s’identifier à une case, et ce besoin d’en sortir à un moment donné. Après notre échange Instagram, Alice s’est remis à lire des articles, à repenser à la douance.

“Je me suis rendu compte que c’est quelque chose qui ne peut pas partir ou venir comme ça. C’est un ensemble de caractéristiques, une structure, comme un socle, et pour moi ce n’est plus important de le regarder. Mais il est là. Là, parce qu’on en discute ensemble, je le regarde, et je me rends compte que ma relation s’est apaisée par rapport à la zébritude. Je peux dire maintenant que je me reconnais dans certains aspects, mais pas dans les aspects dysfonctionnants.”

Alice, aujourd’hui.

En fait, toutes les deux, nous en sommes venues à la conclusion que l’on a eu besoin à un moment donné de plonger dans ce sujet, de tout analyser à travers ces nouvelles lunettes rayées, d’entrer dans cette case, et qu’il n’y a rien à regretter. Comme moi, Alice est contente d’avoir fait ce chemin. Tout ce chemin. Même le début.

S’identifier à la case “zèbre”, c’est rassurant. Et cela nous permet de souffler un instant, le temps d’effectuer un travail sur soi. Quand on se renseigne sur le sujet, qu’on s’identifie à cette case, que l’on dissèque ce fonctionnement, on se comprend. Et puis, on comprend que c’est beaucoup plus large, en fait. On a creusé un aspect, et en creusant, on se rend compte qu’il y a plein d’autres aspects. Que c’est beaucoup plus vaste. Que l’on n’est pas simplement ces caractéristiques, qu’on est beaucoup plus que ça. On se questionne sur notre identité, et on avance. En fait, on a besoin d’entrer dans cette case à un moment donné, pour récupérer des outils, et en sortir ensuite, armé.e de ces outils.

“Ce que l’on voit et ce que l’on peut sélectionner de la douance à un moment donné reflète notre état d’esprit et notre cheminement intérieur à cet instant précis. A un moment particulier, je voyais davantage les aspects négatifs, et je sous-estimais les effets positifs.”

Alice

Beaucoup de lecteurs du blog me contactent et aimeraient trouver ce raccourci qui fait qu’ils passeraient directement de la prise de conscience au bien-être et à l’équilibre. Qu’ils entreraient et sortiraient de la case en une seconde. Mais ce n’est pas vraiment possible. Et comme me l’a si bien dit Alice, qui elle aussi, comme nous tous, attendait une recette quand elle ne savait pas comment faire, au moment précis où elle accablait son mode de fonctionnement, son cheminement intérieur faisait qu’elle ne pouvait simplement pas voir le côté positif puisqu’il n’y avait pas eu ce changement à l’intérieur d’elle-même qui faisait qu’elle était prête. Aujourd’hui, c’est tout ce cheminement qui fait la force qu’elle a acquise. Et son cheminement est propre à elle.

“Quand j’avais lu le chapitre sur la résilience dans le livre de Monique de Kermadec, pour moi c’était quelque chose de lointain, de pas possible. C’est très théorique, et en fait, il y a des choses qu’on a besoin d’éprouver pour les comprendre. On a besoin de faire le chemin soi-même. Et c’est ce qui est important, mais on ne s’en rend compte qu’une fois qu’on est de l’autre côté, évidemment !”

Alice

On peut prendre le temps, et plusieurs années pour être bien. Il n’y a pas de formule magique, pas de miracle, c’est toujours un travail sur soi. Une fois la thérapie terminée, le travail est encore en cours. Etre bien, trouver un bon équilibre, ce n’est pas avoir seulement des émotions positives. Alice a encore de la colère ou des pensées noires, parfois, et heureusement, mais elle est maintenant capable de se dire :

“OK, c’est pas grave, je ne m’associe pas à mes pensées, je ne suis pas mes pensées. Toutes mes émotions ne sont pas positives et joyeuses, mais chacune a son message à porter, j’accepte de la ressentir, pour savoir ce qu’elle va me permettre de mettre en place. »

Alice

Elle ne se définit plus par rapport à ses pensées, ses émotions, ou sa différence de fonctionnement. Mais pour ne plus se définir par rapport à celles-ci, elle a eu besoin de mieux les connaître. Donc de faire tout ce cheminement, d’accumuler des informations puis de s’en séparer ensuite. Aujourd’hui, grâce à son parcours et à sa thérapie, elle connaît mieux son fonctionnement, son fonctionnement global, à elle, pas seulement le côté zèbre. Avant, elle pensait que comme elle réfléchissait beaucoup, il lui était impossible de lâcher prise. C’était une composante de sa personnalité, et ça la définissait. Ne pas pouvoir lâcher prise était quelque chose d’ancré. Aujourd’hui, elle arrive à lâcher prise. Mais elle réfléchit encore beaucoup. Ce n’est pas incompatible. Elle a à la fois cette capacité à réfléchir beaucoup, tout le temps, mais elle a aussi acquis la capacité à se mettre en mode veille.

Avec simplement la dernière thérapie, Alice n’aurait sûrement pas évolué comme elle l’a fait. C’est tout ce chemin qui fait qu’elle est là où elle est aujourd’hui. C’est un travail de longue haleine, qui peut peut-être paraître simple quand on le résume en un (trèèès long) article de blog, mais qui est vraiment difficile.

“Une fois qu’on est passé.e de l’autre côté, qu’on va mieux, les gens peuvent minimiser ce travail, se dire que c’était facile. Mais j’ai testé plusieurs choses, ça a pris des années. Le thérapeute m’a mise en face de moi-même, je suis parfois ressortie en larmes des séances, j’ai eu des moments de colère intense, de tristesse profonde. Je me suis parfois dit que je n’y arriverais jamais, mais je ne pouvais pas abandonner, je voulais tourner la page. C’est vraiment un gros travail, je n’aurais pas envie de repasser par ce chemin car c’était difficile, mais je suis contente d’être arrivée ici aujourd’hui, et s’il fallait refaire ce chemin pour arriver là, je le ferais ! Et vraiment, le point de départ, c’est d’avoir envie de trouver la bonne thérapie, celle qui convient, d’oser en changer tant que cela ne fonctionne pas et de devenir acteur ou actrice de son propre changement.”

Alice, aujourd’hui

J’ai été heureuse d’échanger avec Alice sur nos questionnements mutuels par rapport à la douance. Nous évoluons tous par rapport à cette notion, et il était dommage de ne jamais en parler ! Un jour, vous verrez, vous n’aurez plus besoin de venir sur ce blog 🙂

A très bientôt pour un nouvel article !

Nouveau : vous pouvez dès maintenant vous inscrire, si vous avez envie, pour recevoir ma petite lettre d’info illustrée, dans laquelle je partagerai l’envers du décor, les actualités et nouveaux articles publiés, ainsi que des illustrations du prochain livre, en avant-première 🙂 Pour vous inscrire, cliquez ici.

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Caractéristiques de zèbres

Zèbre, HPI, surdoué : cadeau ou fardeau ? Et si on arrêtait de se poser la question ?

21 avril 2020

Ces derniers temps, on m’a beaucoup interrogée sur le blog, et sur le livre. Enfin, beaucoup, pas forcément pour les habitués de la presse ou de la communication, mais moi, je trouve ça beaucoup, car je ne suis pas très à l’aise pour parler en public ni dans les médias. Une question revenait très souvent lors de ces interviews : 

Et je ne sais jamais quoi répondre à cette question. Ou plutôt, j’ai envie de répondre, mais ni par l’un, ni par l’autre, plutôt par une réflexion sur “pourquoi vous me posez cette question ? ”.

Pourquoi est-ce que l’on devrait le voir soit comme un cadeau, soit comme un fardeau ? Ou les deux ? Et pourquoi pas ni l’un ni l’autre ? Et pourquoi on se pose la question, en fait ?

Je balbutie parfois une réponse qui ne me satisfait pas.

Je crois que je comprends tout de même l’idée, derrière. Les idées qui mènent à cette question.

L’idée selon laquelle certaines personnes douées n’ont pas conscience de leur particularité, ressentent un décalage qu’elles ne peuvent expliquer, ont des difficultés dans différents aspects de leur vie. Et considèrent que ce fonctionnement est un fardeau, qu’il leur pose problème.

L’idée selon laquelle, nombreux ont encore des préjugés sur les personnes surdouées, qu’ils assimilent à une supériorité intellectuelle et un parcours forcément brillant académiquement. La douance ne serait alors qu’un don, du positif, un gage de réussite, un cadeau de la vie.

