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Caractéristiques de zèbres

Caractéristiques de zèbres

Le harcèlement scolaire

6 mai 2018

Le sujet du harcèlement revient fréquemment dans les échanges que je peux avoir avec les lecteurs du blog, et après un article plus général, j’avais envie de faire un focus sur le harcèlement scolaire. Car d’après l’UNICEF et le Ministère de l’Education Nationale, 1,2 million d’élèves français sont touchés par le harcèlement scolaire. Parmi eux, des petits zèbres. Pas seulement, évidemment.  N’importe qui, à n’importe quel moment, peut être victime de harcèlement scolaire.

Et ce n’est pas toujours facile pour l’entourage de s’en rendre compte.

Parce que nous avons tendance à dire que les enfants sont cruels entre eux. En disant cela, on banalise ce comportement.

Parce que lorsqu’un enfant ou adolescent rapporte une insulte ou une remarque, on se dit parfois que ça va passer, s’arrêter, que ce n’est pas grave, c’est une chamaillerie, c’est le monde des enfants. Mais les enfants ont les mêmes outils que les adultes.

Parce qu’il est facile d’attribuer le mal-être du jeune harcelé à une crise d’adolescence.

Et parce que, bien souvent, il est très difficile pour une personne harcelée de se rendre compte de la gravité des choses et d’oser en parler.

Alors j’ai discuté avec de nombreux enfants et adolescents qui ont été harcelés, avec leurs parents aussi, écouté des conférences, lu des ouvrages, et regardé des reportages et interviews qui reviennent sur le parcours de ces enfants et adolescents qui ont beaucoup souffert. Il est facile de ne pas se rendre compte de la gravité de la situation ou de ce que vit son enfant, pourtant, les conséquences peuvent être dramatiques. Cet article est là pour essayer de reconnaître une situation de harcèlement, montrer que ce n’est pas normal.

Une enseignante anglaise a, il y a quelques années, expliqué les conséquences du harcèlement à ses élèves à l’aide de deux pommes. L’image m’a marquée, et j’ai voulu la reproduire en illustration. Voici l’expérience :

 


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Quand on tape plein de fois dessus, qu’on se défoule sur une pomme, puis qu’on la regarde, elle ressemble à toutes les autres pommes. A l’extérieur, c’est un enfant qui ressemble à tous les enfants. Mais quand on coupe la pomme en deux, elle est toute abîmée à l’intérieur. C’est un enfant qui a plein de blessures.

 

Comment se manifeste le harcèlement scolaire.

Je ne peux pas faire une illustration qui résume le harcèlement scolaire. Car il n’y a pas de situation type, d’image forte. Il se caractérise par la répétition. Cela peut commencer par une insulte, proférée par une personne. Puis 3. Puis 5. Puis toute la classe. Tous les jours. Moqueries, propos rabaissants, dévalorisants, violents, déshumanisants. Insultes, coups, propos injurieux.

 

Chez l’enfant zèbre qui fait très attention au sens des mots et qui est souvent précoce au niveau verbal, ces mots ont un très fort impact.

Dans une situation de harcèlement scolaire, il y a un abus de pouvoir. Un rapport de domination imposé de façon insistante. C’est le plus fort contre le plus faible. Faible non pas car il est plus faible physiquement, mais faible car isolé par le harceleur. C’est comme cela, d’ailleurs, qu’ils arrivent petit à petit à asseoir leur emprise, à tel point qu’ils réussissent à faire croire qu’ils sont les seuls à détenir la vérité sur le harcelé. Alors celui-ci fait tout pour leur plaire, car il espère un compliment, une reconnaissance. Ce compliment n’arrive jamais, évidemment. Mais dans la tête du harcelé, s’il fait tout pour leur plaire, il pourra réussir à obtenir ce compliment. Et si eux, harceleurs, qui détiennent la vérité, le complimentent, son estime de lui-même remontera.

Le harcèlement scolaire a une particularité par rapport aux autres formes de harcèlement, c’est qu’il s’agit presque toujours d’un phénomène de groupe. Le harceleur a besoin de témoins, de rieurs, de spectateurs. Bien qu’il se défende en disant que c’est “pour rire”, il a l’intention de nuire. Nuire et faire mal n’a d’intérêt que dans le regard des autres. Si les témoins cessent de rire, le harcèlement peut diminuer. Et c’est pour ça qu’il est important, pour tout le monde, de repérer une situation de harcèlement. Car un témoin peut aussi agir pour que la situation cesse.

 

Pourquoi l’enfant se tait :

Beaucoup d’enfants harcelés n’en parlent pas. Il arrive même, parfois, que les parents apprennent la situation endurée par leur enfant très – trop – longtemps après. Voici quelques éléments pour comprendre pourquoi, d’après le témoignage d’adolescents qui ont réussi à sortir de la spirale du harcèlement et qui ont déjà un sacré recul sur leur expérience malgré leur jeune âge. (Les prénoms ont été modifiés)

 

 

« Au début, on ne se rend pas compte que c’est pas normal. On se dit que ça va passer, on minimise. On ne se rend pas compte que c’est grave. Le harcèlement se met en place par de petites touches. Ce ne sont pas des choses anodines, mais qui paraissent anodines. On se dit que ça va passer, qu’on peut supporter ça. On ne sait pas que ça va durer. Alors on se tait. On ne pense pas forcément à demander de l’aide parce qu’on ne sait pas forcément que ce n’est pas normal. »

 

 

 

 

« Au début on comprend pas, on se demande ce qu’on a fait pour mériter ça, puis au bout d’un moment, on finit par penser qu’on est responsable de ce qu’on subit. Si ça m’arrive à moi et pas aux autres, c’est que c’est de ma faute, quelque part. Si tout le monde est d’accord, c’est bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas. »

 

 

 

« Je pensais que j’allais pouvoir devenir ami avec la personne qui me harcelait. Alors je la laissais faire, je pensais qu’on allait devenir amis. Je me suis rendu compte trop tard que j’avais laissé faire trop longtemps. A l’adolescence, c’est important d’être valorisé et intégré dans un groupe. On donne une place très importante aux copains, beaucoup plus qu’aux parents, donc l’estime de soi prend un sérieux coup quand on n’a pas de copains. Je voulais rester dans le groupe, et être harcelé, finalement, ça me permettait d’être “intégré” et important dans le groupe, comme si j’étais l’élément qui fédère. Tout le monde est contre nous, et ça crée un lien. Je ne m’en rendais pas compte, sur le moment. J’avais juste l’impression que si je me rebellais, je serais rejeté. Alors qu’en fait, j’étais déjà rejeté. »

 

 

La personne harcelée cherche en elle la raison de ce harcèlement, tente de cacher cette différence, de corriger ce défaut qu’elle pense responsable de ce traitement. Mais malgré un changement de comportement, cela ne change rien. Elle est déjà prise pour cible. Quand on pense que c’est de sa faute, quand on culpabilise pour ce qui nous arrive, c’est grave.

 

« Si on m’insultait, c’était pour mon bien, pour que je change, en mieux. »

 

 

 

 

 

 

« Je ne voulais pas en parler à mes parents. J’avais honte d’être une victime, honte qu’ils découvrent ce qui m’arrivait. Je n’avais pas envie de les faire souffrir avec cette histoire, et puis, à 11 ans, c’est à moi de gérer mes relations. J’avais honte de pas être capable de me défendre, de pas savoir comment réagir. Du coup, j’ai rien dit. Je me dis que si c’est moi le problème, je pourrai le changer. Alors que leur violence, je pourrai pas. »

 

 

 

 

« J’ai peur d’en parler parce que j’ai peur qu’on me comprenne pas. Un jour, j’en ai parlé à un de mes professeurs, qui m’a dit qu’il allait être plus attentif à ce qui se passait en classe, mais comme il ne se passe pas grand chose en classe, c’est surtout en dehors, il ne m’en a jamais reparlé. Je crois qu’il voulait rester en dehors de ces petites histoires d’adolescents. J’avais beaucoup pris sur moi pour lui parler, il ne l’a pas vraiment pris au sérieux, du coup j’ai eu honte de l’avoir dit. Et je n’en ai plus jamais reparlé. »

 

 

 

 

 

 

« A l’école, c’est compliqué d’en parler aux parents, ou à d’autres adultes. On sait très bien que si on en parle, on nous traitera de balance, et du coup, ça sera pire. Il y aura des représailles, c’est sûr. »

 

 

 

 

 

Quelques signes du harcèlement, quand l’enfant rentre à la maison :

Maux de ventre, maux de tête, angoisses.

Plus envie d’aller à l’école.

Agressivité à la maison. Car l’agressivité qu’on reçoit, on l’exprime sur d’autres personnes.

Chute des notes.

Changement notable du comportement.

Troubles alimentaires.

Troubles du sommeil.

Verrues, eczéma, etc.

Larmes et colère en rentrant.

Il parle de moins en moins d’amis.

Comme un état de stress post traumatique : fuyant, évitant, inquiet, avec des insomnies, des angoisses, des ruminations, des cauchemars.

 

Le harcèlement a des conséquences dramatiques. Manifestations psychosomatiques, dépression, désinvestissement scolaire, absentéisme, dégoût profond de soi-même, et conduit même trop souvent au suicide.

 

Alors comment faire, comment aider ?

Les parents se sentent souvent impuissants. Il est difficile de se rendre compte d’une situation de harcèlement, et de se rendre compte de son ampleur, tant il s’installe de manière insidieuse, et tant l’enfant a souvent du mal à en parler. Mais lorsque l’on s’en rend compte, il y a quelques petites choses que l’on peut faire pour aider.

Restaurer l’estime de soi. L’enfant harcelé est sous emprise. Il laisse son harceleur lui dire ce qu’il vaut. Le harcèlement détruit l’estime de soi, qui est fondamental pour se construire. Avant d’apprendre à se défendre, il faut restaurer l’estime de soi. C’est la clé. L’association Marion La main tendue a d’ailleurs instauré un atelier à cet effet, l’atelier Stop and Go, pour les enfants et les parents.

Essayer de trouver des alliés sur les lieux du harcèlement, à l’école, puis sur Internet, lorsque cela continue en cyber harcèlement.

