Caractéristiques de zèbres

Chapitre 5: le déficit d’inhibition latente

1 mars 2016

Le déficit d’inhibition latente… Oulala, mais c’est quoi ça ?

Je vous avais promis d’expliquer simplement les caractéristiques et traits de personnalité d’un zèbre. Eh bien le déficit d’inhibition latente, malgré son nom un peu barbare, c’est un phénomène très simple, et un trait de personnalité très répandu chez les zèbres. Amis zèbres, dites-moi ce que vous en pensez, mais je ne crois pas avoir rencontré un zèbre qui n’a pas ce trait là.

Mais c’est quoi exactement ? Le déficit d’inhibition latente, c’est ce qui fait que les zèbres en ont « plein la tête ». Explications.

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Avant de vous expliquer ce qu’est le déficit d’inhibition latente, il faut bien commencer par vous expliquer ce qu’est l’inhibition latente.

L’inhibition latente, c’est un tri qui est effectué automatiquement et sans effort par votre cerveau pour distinguer les stimulis sensoriels jugés utiles de ceux qui sont jugés inutiles ou très familiers. Par exemple, lorsque vous marchez dans la rue, si une voiture arrive vers vous à grande vitesse, votre cerveau jugera cette information utile car dangereuse, et vous vous en souviendrez, tandis que vous ne ferez pas attention au bruit du marteau piqueur car il n’a pas d’utilité, donc votre cerveau « l’oublie ». Votre cerveau a réussi à filtrer les stimulations sensorielles pertinentes et a annulé la perception des informations inutiles. Ce petit coup de pouce du cerveau vous permet ainsi d’être plus concentré, et surtout, il protège votre système sensoriel.

Par exemple, ce que vous voyez ci-dessous en couleur est ce à quoi la personne normale fait attention. Ce qui est en noir et blanc a été « annulé » par le cerveau car ce n’est pas un obstacle sur le chemin ou quelque chose d’inhabituel.

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L’inhibition latente est un processus qui existe chez tout le monde !

Oui, mais face à une hypersensibilité des 5 sens comme on l’a vu dans l’épisode précédent, les zèbres reçoivent beaucoup plus d’informations que la normale. Le cerveau est alors complètement sous l’eau, il n’arrive plus à filtrer seulement les informations pertinentes, et il en laisse passer beaucoup beaucoup trop. Il n’arrive pas à les hiérarchiser.

Le déficit d’inhibition latente, c’est ça. C’est l’incapacité du cerveau à faire ce tri face à tant de stimulations sensorielles. Toutes ces informations vont donc être traitées avec la même importance chez le zèbre, il aura donc beaucoup de mal à se concentrer sur une seule source d’information. D’où la confusion, l’angoisse, le fait de paraître distrait ou rêveur, et de ne pas pouvoir se concentrer vraiment sur quelque chose de particulier et oublier le reste.

Voici, par comparaison, ce à quoi fait attention une personne ayant un déficit d’inhibition latente. Il y a de quoi en avoir plein la tête !

Attention, il est très important de noter que le déficit d’inhibition latente n’est PAS un désordre mental. Loin de là. C’est la façon dont un individu gère les données qui lui arrivent. C’est pourquoi je le considère comme un trait de personnalité.

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C’est justement le fait de devoir faire face à une multitude de stimulis, tout le temps, à une surcharge de données, qui fait que le zèbre a souvent l’impression d’en avoir « plein la tête », et de vouloir mettre son cerveau sur « pause » voire « off ». Quel petit zèbre n’a jamais dit à ses parents « j’arrive pas à dormir car j’arrive pas à arrêter de penser, pourtant je veux faire le vide, mais ça cogite quand même ».

 

Eh bien voilà, maintenant, vous savez pourquoi. C’est parce qu’il n’est pas capable de mettre de côté toutes les informations superflues comme le bruit de la ventilation ou le tic tac d’une horloge. Le zèbre prête attention à tous les détails, au risque de saturer. Et ça l’empêche de s’endormir. Ou ça le réveille au moindre bruit suspect.

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Bon. Le déficit d’inhibition latente, vous êtes d’accord, c’est fatigant. Usant même.

Mais en même temps, il y a un très beau côté. Et rien que pour ce très beau côté, je suis ravie d’être un zèbre, et j’en oublie toutes les difficultés.

Ce très beau côté, c’est la créativité. L’imagination.

Le cerveau du zèbre est submergé par des informations de toutes sortes, les sens sont en éveil, les images, les sons, les odeurs, tous ces détails auxquels une personne qui n’a pas de déficit d’inhibition latente n’accordera pas d’importance, s’associent pour former une nouvelle image dans le cerveau du zèbre, ça déclenchera peut-être une intuition, une idée géniale.