L’idée selon laquelle, aussi, certaines personnes à haut potentiel qui avaient tendance à ne pas se sentir intégrées, puis qui prennent conscience de leur particularité, font un travail sur elles-mêmes et développent leur potentiel, sembleraient alors passer du fardeau au cadeau.

L’idée selon laquelle, encore, il y a une différence entre ce que les personnes extérieures perçoivent des zèbres, et ce qu’eux-même ressentent, et que la notion de cadeau et de fardeau peut mettre en lumière cette différence de perception. 

Mais quand on me demande d’expliquer si je considère que la douance est plutôt un cadeau ou plutôt un fardeau, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’on me demande si c’est bien, ou si c’est mal. Si je suis heureuse d’être zèbre, ou si j’aimerais être autrement. Et je ne peux pas non plus m’empêcher de penser que si je réponds, peut-être qu’une personne non initiée au sujet, et qui n’a pas encore eu le temps de se développer sa propre réflexion, sera influencée dans sa perception de la douance à cause de moi. Mettra ce concept dans une case. Et essaiera de rentrer dedans.

Si je suis heureuse d’être zèbre, ou si j’aimerais être autrement ? En fait, je suis comme ça, c’est tout. Et je n’ai jamais été autrement. Je ne sais pas ce que c’est, de ne pas être comme je suis. Et cela peut paraître un peu étrange, ou stupide, même, mais du coup, je me demande pourquoi on me pose cette question. On ne me demande pas si c’est un cadeau ou un fardeau, d’avoir les yeux verts, après tout. Ce que l’on fait avec nos particularités, c’est un autre sujet. Cela dépend d’autre chose. Et surtout de soi, du chemin que l’on a fait avec. Mais les particularités, elles, sont bien là, et c’est tout. Enfin, pour moi.

Si vous me lisez depuis longtemps, peut-être avez-vous fait ce même cheminement. Mais si vous découvrez tout juste mon blog et que vous êtes dans le processus d’acceptation d’une éventuelle douance pour vous-même ou un proche, ma réflexion pourra vous sembler malvenue, maladroite, réductrice. J’ai hésité à poster cet article, car nous sommes tous à des stades différents d’appréhension de la douance, et j’avais peur qu’il froisse ceux qui souffrent de cette différence. Le cheminement et l’évolution personnelle vis à vis de cette notion de douance me passionne en ce moment, et j’ai hâte de vous dévoiler le prochain témoignage qui traitera justement de ce sujet avec une histoire inspirante !

Cela m’intéresse de savoir ce que vous en pensez, si d’autres se font la même réflexion que moi, et se demandent pourquoi on a besoin de dire si c’est plutôt positif, ou plutôt négatif. Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas simplement dire : eh bien, je suis comme ça, et puis voilà. 

A bientôt, prenez soin de vous !

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Caractéristiques de zèbres

L’avenir de Rayures et Ratures

10 novembre 2019

Rayures et Ratures a 4 ans ces jours-ci. Il s’en est passé, des choses, en 4 ans. Tellement, que je me suis dit qu’il fallait que je vous parle de l’avenir de Rayures et Ratures. Parce que, ce blog, je grandis avec. Je l’ai ouvert à 25 ans. J’en ai aujourd’hui presque 30. Lorsque je l’ai ouvert, je découvrais tout juste ce que cela voulait dire, “être zèbre”. C’était tout nouveau, et j’en parlais beaucoup. Aujourd’hui, c’est une donnée que j’ai intégrée, et ma vision des choses a changé, je crois que c’est normal, c’est le cheminement.

Alors, pour que vous ne suiviez pas quelque chose qui ne vous correspond plus, j’ai décidé de raconter ouvertement où j’en suis, et ce que je vais publier sur le blog, et sur la page Facebook. Si cela ne vous correspond plus, je ne serais pas vexée de vous voir partir, nous aurons déjà fait un joli bout de chemin ensemble !

Ce qu’était Rayures et Ratures

Au départ, je voulais expliquer de façon très accessible et très légère les différentes caractéristiques de ces personnes singulières, et leur impact possible dans la vie. J’avais fait beaucoup de recherches, et je postais plus ou moins régulièrement de longs articles explicatifs. Ensuite, j’ai élargi avec des portraits de zèbres, de tous les âges et tous les profils. Mais je n’écris pas tel quel ce que ces zèbres me racontent. C’est entre le témoignage et le portrait, j’essaye d’être fidèle à la fois à leur histoire, et à mes ressentis durant notre échange. Cela me demande beaucoup de travail, en moyenne 20h de travail par personne. J’ai donc beaucoup de retard dans l’écriture de ces portraits, et je ne peux plus en accepter pour le moment. 

Et puis, grâce à vos encouragements, il y a eu le livre. Je fais rarement les choses comme tout le monde, j’aime l’autonomie et la liberté, alors je l’ai fait avec vous, et sans éditeur. C’est énormément de travail aussi, puisque je m’occupe de la distribution et de la diffusion, comme un éditeur, mais j’aime ce travail. Vraiment. Le livre me permet de me dégager du temps pour me consacrer pleinement à la sensibilisation, à la recherche et à l’écriture sur ce sujet mais pas seulement, sur les maladies invisibles aussi. Sans le livre, je crois que le blog aurait fini par fermer, par manque de temps à lui consacrer. 

Je reçois parfois des messages de lecteurs qui ont pris l’habitude que je leur donne des articles et des informations très régulièrement, et qui me reprochent de poster moins, et de parler des événements (dédicaces, ateliers, rencontres ou festivals) liés au livre sur ma page Facebook. Cette page est faite pour ça, en fait. Pour parler des actualités, qu’il s’agisse d’un nouvel article ou d’une rencontre à venir, pour vous informer de là où vous pouvez trouver le livre, puisque cette page est mon lien avec vous, et que vous êtes nombreux à me demander ces informations. Le contenu, ce n’est pas sur Facebook, c’est sur le blog. Et pour ceux qui sont intéressés par les actualités, mais qui n’ont pas Facebook, je suis en train de préparer une newsletter. 

Il y a 4 ans, l’écriture et le dessin étaient mes loisirs. Aujourd’hui, grâce aux lecteurs du blog qui m’ont donné confiance en mon travail, c’est devenu mon métier. 

Il y a 4 ans, vous étiez une petite dizaine alors je pouvais vous écrire individuellement. Aujourd’hui, vous êtes plusieurs milliers et j’essaye de répondre au maximum à vos emails, mais quand il y a une information générale, je l’annonce sur les réseaux, c’est plus facile pour moi, et ça me permet de consacrer du temps à la sensibilisation.

Ce que va devenir Rayures et Ratures

En 4 ans, j’ai changé, et si au départ j’étais centrée sur les zèbres, aujourd’hui j’ai envie de me recentrer sur l’humain. Les personnes surdouées sont des personnes avant tout. C’est parfois très difficile de savoir ce qui est lié à la douance, et ce qui est lié à leur personnalité, leur vécu, leurs valeurs, leur expérience. Ce sont les zèbres dans toute leur globalité et leur humanité qui m’intéressent aujourd’hui. Alors, plutôt que de rédiger des articles explicatifs, j’ai envie de prendre plus de temps pour écrire ces portraits inspirants qui attendent dans mes tiroirs. Je ne veux pas dresser le portrait type d’un zèbre. Je veux raconter la personnalité et l’histoire de ces différents zèbres qui se confient à moi. Que ce qu’ils me racontent soit lié à leur douance ou non, cela m’importe peu. C’est leur personne qui m’intéresse.

J’ai envie d’écrire aussi sur des sujets bien plus vastes, qui ne sont pas liés à la douance, mais que j’ai envie de traiter avec cette petite particularité, et qui peuvent résonner en vous. Récemment, la lecture d’un livre de Brene Brown m’a fait m’interroger sur le sentiment de honte, et le perfectionnisme, et j’ai vraiment envie de vous en parler.

En ce moment, je travaille sur le petit frère de Rayures et Ratures, qui sera très différent du premier, et pas du tout explicatif. Je m’intéresse aux différentes période de la vie, aux préoccupations de ces zèbres de tous les âges, à leur façon d’appréhender le monde. Quelques articles seront postés sur le blog si j’arrive à les résumer, mais c’est un travail plus global qui ne convient pas trop au format blog. Je tiens vraiment à ce que certaines parties soient diffusées gratuitement sur le blog, mais la majeure partie de ce travail sera dans le livre, s’il voit le jour et si j’en suis satisfaite (vous savez comme moi que ce n’est pas une mince affaire 😉 ).