Nommer le harcèlement. C’est important de nommer le harcèlement, de prendre le temps d’expliquer ce qu’il se passe, et de dire que ce n’est pas normal, car c’est confus dans la tête de l’enfant. Il ne se rend pas toujours compte que ce qui lui arrive n’est pas normal. Il a parfois besoin qu’une figure vécue comme figure d’autorité lui dise que ce qu’il vit n’est pas normal.

Cette figure d’autorité peut être la gendarmerie. Porter plainte peut déclencher une prise de conscience chez l’enfant. Entendre quelqu’un dire qu’il ne mérite pas ça, écrire noir sur blanc le mot “violence”, voire “violence aggravée”, tout cela peut faire comprendre à l’enfant que c’est grave, et lui permettre de se débarrasser de cette honte et cette culpabilité. C’est important de dire que les harceleurs n’ont pas le droit de faire ce qu’ils lui ont fait.

Rappeler les règles, les droits de l’homme. L’enfant harcelé ne sait plus ce qui est acceptable ou non. Il faut insister sur le fait que chacun doit être respecté dans sa dignité. La violence n’a aucune justification. Personne ne mérite ça.  

 

Si tu es victime de violence :

 

Qui contacter ?

N° vert : 3020

Service et appel gratuit, ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h (sauf jours fériés)

 

N° Net Ecoute :

0 800 200 000

Numéro vert gratuit, national, anonyme, confidentiel et ouvert du lundi au vendredi 9h/19h

Ce numéro à contacter en cas de cyber harcèlement est géré par l’association E-Enfance.

Au delà de l’écoute et du conseil, elle peut vous aider au retrait d’images ou de propos blessants, voire de comptes le cas échéant.

Parce que je crois au pouvoir des histoires, j’ai décidé de vous partager un témoignage sur le harcèlement scolaire. Hugo, zèbre de 19 ans, a accepté de me raconter son histoire, et je vous la partagerai dans un prochain article !

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* En attendant, continuons à partager le projet sur Ulule pour diffuser le livre au maximum ! Et un immense merci à tous ceux qui l’ont déjà soutenu et qui lui permettront de voir le jour !!! *

 

Caractéristiques de zèbres

La harcèlement – partie 1

23 février 2018

Le harcèlement est un sujet non seulement très actuel, mais qui a en plus très souvent été abordé lors des témoignages que j’ai pu récolter. Plusieurs zèbres m’ont parlé de harcèlement vécu à l’école, dans leurs relations amoureuses, dans leur famille, ou au travail. Et beaucoup n’ont réalisé qu’après coup qu’il s’agissait de harcèlement, lorsqu’ils ont décidé d’y mettre fin, et se sont laissés faire beaucoup trop longtemps.

Il est facile de dire “mais pourquoi tu acceptes cette situation, mais pourquoi tu ne te défends pas, mais pourquoi tu restes, mais pourquoi tu ne te plains pas”. En fait, le harcèlement est quelque chose de beaucoup plus complexe, et il est très facile pour la personne harcelée de ne pas se rendre compte qu’elle est victime de harcèlement. De ne pas prendre conscience que ce qu’elle vit n’est pas normal, surtout si la personne en question est un enfant.

Alors je me suis penchée sur le sujet, pour essayer de comprendre puis de vous expliquer comment le harcèlement se met en place, pourquoi, comment ça fonctionne, est-ce que les zèbres sont plus touchés, comment faire pour s’en sortir, et donner des exemples concrets du harcèlement scolaire ou dans le milieu professionnel, afin que des gens puissent peut-être se dire “je vis la même chose” et mettre un mot dessus. Qu’ils puissent se rendre compte que ce n’est pas normal. Et réussir à sortir de la spirale.

 

Pour réaliser cette série d’articles, j’ai principalement utilisé des conférences données par Ariane BILHERAN, normalienne et docteure en psychologie clinique et psychopathologie. Les autres sources sont citées à la fin de l’article.

Partie 1 – QU’EST CE QUE LE HARCELEMENT, ET LE ZEBRE EST IL PLUS TOUCHE ?

Ariane Bilheran commence sa conférence sur le harcèlement par un rappel étymologique qui en dit long. “Harcèlement” viendrait de “herser”, utiliser la “herse”, c’est-à-dire, dans le registre agricole, couper tous les épis de blé qui dépassent. Harceler, c’est ça. C’est faire en sorte de couper ce qui dépasse, ce et ceux qui sortent du lot, qui sont différents.

Pour reprendre la définition d’Ariane Bilheran :

Le harcèlement vise la destruction progressive d’un individu ou d’un groupe par un autre individu ou groupe, au moyen de pressions réitérées destinées à obtenir de force de l’individu quelque chose contre son gré et, ce faisant, à susciter et entretenir chez l’individu un état de terreur”

Le harcèlement, c’est une violence qui se répète, des petites agressions qui s’enchaînent et durent longtemps, plusieurs mois voire plusieurs années, dans l’intention de nuire. Alors bien sûr, il est difficile de savoir quand différencier un conflit d’une situation de harcèlement, et il est difficile de se rendre compte de la violence du harcèlement au début. Car une remarque ou une insulte isolées ne sont jamais agréables à entendre mais ne paraissent pas forcément violentes. La personne insultée ne se rend pas forcément compte que c’est grave. En fait, ce qui fait la violence du harcèlement, c’est sa fréquence. Des insultes répétées, sur la durée. Des actes d’intimidation qui ne s’arrêtent plus.

Qu’il soit moral, physique ou sexuel, qu’il intervienne au travail, à l’école ou au sein même de la famille, le harcèlement suit toujours le même schéma et se fonde toujours sur le rejet de la différence. Tout et n’importe quoi peut faire l’objet de harcèlement. Tout le monde peut être pris pour cible de harcèlement. Ce n’est même pas tant la différence en elle-même qui dérange, c’est le fait d’être différent.

 

Mais concrètement, comment se présente t-il ?

 

Une situation de harcèlement se traduit par des discriminations, des menaces, des insultes, des remarques blessantes pour l’amour propre et répétées (tu es nulle, tu es moche, tu ne sers à rien, personne ne t’aime…), du harceleur à la personne harcelée.

Des intimidations, des humiliations (on vous oblige à faire quelque chose d’humiliant, souvent contraire à vos valeurs, devant un groupe, en vous menaçant de choses parfois très graves si vous ne vous soumettez pas)

Cela peut se traduire aussi par des rumeurs, par une suppression du matériel qui vous est nécessaire pour travailler et qui vous placera soit dans une incapacité (au travail) soit dans une situation où l’on considère que vous avez oublié vos affaires et vous serez puni (à l’école).

Par des demandes, comme du racket.


On n’y pense pas toujours, mais le harcèlement passe aussi par l’ignorance, l’omission, l’exclusion. Sans phrase blessante, sans un mot, on ne réagit simplement plus quand vous parlez, on ne vous répond plus, on ne vous invite plus. Ce sont des agressions détournées, mais tout aussi violentes. Et il est très difficile pour une personne extérieure de les remarquer, puisqu’il n’y a ni séquelle physique, ni preuve ou témoin.

Cet état de terreur décrit dans la définition fait qu’il est difficile pour le harcelé de se rendre vraiment compte de ce qu’il vit, d’oser en parler, voire de comprendre que ce n’est pas normal.
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Les rôles : harceleur, harcelé, et le groupe.

Le harceleur.

Dans chaque situation de harcèlement, il y a un harceleur. Une personne qui libère sa colère et sa violence sur la personne harcelée. Son but ? Déshumaniser la victime, la mener à l’auto-destruction psychique pour qu’elle continue à se maltraiter. Le harceleur va tellement lui répéter des propos dévalorisants ou humiliants à longueur de journée que le harcelé va finir par y croire, se demander ce qu’il a fait de mal, culpabiliser, ruminer. Le harceleur a gagné, c’est de l’auto-destruction.

Le harceleur a une dépendance affective, et veut qu’on le regarde en permanence, par la crainte. Il se sent souvent en danger par rapport à la personne harcelée, il a le sentiment d’être inférieur ou  moins compétent, bien qu’il ne le dise jamais évidemment, et va tout faire pour faire descendre la personne de son piédestal. Il veut qu’elle revienne au même niveau que tout le monde, que lui, voire plus bas. Il a une réelle emprise sur la personne harcelée, qu’il perçoit comme un instrument. Un outil. Lorsque la personne harcelée le craint, a peur de lui, fait ce qu’il dit, alors il a l’impression d’exister.

Le harcelé.

 

*C’est la même illustration, car le harcelé n’est pas forcément la personne fragile et le harceleur n’est pas forcément le bad boy que certains pourraient imaginer.

Le harcelé lui, a été désigné car il est différent, quelle que soit cette différence. Il subit des sévices répétés mais graduels, donc ne se rend pas forcément compte de la violence de ce qu’il vit. Souvent, il excuse au début l’agresseur, il banalise la situation, “ça va passer, je vais me défendre, c’est une dispute, une chamaillerie”, il minimise, et ressent même de l’empathie pour le harceleur, car il perçoit sa colère. Oui mais voilà, le harcèlement est sur la durée et l’intensité monte petit à petit. Alors le harcelé, qui pensait pouvoir faire face à la situation au départ, est vite emporté et s’épuise.

Les différents experts que j’ai lus et entendus mentionnent souvent la confusion des rôles. Le harceleur a une telle emprise qu’il réussit à faire porter la honte et la culpabilité de l’agression à la personne harcelée. Et réussit même parfois, lorsque le harcèlement est enfin dénoncé, à accuser la victime, car la personne harcelée, épuisée par cette violence qui dure dans le temps, réagit souvent de manière agressive envers elle-même et envers ses proches.

La personne harcelée est enfermée dans une prison psychique, épuisée, et dépendante. Elle attend que le harceleur lui donne l’autorisation pour partir. Il faut qu’une personne extérieure, vécue comme une figure d’autorité, lui fasse prendre conscience que ce qu’elle vit n’est pas normal, et l’autorise à se libérer.

Le groupe.

Une situation de harcèlement n’est pas binaire, il n’y a pas un gentil harcelé et un méchant harceleur. Il y a, surtout, un groupe. Des gens autour. S’il y a harcèlement, c’est qu’il y a probablement des gens qui ont laissé faire. Qui, passifs, ont assisté aux agressions sans réagir. Des responsables silencieux. Mais pourquoi ?