Mais ça, c’est aussi grâce au système de pensée en arborescence, et c’est le sujet du prochain épisode !

A bientôt

 

 

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14 Comments

  • Reply Iman 4 mars 2016 at 23 h 08 min

    J’ai hâte de lire les prochains »episodes ». Tu me donne envie « d’être mon vrai moi » et de fair ce que j’ai envie de faire sans me préoccuper des autres , faire mon blog , m’évader , faire du piano de la poterie … bref c’est peut être énorme à dire mais c’est la vérité : tu me redonne le goût à la vie

  • Reply Rayures et Ratures 4 mars 2016 at 23 h 26 min

    Je suis en train de travailler sur le prochain et promis promis il arrive bientôt 🙂
    Je suis ravie que ces quelques articles puissent t’aider un petit peu, il faut comme tu dis « être ton vrai toi », fais ce que tu as envie de faire sans te préoccuper des autres et tu verras, c’est comme ça aussi que tu auras de la reconnaissance et que tu verras que ce que tu fais a un impact. C’est en acceptant d’être toi-même que tu montres ta vraie richesse 🙂
    Crois-moi, j’ai hésité avant de faire ce blog. J’en ai commencé plusieurs, j’ai arrêté, tout supprimé. J’avais honte. Honte de me dévoiler autant, que des gens ne comprennent pas, se moquent de moi, trouvent ça ridicule, enfin tout ça, tout ce qu’il se passe constamment dans nos têtes. Et puis finalement un bon petit coup de pieds et je me suis lancée, et tu vois, ton commentaire est la preuve que j’ai réussi, et que j’ai bien fait d’oser et de montrer mon vrai moi. Alors merci à toi !

    • Reply iman 21 mars 2016 at 20 h 55 min

      Je lis tout juste ta réponse . Je suis très toucher. Mille merci . Tu as bien fais de te lancer , d’une ça doit te faire du bien et de deux tu as du talents donc c’est un plaisir de te lire .

  • Reply Fernandez Andréa 15 mars 2016 at 0 h 46 min

    Salut 🙂

    J’suis tombée totalement par hasard sur ton blog par un post sur instagram en tapant  » douance « .
    Ma psy m’a dit ce mot et j’ai éclaté de rire .
    As tu fais un test de QI ?

    Salut 🙂

  • Reply Emmouche 20 février 2017 at 0 h 28 min

    Bonjour bonjour,
    Il y a quelque chose que je n’ai pas trop compris car dans cet article, le fait de penser, penser et penser avant de dormir, c’est du déficit d’inhibition latente ? Cela se produit-il forcément pour chaque nuit?
    Comment peut-on se rendre compte de ce trait de personnalité si on est probablement un zèbre non détecté, on ne s’en rendra jamais compte? Il est difficile de se rendre compte de choses qui sont « normales » pour le zèbre car il pense que tout le monde est comme ça s’il ne sait pas lui-même.
    Enfin désolé je m’embrouille héhé
    Merci encore pour ces articles si passionnants et amusants!

    • Reply Rayures et Ratures 20 février 2017 at 16 h 37 min

      Re-bonjour 🙂
      Encore une fois, je ne suis ni experte ni psychologue, je préfère le préciser pour éviter tout malentendu, mes articles découlent de mes recherches et de ce qu’il se passe dans ma tête 😉
      Je pense que le fait de penser, penser et repenser avant de dormir est un mélange de beaucoup de choses ! Le déficit d’inhibition latente c’est lorsque le cerveau a du mal à trier les informations importantes/pas importantes car il en reçoit beaucoup trop. Ensuite, le questionnement incessant des zèbres, leur besoin vital de sens et de nombreux autres facteurs entrent en jeu ! Le fait d’en avoir « plein la tête » est un tout !
      J’espère que ça répond un petit peu à votre question 🙂
      Et à bientôt ! (je poste le prochain chapitre demain!)

