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Caractéristiques de zèbres

Caractéristiques de zèbres

Le phénomène de l’imposteur

3 août 2017

Bien loin des clichés selon lesquels la personne surdouée vante constamment ses mérites, en réalité certains zèbres font preuve d’une extrême modestie qui peut s’avérer problématique : c’est ce qu’on appelle le phénomène de l’imposteur. On le trouve régulièrement dans les ouvrages sous le nom de « syndrome de l’imposteur », mais cela n’a rien de pathologique ni de médical, alors le mot phénomène me semble plus approprié.

Encore une fois, comme pour toutes les caractéristiques ou réactions décrites sur ce blog, chacun peut un jour avoir une impression d’imposture, ce n’est pas exclusif aux zèbres, mais je me concentre sur eux et sur leurs caractéristiques qui peuvent favoriser l’apparition de ce phénomène (car c’est le sujet du blog en fait 🙂 )

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Le phénomène de l’imposteur, c’est lorsqu’une personne rejette le mérite lié à son propre travail et à ses propres compétences. Elle cherche une raison extérieure pour justifier son accomplissement personnel (la chance, souvent), et est convaincue qu’elle ne mérite pas d’être là où elle est aujourd’hui. Elle se sent comme un imposteur, un escroc intellectuel, et est convaincue qu’elle sera tôt ou tard découverte, que les gens finiront par se rendre compte que ce n’est qu’un imposteur. Malgré une preuve de valeur évidente venant de l’extérieur (un compliment, une promotion, une augmentation, une bonne appréciation, un prix, une acceptation dans un cursus sélectif, etc), elle se sent professionnellement ou intellectuellement incapable.

Le zèbre qui souffre de ce sentiment d’imposture a l’impression de constamment tromper les gens. A l’école, il reçoit de bonnes notes, pourtant il n’a pas l’impression d’avoir travaillé comparé à ses camarades, c’était facile pour lui, alors il se dit « je ne le mérite pas ». Il ne comprend pas que ce qu’il a réalisé si facilement soit considéré comme un succès, car pour lui ça ne l’est pas. A l’inverse, et paradoxalement, s’il a travaillé plus que nécessaire pour un examen et qu’il réussit, il niera le mérite qui lui revient en considérant que s’il a travaillé autant, le succès n’incombe qu’au travail et n’est pas lié à ses compétences. Quelle que soit la situation, il nie le mérite qu’on lui attribue. Pour lui, c’est une illusion, et une illusion ne peut pas durer longtemps, elle finira forcément par se rompre, le monde finira forcément par découvrir qu’il n’est pas si intelligent que ça, qu’il est nul même, qu’il ne connait rien (c’est ce qu’il pense).

Les zèbres qui ont ce sentiment d’imposture acceptent souvent les compliments mais ne les croient pas. Chaque avancée est pour eux liée à la chance. Et ironie du sort, chaque succès supplémentaire, au lieu de conforter le zèbre dans ses compétences, le conforte dans son sentiment d’imposture. Car s’il a réussi, on va lui en demander encore plus, et il sera donc encore moins capable d’y arriver (selon lui, toujours). Le succès mènera à plus d’attentes, plus d’exigences, et il se sent déjà incertain de maintenir son niveau actuel de performance, alors comment fera-t-il si on lui demande encore plus ?

En fait, il y a une sorte de cycle d’imposture chez la personne sujette au phénomène de l’imposteur. Il a été décrit dans l’étude de Pauline Rose Clance en 1985.

Le voici (illustré, c’est mieux!)

Chacun peut un jour expérimenter ce phénomène de l’imposteur, mais il existe tout de même certains facteurs qui favorisent son apparition et sa persistance, et notamment l’intelligence, le perfectionnisme et l’environnement.

L’intelligence.

Aucune étude n’a été faite à ce jour sur la corrélation entre sentiment d’imposture et QI, mais de nombreux experts avancent l’hypothèse que l’effet de Dunning-Kruger (un biais cognitif selon lequel (entre autres) les personnes intelligentes auraient tendance à douter de leurs compétences et à les sous-estimer) pourrait déclencher ce sentiment d’imposture.

Le perfectionnisme.

Les zèbres ont tendance à viser très très haut. Ils sont extrêmement exigeants envers eux-mêmes, et ont des attentes parfois quasi impossibles à combler. Le problème, c’est que ces attentes vont représenter non seulement leurs objectifs mais aussi leur manière de s’auto-évaluer. S’il y a le moindre petit espace entre leur réalisation et cet objectif quasi impossible, c’est qu’ils ont raté. Dès lors, n’importe quelle personne qui les félicitera sera discréditée. Ils ne comprendront pas sa réaction positive, puisque selon eux ils ont raté. Le perfectionnisme favorise le sentiment d’imposture en fixant des objectifs de perfection presque impossibles à atteindre mais que le zèbre considère comme LE succès.

Enfin, un certain type d’environnement peut servir de couveuse au phénomène d’imposteur. Ceux qui par exemple ont grandi avec la peur de ne pas être assez « bien », d’être abandonnés s’ils avaient de mauvais résultats ou la peur de ne pas combler les attentes que leurs parents avaient d’eux au niveau professionnel, seront plus sujets à ce sentiment d’imposture car leur estime de soi est très basse. Pour eux, l’ambition est avant tout motivée par le désir profond d’éviter tout sentiment de honte.

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Bon à savoir pour ceux qui se reconnaissent dans ce phénomène (zèbre ou non) :

Les vrais imposteurs ne connaissent pas ce phénomène.

C’est un sentiment dont beaucoup feront l’expérience au cours de leur vie, et les personnes douées peut-être davantage, mais ce n’est pas une condition permanente, ni une pathologie.

Ce sentiment est souvent lié au succès, quand on y pense, mais ce n’est pas une condition nécessaire pour réussir.

Il n’y a aucune raison d’avoir peur de montrer que l’on croit en ses compétences. Il faut avoir un regard bienveillant sur soi-même.

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Chapitre 16/2 – Accepter sa propre particularité

11 juin 2017

 

Avant de commencer la deuxième partie de ce chapitre sur l’acceptation, il est important de se souvenir des petits personnages qui sont intervenus dans divers articles du blog et que l’on retrouvera ici (M. Ressenti est nouveau!) :

Revenons à nos moutons. Que l’on ait été identifié zèbre sur le tard, à l’âge adulte, ou que l’identification ait été faite à l’école mais niée (ou du moins pas prise en compte) par la suite, le même problème d’acceptation se pose. Il est peut-être même plus difficile d’accepter sa particularité lorsque cela nous concerne directement.

Pourtant, la reconnaissance puis l’acceptation permettent de quitter le mode de survie que beaucoup de zèbres reconnaîtront puisqu’ils sont nombreux à s’y être réfugiés.

La reconnaissance.

La prise de conscience de sa différence, la reconnaissance (la consultation avec un(e) psychologue, le passage du test, etc), sont déjà de petits pas vers l’acceptation. 

Lorsque l’on n’a pas conscience de sa singularité, ou plutôt lorsque l’on ressent un décalage sans pour autant pouvoir l’expliquer, il est difficile de s’accepter tel que l’on est. Et si l’on ne s’accepte pas, alors on essaye de se conformer aux standards, de suivre un chemin balisé qui n’est a priori pas le notre. On fait appel à notre personnalité de camouflage, et on passe à côté de ce qui nous correspondrait probablement mieux.

En revanche, lorsque l’on nous explique notre singularité, les ressentis, les réactions parfois extrêmes que l’on peut avoir, alors cela donne du sens. Beaucoup d’adultes zèbres identifiés sur le tard disent d’ailleurs qu’après la prise de conscience de leur différence ils ont repensé à toute leur vie, trouvé des explications à diverses situations vécues, trouvé un sens.

Reconnaître sa différence, c’est déjà bien, mais pour passer à l’étape supérieure de l’acceptation alors ?

 

L’acceptation.