Tous ces sujets, et la façon dont je souhaite les traiter, me demandent plus de temps, de réflexion, de recherche, d’inspiration. Alors, je pense que je posterai un petit peu moins souvent qu’avant, mais je resterai très présente par email, messages privés, sur Instagram aussi, comme avant, dans la limite du possible, et même parfois en vrai lors de rencontres 🙂 

En fait, je grandis simplement avec le blog, avec et grâce à vous tous. Peut-être que mes nouvelles réflexions et le nouvel angle de mon travail vous intéressera, car vous avez pris la même direction que moi, et peut-être que pas du tout. Je suis très attachée à la transparence, et un lien très fort s’est construit de mon côté avec les lecteurs depuis 4 ans, donc je voulais vraiment vous faire part de ces réflexions quant à l’avenir du blog.

Et maintenant, je me remets au travail, et dans un prochain post sur la page Facebook, je vous parlerai d’une jolie rencontre à venir pour Noël, une dédicace croisée avec une auteure caméléon, sur Lyon 🙂 

Caractéristiques de zèbres

Haut potentiel complexe, laminaire, les deux ?

25 octobre 2019

Chloé : Il y a quelques temps, j’avais fait un article en collaboration avec Elodie, une professionnelle de la douance. L’article était sous forme d’interview, et parlait des tests de QI. Dans la discussion, elle avait évoqué la nouvelle distinction qui est faite entre le profil complexe et le profil laminaire, et, dans les commentaires, vous aviez manifesté l’envie d’en savoir plus ! Alors, chose promise, chose due, voici un nouvel article sur cette distinction. Cette fois-ci, pas d’interview, je laisse complètement la parole à Elodie, et j’illustre ses mots. Je reprendrai la plume pour mes prochains articles, c’est promis ! En attendant, je vous laisse appréhender les laminaires, les complexes, mais surtout le mélange des deux, grâce à cet article.

Elodie : Avez-vous déjà entendu parler de deux profils différents pour décrire les personnes à haut potentiel ? Zèbres ? Surdouées ? Les philo cognitifs ?

Les psy aiment bien faire la distinction, surtout chez les enfants, entre deux profils : le profil laminaire et le profil complexe. Et ça en devient vite gênant lorsqu’il y a comparaison entre les deux. Surtout lorsque l’on retrouve dans les médias la fameuse question: « qui réussit le mieux ? ». A croire que la réussite serait une chose objective… mais ceci est un autre sujet !

En réalité, cette distinction vient du fait qu’on ne connaissait et ne reconnaissait comme surdoué que le profil « laminaire »: celui qui réussit brillamment, qui s’ennuie à l’école, qui a un QI homogène … bref le fameux « HP type dans les films »!

Oui mais voilà, la connaissance concernant la douance a évolué, et avec elle notre vision de cette population, qui n’est pas autant cloisonnée qu’on le voudrait. Alors, on a fait la distinction entre le laminaire et le complexe, et, comme son nom l’indique, ce dernier paraît « complexe » avec des résultats plus hétérogènes au test de douance et un profil émotionnel et cognitif différent. Mais quelles sont donc les caractéristiques de ces profils?

Avant tout je tiens à préciser que l’on dresse ici un « profil type », et comme on le sait, les caractéristiques d’un individu, d’autant plus chez les hauts potentiels, évoluent sans cesse… c’est donc avec beaucoup de recul qu’il faut lire ces caractéristiques afin de ne pas tomber dans la vulgarisation grossière d’un profil unique.

1. Voici les grandes caractéristiques du profil laminaire

  • Raisonnement analytique
  • Passionné par un sujet en particulier (notamment scientifique)
  • Il aime apprendre mais ce n’est pas une nécessité
  • Bon élève, aime la compétition, l’école lui va bien
  • Exigeant et travailleur
  • Peut s’ennuyer à l’école (le profil type du surdoué médiatisé)
  • Raisonnement pointu et rapide
  • S’intègre facilement mais peut aussi avoir des difficultés dans la socialisation car centre d’intérêt différent des autres enfants
  • QI généralement homogène-> profil type du surdoué donc leurs atypies « rentrent dans les bonnes cases 

Problématique : de nombreux neuro-droitiers peuvent rentrer dans cette catégorie alors qu’ils ne sont pas des surdoués.

Selon Fanny Nusbaum (docteur en psychologie), dans son article « A quoi reconnaît-on un enfant à haut potentiel intellectuel ? » , ce profil est très médiatisé mais au final peu répandu et donc peu étudié, « car il ne fait que très rarement l’objet de consultations thérapeutiques »  contrairement au profil complexe.  Elle en conclura que :

« le profil Laminaire bénéficie de capacités cognitives, psychomotrices et relationnelles de bon niveau et –le plus important– en adéquation avec son environnement. Il n’éprouve ainsi pas la nécessité de défendre ou d’imposer sa place au sein du monde, puisqu’il sent cette place déjà acquise. Si aucun traumatisme ne vient freiner son évolution, le parcours de vie se révèle en général constructif et adapté. »

Fanny Nusbaum

2. Voici les caractéristiques du complexe

  • Raisonnement intuitif, analogique
  • Cherche une reconnaissance, sa place dans la société
  • Hypersensible
  • Très créatif
  • Avidité et soif d’apprentissage
  • A besoin de stimulation en permanence
  • Besoin de comprendre ce qu’il apprend et d’être intéressé par le sujet (ce qui peut créer de l’ennui à l’école)
  • Son cerveau ne s’arrête jamais ce qui peut lui créer du stress
  • Difficulté de socialisation (sentiment de décalage, va être le bouc émissaire, besoin de créer des relations mais ne sait pas vraiment comment faire, souvent dans le besoin de relation fusionnelle)
  • Généreux et très attachant , mais naïf. 
  • Grand besoin d’introspection et de remise en question (d’où le fait qu’ils sont plus nombreux à souhaiter poursuivre une thérapie, ce qui va donc biaiser le regard de certains thérapeutes sur la douance). 
  • Besoin de sécurité affective
  • QI souvent hétérogène

-> personnalité hors norme, pas reconnue dans l’élitisme des surdoués, leur atypisme est mal vécu (d’où le mal-être et le complexe de l’imposteur)

-> difficulté: nombreuses personnes hypersensibles peuvent se reconnaître dans ces caractéristiques sans pour autant être surdouées. 

Selon Roselyne Guilloux, dans son livre « Les élèves à haut potentiel intellectuel », les enfants à profil complexe peuvent cependant atténuer certaines caractéristiques, comme les difficultés sociales, s’ils prennent confiance en eux. Et en se référant sur les études d’Elaine Aron, notamment sur l’hypersensibilité, le contexte familial constitue un socle important dans la confiance et notamment dans l’apprentissage des relations sociales. Ainsi, il serait dommage de penser que les difficultés sociales sont de fait alors même qu’elles résulteraient justement d’un mal-être et non du profil lui-même. En pratique, nombreux sont les profils complexes à être très épanouis dans leur vie sociale !

3. L’avantage de cette distinction

Cette différenciation a apporté un nouvel éclairage et a permis d’accompagner des personnes en souffrances qui se sentent différentes sans pour autant comprendre leurs différences. Il s’agit souvent de profil complexe… cependant rappelez-vous que beaucoup de complexes vont bien… Mais ceux-là on ne les voit pas dans les cabinets des psy tout simplement !

Mettre des mots sur des maux permet inévitablement un soulagement. Cela permet également d’avoir une meilleure connaissance de soi, car il est évident qu’utiliser le même terme de « surdoué » pour deux profils si différents nourrissait un complexe de l’imposteur très présent : « moi surdoué? impossible ». 

Je rappelle que les préjugés sont encore très présents car : « Les HP ne sont pas forcément plus intelligents, mais ils ont une forme d’intelligence différente”, résume Olivier Revol !

Cependant on a encore longtemps fait de l’élitisme au profit du laminaire, et nombreux sont les témoignages au sein d’associations de surdoués qui l’expliquent :

« On ne me considérait pas comme un vrai surdoué avec mon profil complexe. J’ai eu la sensation au final de n’avoir ma place nulle part »

Il est vrai que le complexe, avec son hypersensibilité, n’aura pas les mêmes résultats cognitifs puisque sa sphère émotionnelle prend une grande place (tentez de vous concentrer quand vous êtes submergés par vos émotions, vous verrez, ce n’est pas une mince affaire !)