Pour plusieurs raisons. Parce que, déjà, nous avons une propension à nous soumettre à l’autorité, à perdre notre esprit critique en groupe. Pour peu que le harceleur exerce un pouvoir ou une autorité sur tout le groupe, la tendance à la soumission peut l’emporter sur l’éthique, la responsabilité individuelle (Stanley Milgram).

Ensuite, mine de rien, la personne harcelée permet au reste du groupe d’être plus lié. Elle est l’ennemi commun qui permet de rassembler les gens, notamment ceux qui auraient très bien pu être des cibles. Car tout le monde peut faire l’objet de harcèlement. Une personne témoin de harcèlement mais qui laisse faire peut se dire qu’il faut tout faire pour garder cette cible là, afin de ne pas risquer d’en devenir une elle-même. Alors, elle suit. Tout le monde se moque, alors on se moque avec les autres. On ne dit rien. On ne défend pas la personne harcelée. Pour être intégré au groupe, pour créer des liens, et pour ne pas, soi-même, devenir la cible de harcèlement.

Le zèbre est-il potentiellement plus sensible au harcèlement ?

Trop de zèbres souffrent de harcèlement. Y a-t-il alors un profil type de personnes harcelées qui correspondrait aux caractéristiques des zèbres ? Non, les experts semblent d’accord à ce sujet, il n’y a pas de profil type. N’importe qui peut être victime de harcèlement. Et n’importe quoi peut faire l’objet de harcèlement. Des milliers de personnes, adultes et enfants, vivent des situations de harcèlement moral. Et ils ne sont pas tous zèbres, loin de là. La douance n’est pas en cause. Un zèbre ne sera pas forcément harcelé, ce n’est pas une fatalité. Et une personne harcelée n’est pas forcément un zèbre. Mais il y a certaines caractéristiques, qui en fonction du vécu du zèbre (et du non-zèbre, d’ailleurs), peuvent effectivement le rendre plus vulnérable à des situations de harcèlement.  

La différence.

La victime est toujours prise pour cible en raison de sa différence, de son décalage par rapport à un groupe, qu’elle soit plus grande, plus petite, plus grosse, plus maigre, plus sensible, qu’elle pose plus de questions, qu’elle ait plus ou moins de copains, plus ou moins de frères et soeurs, une famille plus ou moins aisée, une couleur de cheveux plus ou moins répandue… Tout est sujet au harcèlement. Et le zèbre, lui, est conscience d’une différence qu’il ne peut pas expliquer. Il la ressent mais ne sait souvent pas mettre des mots dessus (si personne ne lui a expliqué son fonctionnement au préalable).

Alors, lorsqu’il est pris pour cible, il comprend que quelque chose ne va pas, il pense que c’est de sa faute, il essaye de se contrôler, de gommer cette différence qu’il ressent et qui fait qu’il est pris pour cible. Mais c’est impossible. Car il a été désigné à un moment donné, et c’est tout. Il n’a rien à se reprocher. Il n’a pas fait d’erreur. Ni de mal à qui que ce soit. Gommer cette différence ne changerait rien au harcèlement qu’il subit. Au contraire, gommer cette différence, qui est son propre fonctionnement, peut le rendre plus vulnérable.

Besoin d’être aimé.

On l’a vu à de nombreuses reprises dans les précédents articles, le zèbre a souvent un énorme besoin d’être aimé, il recherche sans cesse l’approbation des gens, et cela a un impact direct sur son estime de lui-même. C’est-à-dire qu’il peut avoir tendance à laisser les autres dire ce qu’il vaut, et c’est ce qui est dangereux dans le cas d’une situation de harcèlement.

Si le harceleur comprend cela, il en jouera forcément. Ce sera d’autant plus facile pour lui de dénigrer le zèbre harcelé.

Souvent bienveillants et altruistes, le zèbre peut même, par souci d’être aimé, se sacrifier et le revendiquer. Certains zèbres, lorsque je les ai interrogés, me disaient qu’ils étaient harcelés par tout un groupe, qu’ils laissaient faire car grâce à eux, tout le monde s’entendait bien. Ils étaient le ciment de ce groupe, et espéraient qu’un jour, le groupe les reconnaissent pour cela. Ce qui, bien entendu, n’est jamais arrivé.

Faux self et vide identitaire

S’ils sont confrontés à un environnement dans lequel leur différence est mal vécue, les zèbres apprennent tôt à se protéger et développent un faux self éloigné de leur vrai self. (cf article). Si ce faux self prend trop de place, cela crée un vide identitaire qui peut justement les rendre plus vulnérables aux harceleurs qui utilisent ce vide pour construire une identité, pour dire “mais si moi je sais pour toi”, et les rendre dépendants. Ce qui est profondément destructeur.

Idéalistes.

Bien souvent, les zèbres idéalisent les rapports humains, et ont du mal à intégrer le fait qu’une personne puisse être volontairement mauvaise. L’autre ne peut pas faire mal.

Lorsqu’ils sont confrontés à la méchanceté gratuite, à la violence gratuite, leur extra-lucidité semble prendre un coup. Ils sont désarmés, et se croient facilement coupable. Ce qui est exactement ce que souhaite le harceleur. Il pourra martyriser à souhait le zèbre, qui lui, pensera qu’il ne peut pas le faire exprès, qu’il y a forcément une raison, et que la raison est en lui. Alors il culpabilise. Et porte la responsabilité de l’agression.

En ayant en plus beaucoup d’empathie, de bienveillance et de sensibilité, les zèbres harcelés voient la détresse, la colère du harceleur. Son côté “victime”. Ils sont pris au piège de l’empathie.

Conséquences :

La réaction du harcelé, zèbre ou non, c’est donc une profonde honte de ce qui lui arrive, une culpabilité car il est persuadé que c’est de sa faute, du stress, de l’anxiété, une grave perte d’estime de soi à force de propos dénigrants qui mènent à l’auto-dépréciation, une perte des repères, et beaucoup de doutes.
Le harcèlement crée un traumatisme sévère chez le harcelé, avec des conséquences très graves, de la dépression au suicide. Il est tout le temps sous pression, tout le temps aux aguets, et met une énergie psychique considérable à essayer d’absorber ce stress permanent. Au bout d’un moment, évidemment, il s’épuise, il n’a plus assez de ressources pour faire face à cette situation, et il s’effondre psychologiquement. C’est à ce moment là qu’il pourrait se rendre compte de la violence de ce qu’il vit, mais il est si épuisé qu’il ne peut plus penser, plus se défendre, et plus sortir de la situation sans aide extérieure. Le harceleur est dans sa tête et lui répète sans cesse qu’il est nul, qu’il ne vaut rien.

Les personnes harcelées ont beaucoup de mal à parler de ce qu’elles vivent, et donc les personnes extérieures auront beaucoup de mal à repérer la gravité de la situation et à la dénoncer. Mais c’est possible. Il faut faire prendre conscience aux personnes harcelées que ce qu’elles vivent n’est pas normal.

Pour cela, mes deux prochains articles feront un focus sur le harcèlement scolaire puis le harcèlement au travail, et j’essaierai d’expliquer pourquoi la personne harcelée se tait, comment repérer une situation de harcèlement malgré le silence de l’enfant, et de donner des exemples concrets dans lesquels, peut-être, quelqu’un se retrouvera et comprendra que ce n’est pas normal. (Et après, on parlera des pervers narcissiques et manipulateurs !).

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Les sources de l’article :

Ariane Bilheran 

Milgram S., « Obedience to Authority : An Experimental View »], Calmann-Lévy, 2e éd., 270 p.

Une psy à la maison

Si vous êtes en situation de harcèlement (notamment scolaire) :

N° vert « non au harcèlement » : 3020

Si c’est sur internet :

N° vert « net écoute » : 0800 200 000

Enfin, une association a été créée pour lutter contre le harcèlement scolaire, nous en parlerons dans un futur article (son fondateur est un zèbre) mais voici le lien vers la page Facebook ainsi que le lien d’adhésion.

 

Caractéristiques de zèbres

Le phénomène de l’imposteur

3 août 2017

Bien loin des clichés selon lesquels la personne surdouée vante constamment ses mérites, en réalité certains zèbres font preuve d’une extrême modestie qui peut s’avérer problématique : c’est ce qu’on appelle le phénomène de l’imposteur. On le trouve régulièrement dans les ouvrages sous le nom de « syndrome de l’imposteur », mais cela n’a rien de pathologique ni de médical, alors le mot phénomène me semble plus approprié.

Encore une fois, comme pour toutes les caractéristiques ou réactions décrites sur ce blog, chacun peut un jour avoir une impression d’imposture, ce n’est pas exclusif aux zèbres, mais je me concentre sur eux et sur leurs caractéristiques qui peuvent favoriser l’apparition de ce phénomène (car c’est le sujet du blog en fait 🙂 )

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Le phénomène de l’imposteur, c’est lorsqu’une personne rejette le mérite lié à son propre travail et à ses propres compétences. Elle cherche une raison extérieure pour justifier son accomplissement personnel (la chance, souvent), et est convaincue qu’elle ne mérite pas d’être là où elle est aujourd’hui. Elle se sent comme un imposteur, un escroc intellectuel, et est convaincue qu’elle sera tôt ou tard découverte, que les gens finiront par se rendre compte que ce n’est qu’un imposteur. Malgré une preuve de valeur évidente venant de l’extérieur (un compliment, une promotion, une augmentation, une bonne appréciation, un prix, une acceptation dans un cursus sélectif, etc), elle se sent professionnellement ou intellectuellement incapable.

Le zèbre qui souffre de ce sentiment d’imposture a l’impression de constamment tromper les gens. A l’école, il reçoit de bonnes notes, pourtant il n’a pas l’impression d’avoir travaillé comparé à ses camarades, c’était facile pour lui, alors il se dit « je ne le mérite pas ». Il ne comprend pas que ce qu’il a réalisé si facilement soit considéré comme un succès, car pour lui ça ne l’est pas. A l’inverse, et paradoxalement, s’il a travaillé plus que nécessaire pour un examen et qu’il réussit, il niera le mérite qui lui revient en considérant que s’il a travaillé autant, le succès n’incombe qu’au travail et n’est pas lié à ses compétences. Quelle que soit la situation, il nie le mérite qu’on lui attribue. Pour lui, c’est une illusion, et une illusion ne peut pas durer longtemps, elle finira forcément par se rompre, le monde finira forcément par découvrir qu’il n’est pas si intelligent que ça, qu’il est nul même, qu’il ne connait rien (c’est ce qu’il pense).