  • Reply Léandre 8 juin 2017 at 15 h 15 min

    Bonjour,
    Ca y est je viens de comprendre ce que l’on m’a dit ! ! (pour combien de temps)
    Mon médecin avait comparé avec un bruit dans la cheminé qu’il y avait lors de la consultation et que j’inhibais pas.
    C’est pour cela que l’on parle de TDA/H, ou une forme de TDA/H. J’ai râté mes examens à cause de ça (travaux collé à la salle d’examen + orgue + le bruit des candidats…)
    Pour cette année j’ai eu le droit à un traitement (provisoire) et là c’est fantastique ! Je revis ! J’arrive à suivre les conversation, à retenir un cours, à n’avoir besoin de lire la page qu’une seule fois pour avoir toutes les idées (Epreuve : Culture Générale..)
    Et un sommeil réparateur ! c’est le bouton OFF du cerveau 😀

    Je dois faire de la rééducation cognitive pour enlever ce Deficit d’inhibition latente

    • Reply Rayures et Ratures 8 juin 2017 at 15 h 21 min

      Bonjour ! C’est super intéressant ce que vous dites 🙂
      J’avais tenté d’expliquer ce phénomène avec les informations que j’avais, mais sans savoir si cela concerne tout le monde ni comment cela fonctionne scientifiquement et si c’est prouvé. Du coup je suis super intéressée par la rééducation cognitive dont vous parlez, j’aimerais en savoir plus, comment ça se présente, à quoi ça sert, est-ce que c’est souvent conseillé, qui est le professionnel qui fait cette rééducation, tout ça, enfin j’ai plein de questions, beaucoup trop sûrement, pardon 😉

      • Reply Léandre 9 juin 2017 at 16 h 43 min

        Bonjour,
        Vous pouvez poser toutes les questions que vous voulez… je suis pareil… et c’est un réel plaisir si je peux aider à y répondre.
        Pour le TDA/H c’est une neuropsychologue qui me l’a diagnostiqué et c’est celle-ci qui fait la rééducation cognitive. Elle m’a expliqué que les premiers résultats se voyait au bout de 6 mois (c’est long…).
        Ma tante (qui est aussi zebre et souffrante de ce trouble) ne peut faire cette rééducation au vu de l’âge et des automatismes, compensations qui ont été développés.
        Je ne sais pas jusqu’à quelle âge il est possible de faire cette rééducation.
        Je vais sur mes 24 ans, et la neuropsychologue accepte de me faire ces soins.

        Si je me souviens bien, ce sont dès séances avec des exercice afin de pouvoir inhiber l’environnement. Alors en quoi consiste les exercices j’en ai aucune idée (je pars voir sur internet si je trouve des infos), voici deux liens qui expliquent le pourquoi du comment :

        https://www.tdah-france.fr/Remediation-cognitive-des-troubles.html

        https://www.happyneuronpro.com/about/remediation-et-reeducation-cognitive/

        Apparemment c’est conseillé (TDAH-France), c’est fait par une neuropsychologue.

        Comme c’est du temps et de l’argent (actuellement en apprentissage). Je commencerai les séances en Octobre. Même si le traitement est bénéfique, un soulagement pour le cerveau, la pensée, le sommeil, l’apprentissage. C’est pas une solution que je veux garder à long terme puisqu’une fois que le traitement ne fait plus effet c’est reparti (pensée en arborescence, surplus d’émotions incontrôlable, ne pas être attentif an la conversation ou à la personne et regarder les voitures passer, les gens se balader et prendre des bouts de conversations qui nous regardent pas… c’est horrible). Pour ma tante par contre c’est la seule solution qui lui reste.

        Pardon pour le roman Quand je commence à écrire j’ai dû mal an m’arrêté….

        Je pourrai revenir vers vous pour vous donner mon expériences et un avis sur cela.

  • Reply Léandre 13 juin 2017 at 11 h 58 min

    De rien ce fut avec avec plaisir hésites pas si tu as besoin de quoi que ce soit où je sais pas où quelque chose où je pourrais peut-être te renseigner

  • Reply carmon 1 septembre 2017 at 14 h 56 min

    C’est incroyable car en fait, le défaut que l’on a, quelque part, c’est de ne pas assez s’interesser aux personnes
    dites « normales » car nous, on fonctionne comme ça et dans notre tête tout le monde est semblable puisque l’on a pas d’éléments de comparaison!
    Merci Chloé!!! Je sais ce qui me reste à faire, c’est cool.
    Aurélie.

  • Reply Zoë 30 septembre 2017 at 13 h 02 min

    Pour ma part un endroit atroce a vivre, c’est les lieux remplis de centaines de personnes. Car toutes ces personnes qui font du bruit parlent, … font un bruit de fond monstrueux que je n’arrives a compenser que difficilement et que pendant deux trois heures au maximum avant d’être totalement épuisée.
    Du coup, je tends a éviter tout ces lieux, mais certains sont inéluctables comme des Halls de Gare (Bruxelles-Midi en heure de pointe, une horreur 🙁 ) ou les fêtes familiales comme des baptêmes ou mariages (12 heures dans le bruit a celui de ma soeur….)

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