Dans les faits, chaque profil a ses « failles ». En effet, si le complexe va peut-être moins « briller » socialement, il est cependant plus solide émotionnellement que son cousin le laminaire, car selon Boris Cyrulnik c’est la force de résilience qui fait la différence. Les psychologues remarquent alors que le laminaire est plus fragile lorsqu’il est confronté à des difficultés dans sa vie et que le taux de burn-out est plus important dans ce profil. Peut-être car le complexe aura plus de facilité à aller demander de l’aide et est lui plus présent en thérapie… 

Dans tous les cas, laminaire ou complexe, il n’y a pas à comparer,  d’autant que la distinction n’est pas si claire!


4. Les inconvénients de cette distinction

Dès que l’on fait une distinction, les personnes s’empressent de vous mettre dans une case, de vous coller à la superglue une étiquette. Le problème, c’est que le propre du surdoué c’est d’être inclassable. Ce n’est pas pour rien qu’aucun test de personnalité ne sera fiable pour ces personnes (même pas le MBTI précise Fabrice MICHAUD).

En d’autres termes, vous pouvez être laminaire un jour et complexe un autre… ou presque !

En effet, le surdoué voyage sans cesse (cf mon article à ce sujet), tant il est en constante évolution, et à une vitesse rapide. Voilà pourquoi on peut aisément avoir la sensation de correspondre aux deux types en reconnaissant certaines caractéristiques dans les deux profils selon la période de sa vie. Cette distinction n’est donc pas une case mais une explication à un moment T lors de la passation du test de douance. Comme un point de départ sur une carte, carte sur laquelle vous ne cesserez jamais de vous déplacer. 

5. En conclusion

Cette distinction de laminaire ou complexe a permis d’élargir le spectre de douance et d’en apprendre davantage sur cette population, de pouvoir ouvrir les esprits et de proposer une autre lecture mais surtout d’aider des personnes en quête de réponse. En aucun cas il ne semble pertinent d’en faire une réponse scientifique et encore moins une case dans laquelle on peut s’enfermer. Par exemple un complexe qui prend confiance en lui peut devenir plus laminaire (selon Fanny Nusbaum)  et un laminaire qui laisse enfin exprimer ses émotions peut devenir plus complexe.

Beaucoup de femmes HP ont reconnu qu’à l’arrivée de leur premier enfant, elles ont totalement changé, ayant la sensation d’être « moins intelligentes » et plus « sensibles ». Cependant on ne devient pas moins intelligent. Simplement, l’intelligence évolue avec les besoins du moment. Voilà pourquoi votre résultat à un test de QI peut varier selon la période de passation (les étudiants sont plus à même de réussir le WAIS, puisqu’il demande un esprit plus « scolaire » par exemple).  


Mais si vous devez garder à l’esprit une seule information, c’est qu’il n’y a pas un meilleur profil qu’un autre, comme il n’y a pas une meilleure personne qu’une autre. C’est de nos différences que naît l’intelligence. 

Textes : Ailes et Graines / Illustrations : Rayures et Ratures

Pour aller plus loin: 

Bénony H., Van der Elst D, Chahraoui K, et al. (2007) Lien entre dépression et estime de soi scolaire chez les enfants intellectuellement précoces. L’Encéphale, 33, 11–20.

Gibello B. (2003) Problèmes soulevés par le surdon intellectuel de l’enfant. Le journal des professionnels de l’enfance, 25, 37–40.

Marcelli D., Braconnier A. (2008) Le problème de l’agir et du passage à l’acte. 7e éd., Adolescence et psychopathologie, Paris, Masson.

Nusbaum Fanny. Article consultable en ligne: http://rmcvienne.fr/Blog/wp-content/uploads/2014/12/Reperage-Haut-potentiel.pdf

Revol O, Bléandonu G. (2010) Précocité, talents et troubles d’apprentissage. Dans : Approche neuropsychologique des troubles d’apprentissage, Masson.

Robert G., Kermarrec S., Guignard J.-H., Tordjman S. (2010) Signes d’appel et troubles associés chez les enfants à haut potentiel, Archives de Pédiatrie, 17, 1363-1367

Roselyne Guilloux, Les élèves à haut potentiel intellectuel ed ; Retz , Paris 2016

Terrassier J.C. (2005) Les dyssynchronies des enfants intellectuellement précoces. Dans : Tordjman S., Les enfants surdoués en difficulté, de l’identification à une prise en charge adaptée. Rennes, Presses Universitaires de Rennes.

Caractéristiques de zèbres

C’était il y a un an !

22 août 2019

C’était il y a un an, j’avais mal au ventre, j’attendais impatiemment le transporteur qui devait me livrer deux palettes de livres, en me demandant si sa couleur, sa texture et son odeur seraient comme dans mon imagination. Puis j’ai ouvert le premier carton, souri, et commencé à remplir les 800 colis des contributeurs Ulule et des bibliothèques !

J’avais toujours mal au ventre, car j’avais peur que les lecteurs du blog soient déçus, que les avis soient négatifs, que le contenu ne soit pas à la hauteur.

Un an après, il y a eu une réimpression et ce sont plus de 3000 livres qui ont été livrés chez leurs nouveaux propriétaires, et chaque jour je continue à en envoyer pour faire rayonner les rayures.

J’ai eu des périodes de gros doutes, des moments où je perdais pied face aux sollicitations et à la gestion/distribution/logistique chronophage, mais un an après, je suis mieux organisée et je peux me consacrer pleinement à la sensibilisation, sur les zèbres et sur la maladie invisible via Chroniques Invisibles .

Vos avis, commentaires et partages sur le livre ou le blog me nourrissent, me font un peu pleurer il faut l’avouer, me confortent dans l’utilité de mon travail, et m’encouragent. Je ne remercierais jamais assez tous les lecteurs du blog qui m’ont motivé à écrire toujours plus, tous les contributeurs Ulule qui m’ont permis de me lancer, et tous ceux qui, aujourd’hui, me soutiennent et me permettent de continuer cette aventure.

Un immense merci, et je vais aller fêter ça dans un café coworking en écrivant un nouvel article et en avançant mes recherches sur les zèbres adolescents, parce que j’adore ça en fait !💛

Prochains articles à venir : un article invité d’Elodie Crepel, illustré par mes soins, sur les profils laminaire et complexe, un article sur le sentiment de honte (pas un sentiment propre aux zèbres bien entendu mais j’avais envie de vous en parler), un témoignage de parent zèbre, et un article sur les adolescents 🙂

A bientôt !

Caractéristiques de zèbres

Le doute – billet d’humeur

5 juillet 2019

Vous avez dû le remarquer au rythme de mes publications, je fonctionne un peu au ralenti ces temps-ci. Pourtant, j’ai de nombreux témoignages en cours d’écriture, de personnes qui m’ont touchée et dont j’ai hâte de vous raconter l’histoire. De nombreux articles qui attendent de prendre forme, sur des sujets variés et passionnants à décrypter. Mais je n’y arrive pas. J’écris. J’efface. J’écris à nouveau. Puis je rayure. Et je rature.

J’avais déjà eu une période au ralenti il y a quelques mois, car je peinais à trouver une bonne organisation avec la logistique et l’envoi des commandes de livres. Mais j’ai fini par la trouver, optimiser les envois, je ne me laisse plus avoir par les nombreuses sollicitations et j’arrive à me concentrer pour écrire ! J’étais vraiment repartie sur le bon chemin, principalement grâce à vous, lorsque j’ai croisé une amie de longue date :

Mademoiselle Doute s’est installée sur mon épaule et commentait absolument tout ce que je faisais.

Mademoiselle Doute a toujours été là pour moi, et sera probablement toujours là. Elle me permet de me remettre en question, et de faire les choses bien. Mais ces derniers temps, notre relation était un peu trop fusionnelle à mon goût. Mademoiselle Doute a pris de la place, trop de place, pour deux raisons.

1. Le business des zèbres

Déjà, elle a pris de la place, parce que j’ai pris conscience du “business des zèbres”. Oui, la douance est devenue un business, et aussi étrange que cela puisse vous paraître, je viens seulement de m’en rendre compte.