Après la prise de conscience et la reconnaissance viennent assez souvent une période de déni, ou de colère, puis, petit à petit, naturellement, vient l’acceptation.

Avant leur prise de conscience, les zèbres niaient leur différence, faisaient comme si elle n’existait pas, persuadés que cela leur rendrait la vie plus facile. C’est peut-être vrai, je ne sais pas. Peut-être que la vie est effectivement plus facile en faisant semblant, mais ce dont je suis sûre c’est que c’est à la fois ennuyeux et frustrant de ne pas s’épanouir.

Accepter sa particularité, c’est ne plus subir. C’est accepter non seulement la personne que l’on est, mais surtout celle que l’on a toujours été. C’est ne plus lutter contre les pensées envahissantes, contre les ressentis intenses, contre les idées débordantes, contre toutes ces caractéristiques intrinsèques aux zèbres, c’est ne plus risquer de trahir ses valeurs pour se conformer et s’intégrer à tout prix. C’est comprendre, intégrer et respecter sa singularité. 

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Attention, s’accepter ne veut pas dire que les zèbres perdent l’intensité qui les caractérise, et cela ne permet pas non plus de résoudre tous les problèmes auxquels les zèbres, comme chaque être humain, peuvent être confrontés dans leur vie.


C’est simplement propice au développement personnel, à la réalisation de soi. Quand un zèbre adulte comprend qui il est et qui il a toujours été, ce qu’il percevait comme une faiblesse peut petit à petit devenir un atout. Il comprend ce qu’il doit mettre en valeur. S’accepter tel qu’il est lui donne parfois l’impulsion pour utiliser pleinement son potentiel, faire des choses, se débloquer, se lancer dans un projet, retourner apprendre à l’université, oser.

Parmi les adultes avec lesquels j’ai échangé, l’un deux s’est remis à l’écriture d’un livre, une autre à décidé de partir à la rencontre de gens inspirants lors d’un tour de France, un autre s’est reconverti dans l’enseignement, une autre s’est remise à la pratique d’un instrument rangé trop longtemps… Moi-même, je me suis inscrite en école d’arts appliqués à distance et j’ai commencé à écrire et illustrer ce blog (on me reproche souvent de ne pas parler de moi, de ne pas avoir fait d’article « à propos », alors je dissémine quelques petites informations par ci par là:) )

Je n’ai pas de solution miracle à vous proposer pour réussir à s’accepter, si ce n’est qu’il faut, à mon sens, du temps, des informations et un regard extérieur et neutre. Certains adultes zèbres sont tentés de se dire qu’il est trop tard pour accepter leur singularité, pourtant tout n’est jamais perdu, on a toujours le temps de redevenir ce que l’on a toujours vraiment été 🙂

Alors, vous êtes prêts à vous accepter tels que vous êtes ? 🙂

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Chapitre 16/1 – Accepter la particularité de son enfant

1 juin 2017

Accepter la particularité de son enfant

C’est une question qui est beaucoup revenue dans vos commentaires. Elle m’a d’ailleurs interpellée, car pour moi, si vous vous posez la question et que vous êtes ici, à lire ces articles, c’est que vous avez déjà fait un petit bout sur le chemin de l’acceptation. Vous vous intéressez au sujet, vous essayez de comprendre le fonctionnement de votre enfant, et accepter sa particularité, c’est un peu ça, non, essayer de le comprendre?

Il n’y a pas de mal à se poser la question de l’acceptation. Il n’y a aucun mal non plus à éprouver de la peine, de la colère, de la détresse, de l’incompréhension, de la peur, de la frustration ou du doute lorsque l’on vous annonce que votre enfant a été identifié « surdoué », « précoce », « haut potentiel ». Une dimension inconnue s’empare du quotidien de parents de nouveaux petits zèbres, et il est tout à fait normal d’être intimidé.

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Qu’est ce que l’on a du mal à accepter, en fait ?

Parfois, certaines personnes ont du mal à accepter la particularité de leur enfant parce qu’ils ont peur de « mettre une étiquette », de le stigmatiser dans sa différence. Avoir un mot (ou des mots, plutôt) pour définir le fonctionnement particulier de l’enfant, cela peut faire peur, certains parents refusent de l’accepter car ils ont l’impression que reconnaître la spécificité de l’enfant va le placer dans une case et lui porter préjudice.

Parfois encore, des parents craignent les réactions de l’entourage ou de l’extérieur. La douance est un sujet qui suscite des réactions passionnées, positives ou négatives, souvent contradictoires d’ailleurs, et qui fait l’objet d’idées reçues opiniâtres. Reconnaître et accepter la particularité de l’enfant, c’est se confronter fatalement à ces réactions.

Enfin, il y a aussi parfois la peur de ne pas savoir comment gérer le fonctionnement particulier de l’enfant, qui intimide peut-être, de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir quoi répondre à ses questions.

Dans la vaste littérature sur les personnes douées, on parle même souvent du « deuil de l’enfant normal » ou du « deuil de l’enfant idéal ».

Le fait est que l’enfant fonctionne d’une certaine manière, et il fonctionnera comme cela toute sa vie. Ce n’est pas un problème, ce n’est pas une tare, ça ne veut pas dire qu’il est anormal. Pour reprendre les mots d’une vidéo écoutée récemment (j’ai perdu ma source mais je vais la retrouver et j’indiquerai la référence!) : c’est un enfant normal dans un monde imparfait et peu ouvert à la différence. L’enfant est lui. Il est unique. Il est spécial.

Il est intense, passe du rire aux larmes, pose des questions incessantes, pique des colères, s’entête, réagit à l’extrême, mais il est aussi très affectueux, observateur, sensible, intelligent, généreux… Mettre un mot sur sa spécificité puis l’accepter, ce n’est pas le stigmatiser, c’est l’aider à comprendre et à avancer.

Plus il sera reconnu et accepté, et plus il pourra se réaliser, s’épanouir, développer son potentiel. S’il est identifié puis accepté tel qu’il est, il pourra dompter ses particularités, en faire des forces. A l’inverse, s’il n’est pas reconnu ou s’il est reconnu zèbre mais pas accepté, il risque de mal vivre son décalage, de percevoir des points positifs de sa personnalité en points négatifs, en faiblesses, d’essayer de se conformer aux standards pour ne plus se sentir différent, mais par conséquent de ne pas se réaliser, et de s’ennuyer.

Comment faire alors, pour accepter ?

Pas grand chose ! Je crois que l’on accepte lorsque l’on essaye de comprendre la particularité de l’enfant. Lorsque l’on se renseigne, s’informe, que l’on échange avec des professionnels ou d’autres parents pour écouter leur version, leurs expériences. Il y a plein de manières possibles pour essayer de comprendre. Accepter, c’est aussi tenir compte du fonctionnement particulier de l’enfant, répondre à ses sollicitations sans culpabiliser (car on entend parfois des gens dire que les parents « gavent » ou « sur-stimulent » leurs enfants de connaissances, non, là vous répondez simplement à ses demandes). Il faut apprendre à se familiariser avec cette différence, ces réactions, cette sensibilité.

Enfin, après avoir identifié, reconnu (chez le psychologue) puis accepté cette particularité, ce qui est important c’est d’expliquer et de faire prendre conscience à l’enfant de son propre fonctionnement, afin qu’il puisse à son tour s’accepter lui-même, et s’épanouir.

Les adultes zèbres ont eux aussi besoin de s’accepter, d’autant plus qu’ils ont parfois été identifiés sur le tard. On verra ça la prochaine fois !

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Chapitre 15 – Les relations amoureuses…

27 avril 2017

Lorsque j’ai fait la liste des sujets dont j’avais envie de parler, j’ai volontairement enlevé celui-ci : la relation amoureuse. La vie de couple. Cela me semblait vraiment trop difficile à appréhender. Et puis lorsque j’ai demandé les thèmes que vous souhaitiez que l’on aborde, vous m’avez tous mentionné la relation amoureuse (ou presque). Alors, promis, je prends sur moi, et je m’y colle !

