Caractéristiques de zèbres

Le phénomène de l’imposteur

3 août 2017

Bien loin des clichés selon lesquels la personne surdouée vante constamment ses mérites, en réalité certains zèbres font preuve d’une extrême modestie qui peut s’avérer problématique : c’est ce qu’on appelle le phénomène de l’imposteur. On le trouve régulièrement dans les ouvrages sous le nom de « syndrome de l’imposteur », mais cela n’a rien de pathologique ni de médical, alors le mot phénomène me semble plus approprié.

Encore une fois, comme pour toutes les caractéristiques ou réactions décrites sur ce blog, chacun peut un jour avoir une impression d’imposture, ce n’est pas exclusif aux zèbres, mais je me concentre sur eux et sur leurs caractéristiques qui peuvent favoriser l’apparition de ce phénomène (car c’est le sujet du blog en fait 🙂 )

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Le phénomène de l’imposteur, c’est lorsqu’une personne rejette le mérite lié à son propre travail et à ses propres compétences. Elle cherche une raison extérieure pour justifier son accomplissement personnel (la chance, souvent), et est convaincue qu’elle ne mérite pas d’être là où elle est aujourd’hui. Elle se sent comme un imposteur, un escroc intellectuel, et est convaincue qu’elle sera tôt ou tard découverte, que les gens finiront par se rendre compte que ce n’est qu’un imposteur. Malgré une preuve de valeur évidente venant de l’extérieur (un compliment, une promotion, une augmentation, une bonne appréciation, un prix, une acceptation dans un cursus sélectif, etc), elle se sent professionnellement ou intellectuellement incapable.

Le zèbre qui souffre de ce sentiment d’imposture a l’impression de constamment tromper les gens. A l’école, il reçoit de bonnes notes, pourtant il n’a pas l’impression d’avoir travaillé comparé à ses camarades, c’était facile pour lui, alors il se dit « je ne le mérite pas ». Il ne comprend pas que ce qu’il a réalisé si facilement soit considéré comme un succès, car pour lui ça ne l’est pas. A l’inverse, et paradoxalement, s’il a travaillé plus que nécessaire pour un examen et qu’il réussit, il niera le mérite qui lui revient en considérant que s’il a travaillé autant, le succès n’incombe qu’au travail et n’est pas lié à ses compétences. Quelle que soit la situation, il nie le mérite qu’on lui attribue. Pour lui, c’est une illusion, et une illusion ne peut pas durer longtemps, elle finira forcément par se rompre, le monde finira forcément par découvrir qu’il n’est pas si intelligent que ça, qu’il est nul même, qu’il ne connait rien (c’est ce qu’il pense).

Les zèbres qui ont ce sentiment d’imposture acceptent souvent les compliments mais ne les croient pas. Chaque avancée est pour eux liée à la chance. Et ironie du sort, chaque succès supplémentaire, au lieu de conforter le zèbre dans ses compétences, le conforte dans son sentiment d’imposture. Car s’il a réussi, on va lui en demander encore plus, et il sera donc encore moins capable d’y arriver (selon lui, toujours). Le succès mènera à plus d’attentes, plus d’exigences, et il se sent déjà incertain de maintenir son niveau actuel de performance, alors comment fera-t-il si on lui demande encore plus ?

En fait, il y a une sorte de cycle d’imposture chez la personne sujette au phénomène de l’imposteur. Il a été décrit dans l’étude de Pauline Rose Clance en 1985.

Le voici (illustré, c’est mieux!)

Chacun peut un jour expérimenter ce phénomène de l’imposteur, mais il existe tout de même certains facteurs qui favorisent son apparition et sa persistance, et notamment l’intelligence, le perfectionnisme et l’environnement.

L’intelligence.

Aucune étude n’a été faite à ce jour sur la corrélation entre sentiment d’imposture et QI, mais de nombreux experts avancent l’hypothèse que l’effet de Dunning-Kruger (un biais cognitif selon lequel (entre autres) les personnes intelligentes auraient tendance à douter de leurs compétences et à les sous-estimer) pourrait déclencher ce sentiment d’imposture.

Le perfectionnisme.

Les zèbres ont tendance à viser très très haut. Ils sont extrêmement exigeants envers eux-mêmes, et ont des attentes parfois quasi impossibles à combler. Le problème, c’est que ces attentes vont représenter non seulement leurs objectifs mais aussi leur manière de s’auto-évaluer. S’il y a le moindre petit espace entre leur réalisation et cet objectif quasi impossible, c’est qu’ils ont raté. Dès lors, n’importe quelle personne qui les félicitera sera discréditée. Ils ne comprendront pas sa réaction positive, puisque selon eux ils ont raté. Le perfectionnisme favorise le sentiment d’imposture en fixant des objectifs de perfection presque impossibles à atteindre mais que le zèbre considère comme LE succès.