Je pensais que chaque personne qui proposait des ateliers, conférences, livres, accompagnements ou services dans ce domaine le faisait par envie, par passion, par conviction, et surtout : pour les personnes concernées. Pour les aider. Je ne m’étalerai pas trop sur le sujet, mais j’ai récemment pris conscience que non, ce n’était pas toujours le cas, qu’il y avait de l’égo au milieu de tout cela, et que beaucoup profitaient de ces personnes. J’ai vu des gens malhonnêtes profiter financièrement des zèbres, les attirer avec un projet, leur demander une participation financière, ne jamais tenir leur engagement de concrétisation du projet, puis demander à nouveau une participation financière pour un autre projet, tout aussi attirant, mais sans avoir honoré la promesse précédente. Ça m’a mise en colère. J’ai vu des gens devenir “expert HPI” en 2 mois après avoir lu des articles sur LinkedIn, sans formation, puis proposer des conférences en entreprise à tarif prohibitif, parce que “c’est le thème qui marche”. Ça m’a gênée. J’ai vu ces nouveaux experts être mis en avant dans divers événements liés aux zèbres en entreprise, j’en ai vu d’autres qui font un travail formidable dans ce domaine depuis longtemps, qui le méritent, ne pas être reconnus. Ça m’a perturbée. J’ai vu des personnes sincères qui avaient beaucoup à apporter aux zèbres se retirer de ce monde-là en se rendant compte qu’il y avait trop de manipulation et d’égo. Ça m’a attristée. J’ai vu des gens me solliciter à chaque fois qu’ils avaient un produit ou un service à vendre, pour que j’en parle sur le blog contre commission ou rémunération, sans m’avoir adressé la parole auparavant. Ça m’a agacée.

(D’ailleurs, petite précision : il n’y aura pas de publicité sur le blog, qu’elle soit liée ou non à la thématique de la douance, et si je vous parle d’un service ou d’un produit, c’est que je l’ai aimé, et que j’ai vraiment envie de le partager)

Alors, bien sûr, ne me méprenez pas, il y a des personnes compétentes, généreuses et honnêtes qui proposent leurs services, qui le font avec passion, ça se voit, et je leur souhaite de le faire le plus longtemps possible car nous en avons vraiment besoin, en entreprise ou ailleurs. Je tiens aussi à ce qu’un travail et un investissement en temps soit rémunéré à sa juste valeur. Mais aller dans le domaine de la douance “parce qu’il y a de la demande” ouille ouille ouille ça me gêne. Je ne peux pas comprendre ça. Je viens de quitter brutalement mon monde de bisounours, et ça m’a fait douter.

Mademoiselle Doute m’a assaillie, parce que je travaillais sur un prochain livre un peu secret, sur le petit frère de Rayures et Ratures. J’ai vraiment eu envie d’écrire ce livre, l’idée a germé il y a quelques mois, j’en ai parlé à quelques personnes qui m’ont encouragée, en me disant que l’approche était utile et originale (mais ça, vous jugerez par vous-même s’il sort un jour). Sauf que certaines de ces personnes, en toute bienveillance, m’ont aussi dit :

Et là, gros blocage. Je mets beaucoup de temps pour essayer de faire quelque chose de bien. Je peux travailler des mois et ne rien publier si je n’en suis pas satisfaite (je suis sûre que vous me comprendrez 😉 ). Si je me presse “parce qu’il faut” ou “parce que c’est le bon moment”, je sais que ce sera nul. J’ai aussi douté d’être la bonne personne pour écrire ce livre. Et j’ai essayé d’écrire plus vite. Mais l’approche ne m’allait pas, tout ce que j’écrivais était nul et inutile, et j’ai rangé mon carnet. Je ne veux pas que mon travail tombe dans la spirale du “business des zèbres” et perde de sa sincérité. Alors je l’ai mis un peu de côté, je le reprendrai quand je serai de nouveau convaincue par mon projet et mon approche.

En attendant, je me concentre sur un autre projet de sensibilisation, Chroniques Invisibles, sur un guide sur l’auto-édition car je n’ai plus le temps de répondre individuellement à toutes vos questions pour lancer votre projet, sur les articles de blog en cours, et puis sur l’envoi de vos commandes que j’adore préparer 🙂

D’ailleurs, en exclusivité une petite illustration tirée du guide de l’auto-édition, et qui fera écho au paragraphe précédent 🙂

2. Est-ce que je suis encore un zèbre ?

Il y a une deuxième raison qui a fait que Mademoiselle Doute s’est immiscée un peu trop dans ma vie. Quand je me remets en question, je vais peut-être un peu trop loin. Peut-être 🙂 Récemment, j’ai remis en question le fait même d’être zèbre.

J’ai passé le test WAIS fin 2015, appris beaucoup de choses, découvert mes points forts, mes ressources, mon profil… plein d’informations sur mon fonctionnement. J’ai découvert le monde de la douance. Je me suis renseignée sur le pourquoi du comment, j’ai lu sur les spécificités cérébrales, et notamment la myélinisation plus intense, comme expliqué dans le chapitre sur la mémoire dans lequel j’ai dessiné des neurones et des cerveaux (j’adore dessiner des cerveaux). Il se trouve que, depuis le passage du test, j’ai développé une pathologie neurologique qui a affecté cette structure, et des troubles cognitifs, avec des pertes de mémoire (mais ça se remet je vais mieux hein). Alors, est-ce que je suis toujours un zèbre malgré un cerveau qui n’est plus exactement le même qu’il était en 2015 ? Est-ce que je suis toujours la même personne avec ce petit changement structurel ? Si je ne suis plus zèbre, est-ce que je peux continuer ce blog ? La seule chose dont je suis certaine, c’est que je me pose encore beaucoup de questions !

Nouveau blocage, nouveau doute, nouveau questionnement de légitimité. Pour savoir, pour me rassurer peut-être aussi, et par curiosité il faut l’avouer, j’ai voulu repasser le test. Et voir s’il y avait des différences dans l’analyse et le résultat par rapport à celui passé en 2015. Mais c’est quand même un sacré budget pour simplement assouvir ma curiosité et mettre fin à un doute. Puisque j’avais interviewé Elodie précédemment qui m’avait parlé d’un test de douance non officiel mais qui m’avait interpellée, je n’ai pas repassé le WAIS, j’ai passé cet autre test, par curiosité. Ainsi, je pouvais à la fois comparer l’analyse de 2015 à celle de 2019, mais aussi comparer les deux tests entre eux.

J’étais stressée, perturbée à l’idée que l’on évalue ma mémoire qui me fait défaut, mais le test m’a détendue. Il est moins scolaire que le WAIS, plus amusant aussi. Je ne peux pas dévoiler ce qu’il y a à l’intérieur, mais j’ai vraiment passé un bon moment, et je ne l’ai pas perçu comme un examen. A la fin, il y a quand même un résultat… et je suis toujours bien rayée !

Le résultat, au niveau des différents indices et de l’estimation globale du QI, est à peu de choses près le même que le test WAIS. Lors de la restitution, on m’a donné des indications sur les “failles”, ce que je pouvais travailler pour ne pas brider mon potentiel (la confiance en soi par exemple, sur laquelle je travaille grâce à son accompagnement), sur les points forts aussi, les ressources sur lesquelles on peut miser, s’appuyer. Et là, à mon grand étonnement, j’ai découvert que j’avais certes moins de mémoire qu’avant, mais qu’elle était quand même bien au-dessus de la moyenne !

Alors, peut-être qu’être zèbre, ça me protège 🙂

Après tous ces questionnements, ces agacements, ces doutes, ce passage à vide, j’ai repris confiance, et je vais profiter de l’été pour avancer sur les prochains articles de blog, sur les témoignages de zèbres et parents de zèbres inspirants que j’ai pu rencontrer ces derniers mois. Si je le sens, peut-être que j’avancerais aussi sur le livre. On verra. Chaque chose en son temps, en fonction de l’inspiration, et de la passion !

J’en profite pour vous dire que je ne serai pas joignable du 12 au 22 juillet (je pars m’isoler dans une cabane dans les bois, au calme, j’ai tellement hâte !), et que je ne pourrai pas poster vos commandes de livres durant cette période. La boutique restera ouverte, les livres seront postés le 22 juillet et si vous êtes pressés, vous pourrez commander le ebook qui, lui, sera toujours téléchargeable 🙂 ).

Je vous souhaite un très bel été, et à très bientôt, c’est promis !

Caractéristiques de zèbres

Dire qu’on est zèbre/surdoué ou le garder pour soi…

28 mai 2019

Après tous les articles du blog, vous aurez compris à quel point il est important de comprendre son fonctionnement. Mais, une fois que l’on sait, faut-il le dire aux autres ?

C’est une question qui revient très régulièrement dans les messages que je reçois. Si autant de personnes me posent la question, c’est qu’elles ressentent le besoin de le dire. Et je crois que c’est vrai, souvent, on a besoin d’en parler lorsqu’on le découvre, surtout lorsque cette découverte est tardive, car c’est tout un chamboulement, et que ce n’est pas toujours facile de le garder pour soi.