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Toutes les relations sociales, et a fortiori amoureuses, sont, par définition, compliquées. Le zèbre, avec son fonctionnement peu commun, ajoute peut-être une petite touche de complexité supplémentaire. Chez lui, tout est multiplié. Trop intense, trop sensible, « trop » tout, le zèbre a souvent l’impression que trouver une personne capable de suivre (et supporter) son intensité, cela sera trop difficile. Pourtant, c’est possible !

Avant même de parler de couple, il y a la rencontre. Ce moment où deux individus vont l’un vers l’autre, échangent, partagent, discutent, dans un contexte social la plupart du temps. Avec d’autres gens. Or certains zèbres peuvent se sentir plutôt mal à l’aise en groupe. Rencontrer quelqu’un, aller vers lui, peut donc déjà s’avérer complexe pour un certain nombre d’entre eux facilement intimidés, qui ont une faible estime d’eux-mêmes, et bien souvent le sentiment d’être un imposteur. En effet, quand dans l’enfance, le zèbre a été marqué par des difficultés sociales (moqueries, décalage, impression de ne pas être à sa place), il est difficile de trouver la confiance nécessaire à cette rencontre.

Pourtant, il a envie de plaire (d’être aimé, toujours), de partager, de communiquer. Il cherche à être aimé, mais sait qu’en même temps, aimer et être aimé signifie accepter la possibilité d’être blessé. Alors il prend toujours plus de précautions avant de se livrer à quelqu’un. Rencontrer quelqu’un peut ainsi prendre plus de temps, mais petit à petit, le zèbre prend confiance et peut, lui aussi, nouer des relations. 

La personnalité, le vécu mais également la particularité des zèbres ont forcément une influence sur les caractéristiques qu’ils recherchent chez un partenaire et sur le type de relation qu’ils attendent. Je ne vais pas dresser une liste de critères à cocher avant de se mettre en couple ni la recette du bonheur, mais de la même manière qu’un individu passionné par les grands espaces sauvages aura tendance à rechercher quelqu’un qui apprécie le grand air plutôt que les activités d’intérieur, les zèbres, qui partagent un ensemble de traits communs, auront tendance à rechercher certains critères en priorité dans la personnalité de l’autre. Tout est question de personnalité.

Le zèbre est quelqu’un d’entier. Et d’idéaliste, souvent. Alors le type de relation qu’il recherche avant tout est souvent une relation de forte complicité avec son partenaire. Il se contentera rarement d’un compromis. Il veut que sa relation soit belle, parfaite, entière, et a souvent tendance à quitter les relations qui ne le satisfont plus complètement. Être en couple pour ne pas être seul, si l’on n’est plus amoureux, ce n’est pas envisageable pour lui.

Sa deuxième priorité, comme dans le travail, c’est de ne pas s’ennuyer. Le zèbre a une faible tolérance à l’ennui. Alors s’il est si curieux au quotidien et sans cesse en quête de sens, de nouveauté, il va évidemment l’être aussi dans sa vie amoureuse. Il a besoin d’être surpris, stimulé en permanence, enrichi. Son aversion pour la monotonie se retrouve une fois de plus dans sa vie de couple. Il cherchera donc quelqu’un d’assez flexible pour le suivre dans ses changements et dans sa quête permanente d’innovation. Il mettra peut être plus de temps à trouver la bonne personne, mais il trouvera celle avec laquelle il ne s’ennuie jamais. Car la possibilité même de s’ennuyer n’est pas non plus envisageable pour lui.

Ensuite, dans l’idéal, son partenaire devra être suffisamment patient pour supporter son intensité, ses passions et ses peurs, mais aussi créatif, curieux, indépendant, doté d’un bon sens de l’humour, et devra partager plusieurs de ses centres d’intérêt. Dans l’idéal… 😉 Mais encore une fois, tout dépend de la personnalité de chacun. 

Enfin, je pense que l’une des clés de succès d’une relation avec un zèbre est la compréhension. Si le zèbre a compris son fonctionnement, qu’il sait expliquer ses réactions, et que son partenaire l’accepte (pour peu qu’il ne soit pas zèbre), le comprend et l’intègre, je pense que cela facilite l’entente et la complicité.

Evidemment, vous vous doutez que toutes les caractéristiques dont nous avons parlé dans les différents chapitres et qui impactent leur vie à l’école ou à la maison vont également impacter leur vie de couple. On dit souvent que les zèbres sont difficiles à suivre, et de nombreux articles sont publiés pour aider les parents dans leur quotidien avec un enfant zèbre. Qu’en est-il donc de la vie quotidienne avec un partenaire zèbre ?

Le fait est qu’un certain nombre des caractéristiques du zèbres peuvent être difficiles à gérer pour le partenaire.

Le zèbre analyse tout ce qu’il voit, tout ce qu’il ressent, chaque petit détail de son environnement l’amène à réfléchir, et cela peut se révéler épuisant pour le partenaire dont les actions sont sans cesse analysées. Surtout lorsqu’à l’analyse, on ajoute… l’hypersensibilité. Le zèbre vit par l’émotion. Il interprète chaque geste, chaque mot, chaque expression du visage de son partenaire, et une mauvaise interprétation peut générer une grande angoisse.

De la même manière, s’il ressent un changement d’humeur que son partenaire omet de lui notifier, il se sentira mis de côté, tandis que son partenaire peut se sentir plutôt oppressé face au dévoilement de son changement d’humeur.

Enfin, le zèbre accorde beaucoup d’importance au jugement, mais le pire jugement est souvent le sien. Très lucide, il veut toujours être parfait, reconnaît ses failles, se dévalorise, et culpabilise même. Extrêmement sensible à la critique, qu’il prend souvent personnellement, si dans le couple le partenaire lui fait remarquer certains défauts, cela peut se révéler très difficile à vivre. Il a constamment besoin d’être rassuré

Pourtant, les traits de personnalité qui définissent le zèbre et peuvent lui poser problème dans la vie quotidienne sont aussi ce qui ont, j’imagine, attiré le partenaire ! La sensibilité, l’intelligence, la lucidité, la curiosité mais aussi le doute rendent le zèbre attachant et peuvent même se révéler être une force dans la vie de couple. Ses capacités d’analyse et son hypersensibilité lui procurent une facilité à comprendre les besoins de l’autre, à saisir ses humeurs et à l’aider. Le zèbre est quelqu’un de très attentionné, sa bienveillance et son empathie font qu’il est très attentif aux besoins de son conjoint, à son bien, et pense constamment à l’autre en premier (au risque de s’oublier lui-même).

Mais alors, si nos particularités peuvent être à la fois des forces mais aussi des faiblesses dans notre couple, vaut-il mieux être en couple entre zèbres ou avec un non zèbre ? Je ne pense pas qu’il y ait de réponse. L’entente dépend plus de la personnalité que des caractéristiques des deux personnes.

Souvent, c’est vrai, on s’attire car on se comprend. On se retrouve même parfois entre zèbres sans le savoir. Parmi les nombreuses publications à ce sujet, beaucoup tendent à dire qu’il est plus facile d’être en couple entre zèbres. Pourtant, je pense que ça peut rendre la relation d’autant plus complexe, car chacun, avec sa personnalité et son vécu, apporte sa propre sensibilité, son impatience, son propre niveau de réactivité émotionnelle. On peut avoir tendance à penser que l’autre nous comprend beaucoup plus facilement, car il « pense pareil ». Alors, nous faisons peut-être moins d’efforts de communication. Pourtant, chacun ayant une personnalité différente mais une tendance commune à interpréter et ressentir le moindre changement, la moindre expression, je pense qu’il faut au contraire redoubler d’efforts de communication.