Enfin, un certain type d’environnement peut servir de couveuse au phénomène d’imposteur. Ceux qui par exemple ont grandi avec la peur de ne pas être assez « bien », d’être abandonnés s’ils avaient de mauvais résultats ou la peur de ne pas combler les attentes que leurs parents avaient d’eux au niveau professionnel, seront plus sujets à ce sentiment d’imposture car leur estime de soi est très basse. Pour eux, l’ambition est avant tout motivée par le désir profond d’éviter tout sentiment de honte.

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Bon à savoir pour ceux qui se reconnaissent dans ce phénomène (zèbre ou non) :

Les vrais imposteurs ne connaissent pas ce phénomène.

C’est un sentiment dont beaucoup feront l’expérience au cours de leur vie, et les personnes douées peut-être davantage, mais ce n’est pas une condition permanente, ni une pathologie.

Ce sentiment est souvent lié au succès, quand on y pense, mais ce n’est pas une condition nécessaire pour réussir.

Il n’y a aucune raison d’avoir peur de montrer que l’on croit en ses compétences. Il faut avoir un regard bienveillant sur soi-même.

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22 Comments

  • Reply Cindy 3 août 2017 at 9 h 08 min

    Oh là là… j’ai l’impression qu’on parle de moi dans cet article lol. C’est incroyable, mot pour mot ! Mon fils est un petit zèbre, et maintenant que je comprends mieux les caractéristiques, les descriptions me font penser à moi (mais je n’ai pas le « courage » de faire le test…).

  • Reply Rayures et Ratures 3 août 2017 at 9 h 43 min

    🙂 C’est très souvent le cas, les parents se découvrent via l’identification de leurs enfants ! Quant au test, ce n’est pas une question de courage rassurez-vous, vous verrez quand ça sera le bon moment pour vous et si vous en ressentez le besoin 🙂 Et si c’est le test « écrit » qui vous fait peur, vous pouvez aussi consulter un psy spécialisé sur le sujet sans forcément passer de test formel !

  • Reply sylvie 3 août 2017 at 10 h 44 min

    je n’avais encore jamais rien lu à ce sujet… je me comprends mieux plein de choses, sur ma fille et moi….Merci 🙂

  • Reply Carine 4 août 2017 at 14 h 29 min

    Oh un nouvel article dans lequel je me reconnais aussi comme dans quasiment tous les autres ;-)…
    Il y a un mois et demi, un terme pour moi inconnu au bataillon: « HP », m’a emmenée de fil en aiguille sur différents sites et blogs traitant des « zèbres ». Et là quelque chose a résonné en moi. J’ai découvert votre blog, vos illustrations qui m’ont redonné le sourire et m’ont décidée à passer un test qui a confirmé ce que j’ai pressenti . A 33 ans je décrypte enfin mon mode de fonctionnement, mon histoire, ma singularité (qui finalement n’est donc plus si singulière 🙂 ). Pour expliquer celle que je suis sans passer par les préjugés (que j’avais moi aussi) liés à l’expression de « surdoué », je partage le lien de votre blog.

    Alors je voulais simplement vous dire mille fois merci pour vos articles Chloé, qui permettent très certainement à un grand nombre de personnes de se reconnaître et de pouvoir se dire: « alors je ne suis pas fou/folle, c’est normal de ressentir cela et d’avoir ces réactions-là ». Au grand plaisir de lire vos prochains billets.

  • Reply Cindy 5 août 2017 at 14 h 33 min

    Merci. En fait oui c’est juste l’idée de passer un test qui me fait peur. Je m’en sens pas capable… Rien que le mot me fait flipper, je prends ça comme une épreuve… Un examen, le truc qui me tétanise ou je perdrais mes moyens, j’ai pourtant bien eu les explications de la spécialiste, censées me rassurer… C’était pas écrit là, le test, plutôt dans l’échange, du verbal, comme pour mon fils…Mais test quand même

  • Reply Hakuo 18 août 2017 at 17 h 01 min

    Bonjour ! Super article comme d’hab, (tes illustrations sont tellement inspirantes et cools..dès que je les vois elle me donne envie de faire à moi aussi pleins de dessins)

    Je me posais une question : si un zèbre considère être « surdoué » comme une qualité, quelque chose de génial, un « niveau intellectuel à avoir absolument » -et c’est souvent le cas à cause des préjugés-, ce ne serait pas à cause du phénomène de l’imposteur qu’il se sent obligé de nier sa surdouance ?

  • Reply Mathieu Rambaud 4 novembre 2017 at 23 h 06 min

    Excellent, tellement vrai, si bien décrit.