1. Ressentir le besoin de dire que l’on est surdoué/zèbre

Alors, bien sûr, le résultat du test est très personnel, il touche à notre propre fonctionnement, à notre identité, à l’intime. Pourtant, oui, une fois qu’on l’a appris,  compris, et intégré, on peut ressentir une terrible envie de partager cette nouvelle donnée, de le crier sur tous les toits, d’expliquer aux gens pourquoi on réagit de telle ou telle manière, car maintenant on comprend.

Parfois, c’est pour se justifier aussi, pour montrer à ceux qui ont pu nous faire des réflexions que non, on n’est pas “fou” ou “bizarre”, on est zèbre, et c’est tout. Et surtout, c’est pas grave.

En fait, avant de se demander si on en parle aux autres ou non, et si oui, comment, je crois que c’est important de comprendre ce qu’on attend de ce coming out. A qui on souhaite le dire ? A ses proches ? A son employeur ? A ses amis ? A ses profs ? A tout le monde ? Et pourquoi ? Pour qu’ils comprennent ? Pour qu’ils s’adaptent ? Pour qu’ils se posent des questions sur eux-mêmes ? Pour qu’ils arrêtent de penser qu’on est bizarre ? Pour qu’ils arrêtent de nous dire qu’on est trop sensible ? Pour qu’ils arrêtent de nous forcer à rentrer dans le moule ? Pour les rassurer ? Pour se libérer ? Parce qu’on veut que tout le monde comprenne ce que c’est, “être surdoué” ?

C’est important de se poser ces questions, car, bien souvent, si on ressent un besoin urgent d’en parler, on a aussi très peur des conséquences d’une telle révélation. A juste titre. Alors, il faut mesurer ce besoin, et les risques.

2. La peur des réactions… à cause des clichés

Ce qui nous inquiète, ce n’est pas tellement de le dire, c’est la réaction qu’aura la personne face à cette révélation. Car si nous, on a enfin compris ce que veulent dire les mots “surdoué”, “à haut potentiel”, ou “zèbre”, la personne en face, elle, qui ne connaît pas, n’entendra pas spontanément “fonctionnement différent”, elle entendra probablement “je suis plus intelligent que toi”.

Et ça, ce n’est vraiment pas le message qu’on a envie de transmettre. La révélation si importante à nos yeux pourra être mal reçue, simplement parce que les préjugés ont la vie dure. A l’inverse, certains seront réceptifs et écouteront avec bienveillance et admiration cette révélation qui demande quand même du courage, tant il est difficile de parler de soi.

En fait, selon notre parcours scolaire (si on a été un bon élève ou au contraire si on a eu un parcours chaotique), professionnel, notre personnalité, notre vécu, selon les gens, l’entourage,  les réactions seront très diverses.

Toi, tu te prépareras longtemps, et il te faudra du courage pour le dire.

Eux répondront :

Ou bien :

Ou bien :

…et vaqueront à leurs occupations.

Ou alors :

Ou encore :

Ou même :

L’interlocuteur peut aussi mettre en doute cette révélation, surtout si la personne a toujours été en échec scolaire :

Alors, forcément, cette incertitude quant à l’interprétation de ce que l’on a à leur dire peut bloquer. Faut-il vraiment le dire ? Ou renoncer pour se protéger ?

3. Alors… faut-il le dire ?

Vous commencez à me connaître, vous savez bien que je ne vous dirai pas si “oui” ou “non” vous devriez le dire à vos proches, puisqu’il n’y a… pas de réponse 🙂 Tout dépend de vous, de vos attentes, de la personne en face.

Le dire peut soulager, vraiment. Peut vous aider à crever l’abcès et après on n’en parle plus. Peut vous aider à vivre en harmonie avec vos proches.

Mais le dire peut aussi provoquer un rejet.

Tant que la notion n’est pas bien comprise, tant que les préjugés sont encore bien présents, il faut faire un petit peu attention. Car le dire, c’est aussi dévoiler une part de sa personnalité, de son intimité, et si votre équilibre est encore bancal et que la personne en face n’est pas réceptive, cela peut avoir un effet plus néfaste que libérateur.

Certains zèbres avec lesquels j’ai pu échanger me racontaient se sentir investis d’une mission, d’une responsabilité : le dire pour montrer qu’on l’assume, que ce n’est pas un problème, démocratiser la notion, sensibiliser, le dire à tout le monde pour que ce ne soit plus tabou. C’est important de sensibiliser, je ne vais pas vous dire le contraire, j’en ai fait mon métier, mais c’est important aussi de se préserver, surtout quand c’est un sujet intime, et vouloir le garder pour soi ne veut pas dire qu’on ne l’assume pas ni que l’on faillit à une responsabilité, il ne faut pas culpabiliser si vous n’avez pas envie de le dire. Il y a un temps pour tout, pour l’intégrer pour soi, et pour sensibiliser les autres si vous le souhaitez. S’il y en a qui se sentent prêts et y voient un effet libérateur, tant mieux, vous nous aiderez beaucoup à sensibiliser, mais il ne faut surtout pas que ce soit ressenti comme une obligation.

4. Si on choisit de le dire…comment faire ?

Là non plus, je ne pourrai pas vous donner de réponse 🙂 Si quelqu’un a le besoin ou envie de faire son coming out, il n’y a pas de règle à suivre. C’est du sur-mesure. En fonction de son parcours, en fonction de comment on l’assume et l’intègre, de comment on le vit, en fonction de ce qu’on attend de cette révélation, en fonction de la personne en face, de sa personnalité, et du moment choisi.

Certains auront besoin de le dire tout d’un coup, de ne pas tourner autour du pot.

D’autres, au contraire, auront plutôt besoin d’y aller petit à petit, de bien expliquer, de déconstruire les clichés sur les surdoués avant de parler de soi.

Moi, j’ai eu besoin de le faire via un intermédiaire : ce blog. Je ne savais pas comment aborder le sujet, mais j’avais vraiment envie, et besoin, de le faire. J’avais peur des réactions. Je ne le formulais pas à l’oral, alors j’écrivais et je dessinais à ce propos sur le blog. Sans parler de moi directement.

Quand j’ai conçu le livre Rayures et Ratures, je me suis dit que ça pourrait être bien de le faire coloré, attrayant, avec une couverture franche, pour que les gens qui n’osent pas trop en parler à leur entourage puissent le laisser traîner discrètement sur la table du salon, et que l’entourage se dise “tiens, c’est quoi ?” et n’ait pas peur de l’ouvrir. Comme un support pour amorcer le dialogue, parce qu’on n’a pas tous la force d’aller dans le vif du sujet directement.

Je reçois de temps en temps des messages de gens ayant fait leur coming out grâce au livre ou grâce à des illustrations du blog, et c’est, je crois, le plus beau compliment que je puisse recevoir. Savoir que mon travail peut aider, favoriser le dialogue, c’est la plus belle des récompenses.

5. En fait, le plus important, c’est de se le dire à soi-même.

Pour ceux qui n’auraient pas envie, pas besoin, ou peur de le dire, je voudrais leur partager ces messages que des lecteurs ont laissé sur les réseaux sociaux de Rayures et Ratures :

“ Je crois surtout que le plus important, ce n’est pas que l’entourage sache, le plus important c’est de le savoir soi-même afin de mieux appréhender sa différence et comment se servir efficacement de sa différence pour réussir enfin là où on a toujours échoué car la méthode était inadaptée”

Alexandre (sur Facebook!)

“Le principal, c’est d’être respecté, pas forcément compris de tous. Le plus important étant de se comprendre soi-même”.

Aurélien (sur Instagram!)

Alors, faites votre coming out à vous-même, et ensuite, si seulement vous avez envie, dites-le aux autres !

6. Et après ?

Et après cette période de découverte ? Des personnes fraîchement détectées me demandent souvent comment j’en parle, moi. Comment je le dis aux gens, maintenant que j’ai pris du recul sur tout cela.

En fait… je ne le dis pas.

Comme beaucoup, j’ai eu besoin d’en parler à quelques personnes de mon entourage lorsque je l’ai découvert. Sans forcément mettre un mot, juste en expliquant. Aujourd’hui, je ne ressens plus ce besoin. J’ai compris mon fonctionnement, maintenant ça ne fait plus partie de mon quotidien, ou plutôt, pas plus que n’importe quelle composante de ma personnalité ! Je n’en parle pas.