Avec un non zèbre, les malentendus sont probables car les deux personnes ne voient pas le monde de la même manière, sous le même angle. Mais est-ce un problème ? Le risque, c’est que le non zèbre supporte difficilement l’intensité du zèbre pour tout, mais aussi que le zèbre, en raison de sa quête perpétuelle de nouveauté, de son attirance pour les nouvelles expériences et les apprentissages, finisse par prendre une autre direction dans sa vie. Les expériences personnelles nous font grandir, mais peuvent par conséquent nous éloigner l’un de l’autre si nous ne grandissons pas dans la même direction.

Je pense que le couple zèbre / non zèbre devra faire face à de nombreux problèmes si le partenaire ne comprend pas ou n’accepte pas la particularité du zèbre, mais qu’il sera renforcé si la personne comprend, car elle pourra alors contrebalancer le rythme du zèbre et apporter équilibre et stabilité. La clef, c’est que le zèbre ait compris et expliqué son fonctionnement.

A retenir (pour les zèbres déçus)

♡ L’intelligence c’est sexy (si tu n’es pas convaincu, regarde la dernière saison de Sherlock Holmes)

♡ On peut trouver quelqu’un qui nous comprend, qu’il soit zèbre ou non zèbre. Et ça peut très bien se passer, surtout lorsque l’on se connaît soi-même, que l’on connaît ses réactions, que l’on peut les anticiper, les expliquer. La clef, c’est de comprendre son propre fonctionnement, et d’être compris par son partenaire.

♡ On peut aussi être très bien tout seul.

♡ Zèbre ou non zèbre, peu importe. Vous saurez probablement vous-même très vite si vous avez une compatibilité en termes de personnalité, que la personne ait des rayures ou non.

♡ L’hypersensibilité et les particularités du zèbre, si elles apportent leur lot de complexité dans la relation, rendent aussi le zèbre particulièrement attachant (enfin, je trouve 🙂 ) C’est rare et précieux de croiser quelqu’un qui s’intéresse à tout, se soucie de tout et a le cœur sur la main. Non ? 

Un petit cœur zébré pour clore ce chapitre et vous remercier de me suivre, de me lire, de partager vos avis, vos remarques, vos questions, votre encouragement, et de me donner envie de continuer ! ♡

 

 

 

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Chapitre 14 – Trouver sa voie professionnelle

24 mars 2017

 

A moins d’avoir une vocation depuis très jeune, il est difficile de choisir un métier pour l’avenir, surtout dans la société actuelle ou nous avons toujours plus de choix.

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Alors si l’on est hypersensible, que l’injustice nous met hors de nous, et que l’on attache énormément d’importance au jugement des gens et notamment à l’approbation de notre entourage, vous imaginez bien que c’est encore plus compliqué. Souvent, on lit d’ailleurs que les zèbres sont « instables professionnellement ». Mais pourquoi ?

Le zèbre est quelqu’un d’extrêmement curieux. Il aura envie d’étudier toutes les matières qui l’intéressent, et d’essayer de nombreux métiers. Pourtant, on nous demande très tôt dans notre parcours scolaire de nous spécialiser, de choisir des matières, choisir des études, en vue de choisir une profession.

Choisir.

Pour le zèbre, choisir est vraiment difficile, d’autant plus que l’approbation de son entourage est quelque chose de très important pour lui. Alors, qu’il soit mauvais en classe, ou bon partout, il écoutera ses professeurs et ses parents le guider vers une profession qui semble lui correspondre, où il semblera être compétent.

Mais est-ce pour autant ce qu’il veut vraiment faire ?

Souvent, le zèbre est très créatif et rêve secrètement de s’orienter vers une carrière artistique, dans la peinture, la musique, l’histoire de l’art… Ou alors, il s’intéresse tellement à un sujet qu’il voudrait faire de la recherche exclusivement dans ce domaine (en archéologie par exemple). Ces voies très spécifiques étant considérées comme «bouchées», il est assez rare qu’ils soient confortés dans ce choix là. Proches et professeurs préfèreront souvent leur dire de continuer leurs études en parallèle de leurs activités artistiques ou de leurs intérêts, pour plus de sécurité et de stabilité. Parce que la sécurité, c’est aussi quelque chose que les zèbres recherchent, vous vous souvenez ?

Trouver le bon équilibre entre désir et stabilité, entre passion et raison, quand tout nous intéresse, ce n’est pas chose facile.

Surtout s’il faut ajouter au désir et à la sécurité un troisième élément : la stimulation.

Le zèbre ne supporte pas l’ennui. L’important pour lui, dans son travail (et dans sa vie en général), c’est qu’il ne s’ennuie pas, qu’il soit stimulé sans arrêt, qu’il puisse être passionné par ce qu’il fait, et surtout, qu’il n’y ait pas de tâches répétitives… Dès lors que le zèbre a l’impression de stagner, de ne plus rien apprendre, c’est le blocage, l’ennui total, la remise en cause de tout, la dépression parfois même.

En général, quand un zèbre commence à travailler dans une entreprise, ça se passe comme ça : il débute, il découvre, ça l’intéresse. Il apprend des choses.

Puis très vite, il a fait le tour, a vu comment ça fonctionnait, et c’est là que l’ennui se pointe et que les tâches perdent leur intérêt.

Alors il veut partir, démissionner, fuir.

En se disant que ce sera peut-être mieux ailleurs.

Et puis finalement, ailleurs, ça recommence.

Il découvre, il apprend, puis il maîtrise, il se lasse, et il veut repartir.

C’est un peu comme si son cerveau s’embourbait dès qu’il ne se passe plus rien de nouveau. Comme s’il s’endormait (mais sans endormir le flux constant de pensées qui n’ont rien à voir, ce serait trop simple… )

Enfin, on l’a vu dans un précédent chapitre, la relation du zèbre avec l’autorité est compliquée, et au travail, ça pose souvent problème, d’autant qu’un certain nombre d’entreprises fonctionne encore avec un modèle ancien, où le mérite et le talent ont moins de place que la conformité et la politique. Pas étonnant donc que le zèbre qui propose beaucoup (trop) de changements à peine arrivé bouscule l’ordre établi et s’attire les foudres de sa hiérarchie. Si l’on ajoute à cela qu’il a du mal à exprimer le cheminement de sa pensée qui l’a amené à prendre ses décisions, qu’il pose beaucoup de questions pour être sûr de tout comprendre, et qu’il fait passer ses principes moraux et humanistes avant la recherche du profit, on peut en déduire aisément qu‘il se fond difficilement dans l’organisation.

Alors, puisque de nombreux domaines l’attirent, qu’il ne supporte pas l’ennui et se trouve rarement à sa place dans l’entreprise, le zèbre songe souvent à changer de métier, regrette ce à quoi il a renoncé en faisant les choix qu’il a faits, et a envie d’essayer autre chose.

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Lors de mes discussions avec de nombreux zèbres adultes, beaucoup me disent qu’ils ne se sentent pas « expert » (moi la première), qu’ils ont beaucoup changé de poste et n’ont pas de parcours « cohérent », qu’ils ne se sont pas spécialisés contrairement aux autres personnes qu’ils ont pu croiser dans leur vie professionnelle. Pourtant, leur force c’est exactement ça. La polyvalence. Guidée par la passion, la curiosité, et la bienveillance. Certains domaines y sont réticents, mais d’autres accueillent cette compétence à bras ouverts. Et il faut la mettre en avant.

Mais pour cela, il faut parfois oser quitter le travail qui ne les satisfait pas. Par peur du jugement, par peur de perdre un statut social, par peur de rater, mais aussi et surtout par peur de ne plus être en sécurité, changer radicalement de travail est un choix difficile à faire. Un choix plein d’incertitudes. Souvent, c’est même lors d’un arrêt forcé comme un long arrêt maladie, une période de chômage ou un congé maternité que le zèbre (et même le non-zèbre, c’est valable pour tout le monde évidemment) s’autorise à faire ce qui lui plait, et se découvre une nouvelle vocation.