Les zèbres qui ont ce sentiment d’imposture acceptent souvent les compliments mais ne les croient pas. Chaque avancée est pour eux liée à la chance. Et ironie du sort, chaque succès supplémentaire, au lieu de conforter le zèbre dans ses compétences, le conforte dans son sentiment d’imposture. Car s’il a réussi, on va lui en demander encore plus, et il sera donc encore moins capable d’y arriver (selon lui, toujours). Le succès mènera à plus d’attentes, plus d’exigences, et il se sent déjà incertain de maintenir son niveau actuel de performance, alors comment fera-t-il si on lui demande encore plus ?

En fait, il y a une sorte de cycle d’imposture chez la personne sujette au phénomène de l’imposteur. Il a été décrit dans l’étude de Pauline Rose Clance en 1985.

Le voici (illustré, c’est mieux!)

Chacun peut un jour expérimenter ce phénomène de l’imposteur, mais il existe tout de même certains facteurs qui favorisent son apparition et sa persistance, et notamment l’intelligence, le perfectionnisme et l’environnement.

L’intelligence.

Aucune étude n’a été faite à ce jour sur la corrélation entre sentiment d’imposture et QI, mais de nombreux experts avancent l’hypothèse que l’effet de Dunning-Kruger (un biais cognitif selon lequel (entre autres) les personnes intelligentes auraient tendance à douter de leurs compétences et à les sous-estimer) pourrait déclencher ce sentiment d’imposture.

Le perfectionnisme.

Les zèbres ont tendance à viser très très haut. Ils sont extrêmement exigeants envers eux-mêmes, et ont des attentes parfois quasi impossibles à combler. Le problème, c’est que ces attentes vont représenter non seulement leurs objectifs mais aussi leur manière de s’auto-évaluer. S’il y a le moindre petit espace entre leur réalisation et cet objectif quasi impossible, c’est qu’ils ont raté. Dès lors, n’importe quelle personne qui les félicitera sera discréditée. Ils ne comprendront pas sa réaction positive, puisque selon eux ils ont raté. Le perfectionnisme favorise le sentiment d’imposture en fixant des objectifs de perfection presque impossibles à atteindre mais que le zèbre considère comme LE succès.

Enfin, un certain type d’environnement peut servir de couveuse au phénomène d’imposteur. Ceux qui par exemple ont grandi avec la peur de ne pas être assez « bien », d’être abandonnés s’ils avaient de mauvais résultats ou la peur de ne pas combler les attentes que leurs parents avaient d’eux au niveau professionnel, seront plus sujets à ce sentiment d’imposture car leur estime de soi est très basse. Pour eux, l’ambition est avant tout motivée par le désir profond d’éviter tout sentiment de honte.

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Bon à savoir pour ceux qui se reconnaissent dans ce phénomène (zèbre ou non) :

Les vrais imposteurs ne connaissent pas ce phénomène.

C’est un sentiment dont beaucoup feront l’expérience au cours de leur vie, et les personnes douées peut-être davantage, mais ce n’est pas une condition permanente, ni une pathologie.

Ce sentiment est souvent lié au succès, quand on y pense, mais ce n’est pas une condition nécessaire pour réussir.

Il n’y a aucune raison d’avoir peur de montrer que l’on croit en ses compétences. Il faut avoir un regard bienveillant sur soi-même.

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 16/2 – Accepter sa propre particularité

11 juin 2017

 

Avant de commencer la deuxième partie de ce chapitre sur l’acceptation, il est important de se souvenir des petits personnages qui sont intervenus dans divers articles du blog et que l’on retrouvera ici (M. Ressenti est nouveau!) :

Revenons à nos moutons. Que l’on ait été identifié zèbre sur le tard, à l’âge adulte, ou que l’identification ait été faite à l’école mais niée (ou du moins pas prise en compte) par la suite, le même problème d’acceptation se pose. Il est peut-être même plus difficile d’accepter sa particularité lorsque cela nous concerne directement.

Pourtant, la reconnaissance puis l’acceptation permettent de quitter le mode de survie que beaucoup de zèbres reconnaîtront puisqu’ils sont nombreux à s’y être réfugiés.

La reconnaissance.

La prise de conscience de sa différence, la reconnaissance (la consultation avec un(e) psychologue, le passage du test, etc), sont déjà de petits pas vers l’acceptation. 

Lorsque l’on n’a pas conscience de sa singularité, ou plutôt lorsque l’on ressent un décalage sans pour autant pouvoir l’expliquer, il est difficile de s’accepter tel que l’on est. Et si l’on ne s’accepte pas, alors on essaye de se conformer aux standards, de suivre un chemin balisé qui n’est a priori pas le notre. On fait appel à notre personnalité de camouflage, et on passe à côté de ce qui nous correspondrait probablement mieux.

En revanche, lorsque l’on nous explique notre singularité, les ressentis, les réactions parfois extrêmes que l’on peut avoir, alors cela donne du sens. Beaucoup d’adultes zèbres identifiés sur le tard disent d’ailleurs qu’après la prise de conscience de leur différence ils ont repensé à toute leur vie, trouvé des explications à diverses situations vécues, trouvé un sens.

Reconnaître sa différence, c’est déjà bien, mais pour passer à l’étape supérieure de l’acceptation alors ?

 

L’acceptation.

Après la prise de conscience et la reconnaissance viennent assez souvent une période de déni, ou de colère, puis, petit à petit, naturellement, vient l’acceptation.

Avant leur prise de conscience, les zèbres niaient leur différence, faisaient comme si elle n’existait pas, persuadés que cela leur rendrait la vie plus facile. C’est peut-être vrai, je ne sais pas. Peut-être que la vie est effectivement plus facile en faisant semblant, mais ce dont je suis sûre c’est que c’est à la fois ennuyeux et frustrant de ne pas s’épanouir.

Accepter sa particularité, c’est ne plus subir. C’est accepter non seulement la personne que l’on est, mais surtout celle que l’on a toujours été. C’est ne plus lutter contre les pensées envahissantes, contre les ressentis intenses, contre les idées débordantes, contre toutes ces caractéristiques intrinsèques aux zèbres, c’est ne plus risquer de trahir ses valeurs pour se conformer et s’intégrer à tout prix. C’est comprendre, intégrer et respecter sa singularité. 

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Attention, s’accepter ne veut pas dire que les zèbres perdent l’intensité qui les caractérise, et cela ne permet pas non plus de résoudre tous les problèmes auxquels les zèbres, comme chaque être humain, peuvent être confrontés dans leur vie.


C’est simplement propice au développement personnel, à la réalisation de soi. Quand un zèbre adulte comprend qui il est et qui il a toujours été, ce qu’il percevait comme une faiblesse peut petit à petit devenir un atout. Il comprend ce qu’il doit mettre en valeur. S’accepter tel qu’il est lui donne parfois l’impulsion pour utiliser pleinement son potentiel, faire des choses, se débloquer, se lancer dans un projet, retourner apprendre à l’université, oser.

Parmi les adultes avec lesquels j’ai échangé, l’un deux s’est remis à l’écriture d’un livre, une autre à décidé de partir à la rencontre de gens inspirants lors d’un tour de France, un autre s’est reconverti dans l’enseignement, une autre s’est remise à la pratique d’un instrument rangé trop longtemps… Moi-même, je me suis inscrite en école d’arts appliqués à distance et j’ai commencé à écrire et illustrer ce blog (on me reproche souvent de ne pas parler de moi, de ne pas avoir fait d’article « à propos », alors je dissémine quelques petites informations par ci par là:) )

Je n’ai pas de solution miracle à vous proposer pour réussir à s’accepter, si ce n’est qu’il faut, à mon sens, du temps, des informations et un regard extérieur et neutre. Certains adultes zèbres sont tentés de se dire qu’il est trop tard pour accepter leur singularité, pourtant tout n’est jamais perdu, on a toujours le temps de redevenir ce que l’on a toujours vraiment été 🙂

Alors, vous êtes prêts à vous accepter tels que vous êtes ? 🙂

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 16/1 – Accepter la particularité de son enfant

1 juin 2017

Accepter la particularité de son enfant

C’est une question qui est beaucoup revenue dans vos commentaires. Elle m’a d’ailleurs interpellée, car pour moi, si vous vous posez la question et que vous êtes ici, à lire ces articles, c’est que vous avez déjà fait un petit bout sur le chemin de l’acceptation. Vous vous intéressez au sujet, vous essayez de comprendre le fonctionnement de votre enfant, et accepter sa particularité, c’est un peu ça, non, essayer de le comprendre?

Il n’y a pas de mal à se poser la question de l’acceptation. Il n’y a aucun mal non plus à éprouver de la peine, de la colère, de la détresse, de l’incompréhension, de la peur, de la frustration ou du doute lorsque l’on vous annonce que votre enfant a été identifié « surdoué », « précoce », « haut potentiel ». Une dimension inconnue s’empare du quotidien de parents de nouveaux petits zèbres, et il est tout à fait normal d’être intimidé.

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Qu’est ce que l’on a du mal à accepter, en fait ?

Parfois, certaines personnes ont du mal à accepter la particularité de leur enfant parce qu’ils ont peur de « mettre une étiquette », de le stigmatiser dans sa différence. Avoir un mot (ou des mots, plutôt) pour définir le fonctionnement particulier de l’enfant, cela peut faire peur, certains parents refusent de l’accepter car ils ont l’impression que reconnaître la spécificité de l’enfant va le placer dans une case et lui porter préjudice.

Parfois encore, des parents craignent les réactions de l’entourage ou de l’extérieur. La douance est un sujet qui suscite des réactions passionnées, positives ou négatives, souvent contradictoires d’ailleurs, et qui fait l’objet d’idées reçues opiniâtres. Reconnaître et accepter la particularité de l’enfant, c’est se confronter fatalement à ces réactions.