Alors, bon, forcément, avec un blog et un livre sur le sujet, les gens qui me côtoient de près ou de loin et connaissent mon travail le savent, ou s’en doutent. Mais sinon, je ne cherche pas à rencontrer des zèbres (je suis même peu active dans les rencontres). Je ne vis pas autour de cette notion. Parce que je n’en ai pas besoin. (Mais je comprends que certains en aient besoin, attention). L’important pour moi était de comprendre qui j’étais. Après, j’ai lâché prise. Ce n’est pas au centre de ma vie. Alors bien sûr je suis très engagée pour aider les autres et sensibiliser à la différence en général, dont celle-ci. Je tiens à ce que chacun comprenne, pour que tous ces petits et grands zèbres qui se découvrent vivent de mieux en mieux, pour que ce ne soit plus un sujet tabou. Mais en dehors de mon travail de sensibilisation, je suis silencieuse.

Je sais que si ce sujet est abordé lors d’une conversation, j’en parlerais librement. Mais souvent, je n’ai pas envie d’en parler. Cela ne veut pas dire que je n’assume pas, ou que j’estime que c’est tabou. Juste que je juge que ce n’est pas nécessaire en fonction de la situation et de la personne en face de moi.

Tout ça pour conclure que…

Le dire, ne pas le dire, c’est propre à chacun. Vouloir le garder pour soi ne veut pas dire que l’on n’assume pas. Cela peut être votre petit jardin secret, et c’est très bien. Mais vous pouvez aussi le dire, si vous en avez envie, et si vous en avez besoin. Vous avez le droit, et ça permettra aux gens de mieux comprendre. Dans ce cas, demandez-vous ce que vous attendez de ce coming out, choisissez bien les personnes à qui vous vous adressez, et la meilleure façon, pour vous, de faire passer votre message !

Je ferai de prochains articles pour parler des cas plus spécifiques du monde de travail (Est-ce qu’on le dit à son employeur ? A ses collègues ? Dans quel but ? Qu’est ce qu’on attend ?) mais également des enfants (Si l’enfant choisit de le dire, comment se préparer aux réactions, est-ce qu’en tant que parent on le dit quand on parle de lui, comment le dire à l’école ?)

A bientôt !

PPPST : au fait, maintenant, vous pouvez vous procurer le livre en dehors d’Amazon, en circuit encore plus court, directement sur le blog !

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Caractéristiques de zèbres

Le test de QI, c’est pas sorcier !

25 avril 2019

Par email, via les réseaux sociaux ou lors des rencontres, vous êtes toujours très nombreux à me poser la question du test de QI.

Alors, pour répondre à vos questions, j’ai décidé de faire un article sous une toute nouvelle forme. Au lieu de vous faire part de mes recherches, et puisque moi aussi j’avais beaucoup de questions, j’ai préféré interroger une coach formée à la douance et psychanalyste (entre autres, car elle a plein de diplômes, et plein de compétences ! ) qui connaît bien les zèbres, puisqu’elle les a étudiés et qu’elle est elle-même concernée. Elle s’appelle Elodie, et j’ai découvert son travail via les réseaux sociaux. A travers sa société Ailes et Graines et son compte Instagram du même nom, elle donne beaucoup d’informations (chaque semaine, elle parle d’un thème spécifique avec passion et avec un grand sourire), accompagne les gens et sème des graines de bienveillance, d’optimisme, et d’enthousiasme.

Sa personnalité et ses connaissances ont fait que j’avais envie de vous la présenter et de l’interroger, car s’il y a bien quelque chose qu’elle aime faire, Elodie, c’est transmettre. Alors j’endosse le costume de Fred, elle endosse celui de Jamy, et c’est parti pour un petit tour dans le merveilleux monde des tests de QI.

C: Salut Elodie ! Rentrons directement dans le vif du sujet : qu’est-ce que c’est, en fait, ce test de QI dont on parle ?

E : Alors difficile de te répondre Chloé, sans faire un rappel historique de la « chose ». En effet, il faut bien se rappeler le pourquoi du comment de la naissance de ce test, bien loin du besoin aujourd’hui.

C’est en 1905 que BINET et SIMON créent la première échelle mesurant l’ « intelligence » en vue d’aider les élèves en difficulté. Depuis, les tests ont beaucoup changé, évolué et été adaptés selon les besoins jusqu’au WISC/WAIS que nous connaissons aujourd’hui comme étant le seul test qui serait à même de calculer officiellement le quotient intellectuel d’un enfant (à partir 2 ans pour le WPPSI, 6ans le WISC) ou d’un adulte (le WAIS à partir de 16ans). Nous en sommes aujourd’hui à la 5ème version et non la dernière, puisque chaque version est soigneusement créée à partir des dernières avancées psycho-socio-scientifiques. La moyenne étant de 100, on estime officiellement que les haut potentiel ont + de 130 ( 2% de la population) et les très haut potentiel intellectuel au dessus de 145 (0,1% de la population).

Cependant ces taux ne sont que des estimations liées à la création du test, car nombreux sont les HP (haut potentiel) non testés. 

Le test prend en compte 4 grands subtests: indice de compréhension verbale, indice de raisonnement perceptif, la mémoire de travail et l’indice de vitesse de traitement.

Il faut savoir que chaque test de QI dépend également de son pays et donc de sa culture, d’où la différence de chiffre d’un test à l’autre (par exemple, le maximum au test WAIS en France est de 160 tandis qu’au Japon c’est 220); il y a également une différence entre le WISC et le WAIS, d’où l’inutilité de comparer le chiffre ! Voilà aussi pourquoi certains adultes passant le WAIS pensent avoir perdu des points de QI en comparaison à leur résultat WISC enfant, mais il n’en n’est rien: l’échelle de mesure est différente !

C : Ah oui, je me disais aussi ! Récemment, j’ai lu un livre américain sur les « gifted adults », et j’étais très étonnée des chiffres de QI mentionnés. Aucun n’avait moins de 150, et je me demandais justement s’ils étaient beaucoup plus intelligents que nous, ou s’ils avaient une échelle différente, parce que les caractéristiques dont ils parlaient avaient l’air d’être assez similaires !

E : Exactement ! En plus savais-tu que le terme même de douance a des définitions bien différentes selon les pays ? En effet, surdoué en anglais se dit « gifted », qu’on pourrait traduire comme doué, gâté dans le sens « posséder un cadeau de la vie », tandis qu’en France la douance est inévitablement associée selon la définition à avoir « des capacités intellectuelles très supérieures à la moyenne » (cf dictionnaire Larousse). Ainsi, on se rend bien compte que la façon dont on va percevoir la douance -et donc le test- est clairement associée à une culture donnée.

Finalement comme le dit si bien Howard Gardner :

C : Au départ, quand des lecteurs me posaient des questions par rapport au test, j’avais tendance à leur recommander vivement la passation du test s’ils le pouvaient, car j’ai eu une expérience très positive. Bien loin de ce que j’avais en tête d’un test de QI (des questions formelles et un résultat à la fin), je me suis au contraire retrouvée face à une personne qui ne me connaissait pas mais qui pourtant me donnait l’impression de m’avoir cernée de suite, en analysant mon comportement et pas seulement mes réponses, et j’ai appris énormément de choses sur mon fonctionnement cognitif lors de la restitution. Depuis, je me suis un peu ravisée, car plusieurs personnes à qui j’avais conseillé de passer le test n’ont pas eu la même expérience que moi, ont simplement eu un « score » à la fin, et cela ne les a pas du tout aidées. Du coup, je me demandais, est-ce que tous les psychologues sont compétents pour faire passer les tests ? 

E : Absolument pas, car rares sont les formations universitaires qui proposent dans leur cursus une vraie approche de la douance et donc du test. Un psychologue ou un psychiatre peut, juste avec son diplôme, acheter le test en ligne. Il reçoit alors pour quasiment 2000 euros le manuel d’administration, de cotation et d’interprétation du test. Mais rien ne l’oblige à s’informer, à se former ou à pratiquer avec une personne plus expérimentée. Et comme aujourd’hui, on peut aisément dire que c’est devenu un vrai business… il est essentiel de savoir avec qui on passe ce test. Car poser des questions et compter les points ne suffit pas du tout pour conclure sur la thématique de la douance. Seule une analyse pointue du fonctionnement cognitif et émotionnel valide un test de douance.

D’ailleurs Edgar Morin dit que :

C : D’où l’importance de la restitution lors du passage du test, je comprends mieux ! Dans les définitions de la douance, on trouve souvent « QI supérieur à 130 ». Est-ce que ce seuil des 130 est une condition sine qua non ou plutôt une indication ? Est-ce que quelqu’un juste en dessous de 130 peut être surdoué ? Et quelqu’un juste au dessus ne pas l’être ?