Parfois, c’est un métier manuel, parfois le zèbre se met à son compte pour se libérer de la hiérarchie (mais attention, ce n’est pas une solution pour tout le monde, la montagne de papiers administratifs qui attend les entrepreneurs peut s’avérer problématique pour le zèbre), parfois c’est un métier peu satisfaisant intellectuellement mais peu prenant et qui laisse donc toute la place aux projets personnels que l’on peut réaliser à côté… Il y en a pour tout le monde. Nous sommes tous différents, mais je suis persuadée que chacun est capable de trouver le bon équilibre entre désir, stimulation et sécurité. Et si les expériences malheureuses passées sont considérées négativement par le zèbre, elles lui ont pourtant beaucoup appris sur la vie en entreprise, les relations entre les gens et ce que le zèbre lui-même recherche dans son travail et dans sa vie, et influenceront positivement ses choix futurs.

Dans ma rubrique témoignages, vous découvrirez les témoignages de zèbres ayant vaincu l’ennui, la sensation de ne pas être à sa place et la relation difficile avec la hiérarchie en choisissant une reconversion, en changeant simplement de domaine, en changeant leur façon de voir les choses au même poste, ou en devenant entrepreneurs.

 

A très vite !

 

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 13/2 – la peur de l’échec

21 février 2017

A la fin de la première partie sur la peur de l’échec, nous nous posions cette question :

Et si on changeait d’attitude face à l’échec ? Si on arrêtait de stigmatiser nos erreurs ?

 

Attention, je ne parle pas de toutes les erreurs. Il faut bien évidemment distinguer avant toute chose les erreurs à sanctionner (un comportement irrespectueux, une atteinte à la liberté d’autrui ou une atteinte physique par exemple), des erreurs d’apprentissage, à corriger. Celles qui font que l’on a tenté quelque chose mais que l’on n’a pas eu le résultat escompté pour diverses raisons. Ce sont ces “échecs” qui méritent que l’on s’arrête dessus, que l’on réfléchisse, et qui nous permettent de nous améliorer. Il faut bien différencier corriger et sanctionner.

 

L’échec, c’est d’abord une question de point de vue. Une question de mentalité. Si en France on stigmatise l’échec, ce n’est heureusement pas le cas partout. Se pencher sur les autres façons de considérer ses erreurs peut permettre au zèbre de prendre du recul.


Dans la mentalité anglo saxonne par exemple, échouer, c’est apprendre. Echouer, c’est expérimenter. Bien loin d’être considéré comme l’ennemi de la réussite, l’échec est au contraire un passage obligé vers la réussite. Tous les grands leaders le disent aujourd’hui. S’ils ont pu devenir leaders, c’est justement parce qu’ils ont réussi à surmonter les obstacles, appris de leurs erreurs et persévéré. C’est en prenant des risques, en entreprenant, en tombant puis en se relevant qu’ils ont pu accéder au chemin de la réussite.

La réussite est bâtie sur des échecs.

La société ne reconnaît pas seulement les brillants résultats de leur entreprise aujourd’hui ou leur formidable innovation technologique, elle reconnaît également leur parcours et leur persévérance. On ne demande pas à tout le monde d’être un grand leader, mais peut-être que si nous pensions comme cela, nous aussi, nous serions moins bloqués par la peur de l’échec. Car derrière nos peurs, il y a nos envies et nos rêves.

Un résultat, ça se change. Ca évolue. Un rêve, en général, reste, lui, bien ancré dans notre tête, tant qu’il n’est pas réalisé.

La réussite finalement, c’est se donner les moyens de faire ce qui nous plaît. De réaliser nos envies. Pas se soumettre à un travail qui ne nous épanouit pas totalement sous prétexte qu’il est stable, bien rémunéré, conforme aux attentes de la société ou de l’entourage, en adéquation avec ce que l’on a fait “avant”, ou valorisé socialement. Si on ne travaille que ce que l’on sait faire, on ne progresse pas. On s’éteint. Réussir, c’est donner le maximum de ses capacités, prendre du recul, analyser ce qui doit être amélioré, persévérer. Entreprendre au risque de se tromper, c’est une occasion unique d’apprendre. Pour le zèbre qui a une curiosité insatiable et soif d’apprendre, ça peut justement être un moyen de lui faire comprendre qu’il faut oser, et faire des efforts.

Note : il est essentiel de prendre des risques, mais il faut évidemment les mesurer ! Mon but n’est pas de vous pousser à prendre des risques inconsidérés, mais de vous faire réfléchir à un équilibre entre vos envies et le prix à payer.

 

L’échec est loin d’être le résultat d’un manque d’intelligence ou d’un manque d’attention comme on le voyait dans la première partie de ce chapitre. Il est plutôt le signe d’un manque d’expérience. Et un manque d’expérience se comble facilement par la motivation, l’effort, la persévérance.

Tout ceci est assez théorique, j’en conviens. Changer de mentalité, en théorie, cela résoudrait notre blocage. Mais c’est facile à dire. En pratique, on ne change pas du jour au lendemain. Moi-même, je me suis lancée dans plusieurs projets. Et si mes amis américains me motivent en valorisant ma volonté, le courage d’oser et en me disant que réussir, c’est ça, la mentalité française est tout de même bien ancrée en moi et m’empêche souvent d’avancer.

(aucun cliché dans l’illustration à suivre… non non 😉 )

Je remets constamment en question mon choix et je me bloque toute seule. Mais au moins, lorsqu’on en prend conscience, lorsqu’on met le doigt sur ce qui nous bloque, ça crée une porte de sortie. Une porte qui va vers la réussite.

°

 

Certes, si on essaye de changer de mentalité et que l’on arrive à se convaincre que faire des erreurs, rater, c’est expérimenter et apprendre, on a plus de chances de réussir à surmonter cette peur de l’échec.
Mais il n’y a pas que cela qui bloque le zèbre. Souvent, l’hypersensibilité du zèbre fait qu’il a tendance a tout prendre très fort et surtout de manière très personnelle, ce qui rend très difficile pour lui la distinction entre l’échec d’un de ses projets ou d’un devoir, et l’échec de sa personne. Un résultat ne définit personne. Un individu qui se trompe et rate son objectif n’est pas un raté.

°

 

Si l’hypersensibilité des zèbres accentue le risque de blocage lié à la peur de l’échec, ils disposent en revanche, par leurs caractéristiques intrinsèques, d’atouts indéniables pour réussir dans la vie. Ils ne s’en sont pas forcément rendu compte car ce sont ces mêmes qualités qui font que souvent, ils échouent à l’école.

En effet, la curiosité du zèbre est souvent récompensée en classe par un “hors sujet” sur ses copies. Avide de savoir dans les matières qui l’intéressent, le zèbre s’est informé davantage et répond au sujet en incluant ce qu’il a appris par ses recherches personnelles au lieu de se contenter de l’information dans ses cours.

Sa passion, elle, se matérialise par un intérêt très fort pour certaines matières, et un désintérêt tout aussi fort pour d’autres. Il travaille ce qui l’intéresse. Ce qui est rarement source de bonnes appréciations.

Enfin, le zèbre est créatif. Innovant. Mais on ne nous demande pas de répondre avec originalité dans un devoir, on vérifie nos connaissances. Il faut savoir restituer.

Pourtant, curiosité, passion et créativité sont de sacrés trésors à préserver.

Car une fois arrivé à l’âge adulte, il faut être passionné par ce que l’on fait pour en tirer satisfaction et exceller, il faut être curieux, chercher et ne jamais se contenter de ce qu’on nous demande pour avancer dans notre vie professionnelle, et on nous répète constamment qu’il faut être créatif.

Alors il faut que les zèbres prennent bien soin de ces qualités qu’ils ont la chance d’avoir, et qu’ils ne laissent pas le système les brider. D’où l’importance d’essayer de changer de vision face à l’échec. 

°

On ne pourra pas changer le monde ni le système en un article de blog, mais si on prend conscience de sa peur de l’échec, de sa cause, de son ampleur, de ses impacts sur ses choix personnels, de l’impact dans notre jugement des autres, et que l’on arrive à percevoir l’échec autrement, alors c’est bénéfique. C’est en essayant, en faisant des efforts que l’on est respecté et que l’on peut être fier.