  • Reply Hans 28 novembre 2017 at 15 h 16 min

    Bonjour Chloé, merci pour ce superbe article qui reflète à la perfection ce que rencontre une personne dont je suis très proche. Elle pratique avec une grande application le « self-bashing » (le fait de s’auto-dénigrer en permanence) et estime notamment avoir été retenue à un concours très sélectif non pas par son talent et ses compétences, mais par erreur.
    Le problème, c’est qu’elle a rencontré au travail des personnes qui vont la faire se sentir encore plus nulle (par leurs propos, par leur attitude, par leur rejet systématique de ses réalisations (typiquement le genre de personnes qui rejettent radicalement les personnes réservées et un tant soi peu différentes), ce qui vient en quelque sorte « légitimer » à ses yeux ce sentiment de nullité, et renforcer encore son manque cruel d’estime de soi…
    Comment faire pour sortir de ce cycle infernal ? Tout conseil que vous pourrez me fournir me sera précieux pour l’aider à retrouver (un peu) de confiance en elle… 🙂
    Merci beaucoup !

    • Reply Rayures et Ratures 11 décembre 2017 at 14 h 14 min

      Bonjour,
      C’est une question compliquée… du moins pour moi car j’ai encore du mal à me sortir de ce cycle infernal aussi.
      Pour m’aider, j’essaye de noter les petites choses concrètes et réussies sur un papier, chaque jour. Quelque chose que j’ai fait et dont je suis fière (ça peut être un tout petit quelque chose). Et je le relis de temps en temps.
      C’est une toute petite chose qui n’est pas facile à faire, mais ça peut aider 🙂
      Bon courage!!

  • Reply CAUSSANEL YVES 18 décembre 2017 at 9 h 18 min

    Bientôt 69 ans et ce serai peut être un début de compréhension…….
    Et……20 ans de thérapie, pour quoi? Pas tout à fait pour rien tout de même.
    Mais cette souffrance spécifique n’a pas été entendue et soutenue.
    Mer
    ci

    • Reply Rayures et Ratures 11 janvier 2018 at 17 h 53 min

      J’espère que vous trouverez entente et soutien, Yves!
      Merci pour votre message

  • Reply silensio 3 janvier 2018 at 15 h 22 min

    bonjour

    j’ai parfois ce sentiment d’imposture quand je realise des sculptures en fil de fer j’ai meme l’impresion que ce n’est pas « moi » qui les ais faites c’est tres curieux et pourtant je sais avec raison que cela n’a rien a voir avec l’imposture ..car l’imposteur lui trompe abuse manipule en somme ment de maniere ehontée et avec un certain talent
    et pourtant je suis traversé par cette idée d’imposture cela me trouble comme si je ne pouvais pas réaliser quoi que ce soit
    merci de votre ..écoute
    prenez soin de vous

  • Reply Mathias 10 février 2018 at 15 h 00 min

    Par avance désolé, j’ai pleuré en lisant cet article et j’ai besoin de m’épancher…

    Cela fait à peine deux jours que je commence à lire des articles sur le sujet. Plus je lis, plus j’ai envie de pleurer…. à la fois de peine et de soulagement. Je me reconnais tellement dans tout ce que je lis! Ce sentiment d’imposture permanent, cette peur irrationnelle qu’un jour « le masque tombe », cette surprise systématique que l’on me fasse confiance, que l’on juge mon travail de qualité, alors que j’ai l’impression d’être un triste clown, de ne faire que du bricolage, de toucher à tout sans jamais finir, de me noyer dans un désordre pathologique…

    J’ai mille projets en tête, j’en ai souvent démarré plusieurs à la fois, connu des moments de surexcitation pendant quelques mois, mais très vite, dès que des gens me font confiance et attendent beaucoup de moi (à chaque fois que je m’engage dans un boulot, une asso, etc…), dès que je me rendais compte de l’ampleur de la tâche pour faire les choses comme je pense qu’elles doivent être faites, et me sentant totalement incapable d’atteindre ces objectifs que je suis le seul à me fixer, je procrastine, je repousse, je fume, je bois, je fais les choses de plus en plus à l’arrache, puis, mort de honte devant ma médiocrité, j’arrête tout…. ce qui nourrit encore plus mon sentiment de nullité

    Je passe mon temps à me dévaloriser, à m’insulter parfois… Mon entourage a du mal à comprendre : « tu réussis professionnellement, tu es en couple depuis bien longtemps, tu as des amis… et tu n’es jamais satisfait, tu te trouves toujours aussi nul,… » …. quand j’entends ça, la seule réponse que je trouve (en moi, je la dis rarement) : « non, tu te trompes, tu ne réalises pas à quel point cette image de réussite est faussée, tu n’imagines pas à quel point j’ai l’impression de vivre dans un mensonge ». Je déteste que les gens aient confiance dans mes capacités parce que ça me fout une boule au ventre, je sais qu’ils se trompent, que je ne serai pas à la hauteur de leur attente, qu’ils vont être déçus, fatalement…