Enfin, il y a aussi parfois la peur de ne pas savoir comment gérer le fonctionnement particulier de l’enfant, qui intimide peut-être, de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir quoi répondre à ses questions.

Dans la vaste littérature sur les personnes douées, on parle même souvent du « deuil de l’enfant normal » ou du « deuil de l’enfant idéal ».

Le fait est que l’enfant fonctionne d’une certaine manière, et il fonctionnera comme cela toute sa vie. Ce n’est pas un problème, ce n’est pas une tare, ça ne veut pas dire qu’il est anormal. Pour reprendre les mots d’une vidéo écoutée récemment (j’ai perdu ma source mais je vais la retrouver et j’indiquerai la référence!) : c’est un enfant normal dans un monde imparfait et peu ouvert à la différence. L’enfant est lui. Il est unique. Il est spécial.

Il est intense, passe du rire aux larmes, pose des questions incessantes, pique des colères, s’entête, réagit à l’extrême, mais il est aussi très affectueux, observateur, sensible, intelligent, généreux… Mettre un mot sur sa spécificité puis l’accepter, ce n’est pas le stigmatiser, c’est l’aider à comprendre et à avancer.

Plus il sera reconnu et accepté, et plus il pourra se réaliser, s’épanouir, développer son potentiel. S’il est identifié puis accepté tel qu’il est, il pourra dompter ses particularités, en faire des forces. A l’inverse, s’il n’est pas reconnu ou s’il est reconnu zèbre mais pas accepté, il risque de mal vivre son décalage, de percevoir des points positifs de sa personnalité en points négatifs, en faiblesses, d’essayer de se conformer aux standards pour ne plus se sentir différent, mais par conséquent de ne pas se réaliser, et de s’ennuyer.

Comment faire alors, pour accepter ?

Pas grand chose ! Je crois que l’on accepte lorsque l’on essaye de comprendre la particularité de l’enfant. Lorsque l’on se renseigne, s’informe, que l’on échange avec des professionnels ou d’autres parents pour écouter leur version, leurs expériences. Il y a plein de manières possibles pour essayer de comprendre. Accepter, c’est aussi tenir compte du fonctionnement particulier de l’enfant, répondre à ses sollicitations sans culpabiliser (car on entend parfois des gens dire que les parents « gavent » ou « sur-stimulent » leurs enfants de connaissances, non, là vous répondez simplement à ses demandes). Il faut apprendre à se familiariser avec cette différence, ces réactions, cette sensibilité.

Enfin, après avoir identifié, reconnu (chez le psychologue) puis accepté cette particularité, ce qui est important c’est d’expliquer et de faire prendre conscience à l’enfant de son propre fonctionnement, afin qu’il puisse à son tour s’accepter lui-même, et s’épanouir.

Les adultes zèbres ont eux aussi besoin de s’accepter, d’autant plus qu’ils ont parfois été identifiés sur le tard. On verra ça la prochaine fois !

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 15 – Les relations amoureuses…

27 avril 2017

Lorsque j’ai fait la liste des sujets dont j’avais envie de parler, j’ai volontairement enlevé celui-ci : la relation amoureuse. La vie de couple. Cela me semblait vraiment trop difficile à appréhender. Et puis lorsque j’ai demandé les thèmes que vous souhaitiez que l’on aborde, vous m’avez tous mentionné la relation amoureuse (ou presque). Alors, promis, je prends sur moi, et je m’y colle !

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Toutes les relations sociales, et a fortiori amoureuses, sont, par définition, compliquées. Le zèbre, avec son fonctionnement peu commun, ajoute peut-être une petite touche de complexité supplémentaire. Chez lui, tout est multiplié. Trop intense, trop sensible, « trop » tout, le zèbre a souvent l’impression que trouver une personne capable de suivre (et supporter) son intensité, cela sera trop difficile. Pourtant, c’est possible !

Avant même de parler de couple, il y a la rencontre. Ce moment où deux individus vont l’un vers l’autre, échangent, partagent, discutent, dans un contexte social la plupart du temps. Avec d’autres gens. Or certains zèbres peuvent se sentir plutôt mal à l’aise en groupe. Rencontrer quelqu’un, aller vers lui, peut donc déjà s’avérer complexe pour un certain nombre d’entre eux facilement intimidés, qui ont une faible estime d’eux-mêmes, et bien souvent le sentiment d’être un imposteur. En effet, quand dans l’enfance, le zèbre a été marqué par des difficultés sociales (moqueries, décalage, impression de ne pas être à sa place), il est difficile de trouver la confiance nécessaire à cette rencontre.

Pourtant, il a envie de plaire (d’être aimé, toujours), de partager, de communiquer. Il cherche à être aimé, mais sait qu’en même temps, aimer et être aimé signifie accepter la possibilité d’être blessé. Alors il prend toujours plus de précautions avant de se livrer à quelqu’un. Rencontrer quelqu’un peut ainsi prendre plus de temps, mais petit à petit, le zèbre prend confiance et peut, lui aussi, nouer des relations. 

La personnalité, le vécu mais également la particularité des zèbres ont forcément une influence sur les caractéristiques qu’ils recherchent chez un partenaire et sur le type de relation qu’ils attendent. Je ne vais pas dresser une liste de critères à cocher avant de se mettre en couple ni la recette du bonheur, mais de la même manière qu’un individu passionné par les grands espaces sauvages aura tendance à rechercher quelqu’un qui apprécie le grand air plutôt que les activités d’intérieur, les zèbres, qui partagent un ensemble de traits communs, auront tendance à rechercher certains critères en priorité dans la personnalité de l’autre. Tout est question de personnalité.

Le zèbre est quelqu’un d’entier. Et d’idéaliste, souvent. Alors le type de relation qu’il recherche avant tout est souvent une relation de forte complicité avec son partenaire. Il se contentera rarement d’un compromis. Il veut que sa relation soit belle, parfaite, entière, et a souvent tendance à quitter les relations qui ne le satisfont plus complètement. Être en couple pour ne pas être seul, si l’on n’est plus amoureux, ce n’est pas envisageable pour lui.

Sa deuxième priorité, comme dans le travail, c’est de ne pas s’ennuyer. Le zèbre a une faible tolérance à l’ennui. Alors s’il est si curieux au quotidien et sans cesse en quête de sens, de nouveauté, il va évidemment l’être aussi dans sa vie amoureuse. Il a besoin d’être surpris, stimulé en permanence, enrichi. Son aversion pour la monotonie se retrouve une fois de plus dans sa vie de couple. Il cherchera donc quelqu’un d’assez flexible pour le suivre dans ses changements et dans sa quête permanente d’innovation. Il mettra peut être plus de temps à trouver la bonne personne, mais il trouvera celle avec laquelle il ne s’ennuie jamais. Car la possibilité même de s’ennuyer n’est pas non plus envisageable pour lui.

Ensuite, dans l’idéal, son partenaire devra être suffisamment patient pour supporter son intensité, ses passions et ses peurs, mais aussi créatif, curieux, indépendant, doté d’un bon sens de l’humour, et devra partager plusieurs de ses centres d’intérêt. Dans l’idéal… 😉 Mais encore une fois, tout dépend de la personnalité de chacun. 

Enfin, je pense que l’une des clés de succès d’une relation avec un zèbre est la compréhension. Si le zèbre a compris son fonctionnement, qu’il sait expliquer ses réactions, et que son partenaire l’accepte (pour peu qu’il ne soit pas zèbre), le comprend et l’intègre, je pense que cela facilite l’entente et la complicité.

Evidemment, vous vous doutez que toutes les caractéristiques dont nous avons parlé dans les différents chapitres et qui impactent leur vie à l’école ou à la maison vont également impacter leur vie de couple. On dit souvent que les zèbres sont difficiles à suivre, et de nombreux articles sont publiés pour aider les parents dans leur quotidien avec un enfant zèbre. Qu’en est-il donc de la vie quotidienne avec un partenaire zèbre ?

Le fait est qu’un certain nombre des caractéristiques du zèbres peuvent être difficiles à gérer pour le partenaire.

Le zèbre analyse tout ce qu’il voit, tout ce qu’il ressent, chaque petit détail de son environnement l’amène à réfléchir, et cela peut se révéler épuisant pour le partenaire dont les actions sont sans cesse analysées. Surtout lorsqu’à l’analyse, on ajoute… l’hypersensibilité. Le zèbre vit par l’émotion. Il interprète chaque geste, chaque mot, chaque expression du visage de son partenaire, et une mauvaise interprétation peut générer une grande angoisse.

De la même manière, s’il ressent un changement d’humeur que son partenaire omet de lui notifier, il se sentira mis de côté, tandis que son partenaire peut se sentir plutôt oppressé face au dévoilement de son changement d’humeur.

Enfin, le zèbre accorde beaucoup d’importance au jugement, mais le pire jugement est souvent le sien. Très lucide, il veut toujours être parfait, reconnaît ses failles, se dévalorise, et culpabilise même. Extrêmement sensible à la critique, qu’il prend souvent personnellement, si dans le couple le partenaire lui fait remarquer certains défauts, cela peut se révéler très difficile à vivre. Il a constamment besoin d’être rassuré

Pourtant, les traits de personnalité qui définissent le zèbre et peuvent lui poser problème dans la vie quotidienne sont aussi ce qui ont, j’imagine, attiré le partenaire ! La sensibilité, l’intelligence, la lucidité, la curiosité mais aussi le doute rendent le zèbre attachant et peuvent même se révéler être une force dans la vie de couple. Ses capacités d’analyse et son hypersensibilité lui procurent une facilité à comprendre les besoins de l’autre, à saisir ses humeurs et à l’aider. Le zèbre est quelqu’un de très attentionné, sa bienveillance et son empathie font qu’il est très attentif aux besoins de son conjoint, à son bien, et pense constamment à l’autre en premier (au risque de s’oublier lui-même).

Mais alors, si nos particularités peuvent être à la fois des forces mais aussi des faiblesses dans notre couple, vaut-il mieux être en couple entre zèbres ou avec un non zèbre ? Je ne pense pas qu’il y ait de réponse. L’entente dépend plus de la personnalité que des caractéristiques des deux personnes.