 

A retenir :

° Il faut changer de vision sur l’échec. Pour soi et pour les autres. Dans sa vie personnelle et dans sa vie professionnelle.

° Echouer, c’est expérimenter.

° Les réussites sont bâties sur des échecs.

° Rater quelque chose ne veut pas dire être raté.

° Curiosité, passion et créativité sont réprimées dans le système scolaire mais indispensables dans la vie 🙂

PS : lorsque je critique le système scolaire, je tiens à préciser que je ne critique pas tous les enseignants 🙂 En réalité, je reçois beaucoup de messages d’enseignants qui lisent mes articles, s’intéressent au sujet et voudraient  justement changer les choses, et prendre en considération les besoins spécifiques des enfants précoces (et des autres évidemment) qui se trouvent en difficulté (ils ne le sont pas tous). Malheureusement, ce même système leur met des bâtons dans les roues.


Caractéristiques de zèbres

Chapitre 13/1 – la peur de l’échec

15 janvier 2017

Ah, la peur de l’échec…

Vous savez, celle qui nous casse dans notre élan, nous paralyse et nous empêche d’avancer. La peur de se tromper. D’échouer.

C’est une des peurs les plus répandues dans la population française, que l’on traîne souvent depuis très très longtemps puisqu’elle nous est transmise dès les premiers jours d’école, si ce n’est avant.

L’hypersensibilité du zèbre, son observation et sa lucidité impitoyable accroissent cette peur qui devient alors maladive et handicapante. Mais pourquoi réagit-on ainsi face à l’échec ?

 

Depuis nos premiers jours d’école, le mot « erreur » est omniprésent dans le discours des professeurs. Il ne faut surtout pas se tromper. Se tromper sera même sanctionné. Mais pourquoi ?

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Parce que dans le système actuel, à l’école, en entreprise, en société, faire une erreur sous-entend quelque chose de négatif. On n’a pas le droit à l’erreur.

Dans notre société actuelle, on stigmatise même l’échec. Celui qui loupe son examen, celui qui crée une boîte qui ne fonctionne pas aussi bien que ce qu’il avait imaginé, celui qui tente quelque chose d’infructueux, on dit qu’il a échoué, et la société le considère souvent comme un minable, un perdant, un loser. Echouer est alors synonyme de quelque chose de terrible. D’humiliant. De destructeur.


 

Une personne qui a échoué va être marquée pour très longtemps, et son ou ses échecs vont avoir un impact considérable dans ses choix futurs. Si l’impact pourrait et devrait être positif (on verra ça dans la deuxième partie du chapitre, en ligne prochainement), il est malheureusement souvent négatif. La stigmatisation de l’échec handicape.

A l’école, faire une erreur est souvent interprété comme un manque de travail. Si l’enfant se trompe, c’est forcément qu’il n’a pas assez travaillé sa leçon. Ou bien qu’il n’a pas fait attention en complétant l’exercice. Parfois même, certains l’interprètent comme un manque d’intelligence. Si l’enfant se trompe, il faut le sanctionner, le punir, pour l’empêcher de recommencer.

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Manque de travail, manque d’attention, manque d’intelligence… Cette notion de « manque » résonne dans la tête d’un enfant ou d’un zèbre adulte comme un synonyme d’infériorité. Si on fait une erreur, c’est que l’on est inférieur aux autres, à ceux qui ont répondu correctement. Si on fait une erreur, on risque la réprobation des enseignants, des collègues, des supérieurs hiérarchiques.


Quoi de pire pour un zèbre qui passe son temps à chercher l’approbation et l’affection ?

Alors, il en déduira qu’il est interdit de se tromper, qu’il faut toujours avoir la bonne réponse. Et que s’il ne l’a pas, il décevra son entourage.

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*

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Justement, lorsque le zèbre a une peur maladive de l’échec, de quoi a t-il peur réellement ? N’a t-il pas plutôt peur de décevoir ?

Echouer, en soi, ce n’est pas si terrifiant. Ce qui nous fait peur est bien plus abstrait et complexe.

Pour le zèbre hypersensible et sans cesse en quête d’amour (car l’amour, c’est la sécurité), la peur de l’échec, c’est la peur de ne pas satisfaire. Ne pas satisfaire ses parents, son entourage, ses professeurs. Il est persuadé que s’il se trompe, il décevra son entourage, qui, bien évidemment, ne l’aimera plus. (Logique de zèbre).

C’est la peur de ne plus être aimé.

C’est la peur de la honte. Honte de ne pas être ce que (l’on pense que) les autres attendent de nous.




C’est aussi la peur du jugement. Celui que les gens porteront sur notre erreur. Et celle que nous-mêmes porterons sur notre erreur. S’il se trompe, le zèbre se trouvera lamentable.

Parfois, pour les zèbres adultes, c’est également la peur de réussir. La peur de ne pas pouvoir faire face aux responsabilités ou à la demande.

 

On se doute bien que toutes ces peurs vont avoir un impact sur la personnalité, la réaction ou les pensées du zèbre.

*

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Quelles sont donc les conséquences de cette stigmatisation de l’échec ?

Là, je crois qu’on peut en faire une liste, car les énumérer dans un même paragraphe serait très indigeste.

 

  1. L’une des principales conséquences de la peur de l’échec, c’est la dévalorisation. La stigmatisation de l’échec a un impact énorme sur l’estime de soi. Une mauvaise note sera très mal vécue par l’enfant zèbre, et une correction peut être très mal vécue par l’adulte zèbre au travail. Le zèbre retiendra que se tromper, c’est être idiot, et sera persuadé d’être un incapable. Il doutera de ses capacités.

Parfois, pour combler ce manque de confiance, les zèbres vont à l’inverse se comporter comme s’ils étaient très sûrs d’eux. En apparence.

  1. L’anxiété générée par la peur maladive de l’échec chez le zèbre crée souvent un blocage intellectuel qui met l’enfant en difficulté, et le conforte dans son ressenti d’échec.



  1. Le manque d’autonomie. Les enfants (tous, pas que les zèbres), n’apprennent pas à travailler pour eux-mêmes à l’école. Ils apprennent à travailler pour atteindre les objectifs fixés par les professeurs. En entreprise comme à l’école, c’est une figure d’autorité qui leur dira s’ils ont « réussi ». Ils travaillent pour validation, pour ne pas décevoir. Ce qui n’est pas du tout un comportement autonome.



  1. Pas étonnant donc qu’ils manquent de persévérance, s’ils ont perdu le sens de ce qu’ils font ! Les zèbres ont un besoin existentiel de sens, comme on l’a vu dans un précédent chapitre, alors s’ils ne savent pas pourquoi on leur demande de faire quelque chose en particulier, il y a de grandes chances pour qu’ils pensent que ça ne vaut pas la peine d’insister. Le risque d’échec est trop élevé.



  1. Par peur d’échouer, on procrastine. Et on n’entreprend plus. A trop s’attarder sur ses erreurs, le zèbre renonce, pense que ça ne vaut pas la peine d’insister. Il préfère ne plus prendre le risque de décevoir ou d’être lui-même déçu. Adulte, il a peur d’entreprendre. Devant la peur de l’erreur, il refuse de prendre des risques ou tenter de nouvelles expériences. Pourtant, la satisfaction qui découlerait de la prise de risque serait nettement plus élevée… C’est dommage.



  1. Certains zèbres réagiront à cette peur de l’échec en devenant perfectionnistes. Plus que du simple perfectionnisme, on parle même de perfectionnisme obsessionnel ou excessif. Pour être certain de ne pas se retrouver en situation d’échec, le zèbre fera en sorte d’être le premier partout, tout le temps, de tout faire parfaitement. Son niveau d’exigence est considérable.



  1. Trouver une excuse pour rater. Parfois, le zèbre préfère même ne pas travailler pour ne pas risquer d’échouer. De cette manière, il saura expliquer son échec, il aura fait exprès.