    J’ai parlé de tout ça à de nombreux psychanalystes. Je prends des drogues (cannabis, alcool) depuis 18 ans pour canaliser les émotions, arrêter le flot des pensées, ou au contraire les laisser filer sans chercher à les contrôler…. AUjourd’hui j’ai 33 ans, je flirte régulièrement avec la dépression, je prends des anxiolytiques tous les jours, je dors mal, je fume trop de cannabis pour calmer les turbines…

    Et j’ai l’impression ENFIN de commencer à comprendre que je ne suis pas forcément ANORMAL. Je ne suis pas si je suis un zèbre, au fond de moi même je ne pense pas l’être, mais quand même….. ces pensées foisonnantes, permanentes, en réseau, cette impression parfois de saisir intuitivement des choses parce que je perçois une cohérence dans tout un fratras de liens de cause-à-effet que je suis incapable d’expliquer de façon claire, linéaire…. ces idées qui partent dans tous les sens, cette difficulté à s’organiser, ces milliers de projets permanents, ces attentes envers moi-même totalement irréalisables (mais qui sur le moment ne me semblent jamais exagérées, c’est juste que je pense que les choses doivent être faites comme cela, sinon ce n’est pas la peine de les faire…)

    La prochaine étape : passer des tests. Mais je suis déjà terrorisé à l’avance de les passer parce qu’au fond de moi je ne peux pas m’empêcher de me dire que NON, je ne PEUX PAS avoir un QI plus élevé que la moyenne, étant donné que je me sens si nul pour gérer ma vie quotidienne…. J’ai l’impression, rien que d’oser émettre l’hypothèse, que je ne suis qu’un prétentieux refoulé. Et si les tests montrent, comme je le pense, que ce je ne suis pas un « zèbre », ce qui me fait peur ce n’est pas de réaliser que je ne suis pas si intelligent, puisque d’une part je ne me sens pas intelligent, et que d’autre part je ne crois pas à une définition unique de l’intelligence…. C’est juste que j’ai peur de perdre un début d’explication à ce qui me pourrit la vie depuis si longtemps

    Désolé j’avais besoin que ça sorte, et là c’est anonyme, c’est gratuit, et ça n’aura aucune conséquence, je peux parler sans avoir trop honte….

    Merci pour votre blog

    • Reply Rayures et Ratures 12 février 2018 at 19 h 54 min

      Bonjour,
      Vous avez raison, et merci d’avoir osé partager ça avec nous 🙂
      Pour les tests, prenez votre temps, ils ne vous serviront pas si vous vous forcez. S’ils vous terrorisent pour le moment, c’est que ce n’est pas le moment ! Prenez soin de vous,
      Chloé

  • Reply YVELIN 31 mars 2018 at 13 h 38 min

    Et l’imposture dans la vie amoureuse… Je me suis toujours considérée comme une arnaque car je n’étais jamais à l’image (j’ai failli dire à la hauteur !!) de ce que mes conjoints successifs attendaient. Jusqu’à ce que je comprenne que le problème venait de ce que moi même j’attendai d’une relation amoureuse et qui ne correspond pas à ce que les autres en attendent, en terme de confiance, partage, tendresse. Jusqu’à ce que je retrouve mon ami d’enfance, zèbre aussi…

  • Reply Estelle 5 juillet 2018 at 10 h 32 min

    Merci Mathias. J’aurais pu écrire tout ça, et toute la souffrance… Mais je vais surtout garder en tête une phrase, parce que j’ai la même peur !
    « C’est juste que j’ai peur de perdre un début d’explication à ce qui me pourrit la vie depuis si longtemps »
    J’espère que vous avez pu avancer et vous trouver.
    Je suis arrivée ici « par hasard »… et je remercie aussi l’artiste qui a créé ce blog 🙂

  • Reply llaurett 11 octobre 2018 at 15 h 27 min

    Je me reconnais 🙂 merci

  • Reply llaurett 11 octobre 2018 at 16 h 03 min

    Je me reconnais 🙂 merci
    Je ne passerai pas les test. Je risque de les louper.
    Et ca ne servira a rien.

    Mais au niveau de la sensibilité, je suis bel et bien zebre.

    • Reply Rayures et Ratures 18 octobre 2018 at 15 h 28 min

      Aucune obligation de passer un test si on n’y est pas prêt 🙂 L’important est que vous soyez en paix avec vous-même ! Peut-être qu’un jour vous aurez envie de creuser le sujet en passant le test, peut-être pas, vous verrez ce qui est bon pour vous 🙂

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