E : En réalité, Chloé, ce test (WAIS, WISC, WPPSI) n’a pas de réel fondement scientifique, il s’agit plus d’un consensus entre psychiatres; car la douance est très complexe à détecter. Fabrice MICHAUD, expert dans ce domaine et auprès duquel je me suis formée, annonce clairement qu’il « n’existe pas de carte unique du monde » comme il n’existe pas de profil unique de personnes surdouées. La seule distinction serait plutôt liée directement au cerveau puisque chez les surdoués la densité neuronale dans les zones frontales serait plus importante et le transfert d’informations y serait plus rapide. En dehors de cela, nombreux sont les surdoués à ne pas passer la fameuse barre des 130 ou à avoir un QI « incalculable » car trop « hétérogène » (ce qui signifie qu’il y a trop d’écart de points entre les divers subtests). Mais là encore cela n’empêche en rien de poser ou non l’étiquette de surdouée.

C : Donc en fait, le test de QI sert de base pour mesurer la cognition, et ensuite l’analyse et l’expertise du psychologue permettent de confirmer ou infirmer, c’est ça ?

E : Oui c’est exactement ça, actuellement le test WAIS/WISC est ce qui se fait de mieux pour comprendre le fonctionnement cognitif d’une personne, mais à lui seul cela ne suffit pas pour confirmer ou infirmer la douance.

Et puis, c’est bien plus complexe qu’il n’y parait puisque le praticien doit réajuster les résultats en tenant compte également des possibles difficultés de la personne: est-elle fatiguée ? Traverse-t-elle une période délicate dans sa vie? A-t-elle certains troubles dys ? Etc… Car rappelons que la douance n’est pas une pathologie mais plus une particularité cognitive et émotionnelle, à laquelle peuvent se greffer certaines caractéristiques, qui ne sont pas en lien avec la douance, mais peuvent modifier le résultat du test.

C : Merci pour ces informations ! Finalement, si j’ai bien compris, à la passation du test, on n’a pas une case « surdoué » et une case « non surdoué », mais un descriptif de notre fonctionnement, à nous, intégrant nos propres particularités et notre personnalité. Est-ce qu’on peut quand même parler, au niveau de la douance, de différents « profils » qui se ressembleraient ?

E : Exactement, il est bon de ne pas imaginer cela comme des cases mais plutôt comme une carte sur laquelle on peut se déplacer. Selon la période de passation, le résultat pourrait très bien être différent. Mais mieux encore, j’ai bien envie de te parler de « familles de surdoués » comme par exemple les laminaires ou les complexes.

C’est vraiment passionnant, car on utilise les mêmes mots (surdoués / haut potentiel / zèbres…) pour deux types de surdoués totalement différents. 

Pour vulgariser, le laminaire a plutôt un raisonnement analytique, souvent passionné par des sujets très scientifiques, ce sera le bon élève, celui qui est mis en avant justement dans les médias, il aura des raisonnements de très grande qualité, peut avoir des difficultés à se socialiser jeune de par ses centres d’intérêt différents des autres, il est plutôt très cartésien et a davantage un QI homogène.

Tandis que le complexe a un raisonnement analogique et intuitif, il est émotionnellement sensible et créatif, il a toujours le besoin d’apprendre, de comprendre, est curieux de tout, il sera attachant et généreux, en besoin de reconnaissance (voire en demande de relations fusionnelles), son cerveau tourne en permanence, il sera en perpétuel questionnement sur lui-même et ses difficultés sociales -s’il en a- sont souvent liées à un sentiment de décalage constant; il a plutôt un QI hétérogène.

Comme tu vois c’est vraiment deux familles distinctes, mais là encore comme dans toutes les familles tu y trouveras des personnalités différentes, personnalité qui colore la douance.

Mais si ce sujet t’intéresse, on pourra le développer une prochaine fois avec plaisir, car c’est tellement exaltant ! 

C : Avec plaisir ! Les lecteurs peuvent répondre en commentaire pour dire si cela les intéresserait 🙂 Pour en revenir aux différentes personnalités, aux différents profils, quand j’ai passé le test, ce qui m’a agréablement surprise, c’est que la psy ne parlait pas des « surdoués » en général mais de moi, comment je fonctionnais. Avant de lire le document qui m’a été remis, je ne savais pas si j’étais surdouée ou non, mais je comprenais comment je fonctionnais, et ça m’a aidée. Après, c’est un investissement que j’ai décidé de faire sur moi, mais c’est quand même un budget. La passation du test coûte entre 200 et 400€ selon les endroits. Est-ce que tu recommanderais à tout le monde de le passer ?

E : Oui et non. Il faut savoir que nombreux sont les surdoués qui ne passeront jamais le test, et qui ignoreront totalement qu’ils le sont.

Par contre il est évident que si on se pose la question c’est qu’on cherche des réponses. Et c’est là où la passation d’un test peut aider, aider à se comprendre, aider à s’accepter, aider à avancer…

C’est finalement un investissement à vie et qu’importe le résultat, car si le praticien est compétent il ne donnera pas qu’un chiffre, il exposera une vraie analyse du fonctionnement cognitif et émotionnel de la personne. Et comme tu le dis, c’est bien cela qui compte !


Et puis parfois on trouve des réponses dans un livre, un blog, un témoignage, un échange… des réponses qui nous vont nous émouvoir aux larmes, des réponses qui éclairent, des réponses qui nous prennent aux tripes, des réponses qui donnent enfin un sens… et on se sent soulagé.

Finalement, on pourrait passer toute sa vie en thérapie mais à quoi bon ? Le but de toute thérapie, de tout développement personnel, de toute recherche sur soi, quelle qu’elle soit, c’est bien d’apprendre à se connaître, à s’accepter comme on est, et de s’aimer suffisamment pour être heureux, non ? Alors si, sans avoir passé le test, certain.es se reconnaissent et se sentent bien ainsi, c’est le principal ! 

En plus il faut savoir, que même en ayant passé le test, certaines personnes refusent d’accepter qu’elles puissent être surdouées, tant le problème est bien plus profond. Par exemple pour le complexe de l’imposteur qui va pousser le surdoué à douter du praticien, de ses compétences, ou même du test lui-même (le trouvant « trop facile »). 

C : Merci ! Je trouve ça nécessaire de souligner que l’important est de se sentir bien, car je reçois de nombreux messages sur le blog de personnes me disant qu’elles se retrouvent dans le blog, se sentent mieux car moins seules, et me demandent si il FAUT donc absolument passer le test. Non, il ne FAUT pas, dans le sens où il n’y a rien d’obligatoire, si vous reconnaître et vous sentir moins seul(e) vous suffit, eh bien tant mieux ! En revanche, comme le dit Elodie, si vous vous posez des questions, si vous cherchez des réponses, oui, je vous conseille vivement de passer le test WAIS avec un professionnel compétent.

D’ailleurs, Elodie, on parle toujours du WAIS (pour les adultes), qui est le seul test officiel, mais je t’ai même pas demandé s’il existait d’autres façons de détecter la douance ?

E : Oh mais oui, et de plus en plus de professionnels délaissent d’ailleurs le WAIS. Même l’association mondiale des surdoués (MENSA) a élaboré son propre test d’entrée (dont on peut passer un extrait en ligne sur leur site). Mais il existe d’autres choses et notamment l’autotest de Mary Rocamora qui est beaucoup plus adapté aux surdoués au profil complexe et que propose notamment Fabrice MICHAUD (contrairement au test de MENSA qui se rapproche du WAIS avec la « logique » comme point central). Même si ce test est en libre accès sur internet, je trouve que l’interprétation des réponses ne permet pas seule d’arriver à un résultat. Il me semble donc toujours important qu’il soit fait avec une personne formée à la thématique de la douance. 

Il y a aussi le test de Steven Rudolph sur les « natures multiples », le test de « SIC » de Jean Louis Lascaux ou encore le test « Talent Profiler » de Schallenberger Christian. Et bien sûr le quotidien émotionnel qui serait étroitement lié au QI et donc qui devrait selon certaines études toujours être pris en compte (ce qui n’est pas le cas actuellement). Alors bien sûr, officiellement le WAIS reste aujourd’hui le seul qui est reconnu, mais cela tient plus à un consensus et une main mise sur le sujet qu’à un réel fondement scientifique.

A retenir :

– Chaque test de QI dépend de sa culture et de son pays

– Il est important de passer le test auprès d’un psychologue formé et compétent

– Le test WISC/WAIS est actuellement le seul test officiel et reconnu en France pour mesurer la cognition

– Il n’y a aucune obligation à passer le test, mais si l’on se pose des questions et que l’on cherche de réponses, il peut vraiment aider (et je le conseille)

– Il y a plusieurs profils de personnes surdouées

A bientôt pour un nouvel article !

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