Lorsque notre niveau de peur est très très haut, on vise la perfection pour se rassurer. C’est parfait, ou c’est pas la peine. Si on a peur de l’échec, on ne veut faire que ce que l’on connait, ce que l’on maîtrise, car on a beaucoup moins de chances de se tromper. Mais croyez vous vraiment que la réussite est là ?


Non. L’échec est là. L’échec, c’est ça.

C’est ne pas passer à l’action. De rester dans la routine. De ne pas essayer. De ne pas créer. De craindre.

Le seul moyen d’échouer, c’est donc de le décider soi-même.

chapitre 13 - 19Et si on changeait d’attitude, alors, face à l’échec ? Si on arrêtait de stigmatiser nos erreurs ?

Mais ça, on en parlera la prochaine fois !

Vous avez lu la partie négative, maintenant, place à la partie positive, celle qui normalement vous remotive et essaye de donner quelques petites clés pour dépasser ces blocages : c’est ici 

 

Caractéristiques de zèbres

Chapitre 12 – les interactions sociales

21 novembre 2016

Les relations sociales sont essentielles dans la vie de chaque individu, mais encore plus dans la vie du zèbre pour qui l’approbation de l’entourage est très importante.

Pourtant, avoir des relations sociales saines et épanouissantes peut être difficile pour certains, et notamment pour les zèbres.

Leurs caractéristiques que l’on a évoquées dans les chapitres précédents peuvent créer un décalage et, de ce fait, des barrières à l’intégration.


Cela se manifeste de différentes manières, dont voici les principales :

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Le rejet.

Dès l’enfance, même s’il ne sait pas l’expliquer ou mettre un mot dessus, son décalage est réel et passe rarement inaperçu. Ses réactions peu communes font rire, ses centres d’intérêt divergents sont souvent sujets aux moqueries. Dans la cour d’école comme au travail plus tard, la moindre particularité va faire dire aux gens « il/elle est bizarre ». Face aux normes d’un groupe, le décalage du zèbre peut conduire au rejet.

Considéré comme le vilain petit canard, il est au mieux isolé, au pire un bouc émissaire, et subit humiliations et exclusion, sans comprendre pourquoi. Et lorsque l’on ne comprend pas la raison d’un tel rejet, quoi de plus simple que de penser que c’est de notre faute ?

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S’exclure soi-même.

Le risque de s’exclure soi même est également fréquent chez les zèbres, pour deux raisons.

Parfois, pour combler l’ennui du quotidien, on s’imagine une autre vie. Je pense que tout le monde a fait ça à un moment donné, en décrochant lors d’un repas ennuyeux ou d’une réunion sans intérêt. C’est normal. Mais chez certains zèbres, c’est très (trop) fréquent. Ils s’ennuient tellement qu’ils développent un monde imaginaire, plus intéressant, plus drôle, avec des relations plus justes, plus entières, plus satisfaisantes. Je l’ai fait toute mon enfance, et je le fais encore. Ca me sauve fréquemment, mais le risque est de le faire si souvent que l’on finit par s’exclure soi même inconsciemment.

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Enfin, le zèbre peut également s’isoler par manque de confiance. Il est courant qu’il s’accorde peu de valeur, n’ose pas s’affirmer par honte d’avoir tort, de dire quelque chose d’incorrect, d’imparfait ou par peur du conflit. Il reste alors discret et participe peu aux conversations, surtout au sein d’un groupe. Pourtant, il aurait beaucoup de choses intéressantes à partager. Mais en raison d’une faible estime de soi, il va préférer rester en retrait, s’exclure à nouveau du groupe.

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Le caméléon.

Parfois, tout va bien. Enfin, en apparence. L’entourage qui a lu deux ou trois livres sur l’enfant précoce et a retenu qu’un enfant précoce est exclu dira « il a des amis, il ne doit pas être surdoué finalement ». Et pourtant.

Certains zèbres ont une capacité de « caméléon » particulièrement impressionnante. C’est à dire que pour être aimés (on en revient toujours là… ), ils vont s’adapter à leurs interlocuteurs. Leur lucidité et leurs capacités d’analyse vont leur permettre de mettre en avant une facette de leur personnalité qui correspond plus ou moins à leur interlocuteur, ou de faire semblant (le retour du faux self 🙂 ). Pourtant, malgré une vie sociale saine en apparence et même lorsqu’il est avec d’autres, le zèbre peut se sentir terriblement seul car il n’est pas vraiment lui-même, pas sincère. Il y a un vrai décalage entre ce qu’il sait qu’il est et l’image qu’il renvoie volontairement aux autres. Il fait semblant, et la façade qu’il se crée pour plaire peut engendrer une très grande frustration. Car même bien entouré, le zèbre aura souvent l’impression que finalement, personne ne le connait réellement, car personne ne peut le comprendre.

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Et parfois, quand même, tout va bien !

Bon, ce n’est pas très rigolo tout ça ! Est-ce que le zèbre est condamné à avoir du mal à gérer ses interactions sociales ? Non !

Soyons un peu positif, ça peut aussi très bien se passer, on peut être zèbre et avoir des relations saines et sincères avec les gens ! Mais ça, c’est surtout quand on sait qui l’on est, quand on a compris comment on fonctionne, de quoi on a besoin, que l’on s’assume. Et éventuellement, dans le meilleur des cas, que l’on a réussi à diriger sa vie pour être avec des gens qui nous correspondent, avec qui on se sent bien et avec qui on ose être soi-même.

D’où l’importance de prendre conscience de sa différence, et d’être aidé(es) par des professionnels pour que la différence devienne une singularité.

PS : On lit souvent que le zèbre est solitaire. Je ne sais pas si c’est le cas de la majorité, mais c’est assez vrai pour beaucoup. En revanche, il ne faut pas confondre solitaire et solitude. On peut avoir besoin d’être seul(e) tout en ayant de vrais amis. Et sans souffrir de solitude.

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Chapitre 11 – le faux-self

15 octobre 2016

* La notion de Faux-Self*

La personnalité de camouflage, comme je l’appelle, a en réalité été définie par le pédiatre et psychanalyste Winnicott par les mots « faux-self » et personnalité « comme si » (ce sont deux concepts différents).

Pour lui, il y a chez chacun d’entre nous un vrai-self et un faux-self.

Le vrai-self est ce qu’il y a d’authentique chez nous, lorsque l’individu a confiance en lui et en son environnement. Lorsqu’il laisse libre cours à sa spontanéité et n’est pas dans le contrôle de lui-même.

A l’inverse, le faux-self est ce que les gens perçoivent de l’extérieur, ce qui découle de notre éducation. C’est une personnalité contrôlée, qui permet de s’adapter à l’environnement.

Nous avons chacun un vrai-self et un faux-self, en revanche la relation entre les deux est très différente selon les gens.

La relation vrai-faux-self la plus saine, c’est lorsque le faux-self permet à la personne de s’exprimer en société en respectant les conventions, en se contrôlant un minimum, mais qui laisse le vrai-self s’exprimer dès lors que l’individu en exprime le besoin.

En quelques sortes, le faux self protège le vrai self d’un environnement potentiellement nocif ou exigeant.

Parfois, en raison d’un environnement familial compliqué, d’une enfance malheureuse ou d’un contexte peu favorable au développement de l’enfant, le self n’a pas pu se construire. Il est défaillant. C’est dans ce cas là que la personnalité « comme si » prend le relai. Pour lutter contre le vide laissé par l’absence de self solide, et contre l’angoisse qui l’accompagne, une personnalité de substitution va faire comme s’il y avait un vrai et un faux self, comme si tout était normal. Comme si le faux self était là pour protéger le vrai self d’un environnement nocif. 

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* Le faux-self chez les zèbres *

Le problème, c’est que les zèbres perçoivent souvent un environnement menaçant et se sentent en permanence obligés de protéger leur vrai-self, en utilisant un faux-self.