Souvent, c’est vrai, on s’attire car on se comprend. On se retrouve même parfois entre zèbres sans le savoir. Parmi les nombreuses publications à ce sujet, beaucoup tendent à dire qu’il est plus facile d’être en couple entre zèbres. Pourtant, je pense que ça peut rendre la relation d’autant plus complexe, car chacun, avec sa personnalité et son vécu, apporte sa propre sensibilité, son impatience, son propre niveau de réactivité émotionnelle. On peut avoir tendance à penser que l’autre nous comprend beaucoup plus facilement, car il « pense pareil ». Alors, nous faisons peut-être moins d’efforts de communication. Pourtant, chacun ayant une personnalité différente mais une tendance commune à interpréter et ressentir le moindre changement, la moindre expression, je pense qu’il faut au contraire redoubler d’efforts de communication.

Avec un non zèbre, les malentendus sont probables car les deux personnes ne voient pas le monde de la même manière, sous le même angle. Mais est-ce un problème ? Le risque, c’est que le non zèbre supporte difficilement l’intensité du zèbre pour tout, mais aussi que le zèbre, en raison de sa quête perpétuelle de nouveauté, de son attirance pour les nouvelles expériences et les apprentissages, finisse par prendre une autre direction dans sa vie. Les expériences personnelles nous font grandir, mais peuvent par conséquent nous éloigner l’un de l’autre si nous ne grandissons pas dans la même direction.

Je pense que le couple zèbre / non zèbre devra faire face à de nombreux problèmes si le partenaire ne comprend pas ou n’accepte pas la particularité du zèbre, mais qu’il sera renforcé si la personne comprend, car elle pourra alors contrebalancer le rythme du zèbre et apporter équilibre et stabilité. La clef, c’est que le zèbre ait compris et expliqué son fonctionnement.

A retenir (pour les zèbres déçus)

♡ L’intelligence c’est sexy (si tu n’es pas convaincu, regarde la dernière saison de Sherlock Holmes)

♡ On peut trouver quelqu’un qui nous comprend, qu’il soit zèbre ou non zèbre. Et ça peut très bien se passer, surtout lorsque l’on se connaît soi-même, que l’on connaît ses réactions, que l’on peut les anticiper, les expliquer. La clef, c’est de comprendre son propre fonctionnement, et d’être compris par son partenaire.

♡ On peut aussi être très bien tout seul.

♡ Zèbre ou non zèbre, peu importe. Vous saurez probablement vous-même très vite si vous avez une compatibilité en termes de personnalité, que la personne ait des rayures ou non.

♡ L’hypersensibilité et les particularités du zèbre, si elles apportent leur lot de complexité dans la relation, rendent aussi le zèbre particulièrement attachant (enfin, je trouve 🙂 ) C’est rare et précieux de croiser quelqu’un qui s’intéresse à tout, se soucie de tout et a le cœur sur la main. Non ? 

Un petit cœur zébré pour clore ce chapitre et vous remercier de me suivre, de me lire, de partager vos avis, vos remarques, vos questions, votre encouragement, et de me donner envie de continuer ! ♡

 

 

 

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 14 – Trouver sa voie professionnelle

24 mars 2017

 

A moins d’avoir une vocation depuis très jeune, il est difficile de choisir un métier pour l’avenir, surtout dans la société actuelle ou nous avons toujours plus de choix.

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Alors si l’on est hypersensible, que l’injustice nous met hors de nous, et que l’on attache énormément d’importance au jugement des gens et notamment à l’approbation de notre entourage, vous imaginez bien que c’est encore plus compliqué. Souvent, on lit d’ailleurs que les zèbres sont « instables professionnellement ». Mais pourquoi ?

Le zèbre est quelqu’un d’extrêmement curieux. Il aura envie d’étudier toutes les matières qui l’intéressent, et d’essayer de nombreux métiers. Pourtant, on nous demande très tôt dans notre parcours scolaire de nous spécialiser, de choisir des matières, choisir des études, en vue de choisir une profession.

Choisir.

Pour le zèbre, choisir est vraiment difficile, d’autant plus que l’approbation de son entourage est quelque chose de très important pour lui. Alors, qu’il soit mauvais en classe, ou bon partout, il écoutera ses professeurs et ses parents le guider vers une profession qui semble lui correspondre, où il semblera être compétent.

Mais est-ce pour autant ce qu’il veut vraiment faire ?

Souvent, le zèbre est très créatif et rêve secrètement de s’orienter vers une carrière artistique, dans la peinture, la musique, l’histoire de l’art… Ou alors, il s’intéresse tellement à un sujet qu’il voudrait faire de la recherche exclusivement dans ce domaine (en archéologie par exemple). Ces voies très spécifiques étant considérées comme «bouchées», il est assez rare qu’ils soient confortés dans ce choix là. Proches et professeurs préfèreront souvent leur dire de continuer leurs études en parallèle de leurs activités artistiques ou de leurs intérêts, pour plus de sécurité et de stabilité. Parce que la sécurité, c’est aussi quelque chose que les zèbres recherchent, vous vous souvenez ?

Trouver le bon équilibre entre désir et stabilité, entre passion et raison, quand tout nous intéresse, ce n’est pas chose facile.

Surtout s’il faut ajouter au désir et à la sécurité un troisième élément : la stimulation.

Le zèbre ne supporte pas l’ennui. L’important pour lui, dans son travail (et dans sa vie en général), c’est qu’il ne s’ennuie pas, qu’il soit stimulé sans arrêt, qu’il puisse être passionné par ce qu’il fait, et surtout, qu’il n’y ait pas de tâches répétitives… Dès lors que le zèbre a l’impression de stagner, de ne plus rien apprendre, c’est le blocage, l’ennui total, la remise en cause de tout, la dépression parfois même.

En général, quand un zèbre commence à travailler dans une entreprise, ça se passe comme ça : il débute, il découvre, ça l’intéresse. Il apprend des choses.

Puis très vite, il a fait le tour, a vu comment ça fonctionnait, et c’est là que l’ennui se pointe et que les tâches perdent leur intérêt.

Alors il veut partir, démissionner, fuir.

En se disant que ce sera peut-être mieux ailleurs.

Et puis finalement, ailleurs, ça recommence.

Il découvre, il apprend, puis il maîtrise, il se lasse, et il veut repartir.

C’est un peu comme si son cerveau s’embourbait dès qu’il ne se passe plus rien de nouveau. Comme s’il s’endormait (mais sans endormir le flux constant de pensées qui n’ont rien à voir, ce serait trop simple… )

Enfin, on l’a vu dans un précédent chapitre, la relation du zèbre avec l’autorité est compliquée, et au travail, ça pose souvent problème, d’autant qu’un certain nombre d’entreprises fonctionne encore avec un modèle ancien, où le mérite et le talent ont moins de place que la conformité et la politique. Pas étonnant donc que le zèbre qui propose beaucoup (trop) de changements à peine arrivé bouscule l’ordre établi et s’attire les foudres de sa hiérarchie. Si l’on ajoute à cela qu’il a du mal à exprimer le cheminement de sa pensée qui l’a amené à prendre ses décisions, qu’il pose beaucoup de questions pour être sûr de tout comprendre, et qu’il fait passer ses principes moraux et humanistes avant la recherche du profit, on peut en déduire aisément qu‘il se fond difficilement dans l’organisation.

Alors, puisque de nombreux domaines l’attirent, qu’il ne supporte pas l’ennui et se trouve rarement à sa place dans l’entreprise, le zèbre songe souvent à changer de métier, regrette ce à quoi il a renoncé en faisant les choix qu’il a faits, et a envie d’essayer autre chose.

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Lors de mes discussions avec de nombreux zèbres adultes, beaucoup me disent qu’ils ne se sentent pas « expert » (moi la première), qu’ils ont beaucoup changé de poste et n’ont pas de parcours « cohérent », qu’ils ne se sont pas spécialisés contrairement aux autres personnes qu’ils ont pu croiser dans leur vie professionnelle. Pourtant, leur force c’est exactement ça. La polyvalence. Guidée par la passion, la curiosité, et la bienveillance. Certains domaines y sont réticents, mais d’autres accueillent cette compétence à bras ouverts. Et il faut la mettre en avant.

Mais pour cela, il faut parfois oser quitter le travail qui ne les satisfait pas. Par peur du jugement, par peur de perdre un statut social, par peur de rater, mais aussi et surtout par peur de ne plus être en sécurité, changer radicalement de travail est un choix difficile à faire. Un choix plein d’incertitudes. Souvent, c’est même lors d’un arrêt forcé comme un long arrêt maladie, une période de chômage ou un congé maternité que le zèbre (et même le non-zèbre, c’est valable pour tout le monde évidemment) s’autorise à faire ce qui lui plait, et se découvre une nouvelle vocation.

Parfois, c’est un métier manuel, parfois le zèbre se met à son compte pour se libérer de la hiérarchie (mais attention, ce n’est pas une solution pour tout le monde, la montagne de papiers administratifs qui attend les entrepreneurs peut s’avérer problématique pour le zèbre), parfois c’est un métier peu satisfaisant intellectuellement mais peu prenant et qui laisse donc toute la place aux projets personnels que l’on peut réaliser à côté… Il y en a pour tout le monde. Nous sommes tous différents, mais je suis persuadée que chacun est capable de trouver le bon équilibre entre désir, stimulation et sécurité. Et si les expériences malheureuses passées sont considérées négativement par le zèbre, elles lui ont pourtant beaucoup appris sur la vie en entreprise, les relations entre les gens et ce que le zèbre lui-même recherche dans son travail et dans sa vie, et influenceront positivement ses choix futurs.

Dans ma rubrique témoignages, vous découvrirez les témoignages de zèbres ayant vaincu l’ennui, la sensation de ne pas être à sa place et la relation difficile avec la hiérarchie en choisissant une reconversion, en changeant simplement de domaine, en changeant leur façon de voir les choses au même poste, ou en devenant entrepreneurs.

 

A très vite !

 

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 13/2 – la peur de l’échec

21 février 2017

A la fin de la première partie sur la peur de l’échec, nous nous posions cette question :

Et si on changeait d’attitude face à l’échec ? Si on arrêtait de stigmatiser nos erreurs ?

 

Attention, je ne parle pas de toutes les erreurs. Il faut bien évidemment distinguer avant toute chose les erreurs à sanctionner (un comportement irrespectueux, une atteinte à la liberté d’autrui ou une atteinte physique par exemple), des erreurs d’apprentissage, à corriger. Celles qui font que l’on a tenté quelque chose mais que l’on n’a pas eu le résultat escompté pour diverses raisons. Ce sont ces “échecs” qui méritent que l’on s’arrête dessus, que l’on réfléchisse, et qui nous permettent de nous améliorer. Il faut bien différencier corriger et sanctionner.

 

L’échec, c’est d’abord une question de point de vue. Une question de mentalité. Si en France on stigmatise l’échec, ce n’est heureusement pas le cas partout. Se pencher sur les autres façons de considérer ses erreurs peut permettre au zèbre de prendre du recul.


Dans la mentalité anglo saxonne par exemple, échouer, c’est apprendre. Echouer, c’est expérimenter. Bien loin d’être considéré comme l’ennemi de la réussite, l’échec est au contraire un passage obligé vers la réussite. Tous les grands leaders le disent aujourd’hui. S’ils ont pu devenir leaders, c’est justement parce qu’ils ont réussi à surmonter les obstacles, appris de leurs erreurs et persévéré. C’est en prenant des risques, en entreprenant, en tombant puis en se relevant qu’ils ont pu accéder au chemin de la réussite.

La réussite est bâtie sur des échecs.

La société ne reconnaît pas seulement les brillants résultats de leur entreprise aujourd’hui ou leur formidable innovation technologique, elle reconnaît également leur parcours et leur persévérance. On ne demande pas à tout le monde d’être un grand leader, mais peut-être que si nous pensions comme cela, nous aussi, nous serions moins bloqués par la peur de l’échec. Car derrière nos peurs, il y a nos envies et nos rêves.

Un résultat, ça se change. Ca évolue. Un rêve, en général, reste, lui, bien ancré dans notre tête, tant qu’il n’est pas réalisé.

La réussite finalement, c’est se donner les moyens de faire ce qui nous plaît. De réaliser nos envies. Pas se soumettre à un travail qui ne nous épanouit pas totalement sous prétexte qu’il est stable, bien rémunéré, conforme aux attentes de la société ou de l’entourage, en adéquation avec ce que l’on a fait “avant”, ou valorisé socialement. Si on ne travaille que ce que l’on sait faire, on ne progresse pas. On s’éteint. Réussir, c’est donner le maximum de ses capacités, prendre du recul, analyser ce qui doit être amélioré, persévérer. Entreprendre au risque de se tromper, c’est une occasion unique d’apprendre. Pour le zèbre qui a une curiosité insatiable et soif d’apprendre, ça peut justement être un moyen de lui faire comprendre qu’il faut oser, et faire des efforts.

Note : il est essentiel de prendre des risques, mais il faut évidemment les mesurer ! Mon but n’est pas de vous pousser à prendre des risques inconsidérés, mais de vous faire réfléchir à un équilibre entre vos envies et le prix à payer.

 

L’échec est loin d’être le résultat d’un manque d’intelligence ou d’un manque d’attention comme on le voyait dans la première partie de ce chapitre. Il est plutôt le signe d’un manque d’expérience. Et un manque d’expérience se comble facilement par la motivation, l’effort, la persévérance.

Tout ceci est assez théorique, j’en conviens. Changer de mentalité, en théorie, cela résoudrait notre blocage. Mais c’est facile à dire. En pratique, on ne change pas du jour au lendemain. Moi-même, je me suis lancée dans plusieurs projets. Et si mes amis américains me motivent en valorisant ma volonté, le courage d’oser et en me disant que réussir, c’est ça, la mentalité française est tout de même bien ancrée en moi et m’empêche souvent d’avancer.

(aucun cliché dans l’illustration à suivre… non non 😉 )

Je remets constamment en question mon choix et je me bloque toute seule. Mais au moins, lorsqu’on en prend conscience, lorsqu’on met le doigt sur ce qui nous bloque, ça crée une porte de sortie. Une porte qui va vers la réussite.

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Certes, si on essaye de changer de mentalité et que l’on arrive à se convaincre que faire des erreurs, rater, c’est expérimenter et apprendre, on a plus de chances de réussir à surmonter cette peur de l’échec.
Mais il n’y a pas que cela qui bloque le zèbre. Souvent, l’hypersensibilité du zèbre fait qu’il a tendance a tout prendre très fort et surtout de manière très personnelle, ce qui rend très difficile pour lui la distinction entre l’échec d’un de ses projets ou d’un devoir, et l’échec de sa personne. Un résultat ne définit personne. Un individu qui se trompe et rate son objectif n’est pas un raté.

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Si l’hypersensibilité des zèbres accentue le risque de blocage lié à la peur de l’échec, ils disposent en revanche, par leurs caractéristiques intrinsèques, d’atouts indéniables pour réussir dans la vie. Ils ne s’en sont pas forcément rendu compte car ce sont ces mêmes qualités qui font que souvent, ils échouent à l’école.

En effet, la curiosité du zèbre est souvent récompensée en classe par un “hors sujet” sur ses copies. Avide de savoir dans les matières qui l’intéressent, le zèbre s’est informé davantage et répond au sujet en incluant ce qu’il a appris par ses recherches personnelles au lieu de se contenter de l’information dans ses cours.

Sa passion, elle, se matérialise par un intérêt très fort pour certaines matières, et un désintérêt tout aussi fort pour d’autres. Il travaille ce qui l’intéresse. Ce qui est rarement source de bonnes appréciations.

Enfin, le zèbre est créatif. Innovant. Mais on ne nous demande pas de répondre avec originalité dans un devoir, on vérifie nos connaissances. Il faut savoir restituer.

Pourtant, curiosité, passion et créativité sont de sacrés trésors à préserver.

Car une fois arrivé à l’âge adulte, il faut être passionné par ce que l’on fait pour en tirer satisfaction et exceller, il faut être curieux, chercher et ne jamais se contenter de ce qu’on nous demande pour avancer dans notre vie professionnelle, et on nous répète constamment qu’il faut être créatif.

Alors il faut que les zèbres prennent bien soin de ces qualités qu’ils ont la chance d’avoir, et qu’ils ne laissent pas le système les brider. D’où l’importance d’essayer de changer de vision face à l’échec. 

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On ne pourra pas changer le monde ni le système en un article de blog, mais si on prend conscience de sa peur de l’échec, de sa cause, de son ampleur, de ses impacts sur ses choix personnels, de l’impact dans notre jugement des autres, et que l’on arrive à percevoir l’échec autrement, alors c’est bénéfique. C’est en essayant, en faisant des efforts que l’on est respecté et que l’on peut être fier.

 

A retenir :

° Il faut changer de vision sur l’échec. Pour soi et pour les autres. Dans sa vie personnelle et dans sa vie professionnelle.

° Echouer, c’est expérimenter.

° Les réussites sont bâties sur des échecs.

° Rater quelque chose ne veut pas dire être raté.

° Curiosité, passion et créativité sont réprimées dans le système scolaire mais indispensables dans la vie 🙂

PS : lorsque je critique le système scolaire, je tiens à préciser que je ne critique pas tous les enseignants 🙂 En réalité, je reçois beaucoup de messages d’enseignants qui lisent mes articles, s’intéressent au sujet et voudraient  justement changer les choses, et prendre en considération les besoins spécifiques des enfants précoces (et des autres évidemment) qui se trouvent en difficulté (ils ne le sont pas tous). Malheureusement, ce même système leur met des bâtons dans les roues.


Caractéristiques de zèbres

Chapitre 13/1 – la peur de l’échec

15 janvier 2017

Ah, la peur de l’échec…

Vous savez, celle qui nous casse dans notre élan, nous paralyse et nous empêche d’avancer. La peur de se tromper. D’échouer.

C’est une des peurs les plus répandues dans la population française, que l’on traîne souvent depuis très très longtemps puisqu’elle nous est transmise dès les premiers jours d’école, si ce n’est avant.

L’hypersensibilité du zèbre, son observation et sa lucidité impitoyable accroissent cette peur qui devient alors maladive et handicapante. Mais pourquoi réagit-on ainsi face à l’échec ?

 

Depuis nos premiers jours d’école, le mot « erreur » est omniprésent dans le discours des professeurs. Il ne faut surtout pas se tromper. Se tromper sera même sanctionné. Mais pourquoi ?

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Parce que dans le système actuel, à l’école, en entreprise, en société, faire une erreur sous-entend quelque chose de négatif. On n’a pas le droit à l’erreur.

Dans notre société actuelle, on stigmatise même l’échec. Celui qui loupe son examen, celui qui crée une boîte qui ne fonctionne pas aussi bien que ce qu’il avait imaginé, celui qui tente quelque chose d’infructueux, on dit qu’il a échoué, et la société le considère souvent comme un minable, un perdant, un loser. Echouer est alors synonyme de quelque chose de terrible. D’humiliant. De destructeur.


 

Une personne qui a échoué va être marquée pour très longtemps, et son ou ses échecs vont avoir un impact considérable dans ses choix futurs. Si l’impact pourrait et devrait être positif (on verra ça dans la deuxième partie du chapitre, en ligne prochainement), il est malheureusement souvent négatif. La stigmatisation de l’échec handicape.

A l’école, faire une erreur est souvent interprété comme un manque de travail. Si l’enfant se trompe, c’est forcément qu’il n’a pas assez travaillé sa leçon. Ou bien qu’il n’a pas fait attention en complétant l’exercice. Parfois même, certains l’interprètent comme un manque d’intelligence. Si l’enfant se trompe, il faut le sanctionner, le punir, pour l’empêcher de recommencer.

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Manque de travail, manque d’attention, manque d’intelligence… Cette notion de « manque » résonne dans la tête d’un enfant ou d’un zèbre adulte comme un synonyme d’infériorité. Si on fait une erreur, c’est que l’on est inférieur aux autres, à ceux qui ont répondu correctement. Si on fait une erreur, on risque la réprobation des enseignants, des collègues, des supérieurs hiérarchiques.