C’est pour eux un mécanisme de défense.

Ils ne se sentent pas à leur place, ont peur de la réaction des gens car ils pensent que l’on attend d’eux quelque chose de spécial (ce qui est rarement le cas en fait, mais les zèbres réfléchissent beaucoup trop) et savent que leur vraie personnalité ne correspond pas à ces attentes.

Ils trouvent trop risqué de montrer cette vraie personnalité.

L’entourage, lui, s’il ne comprend pas très bien la différence du zèbre, va lui demander de faire des efforts pour s’adapter à ce monde dans lequel il ne se retrouve pas.

Les zèbres vont donc chercher, en utilisant un faux-self, à devenir conformistes, à adopter le comportement qui va plaire aux autres (selon eux!), et à satisfaire leur entourage et les gens en général.

Pourquoi ? Parce que rappelez-vous, tout ce qu’ils font, ils le font pour satisfaire leur besoin vital d’être aimés.

Par peur d’être rejetés. Seuls. Abandonnés. Incompris.

Quitte à changer leur comportement pour être désirable aux yeux des autres, et ainsi se sentir en sécurité.

Quitte à se concentrer sur les attentes extérieures en oubliant leur propre personnalité.

Ils font comme si tout allait bien.

Comme s’ils étaient très à l’aise dans cet environnement.

Comme s’ils avaient confiance en eux.

Grâce à ce faux-self, ils s’intègrent à la norme, paraissent rentrer dans le moule. Ils s’adaptent.

Ce faux self correspond à ce que la société, leurs professeurs et leurs parents veulent qu’ils soient.

Mais pas à ce qu’ils sont vraiment.

Sont-ils alors vraiment heureux ?

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* Les dangers *

Tant que leur vrai-faux-self est relativement équilibré et leur permet de préserver leur personnalité et leur spontanéité sans l’écraser, tout va bien.

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En revanche, le danger, c’est lorsque le faux-self phagocyte le vrai-self. (ou, comme vu plus haut, qu’une personnalité de substitution a pris la place d’un self défaillant)

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Le zèbre est tellement persuadé qu’il ne peut pas être lui même que son faux self prend trop de place et étouffe son vrai self. Petit à petit, le camouflage devient inconscient. C’est beaucoup plus profond. Le comportement du zèbre s’est modifié.

Son vrai self est devenu inaccessible.

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Pourtant, son faux self peut susciter l’admiration. Il a réussi à s’adapter, il est très entouré, très sociable, peut-être même brillant. Le vrai-self se sentira alors de plus en plus mis à l’écart.

A trop essayer de plaire aux autres, à trop vouloir gommer la différence, on s’interdit inconsciemment d’être soi-même.

Dans ce cas extrême mais tout de même assez fréquent, il arrive toujours un moment où le zèbre n’arrive plus à faire face à ce contrôle permanent de lui même. Il paraîtra coupé de sa personnalité, de ses sentiments réels, vide.

Il est en souffrance, mais ne peut pas l’exprimer car tout est sous contrôle.

Alors, sa souffrance trouve un autre moyen d’expression. Le déni de ses émotions mènera malheureusement à la somatisation, l’angoisse, la honte, la dépression, la culpabilité, l’hyper-réactivité, la susceptibilité, l’absence, la colère (envers soi-même souvent), l’agressivité même parfois, mais bien souvent la solitude. (Et ça tombe bien, c’est le sujet du prochain article 🙂 )

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PS : il est important de se rendre compte que cet équilibre vrai-faux-self est essentiel. Et que si une grande partie des zèbres va avoir tendance à un moment donné à sur-développer leur faux self, ce n’est pas éternel, les choses peuvent (et doivent) changer. Il faut simplement s’en rendre compte pour travailler dessus ensuite et veiller à ne pas s’oublier soi-même.

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Chapitre 10 – extra-lucidité

11 septembre 2016

On l’a vu dans les articles précédents, et l’entourage des zèbres le vit chaque jour, les enfants (et adultes) surdoués posent beaucoup de questions et cherchent à comprendre TOUT ce qu’il se passe autour d’eux. Ils analysent constamment le moindre détail de leur environnement.

En plus de cela, leur hypersensibilité leur permet d’absorber et de ressentir toutes les émotions qui les entourent, aussi imperceptibles soient elles pour le commun des mortels.

Alors quand on cumule analyse constante de son environnement et hyperréceptivité émotionnelle, on arrive à un niveau de lucidité de ce qui nous entoure très très élevé, et qui peut se révéler douloureux.

On l’appelle d’ailleurs extra lucidité.

Si l’extralucidité permet au zèbre d’être conscient de ce qu’il se passe autour de lui et d’avoir une vision des choses peu commune, elle est également une source de fragilité.

Il s’inquiète, il anticipe le pire, il a conscience de tous les dangers.

*

Note : Bon, le dessin est un peu exagéré, mais j’ai longtemps cru que j’étais toute seule à penser ça en allant au théâtre ou au cinéma, et que ça s’appelait « être parano » 😉 Et en fait pas du tout ! D’ailleurs, un patient de Jeanne Siaud-Facchin raconte quasiment la même chose dans son livre que je vous encourage à aller lire.

***

L’enfant zèbre comprend très vite et anticipe les choses, mais n’est pas assez mature ou fort pour supporter ce qu’il vient de comprendre. De la même manière, l’adulte zèbre, s’il est assez mature, est trop sensible pour y faire face sans angoisse.

En fait, depuis tout petits, les zèbres voient le monde tel qu’il est, et non à travers des yeux d’enfant insouciant. Ils grandissent en étant conscients des problèmes de la société, en s’inquiétant déjà pour l’avenir et en étant (trop) lucide sur la nature de l’être humain. Petits, on leur dit qu’ils peuvent compter sur leurs parents, leurs professeurs, leur faire confiance, mais s’ils les idéalisent un peu, ils perçoivent rapidement leurs faiblesses, et comprennent que personne n’est ni parfait ni immortel. Alors, ils angoissent. Souvent sur des sujets qui ne devraient pas les préoccuper aussi jeunes. Et si mes parents mourraient? Et s’il y avait la guerre? Comment va devenir le monde ? Et si je ne trouve pas de travail plus tard ? Et si…

Une fois adulte, c’est toujours un peu la même chose. Si la plupart des adultes sont alors conscients des problèmes de société et ne sont plus naïfs sur l’être humain, les zèbres vont avoir une conscience amplifiée par leur lucidité et resteront bloqués sur des dysfonctionnements a priori négligeables. Leur lucidité ne leur permet pas de se laisser porter par la vie, de mettre de côté les problèmes anodins pour se concentrer sur leur but, leur vie, et se sentir en sécurité.

Alors qu’ils étaient plutôt en avance car leur capacité d’analyse leur avait permis d’anticiper et de résoudre plus rapidement les gros problèmes, ils vont cependant chercher à résoudre chaque problème qu’ils rencontreront, aussi anodins soient-ils, là où le reste du monde sera capable de les mettre de côté et d’avancer.

Cette extra lucidité fragilise le zèbre.

Car quand on analyse tout ce qui nous entoure et que l’on perçoit avec discernement les faiblesses des gens et du monde en général, comment ne pas douter de soi ? De ce qu’on est capable de faire ? Comment ne pas se focaliser sur ses propres faiblesses ? Comment ne pas se sentir impuissant ?

***

Souvent, pour se protéger de cette fragilité, les zèbres développent ce que j’appelle une « personnalité de camouflage ». Ils s’obligent à ignorer ce qu’il se passe autour d’eux pour ne plus être submergés par les émotions et angoisses qui découlent de ce qu’ils ont vu et compris, ils se forcent à paraître insensibles. Leur personnalité de camouflage peut paraître hautaine et méprisante mais cherche en fait à cacher leur vulnérabilité.

C’est une méthode de défense.

Dans la littérature, on appelle ça le « faux self ». J’ai trouvé que c’était un concept intéressant, alors je vous en parlerai la prochaine fois !