Quoi de pire pour un zèbre qui passe son temps à chercher l’approbation et l’affection ?

Alors, il en déduira qu’il est interdit de se tromper, qu’il faut toujours avoir la bonne réponse. Et que s’il ne l’a pas, il décevra son entourage.

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Justement, lorsque le zèbre a une peur maladive de l’échec, de quoi a t-il peur réellement ? N’a t-il pas plutôt peur de décevoir ?

Echouer, en soi, ce n’est pas si terrifiant. Ce qui nous fait peur est bien plus abstrait et complexe.

Pour le zèbre hypersensible et sans cesse en quête d’amour (car l’amour, c’est la sécurité), la peur de l’échec, c’est la peur de ne pas satisfaire. Ne pas satisfaire ses parents, son entourage, ses professeurs. Il est persuadé que s’il se trompe, il décevra son entourage, qui, bien évidemment, ne l’aimera plus. (Logique de zèbre).

C’est la peur de ne plus être aimé.

C’est la peur de la honte. Honte de ne pas être ce que (l’on pense que) les autres attendent de nous.




C’est aussi la peur du jugement. Celui que les gens porteront sur notre erreur. Et celle que nous-mêmes porterons sur notre erreur. S’il se trompe, le zèbre se trouvera lamentable.

Parfois, pour les zèbres adultes, c’est également la peur de réussir. La peur de ne pas pouvoir faire face aux responsabilités ou à la demande.

 

On se doute bien que toutes ces peurs vont avoir un impact sur la personnalité, la réaction ou les pensées du zèbre.

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Quelles sont donc les conséquences de cette stigmatisation de l’échec ?

Là, je crois qu’on peut en faire une liste, car les énumérer dans un même paragraphe serait très indigeste.

 

  1. L’une des principales conséquences de la peur de l’échec, c’est la dévalorisation. La stigmatisation de l’échec a un impact énorme sur l’estime de soi. Une mauvaise note sera très mal vécue par l’enfant zèbre, et une correction peut être très mal vécue par l’adulte zèbre au travail. Le zèbre retiendra que se tromper, c’est être idiot, et sera persuadé d’être un incapable. Il doutera de ses capacités.

Parfois, pour combler ce manque de confiance, les zèbres vont à l’inverse se comporter comme s’ils étaient très sûrs d’eux. En apparence.

  1. L’anxiété générée par la peur maladive de l’échec chez le zèbre crée souvent un blocage intellectuel qui met l’enfant en difficulté, et le conforte dans son ressenti d’échec.



  1. Le manque d’autonomie. Les enfants (tous, pas que les zèbres), n’apprennent pas à travailler pour eux-mêmes à l’école. Ils apprennent à travailler pour atteindre les objectifs fixés par les professeurs. En entreprise comme à l’école, c’est une figure d’autorité qui leur dira s’ils ont « réussi ». Ils travaillent pour validation, pour ne pas décevoir. Ce qui n’est pas du tout un comportement autonome.



  1. Pas étonnant donc qu’ils manquent de persévérance, s’ils ont perdu le sens de ce qu’ils font ! Les zèbres ont un besoin existentiel de sens, comme on l’a vu dans un précédent chapitre, alors s’ils ne savent pas pourquoi on leur demande de faire quelque chose en particulier, il y a de grandes chances pour qu’ils pensent que ça ne vaut pas la peine d’insister. Le risque d’échec est trop élevé.



  1. Par peur d’échouer, on procrastine. Et on n’entreprend plus. A trop s’attarder sur ses erreurs, le zèbre renonce, pense que ça ne vaut pas la peine d’insister. Il préfère ne plus prendre le risque de décevoir ou d’être lui-même déçu. Adulte, il a peur d’entreprendre. Devant la peur de l’erreur, il refuse de prendre des risques ou tenter de nouvelles expériences. Pourtant, la satisfaction qui découlerait de la prise de risque serait nettement plus élevée… C’est dommage.



  1. Certains zèbres réagiront à cette peur de l’échec en devenant perfectionnistes. Plus que du simple perfectionnisme, on parle même de perfectionnisme obsessionnel ou excessif. Pour être certain de ne pas se retrouver en situation d’échec, le zèbre fera en sorte d’être le premier partout, tout le temps, de tout faire parfaitement. Son niveau d’exigence est considérable.



  1. Trouver une excuse pour rater. Parfois, le zèbre préfère même ne pas travailler pour ne pas risquer d’échouer. De cette manière, il saura expliquer son échec, il aura fait exprès.



Lorsque notre niveau de peur est très très haut, on vise la perfection pour se rassurer. C’est parfait, ou c’est pas la peine. Si on a peur de l’échec, on ne veut faire que ce que l’on connait, ce que l’on maîtrise, car on a beaucoup moins de chances de se tromper. Mais croyez vous vraiment que la réussite est là ?


Non. L’échec est là. L’échec, c’est ça.

C’est ne pas passer à l’action. De rester dans la routine. De ne pas essayer. De ne pas créer. De craindre.

Le seul moyen d’échouer, c’est donc de le décider soi-même.

chapitre 13 - 19Et si on changeait d’attitude, alors, face à l’échec ? Si on arrêtait de stigmatiser nos erreurs ?

Mais ça, on en parlera la prochaine fois !

Vous avez lu la partie négative, maintenant, place à la partie positive, celle qui normalement vous remotive et essaye de donner quelques petites clés pour dépasser ces blocages : c’est ici 

 

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 12 – les interactions sociales

21 novembre 2016

Les relations sociales sont essentielles dans la vie de chaque individu, mais encore plus dans la vie du zèbre pour qui l’approbation de l’entourage est très importante.

Pourtant, avoir des relations sociales saines et épanouissantes peut être difficile pour certains, et notamment pour les zèbres.

Leurs caractéristiques que l’on a évoquées dans les chapitres précédents peuvent créer un décalage et, de ce fait, des barrières à l’intégration.


Cela se manifeste de différentes manières, dont voici les principales :

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Le rejet.

Dès l’enfance, même s’il ne sait pas l’expliquer ou mettre un mot dessus, son décalage est réel et passe rarement inaperçu. Ses réactions peu communes font rire, ses centres d’intérêt divergents sont souvent sujets aux moqueries. Dans la cour d’école comme au travail plus tard, la moindre particularité va faire dire aux gens « il/elle est bizarre ». Face aux normes d’un groupe, le décalage du zèbre peut conduire au rejet.

Considéré comme le vilain petit canard, il est au mieux isolé, au pire un bouc émissaire, et subit humiliations et exclusion, sans comprendre pourquoi. Et lorsque l’on ne comprend pas la raison d’un tel rejet, quoi de plus simple que de penser que c’est de notre faute ?

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S’exclure soi-même.

Le risque de s’exclure soi même est également fréquent chez les zèbres, pour deux raisons.

Parfois, pour combler l’ennui du quotidien, on s’imagine une autre vie. Je pense que tout le monde a fait ça à un moment donné, en décrochant lors d’un repas ennuyeux ou d’une réunion sans intérêt. C’est normal. Mais chez certains zèbres, c’est très (trop) fréquent. Ils s’ennuient tellement qu’ils développent un monde imaginaire, plus intéressant, plus drôle, avec des relations plus justes, plus entières, plus satisfaisantes. Je l’ai fait toute mon enfance, et je le fais encore. Ca me sauve fréquemment, mais le risque est de le faire si souvent que l’on finit par s’exclure soi même inconsciemment.

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Enfin, le zèbre peut également s’isoler par manque de confiance. Il est courant qu’il s’accorde peu de valeur, n’ose pas s’affirmer par honte d’avoir tort, de dire quelque chose d’incorrect, d’imparfait ou par peur du conflit. Il reste alors discret et participe peu aux conversations, surtout au sein d’un groupe. Pourtant, il aurait beaucoup de choses intéressantes à partager. Mais en raison d’une faible estime de soi, il va préférer rester en retrait, s’exclure à nouveau du groupe.

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Le caméléon.

Parfois, tout va bien. Enfin, en apparence. L’entourage qui a lu deux ou trois livres sur l’enfant précoce et a retenu qu’un enfant précoce est exclu dira « il a des amis, il ne doit pas être surdoué finalement ». Et pourtant.

Certains zèbres ont une capacité de « caméléon » particulièrement impressionnante. C’est à dire que pour être aimés (on en revient toujours là… ), ils vont s’adapter à leurs interlocuteurs. Leur lucidité et leurs capacités d’analyse vont leur permettre de mettre en avant une facette de leur personnalité qui correspond plus ou moins à leur interlocuteur, ou de faire semblant (le retour du faux self 🙂 ). Pourtant, malgré une vie sociale saine en apparence et même lorsqu’il est avec d’autres, le zèbre peut se sentir terriblement seul car il n’est pas vraiment lui-même, pas sincère. Il y a un vrai décalage entre ce qu’il sait qu’il est et l’image qu’il renvoie volontairement aux autres. Il fait semblant, et la façade qu’il se crée pour plaire peut engendrer une très grande frustration. Car même bien entouré, le zèbre aura souvent l’impression que finalement, personne ne le connait réellement, car personne ne peut le comprendre.

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Et parfois, quand même, tout va bien !

Bon, ce n’est pas très rigolo tout ça ! Est-ce que le zèbre est condamné à avoir du mal à gérer ses interactions sociales ? Non !

Soyons un peu positif, ça peut aussi très bien se passer, on peut être zèbre et avoir des relations saines et sincères avec les gens ! Mais ça, c’est surtout quand on sait qui l’on est, quand on a compris comment on fonctionne, de quoi on a besoin, que l’on s’assume. Et éventuellement, dans le meilleur des cas, que l’on a réussi à diriger sa vie pour être avec des gens qui nous correspondent, avec qui on se sent bien et avec qui on ose être soi-même.

D’où l’importance de prendre conscience de sa différence, et d’être aidé(es) par des professionnels pour que la différence devienne une singularité.

PS : On lit souvent que le zèbre est solitaire. Je ne sais pas si c’est le cas de la majorité, mais c’est assez vrai pour beaucoup. En revanche, il ne faut pas confondre solitaire et solitude. On peut avoir besoin d’être seul(e) tout en ayant de vrais amis. Et sans souffrir de solitude.